Ruba Ghazal, bougie d’allumage de la ferveur souverainiste de QS?

22 octobre 2024

«L’indépendance si nécessaire mais pas nécessairement l’indépendance», arguait l’ancien co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Amir Khadir, en 2012, une déclaration qui illustre très clairement le flou d’Amir Khadir eu égard à sa position à l’égard de la souveraineté du Québec.

Douze ans plus tard, la députée solidaire de Mercier, Ruba Ghazal, est désignée co-porte-parole de QS aux côtés de Gabriel Nadeau-Dubois (GND), une nomination bien accueillie dans les officines de QS, et au moment où le dernier sondage Léger indique que seulement 34% des solidaires se rangeraient dans le camp du «oui». Plutôt décevant pour Ruba Ghazal qui n’a jamais caché son allégeance souverainiste.

Or nonobstant les réformes au sein du parti proposées par GND, notamment la proposition de faire de QS un parti «pragmatique», le parti stagne dans les derniers sondages, se classant quatrième, et récoltant un maigre 14% des intentions de vote des Québécois. Dans les faits, QS est et a toujours été depuis sa fondation un parti social-démocrate qui se tient éloigné du spectre de la souveraineté, se contentant d’effleurer timidement à l’occasion un timide nationalisme même si officiellement, il se proclame souverainiste.

En conséquence, indépendamment de l’ardeur et de la détermination qu’accorde Ruba Ghazal à la défense de ses convictions souverainistes, je demeure perplexe sur le poids qu’elle exercera sur les militants de Qs eu égard à leur ferveur souverainiste particulièrement dans un scénario où la position officielle du parti soit si loin de leurs propres électeurs.

vigile.quebec tribune libre 22 octobre 2024

Sommes-nous en train de perdre le contrôle sur l’IA?

19 octobre 2024

L’intelligence artificielle (IA) fait couler beaucoup d’encre par les temps qui courent à tel point qu’elle est en train d’envahir notre monde industrialisé, voire notre société dans son ensemble.

Prenons par exemple le monde de l’éducation en relation avec l’arrivée du robot ChatGPT qui peut, en quelques secondes, faire le résumé d’un livre qui a été demandé par un enseignant à ses étudiants, et de surcroît, pour lequel il n’existe aucun logiciel qui pourrait permettre au professeur de démasquer le fraudeur. Pire encore, à la suite du caractère éhonté du traquenard, une personne âgée vulnérable tombe dans le piège d’un fraudeur qui se fait passer pour une de ses connaissances, en empruntant sa voix grâce à l’IA. Et je pourrais ajouter bien des exemples qui démontrent sans l’ombre d’un doute que nous sommes en train de perdre le contrôle sur l’IA.

Et pourtant, nonobstant les avancées remarquables issues de l’IA dans certaines sphères de la société, si nous remontons aux premiers balbutiements de l’IA, n’est-ce pas le cerveau humain qui l’a créée? Sommes-nous en train d’être manipulés par un système électronique? Jusqu’où ira l’évolution de l’IA avant que nous réagissions à ses ingérences perfides dans la vie privée des êtres humains?

À mon sens, l’IA a atteint son point de rupture. Il est temps que nos gouvernants exigent un moratoire sur son évolution et créent des balises qui limiteront ses champs d’intervention à défaut de quoi notre monde dit «moderne» et «civilisé» court inéluctablement à sa perte.

vigile.quebec tribune libre 18 octobre 2024
 

Branle-bas de combat à l’école Bedford

19 octobre 2024

Un rapport d’enquête accablant demandé par le ministère de l’Éducation sur un climat délétère à l’école Bedford du centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) a été rendu public le 11 octobre 2024, lequel indique notamment que des premiers drapeaux rouges ont été levés dès 2016. Onze enseignants d’origine maghrébine sont visés eu égard à leur pédagogie teintée de leurs valeurs conservatrices au détriment du contexte culturel québécois.

