Le mot-caché…souveraineté

30 mars 2013

À part quelques rares déclarations publiques ou quelques envolées oratoires sur la question nationale devant des partisans déjà convaincus, on ne peut pas dire que le mot « souveraineté » fait partie du quotidien de Pauline Marois.

À titre d’exemple, mardi le 26 mars, devant les membres de la Chambre de commerce et d’industrie de la Ville de Québec, un auditoire qui contenait beaucoup de péquistes, la première ministre leur a livré un discours de huit pages sans prononcer une seule fois le mot souveraineté.

Et, pourtant, même si, en général, le discours souverainiste n’obtient pas souvent la cote devant les chambres de commerce, il me semble que, cette-fois-ci, les occasions de mettre l’option en valeur ne manquaient pas. Pauline Marois s’adressait, en effet, à un auditoire très sympathique aux critiques de son gouvernement contre les mesures de Flaherty sur la formation professionnelle et les fonds des travailleurs, deux mesures intrusives qui seraient contrées par un gouvernement souverain.

Et, au même moment où le mot-caché continue de briller par son absence dans la bouche de notre première ministre, le gouvernement du Parti québécois, qui s’était farouchement opposé à la loi 78, trouve opportun de se prononcer en faveur du règlement P6 qui oblige les manifestants à livrer leur itinéraire à l’avance et à se découvrir le visage.

À mon sens, les péquistes sont peut-être en train de faire un compromis de trop en bradant nos libertés d’expression en échange d’un moment de calme. Mais pire encore, en agissant de façon aussi laxiste, ils soufflent sur les braises de la crise, risquant de l’attiser, une conséquence qui, à mon avis, démontrerait l’échec du PQ dans ses négociations avec le étudiants.

En bref, le silence chronique de Pauline Marois sur l’option souverainiste de son parti, allié à des décisions pour le moins contestables de son gouvernement faisant preuve d’un recul par rapport à plusieurs de ses engagements pré-électoraux, n’augurent rien d’emballant ni de mobilisateur pour la promotion de la souveraineté du Québec, un concept qui semble caché derrière les coulisses du pouvoir !

vigile.net tribune libre 30 mars 2013
quebechebdo 1er avril 2013

Rencontre entre Einstein et Chaplin

30 mars 2013

J’ai découvert un jour cette réplique «croustillante» en feuilletant un de mes vieux bouquins :

«Ce que j’admire le plus dans votre art, dit Albert Einstein, c’est son universalité. Vous ne dites pas un mot, et pourtant, le monde entier vous comprend.

- C’est vrai, réplique Chaplin. Mais votre gloire est plus grande encore : le monde entier vous admire, alors que personne ne vous comprend.»

Comme le dit si bien le proverbe, le silence est d’or, la parole est d’argent. Pour le vérifier, rappelez-vous certaines conversations de salon où quelqu’un monopolise la tribune par ses savantes analyses autour de quelques personnes qui n’ont d’autres choix que d’écouter ou, plus souvent qu’autrement, d’avoir l’air d’écouter.

Chaplin, à travers son cinéma muet, esquissait des gestes, des regards, des attitudes qui devenaient compréhensibles devant un public de toute origine linguistique, tandis que Einstein s’évertuait à présenter à ses auditeurs des théories complexes et incompréhensibles dans des mots inconnus de la plupart des profanes.

En conclusion, peut-être aurions-nous avantage à ranger dans le placard nos vieilles rengaines souvent moralisatrices et à écouter les regards qui se dégagent des yeux de notre interlocuteur!

quebechebdo 30 mars 2013
cyberpresse.ca 2 avril 2013

La mauvaise touche

29 mars 2013

À mon sens, l’arrivée des calculatrices dans nos écoles a développé chez les jeunes une paresse intellectuelle perverse qui a pour effet de reléguer aux oubliettes les notions acquises dans le cadre de l’apprentissage des opérations mathématiques, le sens de l’effort étant encore une fois substitué par la tentation de la facilité.

À cet effet, je vais vous raconter une petite anecdote fort révélatrice qui s’est passée, au deuxième cycle du secondaire par une journée où je surveillais les élèves soumis à un examen de mathématiques.

