Stéphane Hessel: la confiance dans l’évolution

28 février 2013

Stéphane Hessel, l'auteur du manifeste vendu à des millions d'exemplaires à travers le monde Indignez-vous!, est mort mercredi le 27 février à l'âge de 95 ans. Cet ex-diplomate français et survivant de la Seconde Guerre mondiale considéré comme le «père» du mouvement Occupons aura mis en pratique ce qu'il prêchait jusqu'à son dernier souffle.

Né le 20 octobre 1917 à Berlin, arrivé en France à 7 ans, Stéphane Hessel était le fils de Franz et Helen Hessel, née Grund, qui inspireront, avec l'écrivain Henri-Pierre Roché, le trio Jules et Jim porté à l'écran par le cinéaste français François Truffaut.

Naturalisé en 1937, reçu à l'école d'élite française Normale Supérieure en 1939, Stéphane Hessel, qui parlait allemand, français et anglais, représentait l'incarnation de l'intellectuel européen.

Mobilisé en 1939, fait prisonnier, il s'était évadé et avait rejoint le général De Gaulle à Londres. Envoyé en France en 1944, il avait été arrêté et déporté à Buchenwald, où il avait maquillé son identité pour échapper à la mort. Après une nouvelle évasion, il avait réussi à rallier les troupes américaines pour arriver à Paris en mai 1945.

À la Libération, il avait rejoint le secrétariat général de l'ONU, participé en tant que secrétaire à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l'Homme et avait entamé une carrière de diplomate qui allait le conduire au Vietnam et à Alger.

Élevé à la dignité d'ambassadeur de France par François Mitterrand en 1981, Stéphane Hessel avait alors milité pour les immigrés sans-papiers et pour les Palestiniens, ce qui lui avait valu les vives critiques des associations juives.

«Je tire de mon "vieil âge" la confiance dans l'évolution, peut-être trop lente, peut-être quelquefois décevante, mais toujours possible», avait confié le corédacteur de la Déclaration universelle des droits de l'homme, en entrevue au Soleil en décembre 2011.

Avec humilité, Stéphane Hessel refusait cependant catégoriquement de s'attribuer la paternité du mouvement. Il répétait que son livret était simplement arrivé au bon moment alors qu'il s'adressait en premier lieu à ses compatriotes «léthargiques» afin qu'ils cessent de s'attarder à leur nombril et qu'ils endossent des causes plus nobles.

À la retraite depuis 1983, Stéphane Hessel avait poursuivi son combat contre les injustices par des publications de manifestes et appels, à commencer par le célèbre Indignez-vous! en octobre 2010.

Cet opuscule de 32 pages, appelant à une «insurrection pacifique», a été vendu à quelque 4,5 millions d'exemplaires dans 35 pays. Il a accompagné les soulèvements populaires contre les régimes dictatoriaux arabes. En Occident, le terme d'«indignés» a été repris par des manifestants en France, Espagne, Grèce, et jusqu'à New York où il a inspiré le mouvement Occupy Wall Street.

Interrogé en mars 2012 par l'AFP, Stéphane Hessel disait «s'étonner» encore de ce succès en ajoutant: «Cela s'explique par un moment historique. Les sociétés sont perdues, se demandent comment faire pour s'en sortir et cherchent un sens à l'aventure humaine».

En 2011, l'intellectuel avait récidivé en publiant Engagez-vous! un livre d'entretiens ainsi qu'un appel contre l'arme atomique dansExigez! Un désarmement nucléaire total. Et l'an dernier, il avait sorti en France Déclarons la Paix! Pour un progrès de l'esprit, reprenant des entretiens avec le dalaï lama.

En France, plusieurs personnalités ont salué sa mémoire. «Sa capacité d'indignation était sans limites, sauf celle de sa propre vie. Au moment où celle-ci s'achève, il nous laisse une leçon, celle de ne se résigner à aucune injustice», a réagi le président François Hollande dans un communiqué. Quant au maire de Paris, Bertrand Delanoë, il a notamment rendu hommage à «l'humaniste authentique, le résistant indomptable et le penseur généreux» qui «manqueront terriblement à notre pays».