Or la directrice générale du CSSDM, Isabelle Gélinas, argue que plusieurs informations n’ont pas été portées à sa connaissance, ce qui l’a empêchée d’agir. Et pourtant, dans les faits, les écoles sont régies par des centres de services scolaires, dotés d’une équipe de direction et de conseils d’administration. Chaque école a sa propre direction, et ses conseils d’établissement. De surcroît, des protecteurs de l’élève existent dans chaque centre de services scolaire, et un protecteur national de l’élève s’est ajouté en 2023.

À mon avis, ce chaos émerge ou du laxisme ou de l’incompétence d’Isabelle Gélinas qui a fait fi de façon éhontée de son imputabilité en tant que directrice générale du CSSDM. En effet, dans les faits, il m’apparaît très peu plausible que Mme Gélinas n’ai pu être informée de quelque façon d’une situation aussi chaotique qui durait depuis huit ans d’autant plus que les ressources disponibles pour pallier ces incidents inacceptables étaient bien présentes autour d’elle.

Pour toutes ces raisons, je suis d’avis qu’Isabelle Gélinas soit relevée illico de ses fonctions pour sa gestion outrageusement laxiste dans ce dossier d’une extrême importance, et que les enseignants impliqués dans cette affaire soient suspendus en attendant les conclusions de l’enquête.

vigile.quuebec tribune libre 18 octobre 2024

Déshabiller Pierre pour habiller Paul

17 octobre 2024

Dans la foulée de l’intention du ministre de la Santé, Christian Dubé, les Québécois perdront leur médecin de famille au profit d’un patient vulnérable privé d’un omnipraticien dans l’hypothèse où vous ne montrez aucun symptôme de maladie sévère. En effet, dans les officines du Ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), on envisagerait de «transférer jusqu’à 1,5 million de rendez-vous annuels de patients qui ont un médecin de famille à ceux qui n’en ont pas».

Imaginons le scénario suivant: lors de son rendez-vous annuel avec son médecin de famille, un patient «en santé» apprend, à la suite d’une radiographie pulmonaire, qu’il est atteint d’un cancer des poumons. Ou un autre qui, après sa rencontre avec son médecin de famille, découvre qu’il souffre d’un cancer de la prostate. Des patients qui, avant leur rendez-vous annuel avec leur médecin, ne ressentaient aucun symptôme de leur maladie, et qui auraient perdu leur médecin de famille dans le scénario envisagé par le MSSS, risquant de la sorte d’être atteint d’un cancer faute de mesure préventive.

Au Québec, on le sait, le système de santé est malade. Or les omnipraticiens incarnent la première ligne vers laquelle peuvent se diriger les patients, y compris ceux qui désirent un examen de contrôle complet par mesure de sécurité et de prudence. Conséquemment, l’intention de Christian Dubé déroge outrageusement du principe d’équité eu égard à la santé de tous les Québécois(es). En bref, déshabiller Pierre pour habiller Paul ne fait que déplacer le problème au détriment d’une saine gestion de la justice élémentaire.

vigile.quebec tribune libre 15 octobre 2024

«Votre gouvernement», vraiment?

16 octobre 2024

À l’occasion de tous les points de presse des ministres du gouvernement Legault, apparaît en arrière-plan, en grosses lettres, le slogan «Votre gouvernement». Dans les faits, que je me suis dit, est-ce vraiment le cas? En réalité, nonobstant les deux années de la pandémie de COVID 19 pendant lesquelles François Legault a su faire preuve d’humanité, les dossiers auxquels a été confronté le cabinet ont tous été et sont encore des sujets d’inquiétude pour les Québécois(es). J’en retiendrai trois.

Primo, notre système de santé craque de partout malgré les superstructures mises de l’avant par le ministre Christian Dubé. Encore aujourd’hui, le nombre de Québécois sans médecin de famille atteint des proportions astronomiques. Le temps d’attente dans les urgences se situent souvent autour d’une douzaine d’heures. Les régions peinent à se dénicher des médecins et des infirmières et, le cas échéant, ils retournent dans les grands centres urbains aux prises avec des tâches inhumaines.

