Une main de fer dans un gant de velours

9 novembre 2012

La démarche d’ouverture à la consultation adoptée par le gouvernement dans son approche annonçant la tenue d’un Sommet sur l’enseignement supérieur révèle, à mon sens, une intention louable à laquelle nous ne pouvons que souscrire.

Toutefois, l’éditorial de Josée Boileau, paru dans Le Devoir du 9 novembre sous le titre « Sommet sur l’enseignement supérieur – Le choix du ministre », suscite des pistes de réflexions auxquelles nous ne pouvons nous soustraire sans les avoir d’abord considérées.

« Le gouvernement Marois fait montre d’une telle ouverture dans le dialogue que l’annonce jeudi du processus qui mènera au Sommet sur l’enseignement supérieur a dans un premier temps été saluée par tous ceux que le débat interpelle. Mais se positionner comme un acteur parmi tant d’autres est un leurre. Il est d’ores et déjà le maître du jeu. »

Il ne faut pas oublier que la promesse électorale du PQ de tenir un tel Sommet sur l’enseignement supérieur était assujettie à un gel des frais de scolarité pour les deux prochaines années suivi de l’indexation pour les années à venir. Dans ces circonstances, il m’apparaît pour le moins dangereux pour Pauline Marois d’affirmer que ce sommet sera l’occasion d’un « débat constructif où toutes les possibilités sont ouvertes ».

Un tel genre de déclaration a d’ailleurs déjà subit les critiques « prévisibles » des différents partis de l’opposition, que ce soit le danger d’aboutir à un « sommet des illusions » ou d’assister à une mise en scène où « les dés sont pipés à l’avance ».

À titre d’exemple de quiproquo qui risque de créer des frictions importantes entre les intervenants, on ne peut passer sous silence le débat sur le financement des universités qui laisse déjà planer de lourds nuages qui seront difficiles à dissiper compte tenu que le ministre Pierre Dufresne n’a jamais caché ses doutes quant au sous-financement des universités.

De par son statut, un gouvernement est élu pour gouverner à l’intérieur d’un processus de consultation qui fait appel aux différents intervenants touchés par le dossier concerné et non pas pour agir en tribunal qui entend les « témoins » qui devront se montrer « convaincants s’ils veulent le faire changer d’avis », comme le souligne Josée Boileau dans son éditorial.

À mon sens, le gouvernement doit, dès le départ de ce Sommet, d’une part faire preuve d’ouverture dans son attitude mais d’autre part, se montrer clair dans ses intentions à long terme tout en « assumant que ce sera à lui de trancher » [dixit Josée Boileau].

En agissant de la sorte, le gouvernement Marois aura fait la preuve qu’il peut situer le débat au-dessus des attitudes démagogiques habituelles des vieux partis tout en faisant preuve du leadership nécessaire pour mener à terme l’épineux dossier de l’enseignement supérieur.

Je vous laisse sur cette attitude que j’avais développée auprès de mes élèves et qui m’a toujours servi tout au cours de mes années d’enseignement. Je fais allusion à ce que j’avais surnommé le triangle d’une saine gestion de classe, à savoir la fermeté, l’ouverture et l’intégrité et qui est très bien représenté par le proverbe « une main de fer dans un gant de velours », à savoir de faire preuve d’une autorité ferme mais diplomate à laquelle j’y ajoute l’intégrité sur la pointe du triangle…une démarche qui peut s’appliquer mutatis mutandis dans toute forme d’autorité qui souhaite s’exercer positivement et efficacement.

vigile.net tribune libre 9 novembre 2012
quebechebdo 9 novembre 2012

Médecins de famille recherchés

7 novembre 2012

Les gens de ma génération se souviennent sûrement de la série télévisée, diffusée de 1969 à 1976, mettant en vedettes Robert Young dans le rôle du Dr Marcus Welby, appuyé d’un jeune médecin incarné par James Brolin, deux médecins de famille qui ont marqué à l’époque l’imaginaire de toute une génération.