Tout en me promenant dans les allées, je me suis arrêté devant un élève qui prenait sa calculatrice. Je lui ai alors demandé la raison, il m’a répondu qu’il devait vérifier la réponse à une opération qui consistait à multiplier 6X7. Après lui avoir demandé s’il connaissait la réponse, il m’a répondu par l’affirmative mais qu’il ressentait le besoin de s’en assurer.

Toutefois, au lieu de peser sur 6X7, il appuya sur une mauvaise touche, à savoir 5X7, faussant par conséquent la réponse. Plutôt que de se fier à lui, notre élève indiqua 35 comme réponse…Sans dire un mot, j’ai continué ma route tout en me disant que parfois, la calculatrice peut jouer des tours aux élèves au détriment de leurs acquisitions de connaissances auxquelles ils devraient se fier davantage!

Un élément important sur lequel les concepteurs de la réforme scolaire devraient se pencher devant les nombreuses critiques auxquelles elle est confrontée, au même titre que le retour à l’utilisation de la dictée comme processus d’apprentissage de notre langue maternelle.

quebechebdo 29 mars 2013
vigile.net tribune libre 13 avril 2013 

Lettre ouverte aux jeunes du Québec

26 mars 2013

Lorsqu’il m’arrive de parler de la carrière d’enseignant que j’ai exercée, je n’hésite jamais à la qualifier de « plus beau métier du monde ». En effet, le fait de demeurer en contact régulier auprès des jeunes m’a permis de conserver une partie de mon « cœur d’enfant » qui se traduit surtout par la spontanéité qui les caractérise et, en ce sens, je leur suis très reconnaissant pour cet apport inestimable.

Au printemps dernier, nous avons pu assister à une mobilisation sans précédent au Québec autour de jeunes qui ont manifesté dans la rue pour leurs droits en la justice sociale, appuyés en peu de peu de temps de milliers de citoyens de tous âges.

Aujourd’hui, je m’adresse à vous, les jeunes…Vous représentez l’avenir du Québec et ça, personne ne peut vous le revendiquer, c’est votre droit le plus légitime. Toutefois, associés à ce droit, s’accompagnent des devoirs, entre autres, de faire votre place dans les grands débats politico-sociaux, économiques et environnementaux auxquels le Québec est constamment confronté, dû en grande partie au régime politique fédéral de dépendance qui le maintient enfermé dans un carcan avilissant.

C’est Charles Aznavour, cet octogénaire au cœur encore jeune, qui résume assez bien, dans cet extrait de sa chanson intitulée « Sa jeunesse », la force de votre jeunesse et aussi les appels qu’il vous lance dans l’urgence d’agir avant qu’il ne soit trop tard :

« Lorsque l'on voit
Loin devant soi
Rire la vie
Brodée d'espoir
Riche de joies
Et de folies
Il faut boire jusqu'à l'ivresse
Sa jeunesse

Car tous les instants
De nos vingt ans
Nous sont comptés
Et jamais plus
Le temps perdu
Ne nous fait face
Il passe »

Sur un poster posé au mur d’un bureau que j’ai occupé pendant ma carrière, il était écrit : « N’oublie jamais qu’aujourd’hui est le dernier jour du reste de ta vie » Une pensée percutante en soi mais combien révélatrice d’une vérité à laquelle aucun être humain ne peut échapper.

En ce sens, je vous incite fortement, vous les jeunes du pays qui vous appartient, à adopter la philosophie de vie que traduit ce message et à « boire jusqu’à l’ivresse [votre] jeunesse » car « …jamais plus le temps perdu ne nous fait face, il passe »

quebechebdo 26 mars 2013
vigile.net tribune libre 26 mars 2013

L’éternelle jeunesse

24 mars 2013

Les écrits de Gilles Vigneault n’avaient jamais été réunis sous une même bannière. Eh bien, ce sera chose faite avec la publication en quatre volumes de ses œuvres aux Éditions du Boréal, les deux premiers, qui sortent ce printemps, regroupant 352 chansons.

À 84 ans, Vigneault n’a pas envie de faire partie des meubles ni d’adopter une attitude passéiste : « C’est ben beau considérer ce qu’on a fait, mais il faut que ça serve à aller plus loin ». Ce grand « rapaillage » de ses textes de chansons, de sa poésie et de ses contes est pour lui « une occasion de bilan » à laquelle il ne peut pas échapper.