À Bruxelles, le président du Parlement européen, Martin Schulz, a salué dans un tweet «le grand Européen, toujours engagé, jamais satisfait, mû par un esprit de combat et de liberté».

quebechebdo 28 février 2013
vigile.net tribune libre 28 février 2013

Une histoire vraie vécue à l’hôpital

28 février 2013

J’ai dû être hospitalisé pendant quelques semaines récemment, une expérience qui, malgré ses inconvénients, m’a permis de côtoyer des personnes intéressantes. Toutefois, parmi celles-ci, il en est une qui m’a particulièrement frappé sur deux facettes de sa personnalité.

Un jour, une dame dans la quarantaine est arrivée à ma chambre pour y occuper le lit voisin qui était vacant depuis quelques jours. Le lendemain de son arrivée, nous avons commencé à échanger sur les raisons qui nous avaient conduits à notre hospitalisation. C’est alors que j’ai appris que la dame venait d’apprendre qu’elle avait un cancer du sein qui semblait, selon les premiers tests, démontrer des signes inquiétants de dégénérescence.

À ma grande surprise, loin de se montrer inquiète devant un tel diagnostic, elle démontrait un optimisme admirable et un moral de plomb qui m’ont laissé pantois, tellement ses paroles débordaient d’une croyance en la vie phénoménale.

Quelques jours plus tard, d’un sujet de discussion à l’autre, nous sommes tombés sur la politique. La dame m’a alors demandé quelle était mon allégeance politique. Je lui ai répondu que j’étais indépendantiste. Alors, me regardant droit dans les yeux :

- Moi aussi, dans mes jeunes années, j’ai même milité pendant quelque temps pour le Parti québécois… mais je crois que je n’aurai pas la chance de vivre ce grand moment!…

- …

- J’espère que vous, vous pourrez assister à ce grand événement!

- Je l’espère aussi mais, au rythme où vont les choses, j’en doute de plus en plus!

- Vous avez bien raison…

Puis, le silence se fit…

Or, un jour où je sortais à l’extérieur pour respirer un peu d’air pur, j’ai rencontré son mari assis dans le hall de l’hôpital. Tout en m’arrêtant près de lui pour jaser un peu, il m’apprit que le diagnostic concernant sa femme venait de tomber…de 3 à 18 mois, dépendant de l’efficacité ou de l’échec des prochains traitements.

Je me suis alors rappelé la chanson fétiche qu’elle aimait fredonner à l’occasion, à savoir «Nous sommes Québécois» des Colocs, dont voici un extrait sur lequel j’ai cru opportun de vous laisser :

«Québécois
Nous sommes Québécois
Le Québec saura faire
S'il ne se laisse pas faire
Que l'on soit un bleu ou un rouge
Capitaliste ou communiste
Moi je suis un idéaliste
Je crois qu'il faudrait que ça bouge

En devenant plus solidaires
On ne sera plus minoritaires
Pourquoi faut-il se faire
La guerre mes frères?»

quebechebdo 27 février 2013
vigile.net tribune libre 27 février 2013 "Une histoire vraie"

La chanson québécoise, un trésor à explorer!

4 février 2013

Au moment où s’ouvre le Forum sur la chanson québécoise, organisé par le Conseil des arts et des lettres du Québec, les auteurs proposent d’inclure les œuvres des piliers de la notre répertoire québécois dans les programmes d’intégration des immigrants comme dans l’apprentissage des enfants.

À mon sens, les auteurs, en y allant d’une proposition aussi "rafraîchissante", surpassent de cent coudées les interventions timides de nos politiciens actuels lorsqu’ils parlent de leurs intentions concernant le renforcement de la loi 101 qui ressemblent bien souvent davantage à un recul qu’à une avancée !

Pourtant, quand on considère tout le chemin parcouru par la chanson québécoise, de Félix à Vigneault en passant par Charlesbois et Ferland, on se doit de constater avec fierté que les chansons de nos pionniers constituent sans contredit un des vecteurs majeurs de la culture québécoise.

