Une décision déraisonnable

5 décembre 2012

C’est parce qu’il « a les compétences qu’il faut » qu’André Boisclair a hérité d’une permanence à vie dans la fonction publique en même temps qu’il est devenu délégué général du Québec à New York. Attaquée de toutes parts, la première ministre Pauline Marois a ainsi défendu la double nomination de l’ex-politicien péquiste comme délégué, mais aussi bénéficiaire du statut de sous-ministre adjoint aux Relations internationales.

Toutefois, là où le bât blesse dangereusement, c’est qu’au sein même des rangs péquistes, la nouvelle a été mal accueillie. En effet, pendant que le vice-premier ministre François Gendron admettait qu’il n’était pas au courant de la double nomination, un député péquiste a qualifié la situation « d’indéfendable ». L’interlocuteur rencontré par les médias, dont le nom n’a pas été divulgué, s’est dit convaincu que « le caucus n’était pas au courant. [...] C’est passé sans qu’ils ne le voient » au Conseil des ministres, a-t-il ajouté… Une décision qui risque de rappeler le goût amer du projet de loi 204 concernant l’amphithéâtre du maire Régis Labeaume, les élus de l’équipe Marois n’ayant pas été consultés dans cet épineux dossier.

Cette fois-ci, pour tenter de justifier sa décision, la chef du gouvernement a insisté sur les qualifications de M. Boisclair qu’elle a décrit comme une personne « qui a beaucoup d’entregent » et qui « a complété des études supérieures » aux États-Unis, une maîtrise d’un an dans une école affiliée à l’Université de Harvard. « Il a failli être premier ministre du Québec », a-t-elle ajouté. « Il a eu plus de 1 million de voix » à l’élection générale de 2007. Qualifiant André Boisclair d’homme de « tous les talents », Mme Marois a insisté sur la feuille de route de celui qui « a dirigé des ministères importants, dont celui de l’Environnement », et a été responsable « de milliers de fonctionnaires ».

Pour sa part, à son arrivée au caucus péquiste, le ministre Jean-François Lisée, le patron des délégués du Québec à l’étranger, a confessé que c’est à la suggestion de M. Boisclair que la clause sur la permanence d’emploi comme haut fonctionnaire a été incluse dans son contrat d’embauche. Même si M. Lisée a plaidé qu’André Boisclair a dû abandonner une clientèle qu’il s’était bâtie comme consultant, le ministre a quand même dû admettre qu’il aurait été préférable de mentionner, dès le départ, dans le communiqué de presse de nomination, le double statut qui échoit à André Boisclair.

Enfin, dans un ultime effort pour légitimer sa décision, Pauline Marois a plaidé que le libéral Jean Charest a procédé à des nominations politiques autrement plus critiquables. Une demi-douzaine d’attachés politiques ont quitté l’entourage d’un premier ministre libéral pour atterrir dans un siège de sous-ministre. Leurs noms apparaissent sur la liste que le Parti québécois a confectionnée pour illustrer le fait que Pauline Marois n’invente rien en donnant le statut de sous-ministre à André Boisclair. Le problème, c’est qu’aucun des 32 noms des libéraux contenus sur la liste remise par le PQ , élus ou attachés politiques, n’a fait l’objet d’une double nomination comme M. Boisclair qui devient délégué du Québec à New York tout en étant désigné sous-ministre, un privilège qui lui permet d’accéder au régime de pension des administrateurs d’État en plus d’obtenir l’assurance d’un revenu annuel indexé d’environ 170 000 $ et le droit à sa pleine retraite, sans pénalité actuarielle, dès l’âge de 55 ans.