En ce qui me concerne, je garde en mémoire le sourire du Dr Welby lorsqu’il entrait dans la salle d’attente pour y accueillir ses patients et le dynamisme de son jeune acolyte qui formait avec son mentor une équipe qui rayonnait de vivacité et de professionnalisme.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le portrait que nous présente la situation actuelle au Québec est bien différent… En effet, au cours des dernières années, des ministres Philippe Couillard à Réjean Hébert en passant par Yves Bolduc, pourtant tous des médecins de profession, le nombre de médecins de famille n’arrive pas à combler les besoins d’une population vieillissante compte tenu des départs des aînés qui doivent être remplacés par de jeunes médecins qui consacrent moins d’heures que leurs aînés aux services directs aux patients et qui, de surcroît, semblent davantage attirés par les spécialités médicales.

Le slogan « un médecin de famille pour tous les Québécois » a perdu toute crédibilité…Les recettes proposées par les ministres de la santé, d’un gouvernement à l’autre, sont répétitives et aboutissent à des échecs constants…C’est la quadrature du cercle!

Loin de prétendre être un connaisseur dans le domaine de la santé, j’oserais avancer une piste de solution. Pourquoi ne pas valoriser la profession de médecin de famille en injectant les sommes nécessaires pour lui offrir la possibilité d’exercer sa profession décemment et dignement ? Peut-être que, dans de telles conditions, verrions-nous poindre de jeunes médecins de famille qui prendraient le flambeau du Dr Welby!

quebechebdo 7 novembre 2012
cyberpresse.ca 12 novembre 2012 

Vaut mieux en rire!

6 novembre 2012

En réaction à l’annonce du dépôt du premier budget du gouvernement péquiste par le ministre des Finances et de l'Économie, Nicolas Marceau, le porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances, Raymond Bachand a déclaré que le dépôt hâtif du budget n'est rien d'autre qu'un geste de pure «provocation» du gouvernement minoritaire.

Selon le candidat à la direction du PLQ, «un budget, ça ne s'improvise pas. Ils sont incapables de gérer, incapables de contrôler les dépenses, ils ont gelé tous les revenus. Ils veulent provoquer, c'est une panique politique. La partisanerie politique ne devrait pas avoir de place lorsqu'il est question des finances publiques».

Comment un politicien sérieux peut-il affirmer une telle ignominie sur les méfaits de la « partisanerie politique » en relation avec les « finances publiques » alors que les allégations de collusion et de corruption concernant l’octroi de contrats dans le monde de la construction devant la commission Charbonneau ne cessent de fuser vers les mêmes rouges qu’aspirent à représenter M. Bachand?…Enfin, vaut mieux en rire!

quebechebdo 6 novembre 2012

Un grand Québécois dont il fait bon se souvenir

6 novembre 2012

Il y a de ces femmes et de ces hommes disparus dont le souvenir remonte périodiquement à la surface de la conscience collective d’un peuple. Gérald Godin incarne un de ceux-là. Une de ses citations, empreinte d’une fraîcheur poétique envoûtante, parue en haut de page de la tribune libre de Vigile récemment, m’a littéralement allumé par le choix de mots de son auteur et le message d’espoir qu’elle véhicule :

« Dans la grande famille des mots je m’en choisis pour passer l’hiver des mots en laine du pays cette année j’ai choisi le mot guérison le mot liberté des mots qui tiennent bien au chaud »

À titre de rappel, j’ai cru opportun de présenter ces quelques notes biographiques que j’ai pu glaner ici et là. Gérald Godin est d’abord journaliste au Nouvelliste de 1958 à 1963. Il s’établit ensuite à Montréal où il est longtemps recherchiste à Radio-Canada. Il travaille aussi pour le magazine Maclean de 1963 à 1969 puis pour Québec-Presse à titre de directeur de l’information de 1969 à 1973 et comme directeur général intérimaire à partir de 1973 jusqu’en 1974. Pendant cette période, Godin est victime des arrestations arbitraires pendant la crise d’octobre de 1970. Il enseigne à l’UQAM à titre de chargé de cours. Il quitte l’enseignement en 1976 au début de la grève des enseignants en devenant candidat du Parti québécois dans la circonscription de Mercier où il défait le Premier ministre du Québec Robert Bourassa à l’élection de 1976. À partir de 1979, Gérald Godin occupe la fonction d’adjoint parlementaire du Ministre des affaires culturelles puis du Ministre de la justice avant de devenir Ministre de l’immigration en 1980. Réélu en avril 1981, il est nommé Ministre des communautés culturelles et de l’immigration et membre du Conseil du trésor. De 1982 à 1983, il est Ministre responsable de l’application de la Charte de la langue français avant de devenir Ministre délégué aux affaires linguistiques en 1984. Réélu en 1985, il fait partie de ceux qui ont convaincu Pierre-Marc Johnson de quitter le parti et Jacques Parizeau d’y revenir. Réélu à l’élection de 1989, il est remplacé à titre de candidat en 1994, alors qu’il continue de se battre contre un cancer au cerveau qui a raison de lui le 12 octobre de cette même année.