"Du petit bonheur jusqu’au tour de l’île Félix a semé tout a commencé Vigneault a grandi avec mon pays C’est en le chantant que les gens d’ici Se sont reconnus se sont retrouvés Un cœur dans la voix de nos chansonniers car…" Extrait du début de "C’est dans les chansons" Jean Lapointe.

À cet effet, je me permets de vous raconter une anecdote extrêmement porteuse de sens qu’il m’est arrivé de vivre auprès de mes élèves durant ma carrière d’enseignant au secondaire. Pendant plusieurs années, à la période de l’année où j’abordais la poésie comme genre littéraire, je commençais toujours par leur faire entendre « Le p’tit bonheur » de Félix après leur avoir distribué les paroles de la chanson…soit dit en passant au grand scepticisme de mes collègues quant à l’intérêt que pourrait susciter cette « vieille » chanson.

Au contraire, dès le début de l’audition de la chanson, plusieurs élèves se mettaient à fredonner les paroles en compagnie de Félix, certains d’entre eux le faisant même sans jeter un coup d’œil sur le texte écrit. Il était de plus évident que l’atmosphère de la classe revêtait un air de fête où l’enthousiasme était palpable.

Dans la lignée des auteurs réunis au Forum sur la chanson québécoise, je ne peux que me rallier à leur idée de se servir de ce patrimoine québécois "toujours bien vivant" pour servir d’instrument d’intégration pour les nouveaux arrivants, notre chanson constituant un répertoire riche et éclairant autant sur notre culture que sur notre langue.

En terminant, en guise d’illustration des immenses richesses patrimoniales que contient notre trésor de chansons québécoises, je vous laisse sur les paroles de Claude Gauthier qui nous raconte "son plus beau voyage" :

"J’ai refait le plus beau voyage De mon enfance à aujourd’hui Sans un adieu, sans un bagage, Sans un regret ou nostalgie

J’ai revu mes appartenances, Mes trente-trois ans et la vie Et c’est de toutes mes partances Le plus heureux flash de ma vie !

Je suis de lacs et de rivières Je suis de gibier, de poissons Je suis de roches et de poussières Je ne suis pas des grandes moissons Je suis de sucre et d’eau d’érable De Pater Noster, de Credo

Je suis de dix enfants à table Je suis de janvier sous zéro

Je suis d’Amérique et de France Je suis de chômage et d’exil Je suis d’octobre et d’espérance Je suis une race en péril Je suis prévu pour l’an deux mille Je suis notre libération Comme des millions de gens fragiles À des promesses d’élection Je suis l’énergie qui s’empile D’Ungava à Manicouagan

Je suis Québec mort ou vivant !"

vigile.net tribune libre 4 février 2013
quebechebdo 4 février 2013

Le PQ se détacherait-il de sa base militante?

2 février 2013

À quelques jours du Conseil national du Parti québécois, la grogne règne contre la permanence du PQ avec la démission en bloc d’au moins cinq membres de l’exécutif de Maskinongé, qui se disent tout simplement désillusionnés et trompés par les fausses promesses électorales, le peu d’intérêt accordé à la base militante et à l’option souverainiste.

« En même temps que le gouvernement du Parti québécois prend ses distances par rapport au programme du parti, le PQ, notamment la permanence nationale, se bureaucratise et s’éloigne de sa base militante, en mettant l’emphase plus sur les procédures que sur l’atteinte de l’objectif », écrivent Robert Gauthier, président de l’exécutif, et les membres démissionnaires dans une lettre datée du 29 janvier 2013.

M. Gauthier évoque également les relations avec la permanence nationale du parti, qui ne reconnaît pas suffisamment l’implication des militants et des exécutifs régionaux. « Nous sommes perçus comme des gens qui servent à amasser des fonds pour financer la permanence, tout simplement », constate-t-il.