Personne ne semble remettre en question la nomination d’André Boisclair à titre de délégué général du Québec à New York… Quant à M. Boisclair, il disposait de toute la latitude pour négocier les conditions liées à ses nouvelles fonctions. Toutefois, en acceptant les conditions proposées par un « fidèle allié de son parti », Pauline Marois ouvre la voie à une politique partisane qu’elle s’évertue à décrier depuis des mois et nous laisse pour le moins perplexes sur ses intentions fermement avouées de « faire de la politique autrement ».

vigile.net tribune libre 5 décembre 2012
quebechebdo 5 décembre 2012

Rendez-vous avec la fatalité

5 décembre 2012

Encore une fois, l'horreur et l'insensé se sont manifestés brutalement le 2 décembre dans un appartement de la rue Turcotte, à Drummondville, où une jeune mère de 33 ans semble avoir mis fin à la vie de ses trois jeunes enfants, profitant de l'absence de sa propre mère qui devait superviser la rencontre familiale.

Même si le Québec a réussi, entre 1980 et 2009, à diminuer de 32 % le taux d'homicides familiaux, il est tout à fait inhumain et incompréhensible que les mains d’une mère viennent arracher violemment et sciemment la vie qu'elles ont donnée. Qu'est-ce qui a fait défaut dans le cas de Sonia Blanchette et de sa petite famille? Comment le sort dramatique réservé à Loïc, Laurélie et Anaïs aurait-il pu être différent?

Difficulté de vivre une séparation, trouble mental grave, état dépressif avec ou sans symptômes psychotiques, consommation de drogues ou d'alcool, grossesse non désirée, violence ou souci de protéger leur progéniture d'un monde qu'elles jugent trop cruel conduisent des mères à commettre l'irréparable. Des causes variées qui nous rappellent que tous les efforts de prévention et de prise en charge de ces personnes en désarroi doivent constamment faire partie des préoccupations des divers intervenants.

Même s’il subsistera toujours des occasions ratées, des messages non décodés, des appels à l’aide minimisés, des décisions inappropriées au sein des familles et des services de santé et de justice, l'impossibilité d'atteindre le risque zéro ne doit cependant pas constituer une raison de demeurer passif en attendant le prochain fatidique rendez-vous avec la fatalité!

quebechebdo 5 décembre 2012

Une invitation ratée

4 décembre 2012

Après les pompiers et les cols bleus, mercredi dernier, c'était au tour des cols blancs et des policiers lundi d'annoncer qu'ils ne seraient pas présents à la quatrième rencontre du 7 décembre convoquée par le maire Labeaume pour négocier à la même table, notamment en ce qui concerne la question du déficit des régimes de retraite. L'Alliance des professionnels de la Ville de Québec a également prévenu qu'elle sera absente.

De l’avis de Bernard Lehré, le président de la Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec, Régis Labeaume tient un double discours, un en privé, un en public, une attitude qui vient court-circuiter tout effort de négociation entre les parties. À titre d’exemples, M. Lehré affirme ne pas comprendre pourquoi le maire Labeaume a rencontré les médias après la troisième rencontre au sommet, en novembre, pour parler de l'âge de la retraite à 67 ans et du déficit des caisses de retraite, qui atteindrait 750 millions de dollars, alors que ces deux données n'ont jamais été mentionnées lors de la rencontre.

Pour sa part, le maire de Québec trouve « insensée » la décision des principaux intéressés de boycotter cette quatrième rencontre en les accusant de ne pas vouloir discuter des « vraies choses » tout en ajoutant que s'il le faut, il imposera des conditions aux syndicats et que ce sont eux, au final, qui seront perdants.

Si Régis Labeaume est véritablement sincère dans ses intentions de négocier avec ses employés, il devra déposer les livres sur la table de négociation avant de l’étaler devant les médias…sinon, le maire de Québec risque de vivre une autre invitation ratée! 

quebechebdo 4 décembre 2012
vigile.net tribune libre 7 décembre 2012

 

Justin Trudeau change son fusil d’épaule!

4 décembre 2012

Six ans après la tuerie de l’École Polytechnique où 14 femmes ont perdu la vie le 6 décembre 1989, le registre des armes d’épaule a été créé en 1995 par les libéraux de Jean Chrétien. En avril 2012, le registre a été aboli par le gouvernement conservateur de Stephen Harper, qui l’a toujours décrié. Lors du vote à ce sujet, qui s’est soldé par une majorité de 159 voix contre 130, le député de Papineau, Justin Trudeau, avait alors voté contre l’abolition du registre.