Dès la sortie en salle du film « Godin » du réalisateur Simon Beaulieu en 2011, les critiques sont unanimes en ce qui concerne les qualités humaines et les convictions inébranlables de Gérald Godin pour la cause de l’indépendance du Québec.

À ce effet, en fouillant dans la rubrique « Biographies » de Vigile, j’ai découvert deux articles publiés sur cette tribune et qui rendent admirablement bien la grandeur du poète-député. En voici quelques extraits :

« En ces jours où on parle de courage et de gens qui se renient et qui renient leurs convictions, Godin le film arrive à point nommé. Quelle confiance que Godin démontre dans le peuple québécois quand, devant une foule nombreuse, il proclame, « Sans vous, je ne suis rien. Avec vous, nous pouvons tout ! » Et de se rappeler comment il a sonné la charge contre Pierre-Marc Johnson : Assez, c’est assez, disait-il, les REA, les RÉER, les MBA – un peu de contenu s’il vous plaît. Quelle leçon de courage de le voir se battre avec conviction pour l’indépendance malgré une maladie affligeante jusqu’aux derniers jours de sa vie. Quel effet tonique de le voir refuser le cynisme politique ambiant et de garder vivants les rêves d’un peuple, plutôt que de succomber au cynisme et de mettre les rêves de côté — tout en demandant à tout le peuple de faire pareil — car, semble-t-il, seulement 45% seraient prêts à voter pour l’indépendance. » Robin Philpot « Godin, le film : un puissant antidote à la pensée Legault » 22 février 2011

« Faire le pays du Québec, qu’ils sont beaux les mots qui appellent l’indépendance, la liberté lâchée lousse pour tous les habitués du Québec. Qu’il est grand le québécois Gérald Godin. Il connaît l’amour, l’emprisonnement, l’humiliation, la marche avec le monde ordinaire, les randonnées à bicyclette sur les rues et les ruelles du coeur de Montréal appelé le comté Mercier… Gérald Godin porte le Québec en lui, solidement ancré. Il est comme un terminus d’autobus où tous les gens se croisent pour un départ, une arrivée. Son regard, la posture de son élégant et grand corps, son écoute, lui ouvrent tous les coeurs des personnes qu’il approche… Jusqu’à sa mort en 1994, il travaille en douceur, avec force, avec patience, toujours dans la même direction : pour que le Québec devienne un pays. En le comparant à son chef René Lévesque, Gérald Godin porte le projet de pays avec encore plus de force, de beauté et de vérité. » François A. Lachapelle « Godin, le film » 24 mars 2011

Dans la ligne de ces commentaires, j’ajouterais que Gérald Godin, de par sa sensibilité inhérente à tout poète, a su capter les ondes qui émanaient de l’atmosphère politique du Québec et de la sorte, rejoindre le citoyen au plus profond de son être…Voilà pourquoi, entre autres raisons, Gérald Godin demeurera toujours un grand Québécois dont il fera bon se souvenir tel un phare tout au cours de notre long chemin vers notre indépendance !

vigile.net tribune libre 6 novembre 2012

Prisonnière des bras de Morphée

5 novembre 2012

Ariane Leblanc-Lacroix, 17 ans, éprouve le besoin de dormir de nombreux jours d'affilés, parfois une dizaine, jusqu'à 20 heures par jour, de façon épisodique. Ariane souffre du syndrome de Kleine-Levin, un trouble du sommeil très rare qui touche une personne sur un million, une maladie surnommée le "syndrome de la belle au bois dormant" qui entraîne de fâcheuses conséquences pour la jeune femme.