Les démissionnaires déplorent surtout le fait que le parti ne mette plus l’emphase sur la souveraineté. « Il est de plus en plus évident que le Parti québécois, qui a été un grand parti au Québec, ne réussit plus à rassembler seul l’ensemble des forces souverainistes pour atteindre l’objectif de faire du Québec un pays. […] Une des raisons, selon nous, vient sans doute du fait que les dirigeants actuels du PQ, qui répètent souvent être souverainistes, ne consacrent pourtant pas beaucoup de temps, d’énergie et de ressources à expliquer les avantages pour une nation d’avoir son propre pays. »

Par ailleurs, en marge du caucus du gouvernement, qui se tenait à l’Estérel, Mme Marois, informée des ces démissions, a répondu que « c’est dommage, mais d’autres prendront la relève ». Elle invite par ailleurs les démissionnaires à « continuer à militer pour la souveraineté », comme ils disent vouloir le faire dans leur missive…une réponse plutôt cavalière, voire même méprisante envers la base militante de son parti.

Quant à Mario Charron, ex-président de Groulx, qui a démissionné avant les élections l’été dernier, les commentaires de Mme Marois sont une véritable insulte. « On voit bien qu’elle n’a jamais compris pourquoi les militants démissionnent. C’est exactement ce que nous avons subi dans Groulx. Elle est en train de mettre à terre ce parti. »

Quoiqu’il ne faille pas généraliser les démissions dans Maskinongé, le mécontentement qu’elles manifestent devraient envoyer un son de cloche à Pauline Marois, en ce sens que la « tête » a besoin du « corps » pour fonctionner adéquatement…sinon, il risque de se produire un effet boomerang contre le PQ aux prochaines élections. 

quebechebdo 2 février 2013
vigile.net tribune libre 2 février 2013

Où s’en va Jean-François Lisée?

31 janvier 2013

Le ministre de la métropole, Jean-François Lisée, aurait pris position en faveur du bilinguisme dans les services offerts par la Société de transport de Montréal (STM). Comme société responsable, la STM offre djà des services bilingues en ce qui concerne les conseils de sécurité. Pour le reste, l'information est transmise en français à tous les voyageurs.

Dans un de ses blogues publiés récemment, il répond ainsi au président de la SSJB, Mario Beaulieu, qui ressort son mécontentement face aux intentions de Jean-François Lisée dans une lettre ouverte publiée dans Le Devoir :

« Il [M. Beaulieu] m'accuse de promouvoir «l'anglicisation» des services publics. Mon crime? Avoir simplement dit tout haut, et en anglais, ce que stipule la loi 101 depuis 30 ans: si un employeur fait la démonstration que la connaissance de l'anglais est requise pour un poste, il peut réclamer la connaissance de l'anglais dans l'embauche pour ce poste… Je me permets de rappeler à Mario qu'avec mon appui enthousiaste, ma collègue Diane de Courcy a déposé en décembre une mise a jour de la loi 101 qui fera en sorte que les entreprises ne puissent pas réclamer sans raison la connaissance de l'anglais, comme ils le font beaucoup trop aujourd'hui. Le projet forcera également chaque commerce à disposer de personnel francophone en tout temps. »

Lisez attentivement ces mots : « …une mise à jour de la loi 101 fera en sorte que les entreprises ne puissent pas réclamer sans raison la connaissance de l'anglais, comme ils le font beaucoup trop aujourd'hui. Le projet forcera également chaque commerce à disposer de personnel francophone en tout temps. » Vous n’avez pas, comme moi, l’impression d’une proposition qui n’a rien à voir avec un resserrement significatif des règles d’application de la loi101? Mais où donc s’en va Jean-François Lisée avec ces airs de bon gars qui désire présenter l’image d’un ministre gentil et bien perçu?