Sept mois plus tard, le même Justin Trudeau, maintenant candidat à la direction du Parti libéral du Canada, a déclaré récemment, dans la circonscription ontarienne conservatrice de Glengarry-Prescott-Russel, que « le registre des armes d’épaule tel qu’il était fut un échec et [qu’il n’a pas] l’intention de le ressusciter », ajoutant que la possession d’armes à feu fait partie de l’identité canadienne : « Je n’ai pas l’impression qu’il y a une contradiction entre le fait de garder nos villes sécuritaires tout en permettant cette facette importante de l’identité canadienne qu’est la possession d’une arme à feu. »

Et, pour ajouter un peu de piquant « à la Trudeau », tout en poursuivant sur une note personnelle, le fils de l’ancien premier ministre Pierre Eliott Trudeau a expliqué qu’il avait grandi entouré d’armes à feu. Les agents de la Gendarmerie royale du Canada qui assurait la sécurité de sa famille lorsqu’il était petit lui laissaient d’ailleurs parfois jouer avec leurs armes « de manière très responsable », a-t-il raconté.

À titre d’argument sur la position pour le moins contradictoire du député montréalais et du candidat à la direction du PLC dans le dossier du registre des armes d’épaule, Justin Trudeau allègue que le débat autour du registre des armes s’est polarisé au cours des dernières années dans le cadre de jeux politiques, tant à cause des conservateurs qui ont utilisé le débat sur le registre des armes pour diviser les Canadiens que des gouvernements qui ont précédé.

Toutefois, celui qui est considéré comme le favori dans la course à la direction du PLC assure que même s’il n’a pas l’intention de réimplanter ce registre, il entend tout de même continuer de « réfléchir à des moyens de garder les villes sécuritaires et de lutter contre la violence conjugale », reconnaissant que les armes à feu « jouent un rôle » dans ces problématiques, tant en ville qu’en région.

Quelques jours avant l’anniversaire des tristes événements de la commémoration de la tuerie du drame de Polytechnique du 6 décembre 1989, et avant de condamner les propos de M. Trudeau, le groupe Polysesouvient lui demande d’expliquer ses propos controversés sur le registre des armes d’épaule : « Je ne peux pas croire et j’aimerais qu’il clarifie sa position », demande Heidi Rathjen, porte-parole du groupe Polysesouvient et étudiante à l’École Polytchnique de Montréal au moment de la tragédie de 1989. « J’attends de savoir s’il est bel et bien contre l’enregistrement des armes à feu, parce que si c’est le cas, ce serait une immense trahison des valeurs québécoises et canadiennes. Ce serait aussi une trahison pour les familles des victimes. »

En attendant, nous nageons en plein paradoxe… Le député Trudeau s’est prononcé contre l’abolition du registre des armes d’épaule alors que le candidat à la chefferie du PLC Trudeau allègue maintenant que ce registre était un « échec » ! Mais que s’est-il donc passé au cours des derniers mois pour que le dauphin à la tête du PLC change son « fusil d’épaule » ? Ce n’est sûrement pas pour se rallier la faveur des Québécois qui se sont déjà prononcés massivement pour le maintien de ce registre…à moins que, sur les traces de son père, Justin ait la capacité d’adapter son discours à ses auditeurs, en l’occurrence, lors sa dernière déclaration sur le registre des armes d’épaule, à des citoyens d’une circonscription conservatrice ontarienne !

quebechebdo 3 décembre 2012
vigile.net tribune libre 3 décembre 2012

Le budget du sursis

3 décembre 2012

Les hauts cris d’indignation lancés par tous les partis d’opposition lors du dépôt du budget n’ont pourtant pas empêché pour autant son adoption le 30 novembre 2012 à l’Assemblée nationale. Le budget du ministre des Finances Nicolas Marceau a donc été adopté par 49 voix contre 48, l’absence de 22 députés libéraux lors du vote ayant ainsi permis au gouvernement minoritaire de Pauline Marois de survivre au vote.