Le besoin excessif de sommeil d'Ariane est appru subitement à l'âge de 13 ans. "Je me réveillais un matin puis je me sentais complètement perdue, comme si j'étais dans un rêve. Je ne comprenais pas ce qui se passait. J'étais fatiguée, épuisée, j'avais le moral à zéro."

Après plusieurs consultations, le diagnostic est finalement tombé. Par ailleurs, comme le syndrome de Kleine-Levin est peu connu, Ariane et ses parents ont parfois dû faire face à l'incompréhension de leur entourage.

À titre d’exemple, Ariane a été confrontée à un épisode de plusieurs jours de sommeil, ce qui a eu des répercussions sur ses études. "Certains professeurs pensaient ou pouvaient penser qu'elle était tout simplement paresseuse, ce qui n'était pas le cas [...] Ç'a été difficile au début", raconte la mère d'Ariane.

Les symptômes du syndrome de Kleine-Levin, pour lequel il n'existe aucun traitement, devraient s'atténuer et lui permettre de quitter "les bras de Morphée" à la fin de la vingtaine. En attendant, Ariane, qui fréquente maintenant le cégep, souhaite démystifier ce trouble et surtout sensibiliser le milieu médical à la recherche de traitements.

La liste de maladies "orphelines" pour lesquelles la recherche demeure encore impuissante est longue…toutefois, malgré le pourcentage infime de cas, je ne peux que me joindre à Ariane pour que son message de démystification et de sensibilisation sur sa maladie soit entendu!

quebechebdo 5 novembre 2012

Pour que le printemps érable survive à la saison morte

5 novembre 2012

En choisissant « la voie de l’affront et de l’incitation au non-respect des injonctions », Gabriel Nadeau-Dubois a gravement porté atteinte à l’autorité de tribunaux, estime le juge Denis Jacques, de la Cour supérieure. Aussi déclare-t-il l’ancien porte-parole de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) coupable d’outrage au tribunal.

Le jugement sur la requête en outrage au tribunal déposée par Jean-François Morasse a été rendu le 1er novembre et le juge convoque les parties pour le 9 novembre afin qu’elles fassent leurs représentations sur la peine qu’il convient d’infliger à Nadeau-Dubois. Il est passible d’une amende n’excédant pas 50 000 $ avec ou sans emprisonnement pour une durée d’au plus un an.

Toute cette saga résulte du conflit étudiant de ce printemps au cours duquel Jean-François Morasse avait obtenu une injonction lui permettant d’avoir libre accès aux salles de cours de l’Université Laval où étaient donnés ses cours d’arts plastiques. Il avait ensuite perçu une entrave directe à l’ordonnance dans des propos que Nadeau-Dubois avait tenus sur les ondes de RDI.

En cour, l’avocat de ce dernier a plaidé qu’il n’était pas visé par l’ordonnance et que la preuve ne démontrait pas qu’il en ait même eu connaissance. Or, pour être reconnu coupable d’outrage au tribunal, le juge devait être convaincu hors de tout doute raisonnable qu’il connaissait l’existence de l’ordonnance.

À l’audience, Nadeau-Dubois n’a pas témoigné pour éclairer le juge Jacques sur cette question. Ce dernier estime toutefois que l’avocat du requérant, Me Maxime Roy, est quand même parvenu à faire la preuve requise. L’Association des étudiants en arts plastiques de l’Université Laval avait en effet reçu copie de l’ordonnance d’injonction. Or, l’ASETAP fait partie intégrante de la CLASSE, dont le porte-parole était Gabriel Nadeau-Dubois. Après avoir analysé les propos de celui-ci sur les ondes de RDI, le juge Jacques constate de plus qu’il connaissait pertinemment les injonctions prononcées, dont celle obtenue par Jean-François Morasse.