Le pays, la nature, l’amour, le temps qui passe, Vigneault a exploité tous ces thèmes dans ses chansons qui ont traversé le temps sans rien perdre de leur beauté à travers des agencements de mots recherchés et de leur mélodie souvent entraînante qu’on ne peut s’empêcher de fredonner. Mais c’est surtout le désir de raconter des histoires, entre autres, celles des gens de son village, qui l’a mené directement à l’écriture. Au bilan, il est par-dessus tout fier de cette considérable galerie de personnages, de Jos Montferrand à Zidor le prospecteur en passant par Tante Irène et Jos Hébert.

Des personnages qui respirent la soif de vivre, telle qu’exprimée par Vigneault à Jos Montferrand dans cet extrait de la chanson qui porte son nom :

« Le cul s’l’bord du Cap Diamant, les pieds dans l’eau du St-laurent J’ai jasé un p’tit bout d’temps avec l’eau pis le firmament. Là Jos m’a dit : « Mon p’tit garçon, Ah ! si t’apprends bien ta leçon Tu viendras qu’ça sera pas long à faire des pas de cent pieds d’long » J’ai dit : « Jos, faut qu’ça décolle parc’que j’viens d’sortir d’l’école Puis qu’par ici passé vingt ans t’es gréyé pour perdre ton temps, Ah t’es gréyé pour perdre ton temps »

« Faut qu’ça décolle »…Des paroles emplies d’un désir ardent de « faire des pas de cent pieds d’long ». À cet effet, j’aimerais vous citer les paroles de Vigneault sur sa foi inébranlable en notre jeunesse lors d’une rencontre avec une journaliste dans son local de création, à Saint-Placide, près d’Oka :

« La jeunesse, c’est un projet. Je regarde les jeunes du printemps érable, on les voit bouger dans la rue, à la une des journaux et partout ailleurs. Ce sont des projets immenses, j’ai même envie de dire, des projets pleins de projets. Moi, j’ai eu des années de débandade, il y avait trop de choses qui venaient trop vite, il y avait trop d’avenir, trop d’allant, il restait trop de chemin à faire. On avance au début à la course, puis on ralentit le pas et on réalise qu’il est bon de choisir et de faire une chose à la fois. »

Le « chansonnier qui aurait voulu être un poète » espère avoir quelquefois réussi à créer « un petit éclat de miroir à saisir »…eh bien, à mon avis, Vigneault nous a légué beaucoup plus qu’un petit éclat de miroir, c’est toute une mosaïque de poèmes finement ciselés qu’il nous invite, non seulement à contempler mais surtout à en saisir les messages.

vigile.net tribune libre 24 mars 2013
quebechebdo 24 mars 2013 "Vigneault, l'éternelle jeunesse"

Commentaire:

16 juillet 2010 | Nestor Turcotte – Matane |

"Il est grand parce qu'il est humble. Il est le très haut parce qu'il est le très bas. Il est beau parce que c'est beau par en dedans. Il est le géant entre tous parce qu'il se sait petit parmi les siens. Il choisit ses mots pour parler et chante pour les faire danser. Il gesticule pour expliquer et il sourit pour rassurer. Il est debout dans l'azur bleu et il s'élève pour emporter le coeur de chacun par en avant. Il a le regard de jeunesse comme pour faire oublier sa vieillesse. Il embrasse le temps qui passe et il le tire par en avant.

Il est unique. Il est ce qu'il est, sans fard, sans artifice. Il est le
fruit du mûrissement. Du long silence qui trace les chemins non encore empruntés. Il a le coeur à l'ouvrage. Tendu vers on ne sait quel rivage. L'horizon est son terrain d'apprentissage ; la terre, son labour quotidien; le Québec, son pays rêvé. Il ne craint pas de le dire. Il le chante ; il le crie ; il le répète comme un refrain appris sur les vagues de sa terre perdue aux multiples visages. Il est assurance, rocher, phare et guide endiablé. Il est monument vivant, geste mesuré, poésie chantée.