Un scénario annoncé d’avance par le chef par intérim du PLQ, Jean-Marc Fournier, qui avait déjà indiqué, en ces termes, qu’il laisserait passer le budget même s’il le dénonçait, particulièrement au niveau de ce que M. Fournier qualifie de « promesses reniées » : « Nous considérons qu’il serait abusif et irresponsable de déclencher des élections dans les 100 premiers jours suivant une élection ».

De son côté, je dois reconnaître au chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, dont le jugement laisse souvent pantois, qu’il frappe en plein dans le mille lorsqu’il raille la stratégie libérale de dénoncer le gouvernement tout en permettant son maintien au pouvoir, alléguant que l’absence des 22 députés libéraux ne constitue qu’une manœuvre politique pour camoufler que le PLQ est actuellement sans chef et que le parti est, de surcroît, embarrassé sérieusement par les révélations de la commission Charbonneau.

Du total des 48 votes contre le budget, on compte donc 28 libéraux, 19 caquistes et 1 vote du député de Québec solidaire, Amir Khadir, dont le parti a décrié l’obsession de l’atteinte du déficit zéro et la taxation de la classe moyenne. L’autre députée de Québec solidaire, Françoise David, était absente de la Chambre pour défendre sa propre motion, déposée par l’intermédiaire de M. Khadir, estimant que le budget ne comportait pas suffisamment de mesures de justice sociale, laquelle motion n’a recueilli qu’un seul vote, soit celui de M. Khadir.

Avant le vote, en Chambre, le ministre Nicolas Marceau a justifié son approche prudente, en faisant valoir qu’il était fier d’avoir déposé le budget menant à l’équilibre budgétaire. « Ce budget n’aligne pas seulement le niveau des revenus et des dépenses, c’est un budget dans lequel le dosage des actions est équilibré. Nous avons respecté, avec les moyens disponibles, plusieurs de nos engagements, et ce, à l’intérieur d’un cadre financier prudent. C’est un budget de rigueur », a dit M. Marceau.

À mon sens, le véritable test auquel sera soumis le budget Marceau ressortira au grand jour lorsque le gouvernement déposera ses crédits la semaine prochaine, à savoir l’ensemble des dépenses prévues pour chaque ministère… une opération fort délicate qui risque de faire monter aux barricades des milieux « frileux » dont les octrois seront diminués, ce qui aura comme conséquence, entre autres, de fragiliser davantage le budget du sursis du ministre Marceau et nous conduire dans une session parlementaire où la traditionnelle guerre de tranchées ne fera que contribuer à créer un climat de stagnation néfaste et improductif à l’Assemblée nationale !

quebechebdo 2 décembre 2012
vigile.net tribune libre 2 décembre 2012

« Il lance et compte!… »

30 novembre 2012

Les amateurs de hockey de ma génération se souviendront sans doute où, durant les années ’60, Jean Béliveau s’emparait de la rondelle au centre de la patinoire après l’avoir habilement subtilisée à un adversaire, contournait le défenseur en manipulant la rondelle et se présentait seul devant le gardien de but pour le déjouer d’un simple lancer du poignet dans le haut du filet…le tout se terminant par la phrase classique de René Lecavalier « il lance et compte!… », suivie d’un soulèvement massif de la foule de spectateurs!

À l’époque, le centre de la patinoire était une zone privilégiée où les joueurs de talent pouvaient manier la rondelle dans un espace qui leur laissait toute la place pour faire valoir leur brio dans le maniement du bâton. Aujourd’hui, les entraîneurs semblent avoir oublié le centre de la patinoire pour favoriser davantage le corridor le long des bandes et donner lieu à une guerre de tranchées où les mises en échec l’emportent sur le maniement de la rondelle.

Conséquences…une étude commune de l’Université de Calgary avec l’Université McGill et l’université Laval conclut que les mises en échec chez les joueurs de hockey de niveau pee-wee ont des conséquences graves sur la santé des enfants, notamment en terme de commotions cérébrales.