« On trouve ça tout à fait légitime que les gens prennent les moyens nécessaires pour faire respecter le vote de grève, et si ça prend des lignes de piquetage, on croit que c’est un moyen tout aussi légitime de le faire », avait alors déclaré le porte-parole de la CLASSE.

Par ses propos, selon le juge Jacques, GND incitait et encourageait les auditeurs à empêcher l’accès aux étudiants à leurs cours… Se disant agir pour le respect de la démocratie, Gabriel Nadeau-Dubois incite au non-respect des ordonnances rendues par les tribunaux, écrit le juge Jacques. Il prône plutôt l’anarchie et encourage la désobéissance civile… S’il avait le droit d’être en désaccord avec les ordonnances des tribunaux, note le juge, Nadeau-Dubois n’avait pas celui d’inciter quiconque à y contrevenir… Le désaccord avec la loi ou avec un ordre de la Cour ne permet pas d’y désobéir, ni d’inciter à le faire. »

En attendant, la défense s’organise… L’ex-porte-parole de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) a annoncé avoir amassé 58 000 $ pour l’aider à poursuivre son combat devant les tribunaux. Gabriel Nadeau-Dubois a fait savoir dans un communiqué que plus de 1700 personnes l’avaient soutenu financièrement depuis la mise sur pied, vendredi, de son site Internet www.appelatous.org. Même s’il s’est dit « surpris et très touché par ce témoignage de solidarité », M. Nadeau-Dubois a indiqué que son objectif de financement « est encore loin d’être atteint » pour interjeter appel de sa condamnation pour outrage au tribunal.

Par ailleurs, le 4 novembre, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) s’est rangée officiellement derrière l’ancien porte-parole de la CLASSE tout en invitant ses organisations affiliées à le soutenir à son trésor de guerre juridique. La CSN rejoint ainsi Québec solidaire, la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) et la Fédération des enseignantes et enseignants du cégep (FEC-CSQ) parmi les organisations qui ont exprimé leur soutien à Gabriel Nadeau-Dubois.

De son côté, Jean-François Morasse relancera aujourd’hui le site de financement qu’il avait créé au tout début des procédures judiciaires en première instance. « Gabriel Nadeau-Dubois a un site, il est organisé. On va se battre à armes égales », a-t-il révélé aux médias. Malgré les insultes et l’intimidation dont il est victime sur le site de GND, l’étudiant en graphisme ne regrette pas pour autant d’avoir intenté des recours judiciaires contre Gabriel Nadeau-Dubois. « Ça me donne raison d’avoir fait ça, ça confirme qu’il y avait un problème avec l’intimidation, la violence et le respect de la loi. Ça fait juste me motiver à aller jusqu’au bout de l’appel et de la Cour suprême, s’il faut la Cour suprême. Je vais me battre jusqu’au bout ».

En réalité, que Gabriel Nadeau-Dubois ait été ou non informé du contenu de l’ordonnance m’apparaît n’être qu’un « paravent judiciaire » qui dessert les effets pervers de la loi bâillon du gouvernement Charest qui est venue brimer le droit de parole primordial incarné, dans le cas présent, par le droit de grève, reconnu dans les chartes des droits et libertés de la personne.

En conséquence, le gouvernement Marois, qui a démontré, tout au cours du conflit étudiant, son appui au carré rouge, et qui s’est montré congruent dès le début de son mandat en annulant la hausse des droits de scolarité et en annonçant un Sommet sur l’éducation, se doit maintenant d’intervenir, en vertu des pouvoirs législatifs qui lui sont conférés, pour que GND soit lavé de toute forme d’accusation dans cette affaire et que le « printemps érable » ne périsse pas dans les catacombes de la « saison morte » !

vigile.net tribune libre 5 novembre 2012
quebechebdo 5 novembre 2012
cyberpresse.ca 7 novembre 2012 (version abrégée)

La protection des lacs « bleus »

31 octobre 2012

Parmi toutes les controverses suscitées par le projet de loi C-45, se retrouve, enfoui dans son fourre-tout, une liste de 97 lacs qui demeurent protégés par la Loi sur la protection des eaux navigables. Et, comme par hasard, 87 de ces lacs, dont seulement 4 au Québec, touchent des circonscriptions conservatrices.