Jeunesse du coeur 

Il vient de la mer. Il vient du large. Il connaît le vent, la tempête, les soucis, les ancrages. Il se sait matelot, conquérant, fils des grands bois, des matins sans nuages comme des bourrasques de vent venues d'un lointain paysage. Il a sur son visage les traits d'un grand sage. Il a dans son regard des attentes encore à l'état sauvage ; il a la jeunesse des coeurs nouveaux, la tendresse de l'enfant qui tend les bras, les flots des mots mesurés et la cadence apprise au contact des grands maîtres maintes fois
fréquentés.

Il chante ses chansons comme des poèmes à réciter et il chante ses poèmes comme des chansons à répéter. Il parle de ses hivers trop longs, des étés trop courts, des soirées à danser à la maison. Il parle des hommes et des femmes de chez lui qu'il nomme par leur nom ; il cause sur les perrons d'église et en fait une chanson. Il est dans le réel. Il a le goût de fonder. Il a, au bout de lui-même, la main tendue de la liberté. Il attend de ceux qui l'écoutent la chaîne de l'amitié. Il attend d'être confirmé.

L'homme est un tout. Il est de la mer, de la terre et du ciel. Il est du dedans et du dehors. Il est en dedans ce que l'on voit dehors. Il est au dehors ce qui est par dedans. C'est pourquoi il est l'homme éternel."

vigile.net tribune libre 24 mars 2013 

  

Parlement de Québec, mardi le 11 avril ’93

22 mars 2013

Lors de ses recherches pour composer son recueil de correspondance amoureuse entre Pauline Julien et Gérald Godin, l’auteure, Pascale Galipeau, a fait « une découverte, quasiment archéologique », à savoir d’autres lettres de Gérald dont elle ignorait l’existence et qui constitue un apport substantiel « par tout le contexte de la Révolution tranquille…un passage bouillonnant de l’histoire du Québec ».

Parmi ces lettres, j’ai pensé vous offrir un extrait de l’une d’elles qui, malgré qu’elle date de 20 ans, serait encore aujourd’hui tout à fait d’actualité, à preuve qu’en politique, les chemins empruntés sont souvent tortueux et cahoteux.

« …Ici, au Parlement, les libéraux vont déposer d’ici quelques jours un projet de loi qui permet l’affichage en anglais. C’est tellement ridicule de rouvrir encore une fois le dossier de la langue que les gens sont désespérés – après 15 ans de la loi 101. Tout le monde a le sentiment de perdre son temps et il n’y a rien de plus corrosif. On piaffe tous d’impatience pour les élections. Ryan et Bourassa se pourlèchent les babines et espèrent récupérer le vote des Anglais. Mais je crois qu’ils se mettent le doigt dans l’œil. Tant que les Québécois ne seront pas plus sur la pente glissante de l’assimilation, les Anglais du Québec vont préférer rester dans leur ghetto, même au point de vue électoral. De plus en plus, nous croyons qu’il faut une élection dans moins d’un an, c’est-à-dire au printemps ’94, pour répéter l’histoire de 1976. Mais seul Bourassa est maître de la situation. Il faudrait envisager la mise en place d’un référendum d’initiative populaire pour que le peuple décide quand il y a des élections au Québec. J’ai l’intention d’en faire une proposition pour la plate-forme électorale du PQ. Il faut renouveler les institutions et les mœurs électorales si l’on veut que la jeune génération s’intéresse à la politique, mais sans se mettre la tête sur le billot non plus. Beau problème de quadrature du cercle. Mais il faut toffer, toffer, toffer et gagner à la prochaine occasion… »

C’est Napoléon Bonaparte qui disait : « Bien analysée, la pensée politique est une fable convenue, imaginée par les gouvernants pour endormir les gouvernés. » À regarder les décennies s’écouler dans notre « merveilleux » monde politique, je serais porté à penser que certains de nos politiciens ont développé des talents d’hypnotiseurs ! D’en haut, j’ai bien l’impression que Gérald Godin doit se dire, qu’avec de tels manipulateurs au pouvoir, ce n’est pas pour demain que les institutions et les mœurs électorales seront renouvelées et que, de la sorte, « la jeune génération s’intéresse à la politique » !

vigile.net tribune libre 22 mars 2013
quebechebo 23 mars 2013

Chapeau à Diane De Courcy

21 mars 2013

Il est plutôt rare que je prenne position pour une mesure défendue par le Parti québécois ! Mais, dans le cas du libre choix scolaire pour les familles des militaires, je dois reconnaître un certain leadership de la ministre responsable de la Charte de la langue française, Diane De Courcy, qui justifie sa volonté de ne plus permettre aux enfants de militaires francophones de fréquenter l’école anglaise, « un passe-droit inacceptable », a déclaré la ministre en commission parlementaire le 20 mars.