À titre d’exemples, en Alberta, les mises en échec sont acceptées dès le niveau pee-wee alors qu’elles sont interdites au Québec. Des chercheurs universitaires ont suivi 74 équipes albertaines et 76 québécoises sur une période d’un an au cours de laquelle 209 enfants albertains ont subi des blessures mineures et graves et 70 au Québec, parmi lesquels 73 cas de commotions cérébrales ont été diagnostiqués en Alberta contre 20 au Québec.

Si les responsables du développement des jeunes joueurs de hockey revenaient à la base de ce sport d’adresse et d’agilité, peut-être arriverions-nous à redonner au hockey ses lettres de créances qui ont soulevé l’enthousiasme de toute une génération de Québécois qui rebondissaient littéralement de leur siège devant le petit écran lorsque René Lecavalier lançait son légendaire « il lance et compte!… »

quebechebdo 30 novembre 2012

Confusion de termes fallacieuse autour de la loi 101

29 novembre 2012

En campagne électorale, le Parti québécois jugeait indispensable de durcir et d'élargir la portée de la loi 101, entre autres, par l’interdiction pour les francophones et les allophones de fréquenter les cégeps anglophones, l’obligation pour les entreprises de moins de 50 employés de se soumettre aux dispositions de la loi et des services de garde en français, le PQ envisageant de la sorte les grands moyens pour que le français ne perde pas de terrain.

Toutefois, ce n'est pas le portrait que vient de dresser l'Office québécois de la langue française (OQLF) qui viendra conforter le gouvernement Marois dans sa position d’adopter la ligne dure dans sa défense du français au Québec, un portrait mitigé et tendancieux dans lequel partisans comme opposants au renforcement de la loi 101, inquiets ou confiants devant la hausse du bilinguisme, trouveront dans les récentes études sur la langue de travail des éléments pour les conforter chacun dans sa position respective.

Résumons les récentes études divulguées par l'OQLF. Le français demeure la langue de travail de la majorité des Québécois. De 1971 à 1989, la proportion de travailleurs utilisant principalement le français au travail est passée de 83 à 91 % dans la province. Dans la région de Montréal, même tendance. Quatre-vingt-cinq pour cent des gens travaillaient en français en 1989, comparativement à 69 % avant l'adoption de la Charte de la langue française. Autre donnée à considérer, la proportion d'allophones travaillant principalement en français dans la région de Montréal demeure en progression, mais de façon beaucoup moins marquée. De 42 % en 1971, elle atteignait 63 % en 1989, puis 68 % en 2010.

De 1989 à 2010, les choses se gâtent cependant. Ce ne sont plus 91 % des travailleurs de la province qui exécutent leur tâche principalement en français, mais bien 89 %. Dans la région métropolitaine, le recul atteint cinq points. Conclusion plutôt « simpliste » de l'OQLF : le bilinguisme est en hausse.

En réalité, est-ce la mondialisation et la nécessité de parler anglais avec les clients ou les interlocuteurs à l'étranger qui expliquent que de plus en plus de Québécois utilisent l'anglais au travail? Le recul du français n’est-il pas plutôt attribuable à la mollesse de la loi 101, aux lacunes dans la francisation et l'intégration des nouveaux arrivants, au laxisme et à la tolérance des francophones qui ont peur de passer pour ringards s'ils réclament que le français domine au boulot comme on a pu le constater à la Caisse de dépôt et placement, où la direction n'avait pas jugé indispensable qu'un haut dirigeant puisse s'exprimer en français avec les employés de Montréal?

L'adoption de la Charte a permis des avancées indéniables depuis 35 ans. Comment s'assurer que le français demeurera prédominant et ne redeviendra pas une langue de second ordre? Comment, dans un contexte où l'anglais est omniprésent dans plusieurs domaines et où les Québécois se veulent et se doivent d'être ouverts sur le monde, la connaissance et l'usage du français peuvent-ils s'imposer?