En guise de conclusion, je laisse les derniers mots au mouvement« Impératif français » qui résume clairement la voie que le gouvernement du Québec doit suivre pour mener à bien la réforme de la loi 101 :

« Impératif français rappelle au gouvernement du Québec, à l’OQLF et plus particulièrement au ministre Jean-François Lisée qu’il est de la responsabilité de tous les Québécois et Québécoises d’apprendre le français et de le parler. Le français est au Québec la langue commune d’usage public. Le refus d’apprendre le français et de l’utiliser ne confère à personne le droit d’angliciser le Québec, d’exiger le bilinguisme institutionnel, de priver les travailleurs et travailleuses de leur droit d’exercer leurs activités en français, de leur droit de gagner leur vie! Quant aux touristes ou visiteurs d’ailleurs, ceux-ci doivent savoir que, comme ailleurs dans le monde, il leur faut par intérêt, par plaisir ou par savoir-vivre apprendre les rudiments de base de la langue du pays que l’on visite. »

quebechebdo 31 janvier 2013
vigile.net tribune libre 31 janvier 2013

L’homme derrière le chef

30 janvier 2013

Nous avons appris cette semaine que le chef cuisinier du Château Frontenac, tirait sa révérence après 20 ans d’une carrière qui a réussi à donner au Château ses lettres de créance en tant que qualité exceptionnelle de menus.

Toutefois, j’ai décidé ce matin de vous raconter une anecdote qui ajoutera aux nombreuses qualités de Jean Soulard déjà exprimées à profusion dans les médias depuis l’annonce de son départ des cuisines du Château Frontenac.

Même si je n’ai pas connu personnellement M. Soulard, il m’a été donné à quelques reprises de le voir se faire un devoir d’abandonner ses cuisines quelques minutes et se présenter sur la scène de la salle de bal pour venir s’adresser, vêtu de son sarrau blanc de travail quotidien, aux centaines de personnes qui participent annuellement au souper reconnaissance organisé pour le personnel et les bénévoles d’une résidence pour soins palliatifs.

À chaque occasion, j’étais émerveillé de l’entendre, dans des mots simples, louer le travail de ces personnes qui s’occupaient de ces malades en insistant sur le caractère humanitaire de leur implication…Et, on ne pouvait que vibrer à la sincérité des propos de cet homme qui, avouons-le, n’était pas obligé de quitter ses lieux de travail pour prendre le temps de venir nous adresser des mots qui, sans contredit, décrivaient une qualité peu connue des clients réguliers du Château, à savoir l’humanisme de l’homme derrière le chef.

quebechebdo 30 janvier 2013
cyberpresse.ca 3 février 2013 

Les droits de scolarité

29 janvier 2013

À quelques semaines du début du Sommet sur l’enseignement supérieur, il est indéniable que la question des droits de scolarité occupent une place prépondérante. Toutes les hypothèses sont invoquées par les divers intervenants, allant de l’indexation [position que semble défendre le ministre de l’éducation supérieure] en passant par le gel, la gratuité jusqu’à la nouvelle trouvaille de la CAQ, à savoir la modulation des droits de scolarité en fonction de l’envergure des universités et de leur coût de formation.

D’entrée de jeu, je rejette d’emblée cette dernière proposition qui risque de diminuer grandement l’accessibilité de certains élèves dans ces universités qualifiées « d’envergure » en les pénalisant sur le choix de l’université qu’ils souhaitent fréquenter en biaisant le coût de leurs frais de scolarité pour des raisons essentiellement administratives.

En ce qui a trait au gel des frais de scolarité, force nous est de constater que les universités « semblent » éprouver de sérieux problèmes de financement. Toutefois, à cet égard, il m’apparaît essentiel que « toutes » les données concernant la gestion et le financement des universités soient déposées sur la table des intervenants au Sommet et qu’elles soient filtrées à loupe, à défaut de quoi aucune hausse de frais de scolarité ne sera acceptée, voire même acceptable, par les étudiants.

Quant à la gratuité scolaire, elle représente pour moi la solution idéale…dans un « monde idéal », un monde qui, il faut bien l’admettre, est bien loin de la situation déficitaire actuelle du gouvernement et qui nous oblige à relayer cette hypothèse dans les années futures, une déclaration d’ailleurs exprimée à plusieurs occasions par Pierre Dufresne lors de ses dernières allocutions préparatoires au Sommet, ce dernier alléguant que son parti est ouvert à cette hypothèse.