D’entrée de jeu, la ministre a d’abord reconnu que le retrait de l’exemption à la loi 101, accordée aux militaires depuis 30 ans, « n’est pas une question de survie de la langue française ». « Il s’agit surtout d’une question d’équité », a-t-elle affirmé. Bon an mal an, 700 enfants de militaires francophones ont recours à cette disposition leur permettant de fréquenter l’école anglaise. Or, cette exemption, qui devait être temporaire, ne l’est plus, plaide le gouvernement, puisque 74 % de ces élèves terminent leurs études secondaires au Québec, selon des chiffres rendus publics mercredi.

Avec le temps, cette exemption s’est aussi transformée en « droit permanent » puisque des militaires peuvent utiliser cette disposition pour acquérir pour leur descendance le droit de fréquenter l’école publique anglaise, que leurs enfants ou petits-enfants soient dans l’armée ou non. Rappelons que la loi 101 prévoit qu’un enfant francophone peut fréquenter l’école anglaise si un de ses parents a été scolarisé dans la langue de Shakespeare. De plus, en vertu de règles adoptées il y a trois ans, un parent peut aussi réclamer le droit permanent pour son enfant de fréquenter le réseau scolaire anglophone après qu’il eut notamment complété trois années de scolarité dans une école anglaise. Depuis octobre 2010, 376 demandes en ce sens ont été déposées au ministère de l’Éducation, qui n’a pas le choix de les accepter en totalité ou presque si la loi ne change pas. « À mes yeux, il s’agit d’une forme d’école passerelle. Avoir un privilège, par le titre ou par le porte-feuille, ne doit pas être accepté », a déclaré Mme De Courcy, avant d’ajouter que les arguments entendus jusqu’à maintenant pour justifier le maintien de l’exemption « ne tiennent pas la route ».

De leur côté, le Parti libéral et la Coalition avenir Québec [faudrait-il s’en étonner ?…] réclament le maintien de l’exemption. Or, est-il utile de le rappeler, le gouvernement péquiste, qui est minoritaire, a besoin de l’appui d’au moins un des deux principaux partis d’opposition pour faire approuver ces modifications à la loi 101. J’espère que cette fois-ci, le gouvernement péquiste ne pliera pas devant l’argument minoritaire de son statut et qu’il maintiendra sa position peu importe les résultats du vote. À suivre…

vigile.net tribune libre 21 mars 2013
quebechebdo 22 mars 2013

La parole aux enseignants

19 mars 2013

La réforme scolaire n'a pratiquement servi à rien, selon 427 enseignants du primaire et du secondaire interrogés dans le cadre d'une recherche menée au début 2012 à l'Université Laval par les chercheurs Jean-François Cardin et Érick Falardeau.

Résultats : une forte majorité d'enseignants ne croient pas que la réforme a permis aux élèves de mieux apprendre (69 %), de mieux réussir (72 %), d'être plus motivés (69 %), plus outillés (58 %), plus disciplinés (88 %) ou plus autonomes (69 %). Pour éviter tout biais négatif, les chercheurs ont même pris la peine de formuler de façon positive les énoncés soumis aux enseignants, qui ont toutefois été loin d'y acquiescer. En ce qui a trait aux enseignants du secondaire, ils sont particulièrement sévères envers la réforme, puisqu'ils sont en désaccord avec les affirmations précédentes dans une proportion qui dépasse souvent les 80 %.

«Ce sont des données très fortes pour nous. La différence avec le secondaire est hyper marquée», souligne M. Falardeau. Les chercheurs n'y voient toutefois rien d'étonnant puisque au départ, le renouveau pédagogique a été davantage conçu pour le primaire, où l'organisation de la classe permet davantage de flexibilité.