À mon sens, il m’apparaît fallacieux et dangereux de confondre une hausse naturelle du phénomène du bilinguisme chez les Québécois considérant le contexte géographique du Québec, avec la défense et la promotion de notre langue officielle, le véritable porteur de notre identité culturelle qui se doit d’être consolidé contre les dangers éminents d’une assimilation sournoise si nous n’y prêtons pas un œil vigilant!

quebechebdo 29 novembre 2012
vigile.net tribune libre 29 novembre 2012 "Confusion des termes fallacieuse"

Le chef de la CAQ retrouve ses ailes

28 novembre 2012

C’est sans tambour ni trompette que le Bureau de l’Assemblée nationale, qui se compose des représentants de trois principales formations politiques, a voté, le 11 novembre, un nouveau budget de 25 000$ à la disposition de François Legault, le chef de la Coalition avenir Québec et ex-pdg d’Air Transat, la « meilleure ligne aérienne vacances au monde », dit son site Internet, pour ses déplacements dans certaines régions du Québec, ce qui constitue une première pour un chef de la deuxième opposition.

Rappelons que, lorsqu’une situation parlementaire semblable, à savoir celle d’un gouvernement minoritaire face à deux partis comptant une majorité de députés s’est produite en 2007, nulle enveloppe budgétaire pour utiliser un tel moyen de transport n’existait. En effet, à l’époque, le leader de la deuxième opposition, André Boisclair, du Parti québécois, s’était contenté d’une automobile mise à sa disposition par le Parlement, ce qui demeure évidemment pour M. Legault. En réalité, cette allocation « voiture » pour la seconde opposition avait été créée pour M. Boisclair, le PQ de l’époque ayant alors récolté 28,3 % des suffrages et 36 élus alors qu’en septembre 2012, la CAQ a obtenu 27% des voix et 19 députés.

Le règlement modifié stipule maintenant que, « sur présentation des pièces justificatives, les frais réellement engagés » pour les déplacements peuvent s’accumuler « jusqu’à concurrence d’un montant de 25 000 $ par exercice financier ». Il y est précisé que l’élu qui en profite « peut utiliser un moyen de transport nolisé ». Dans leurs délibérations, les membres du BAN conviennent « qu’il est opportun de lui permettre d’utiliser un moyen de transport nolisé pour ses voyages faits au Québec ou ailleurs dans l’exercice de ses fonctions ».

Ces nouvelles règles de remboursement des dépenses de l’Assemblée nationale atterrissent sur la place publique au moment où une formation politique dont le chef se fait le champion de la lutte contre les dépenses publiques, ce même François Legault, a été particulièrement actif ces derniers temps pour réclamer une baisse du plafond des sommes pouvant être investies par les partis en campagne électorale.

Qu’à cela ne tienne, même si le leader de la CAQ ne s’est pas encore servi du nouveau budget de nolisement, son entourage immédiat s’est dit parfaitement à l’aise avec la demande qu’a acceptée par consensus le Bureau dont les membres péquistes sont majoritaires.

vigile.net tribune libre 28 novembre 2012
quebechebdo 28 novembre 2012 "Une petite vite passée inaperçue…"

Jamison, le coyote rusé

28 novembre 2012

Après de longues heures de délibération, le conseil municipal de Glendale a approuvé, par quatre voix contre deux, dont celui de la mairesse Elaine Scruggs, farouchement opposée, l’entente pour le sauvetage des Coyotes de Phoenix, tard dans en soirée le 27 novembre en acceptant de verser 320 M$ sur 20 ans à l'homme d'affaires Greg Jamison, qui souhaite ardemment garder les Coyotes en Arizona.

Une entente qui est approuvée, comme par un heureux hasard pour Greg Jamison, quelques semaines avant l'entrée en fonction du nouveau conseil municipal de Glendale, en janvier 2013, dont les nouveaux conseillers élus ont d'ores et déjà fait savoir qu'ils étaient contre l'entente entre la Ville de Glendale et Greg Jamison.

Le nouveau conseil pourrait cependant avoir son mot à dire si l'entente n'est pas en vigueur au 31 janvier, date limite fixée par le contrat. En effet, Greg Jamison doit encore compléter l'achat des Coyotes auprès de la Ligue nationale et la vente doit être approuvée par le Bureau des gouverneurs de la LNH.