Parmi ces 4 lacs québécois, le ministre des Transports, responsable de l’application de cette Loi, et député de Roberval, Denis Lebel, a inscrit le lac Saint-Jean sur la liste de ses cadeaux des Fêtes. Quant au leader adjoint du Parti conservateur au Sénat et ancien maire de Saint-Eustache, il a l’insigne privilège de voir le lac des Deux-Montagnes, situé à deux kilomètres de son ancienne municipalité, apparaître sur la liste des heureux élus. Une exception à signaler, l’absence du lac Mégantic, à moins que le ministre Christian Paradis se soit porté malade lors de la distribution des prix!

Les deux autres lacs « lauréats » sont le lac Témiscamingue qui longe le comté d’un siège conservateur de l’Ontario, et le lac Memphrémagog qui étalent fièrement sur ses berges des résidences « secondaires » luxueuses de certains personnages bien connus.

Quant au président du Conseil du Trésor, Tony Clement, celui-là même qui avait inondé sa circonscription de projets subventionnés d’une cinquantaine de millions de dollars  dans le cadre du sommet du G8 en 2010, il a réussi à inscrire pas moins de 29 lacs de son comté et de celui de son voisin conservateur sur la liste privilégiée.

À la question d’un journaliste qui voulait savoir pourquoi le Québec ne compte que 4 lacs sur les 97 sur cette liste, dont 68 de l’Ontario, la réponse plutôt laconique du bureau du ministre Lebel s’est traduite en ces termes : « Le gouvernement du Canada a eu recours à une méthode fondée sur les données pour déterminer quels sont les cours d’eau les plus achalandés du pays », ajoutant les sources d’où proviennent ces statistiques…une réponse pour le moins fuyante de petite politique aux odeurs de favoritisme à peine voilé.

Un autre exemple scandaleux, parmi tant d’autres, de l’attitude cavalière du gouvernement majoritaire de Stephen Harper qui continue de multiplier les cadeaux aux amis du parti vivant dans le ROC et à offrir les « prix de consolation » aux circonscriptions du Québec…pour autant qu’elles soient du bord des bleus!

quebechebdo 31 octobre 2012

 

À l’écoute des silences

31 octobre 2012

Du temps où, devant ma classe de quelque 35 élèves du secondaire, je sentais que j’étais en train de perdre leur attention, il m’arrivait de leur rappeler qu’ils avaient été conçus avec deux oreilles et une seule bouche dans le but d’écouter deux fois plus qu’ils ne parlent.

J’en profitais aussi pour leur faire voir la distinction entre les verbes «écouter» et «entendre» en leur donnant l’image de quelqu’un qui entend le «son» des oiseaux et un autre qui écoute le «chant» des oiseaux.

Plus tard, lorsque j’ai commencé à faire du bénévolat auprès des malades souffrant d’un cancer en phase terminale, j’ai pu vite constater que je devais me mettre à l’écoute des silences…de ces moments privilégiés avec ces personnes pour qui ma simple présence contribuait à créer un moment de rapprochement inestimable.

Aujourd’hui, avec le temps et les années qui se sont accumulées dans le tiroir de mes souvenirs, j’aimerais faire le souhait que, vous aussi, vous puissiez profiter de toutes les occasions qui vous sont offertes pour vous mettre «à l’écoute des silences »!

quebechebdo 31 octobre 2012

Plus on se compare…

30 octobre 2012

Après avoir lu les paroles de la superbe chanson d’Yves Duteil, « La langue de chez nous », reprises dans le billet de Marie-Hélène Morot-Sir sur la tribune libre de Vigile le 29 octobre 2009, je suis tombé sur un commentaire qui référait à un poème de Bernard Dimey dans lequel le poète dresse un tableau plutôt gênant de la qualité du français de notre mère-patrie tout en nous laissant sur une conclusion plutôt flatteuse pour notre français québécois que plusieurs « faux prophètes » ont souvent tendance à comparer, voire même à dénigrer au profit du français de nos cousins d’outre-mer.