Reste enfin l’indexation…la seule formule « acceptable » dans les circonstances. Toutefois, j’apporterais un bémol dans la formule comptable utilisée pour déterminer cette indexation. Au lieu d’indexer les droits de scolarité au coût de la vie comme il semble que ce soit les intentions du gouvernement, je proposerais que les frais de scolarité soient indexés en fonction du revenu familial d’où provient l’étudiant. En effet, les parents ne sont-ils pas appelés à contribuer souvent aux frais de scolarité de leurs enfants ?

En agissant de la sorte, le gouvernement ferait preuve d’une gestion équitable qui permettrait de conserver et peut-être d’accroître l’accessibilité des jeunes québécois dans nos universités tout en conservant un certain principe de « juste part » qui tiendrait compte de la situation économique des familles québécoises en ce qui a trait à leur contribution aux frais de scolarité de leurs enfants.

quebechebdo 29 janvier 2013
vigile.net tribune libre 29 janvier 2013

Revenir au rôle essentiel de l’université

25 janvier 2013

Depuis le début des rencontres préparatoires au Sommet sur l’enseignement supérieur, les discussions et analyses ont rarement dévié du sous-financement des universités estimé à l’aide de données qui démontrent souvent des écarts substantiels, et leur gestion que certains qualifient de discutable.

À cet effet, un article paru dans Le Devoir du 19 janvier 2013 et co-signé par 18 administrateurs d’universités québécoises sous le titre « Mauvaise gestion des universités – Des accusations faciles et douteuses », se veut une défense de la saine gestion des universités et une attaque de leur sous-financement comparativement à celui de la moyenne des universités canadiennes.

« Nous partageons le souci des Québécois et du gouvernement quant au respect d’une gestion rigoureuse et transparente des universités. Nous attachons par ailleurs une grande importance aux faits, et croyons aux meilleures pratiques de gouvernance et de gestion. Maintenir un établissement dans une situation déficitaire chronique et structurelle, faute de financement, ne saurait constituer une solution viable. Il est impératif d’en venir à un consensus durable. »… Soit !

Pour l’instant, je dois malheureusement constater que le débat tourne autour d’une guerre de chiffres en dents de scie autour de laquelle les principaux interlocuteurs développent des positions stratégiques oiseuses et nuisibles au sain développement des avenues de solutions.

Pourtant, si on revient au rôle essentiel d’une maison d’éducation, à quelque niveau que ce soit, n’est-ce pas d’offrir une excellente qualité de cours, accessibles au maximum de jeunes qui souhaitent atteindre le degré universitaire et obtenir un diplôme qui leur permettra de s’épanouir pleinement en plus d’offrir une contribution inestimable à la société québécoise ?

Une fois que les participants au Sommet auront assis cette pierre angulaire au centre de leur discussion, ils pourront ensuite discuter des moyens qui permettront à ces jeunes l’accessibilité à des études supérieures et, en ce sens, je rejoindrais la conclusion des auteurs de l’article pré-cité : « Pour que le dialogue sur l’avenir de l’enseignement supérieur soit productif, il doit permettre des échanges ouverts et respectueux qui doteront le Québec et sa jeunesse d’universités bien gérées, adéquatement financées, accessibles et de calibre mondial. »

À chaque jour, des milliers de jeunes franchissent les portes des pavillons universitaires québécois pour s’instruire…Vivement un leitmotiv qui remet les discussions sur ses rails avant que le train ne dérape dans les interminables méandres financiers et gestionnaires !

vigile.net tribune libre 19 janvier 2013
quebechebdo 19 janvier 2013

Florent Vollant…un témoignage saisissant

24 janvier 2013

Au moment où les autochtones se battent sans réserve pour la reconnaissance de leurs droits partout au pays, particulièrement dans le mouvement de mobilisation en pleine effervescence « Idle no more », un autre triste événement refait surface dans le décor autochtone, à savoir la douloureuse expérience des pensionnats autochtones canadiens sur laquelle la Commission de vérité et de réconciliation a le mandat de faire la lumière.