Rappelons que plusieurs citoyens de Glendale s'opposent farouchement au versement de fonds publics à Jamison, alléguant, entre autres, que cette aide sera octroyée au moment où les finances de la Ville sont mal en point et où le niveau de taxation à Glendale est l'un des plus élevés aux États-Unis.

En attendant, les partisans du retour d'une équipe de la Ligue nationale de hockey à Québec peuvent toujours garder un œil vers l'Arizona, en espérant que l'entente soit rejetée par le nouveau conseil municipal et que les espoirs ressurgissent!

quebechebdo 28 novembre 2012
cyberpresse.ca 29 novembre 2012

Au sujet de la « délicate question » de la francisation obligatoire des immigrants

26 novembre 2012

Lors d’une conférence de presse tenue le 2 octobre 2012 portant sur la francisation des personnes immigrantes et des non-francophones et leur intégration à la société québécoise, la ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles et ministre responsable de la Charte de la langue française, Diane De Courcy, a fait savoir en ces termes qu'elle accueille positivement les préoccupations exprimées par la Fédération autonome de l'enseignement et les organisations qui s’y sont exprimées : « Cette préoccupation rejoint mon mandat en immigration de même que celui relatif à la langue. La vitalité et la qualité du français, ce qui inclut la francisation des nouveaux arrivants, est clairement pour moi une priorité ».

Or, moins de deux mois plus tard, le gouvernement Marois refuse de dire s'il va ou non respecter son engagement visant à forcer des milliers d'immigrants allophones à apprendre la langue officielle du Québec. En effet, en entrevue à La Presse Canadienne, sa première depuis qu'elle est entrée en fonctions, la ministre De Courcy, a dit qu'il était trop tôt pour se prononcer sur cette délicate question tout en ajoutant qu’elle ne se fixait pas d'échéance pour y répondre. «Je ne suis pas encore à des mesures, à des dispositions. Je suis à des constats, a lancé la ministre. Il serait trop tôt pour vous dire que mon idée est faite.»

Le Québec accueille plus de 50 000 immigrants chaque année. Environ 12 000 d'entre eux ne peuvent dire un mot de français à leur arrivée en terre québécoise et, de ce nombre, près de 5000 ne s'inscriront à aucun cours de français. Et pourtant, quoi que la ministre De Courcy se dise consciente que le Québec échappe ainsi, année après année, quelque 40% des nouveaux arrivants non francophones et qu’elle se demande comment rejoindre ce pourcentage imposant, qui, pour diverses raisons, ne s'intègre pas à la majorité francophone, elle rétorque qu’elle « n’est pas rendue là » quand on lui demande quels moyens elle entend envisager pour corriger le tir.

Pourtant, en septembre 2012, la plateforme électorale du Parti québécois était très claire sur ce point, affirmant qu'un gouvernement Marois allait «rendre obligatoires les cours de francisation pour celles et ceux qui n'ont pas une connaissance fonctionnelle du français». Mais, que s’est-il passé depuis lors pour que le gouvernement traite la francisation obligatoire des immigrants de « question délicate » comme si le fait que les immigrants doivent se soumettre à l’apprentissage de la « langue officielle du Québec » ne devait pas être considéré comme une exigence qui découle de soi?

À mon sens, il serait inadmissible que la ministre de l’Immigration, confrontée à des contraintes quant à la capacité du Québec d’accueillir un nombre trop élevé d’immigrants à qui il peut offrir de l’emploi, mêle cette juridiction à celle qui lui incombe en tant que ministre responsable de la charte de la langue française en remettant en question la francisation obligatoire des immigrants indépendamment de leur nombre… ce sont là deux « chapeaux » avec lesquels Mme De Courcy devra apprendre à composer sans qu’ils ne subissent des contrecoups inopportuns l’un par rapport à l’autre.

vigile.net tribune libre 26 novembre 2012
quebechebdo 26 novembre 2012