En ce qui a trait aux élèves en difficulté, qui étaient au coeur de cette réforme ayant pour objectif de réduire le décrochage scolaire, le verdict des enseignants est tout aussi sévère puisque 81 % d’entre eux ne considèrent pas que les élèves faibles deviennent forts ou s'améliorent depuis l'arrivée de la réforme, et 83 % croient plutôt que les élèves faibles continuent de l'être.

Les enseignants ne croient pas non plus que l'intégration des élèves en difficulté dans les classes régulières a été un succès. Au contraire, 75 % considèrent que cette intégration a fait fuir les élèves plus forts vers le réseau privé ou les programmes d'éducation internationale du réseau public (83 %), alors que 68 % estiment que cette intégration n'a pas permis aux élèves faibles de s'améliorer.

Concernant la maîtrise du français, les réponses ne sont guère plus reluisantes. Les enseignants interrogés considèrent que depuis la réforme, les élèves ne maîtrisent pas mieux la lecture (66 %), l'orthographe et la grammaire (77 %) de même que l'écriture (58 %). Seule note positive au tableau, 61 % des profs estiment que les élèves sont meilleurs en communication orale.

À la lumière des résultats pour le moins « inquiétants » qui ressortent de cette recherche, ajoutés à toutes les données antérieures qui ont été publiées depuis plus des quelque dix années qui ont donné naissance à la réforme scolaire, je me demande sérieusement si les « penseurs » du ministère et la ministre ne devraient pas s’asseoir avec des enseignants qui ont vécu, voire survécu, cette « supposée réforme », qui devait être la panacée aux problèmes de nos élèves, pour remettre les pendules à l’heure, à savoir mettre sur pied une approche pédagogique qui favorise prioritairement l’acquisition des connaissances, objectif qui demeure toujours, à mon sens, le but premier de l’école.

quebechebdo 19 mars 2012
vigile.net tribune libre 19 mars 2013

Commentaire:

"Monsieur Marineau,

J'enseigne le français et la littérature dans un cégep des Basses
Laurentides dont le département de français compte près de 60 professeurs. Nous sommes unanimes, tous âges confondus, à penser comme les enseignants du secondaire dont vous parlez dans Vigile (La parole aux enseignants). Nous constatons le résultat véritablement catastrophique de l'enseignement au secondaire depuis au moins cinq ou six ans : pratiquement aucune connaissance, même minimale, de la littérature; carences nombreuses en syntaxe et en grammaire; vocabulaire limité et, quant à l'expression de concepts, carrément déficient voire nul.  Sous la pression du MELS, nous bricolons cours de rattrapage après cours de mise à niveau, comme si l'on pouvait, en 60 heures, compenser ce qui n'a pas été fait en onze ans d'école.  Bref, le système s'amuse à pelleter par en avant, et encore, à la cuillère.  Encore un pas et il faudra un bac pour pour obtenir l'équivalent d'un DEC.  La situation n'est d'ailleurs pas meilleure en histoire, en géographie et même, paraît-il, en sciences, mais je n'ai pas vérifié quant à ce dernier point.

Forcément, sauf à causer un scandale, nos exigences rétrécissent quelque peu, et même beaucoup, au lavage…  La véritable solution consisterait justement à le provoquer, ce scandale, et ainsi engager un bras de fer avec le MELS, mais la plupart des enseignants et, surtout, les gestionnaires des cégeps, du primaire et du secondaires sont aussi peu contestataires que possible.  S'adresser au public par la voie des journaux? Nous sommes quelques-uns à avoir tenté l'aventure depuis l'adoption de l'approche par compétences (1993) et de la pédagogie du savoir-faire au détriment du savoir d'abord: même le sacro-saint Devoir a presque toujours refusé de publier nos doléances, même documentées, fussent-elles signées par plusieurs dizaines d'enseignants : il ne faut pas mettre en doute la doxa
(idem pour l'actualité économique, militaire et politique internationale)." 