En guise de préambule, je vous propose ces quelques notes biographiques sur Bernard Dimey. Né Bernard Georges Lucide Dimey le 16 juillet 1931 à Nogent-en-Bassigny, aujourd’hui Nogent en Haute-Marne et mort le 1er juillet 1981 à Paris , Bernard Dimey est un poète, auteur de chansons et dialoguiste français. À 25 ans, il s’installe à Paris sur la Butte Montmartre qu’il ne quittera jamais plus. Il y fréquente les bistrots où il rencontre « les poivrots, les putes, les truands, les artistes ». Et il commence à écrire ses poèmes, les déclamant dans ses repaires. Il propose ses chansons à droite et à gauche. Ses clients seront Yves Montand, Charles Aznavour, Serge Reggiani, Henri Salvador et plusieurs autres.

Voici maintenant un extrait du poème dont je vous ai fait mention au début de ce billet :

« Moi qui vis à Paris depuis plus de vingt ans,
Qui suis né quelque part au coeur de la Champagne,
Jusqu’à ces temps derniers je m’estimais content,
Mais tout est bien fini, la panique me gagne.
Quand je lève mes yeux sur les murs de ma ville,
Moi qui n’ai jamais su plus de trois mots d’anglais,
Je dois parler par gestes… et c’est bien difficile…
Alors je viens chez vous retrouver le français…
J’aime le vieux langage que parlaient mes ancêtres.
Je vous jure que chez nous il s’en va pas à pas
Tant pis pour nos enfants, ils s’y feront peut-être,
Mais moi je n’m’y fais pas, alors j’ai pris l’avion,
J’ai salué Paris du haut de ma nacelle,
Je suis venu chez vous chercher avec passion
Au bord du Saint-Laurent ma langue maternelle. »

En réalité, peut-être aurions-nous avantage, en ces temps troubles où la survie du français est menacée de toutes parts, à nous débarrasser de nos complexes de colonisés face aux particularités de notre langue qui lui confèrent toute sa couleur, et qui méritent amplement que nous la protégions et que nous prenions toutes les mesures qui s’imposent pour assurer sa survie avec vigueur et fierté !

En vous communiquant ce 400ième article que les responsables de Vigile ont accepté de publier depuis janvier 2011, je me dois de remercier sincèrement tous ceux qui m’ont encouragé à poursuivre mon cheminement dans les méandres de la vie politique et qui m’ont permis de reprendre le flambeau de notre cause dont la flamme chancelait dangereusement depuis des décennies.

vigile.net tribune libre 30 octobre 2012
quebechebdo 30 octobre 2012 (version abrégée) "Au sujet du français parlé au Québec"

Commentaire:

"Votre engagement pour la libération de notre peuple vous (nous) honore.
Merci."

Stéphane Sauvé
30 octobre 2012

Faire reculer les frontières de l’ignorance

29 octobre 2012

J’ai reçu dernièrement un message d’un correspondant avec qui j’entretiens occasionnellement des communications sur le contenu de certains articles que nous publions sur différentes tribunes. Comme il sait que je suis un enseignant retraité, j’ai cru pertinent de vous le partager :

« Vous savez, j'ai toujours eu un immense respect pour les enseignants. À cet effet, je vous cite ce petit passage, plein de sagesse, du sociologue Guy Rocher, tiré de la préface du livre de Gaston Deschênes sur l'affaire Yves Michaud :

« Je suis un vieux professeur. J’enseigne depuis 50 ans. Cela explique que j’ai depuis longtemps acquis un grand respect pour l’ignorance. Elle m’a fait vivre, elle a fait vivre ma famille. L’ignorance des autres, celle des étudiants, celle de mes collègues, et surtout la mienne ! La maladie fait vivre le médecin et la chicane, l’avocat. Dans mon cas, ce fut l’ignorance. Mais je respecte l’ignorance qui se reconnaît et qui s’efforce de déchirer le voile qui l’enveloppe, de repousser ses frontières. Pas n’importe quelle ignorance ! »

Portez-vous bien et continuez de faire reculer les frontières de l'ignorance. »

quebechebdo 29 octobre 2012