À cet effet, les confidences du chanteur innu Florent Vollant, parues dans le Devoir du 24 janvier sous le titre « Survivre aux pensionnats autochtones » incarnent un témoignage saisissant où se côtoient l’horreur et la bassesse des autorités religieuses qui avaient la charge de ces établissements. À ce jour, plus du tiers des 80 000 autochtones canadiens qui ont demandé une indemnité pour avoir « été envoyés de force » au pensionnat ont aussi déclaré avoir subi des « sévices extraordinaires », soit des agressions sexuelles ou physiques.

Il y a eu 130 pensionnats autochtones dans l’histoire du Canada, dont six au Québec, entre 1870 et 1995. « Au besoin, les enfants étaient arrachés de force à leur famille par des prêtres ou des agents de police, et les parents incarcérés par la Gendarmerie royale du Canada.

L’objectif de ces établissements était clairement avoué par les autorités gouvernementales canadiennes : éliminer la culture amérindienne et assimiler l’ensemble des Amérindiens. « L’objectif de notre politique est de continuer jusqu’à ce qu’il n’y ait plus un seul Indien du Canada qui n’ait été absorbé par notre politique », disait en 1920 le surintendant général des Affaires indiennes du Canada, Duncan Campbell Scott. À titre d’exemples barbares pour parvenir à ces fins, les enfants autochtones devaient parfois se frotter la langue avec du savon s’ils parlaient leur langue maternelle au pensionnat, on les lavait même à l’eau de javel pour leur blanchir la peau.

Sans avoir été agressé sexuellement, Florent Vollant se souvient d’une violence omniprésente au pensionnat Notre-Dame de Maliotenam. « Des coups de poing, des coups de pied. Il y a des enfants qui résistaient. Ceux qui ne marchaient pas droit mangeaient une volée », raconte-t-il.

À mon sens, l’aliénation des droits des autochtones vécue depuis des décennies et les événements dramatiques et inhumains qui se sont passés, pour la plupart à la « cordonnerie », en ce qui a trait au pensionnat de Malionetam où était « détenu » Florent Vollant, doivent être dénoncés haut et fort.

Jusqu’à maintenant, aucun religieux québécois n’a été appelé à venir témoigner aux audiences de la Commission de vérité et de réconciliation. « Ils se cachent », dit Florent Vollant, qui croit pourtant que leur présence serait indispensable, non seulement pour faire rejaillir la vérité mais aussi pour susciter une authentique réconciliation…une position que j’endosse sans réserve.

vigile.net tribune libre 24 janvier 2013
quebechebdo 24 janvier 2013 "Témoignage saisissant de Florent Vollant"

Richard Garneau, ne cessez pas de nous inspirer de là-haut

23 janvier 2013

Tout a été dit ou écrit sur les hommages mérités à l’endroit de la personne et du commentateur sportif incarnés par M. Richard Garneau depuis l’annonce de son décès.

Néanmoins, ce magnifique sonnet extrait d’un commentaire paru à la suite d’un article sur une tribune libre mérite, à mon sens, d’être publié, tout au moins pour le message d’espoir qu’il véhicule en souhaitant que le Prince des ondes ne cesse de nous inspirer de là-haut par son professionnalisme hors pair et ses qualités humaines remarquables :

« Richard Garneau, héraut nonpareil des sportifs,
Illustre parangon de la langue épurée,
Commentateur fameux à l’humeur pondérée,
Hommage je vous rends en propos laudatifs.

Animateur hors pair à l’esprit inventif,
Rafraîchissant athlète à la voix mordorée,
Descripteur du cyclisme à la splendeur moirée,
Gardez-nous pour toujours votre allant positif.

Admirable témoin de vingt-trois olympiades,
Relayeur d’amateurs en nombreuses pléiades,
Ne cessez pas de nous inspirer de là-haut.

En ce Québec peuplé de voyous et de veules,
A se souvenir la nation se sent seule.
Un jour, elle saura copier vos idéaux. »

Hommage à vous, M. Garneau!

quebechebdo 23 janvier 2013
vigile.net tribune libre 23 janvier 2013