Raymond Poulin
19 mars 2013

Regarder vers l’avenir

18 mars 2013

Aubert Caron-Guillemette avait à peine 15 ans et sa copine Caroline Dubé venait de fêter ses 16 ans lorsque, en 2007, Aubert a appris qu’il était atteint d’une leucémie. À la suite de traitements de chimiothérapie à fortes doses, le malheur a fait que l’adolescent s’est retrouvé paralysé jusqu’au cou : « Je n’étais même pas capable d’écrire, mais heureusement, après six ou sept mois, j’ai retrouvé des sensations jusqu’à mes abdominaux et je peux maintenant utiliser mes bras normalement. »

Le courageux jeune homme a donc poursuivi ses traitements et sa réhabilitation tout en terminant du même coup sa cinquième secondaire, si bien qu’il étudie aujourd’hui en psychologie à l’université Laval alors que Caroline travaille comme designer d’intérieur.

En septembre 2012, lorsque Aubert a obtenu la confirmation que la guérison de sa leucémie était complète, il en profita pour demander à Caroline de devenir sa fiancée. Pour le couple qui vient de terminer une lutte de cinq ans contre la maladie, le mariage revêt un symbole d’une grande intensité. Pour Caroline, le mariage devient « une façon de souligner la fin de ce long périple, une manière de passer à autre chose, de regarder vers l’avenir. »…un avenir que je leur souhaite empli de petits bonheurs qu’ils ont bien mérités! 

quebechebdo 17 mars 2013

Une époque révolue

16 mars 2013

Les familles des militaires demandent de conserver leur libre choix scolaire dans le cadre du projet de loi 14, plusieurs d'entre elles craignant pour l'avenir de leurs enfants le jour où ils seront mutés hors du Québec, d’autant plus que les intéressés connaîtront leur nouvelle affectation d'ici deux semaines, un calendrier serré qui contribue sans doute à exacerber les sentiments de crainte devant l'inconnu.

Quant à la Défense nationale, elle ne fait rien pour atténuer les appréhensions des familles en cause en manifestant un certain malaise devant l'action de ces parents francophones, en refusant, entre autres, de s’ingérer dans le débat linguistique québécois [une attitude de « je m’en lave les mains »], alléguant habilement que ce sont les parents qui détiennent la responsabilité de l’éducation de leurs enfants.

À titre de rappel, ce privilège avait été accordé par René Lévesque et Camille Laurin en 1977, les auteurs de la loi 101 reconnaissant, de façon « politically correct », les devoirs des militaires et les sacrifices imposés à leur famille.

À mon sens, cette époque est révolue. Rappelons d’abord que la Charte des droits de Pierre Elliott Trudeau a contraint les provinces à offrir l'éducation en français partout où le nombre le justifie, une obligation confirmée plus tard par la Cour suprême. Sur les 25 bases de l'armée, de la marine et de l'aviation que compte le pays, 24 disposent maintenant d'un enseignement en français, généralement jusqu'à la fin du secondaire.

Le régime d'avantages sociaux de la Défense nationale prévoit même une indemnité d'études, s'ils doivent envoyer leurs enfants étudier dans une autre localité, et ce, jusqu'à la fin du secondaire. Les militaires reçoivent même l'appui de leur employeur. Chaque famille reçoit avec son avis de déplacement un dossier d'accompagnement donnant les coordonnées des écoles françaises à proximité de sa résidence, lesquelles sont facilement accessibles sur le site Navigateur familial des Forces armées.

En réalité, face à un tel progrès dans les services offerts à ces familles contestataires, l'attitude de certains parents d'ici envoie un très mauvais message aux communautés francophones hors Québec qui se sont battues bec et ongles pour obtenir leurs écoles. Un minimum de respect envers elles s’impose. Qu’y-a-t-il de plus insultant, pour elles, que de voir des Québécois francophones leur passer sous le nez, dans un autobus scolaire, pour se rendre dans une école anglaise alors que la survie de ces communautés dépend très souvent des nouveaux arrivants?

En fait, si le gouvernement accepte l'exception militaire, n’y-a-t-il pas danger de l'étendre aux autres francophones qui seraient appelés à travailler un jour hors du Québec dans quelque profession que ce soit? Il appartient maintenant à nos politiciens de rappeler à TOUS les résidents québécois qu’ils doivent accepter les conséquences de vivre dans un État où le français est la langue officielle.

quebechebdo 16 mars 2013
vigile.net tribune libre 16 mars 2013