Secundo, la saga du troisième lien Québec-Lévis, en gestation depuis six ans et toujours à la case départ malgré que cette superstructure incarnait une promesse-phare de la CAQ lors de la campagne électorale de 2018. Comme toute prospective d’avenir, la ministre des Transports et de la Mobilité durable, Geneviève Guilbault, lance un appel d’«intérêt international». Enfin bref, les Québécois se voient projetés à la case départ.

Et tertio, le laxisme éhonté avec lequel le ministre de l’Environnement, Benoit Charrette, tergiverse sur la concentration d’arsenic dans l’air de la population de Rouyn-Noranda qui a été exposée à 165 ng/m3, en moyenne, selon l’INSPQ alors que la norme québécoise est de 3 ng/m³. En guise de consolation, le gouvernement demande à la fonderie Horne de réduire la concentration moyenne d’arsenic dans l’air à 15 ng/m³ d’ici à 2027.

D’autres dossiers, tels les milliards de dollars investis dans l’usine Northvolt, demeurent fragiles. Or dans les faits, ce gouvernement incarne-t-il vraiment «notre» gouvernement ou celui de politiciens imbus d’un électoralisme systémique?

vigile.quebec tribune libre 15 octobre 2024 
 

Gros plan sur les élèves à besoins particuliers

15 octobre 2024

De tout temps, certains élèves faisaient leur entrée sur les bancs d’école avec des comportements hors de l’ordinaire. À l’époque où j’exerçais mon métier d’enseignant, j’avais pris l’habitude de les appeler ironiquement mes «agités sympathiques».

Aujourd’hui, le trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est l'un des troubles les plus courants chez les jeunes. Il affecte le champ d'attention et la concentration, et peut aussi s'accompagner d'impulsivité et d'hyperactivité pour lequel le médicament Ritalin est souvent prescrit. À cet effet, je suis d’avis que le personnel de la santé a le doigt plutôt rapide sur la gâchette eu égard à la prescription du Ritalin dont les effets secondaires demeurent souvent imprévisibles et nuisibles sur la santé du jeune. J’en ai pour preuve les témoignages de nombreux parents qui, devant l’inefficacité du Ritalin, ont pris sur eux d’abandonner le traitement et d’assister à une amélioration importante du comportement de leur enfant.

Par ailleurs, de nos jours, l’exposition exagérée aux médias sociaux jouent sans contredit en faveur de lacunes sévères eu égard à la concentration des jeunes. C’est pourquoi, la collaboration des parents à un temps d’exposition contrôlé aux médias sociaux m’apparaît comme une démarche en amont essentielle à défaut de quoi les jeunes risquent de développer une dépendance nocive aux médias sociaux.

Enfin, l’arrivée du personnel spécialisé, tels les psychologues, les travailleurs sociaux, etc, dans les écoles contribuent certes à porter secours aux jeunes en difficultés d’apprentissage pour autant que, là comme ailleurs en éducation, des stratégies puissent être mises de l’avant pour favoriser l’attractivité et la rétention au sein des étudiants en sciences de l’éducation.

vigile.quebec tribune libre 14 octobre 2024
Le Soleil (version numérique) 16 octobre 2024
 

Un pas en avant, deux pas en arrière

15 octobre 2024

À la suite de sa victoire majoritaire aux élections générales de 2018, le gouvernement Legault s'engage à construire un troisième lien autoroutier entre Québec et Lévis avant 2021. Suite à l’annonce de ce projet, les experts affirment unanimement que l'ajout de cet axe routier ne permettra pas de résoudre les problèmes de congestion routière à moyen et long termes. Le 18 avril 2023, le gouvernement du Québec annonce l'abandon de l'automobile dans le 3e lien en faveur d'un tunnel affecté au transport en commun.

Le 13 juin 2024, le premier ministre donne son feu vert pour un troisième lien au lendemain d'un rapport de la CDPQ Infra commandé par le gouvernement qui n'est pas d'avis que la région ait besoin d'un autre lien sur une base de mobilité. Finalement, en octobre 2024, la ministre des Transports, Geneviève Guilbault, annonce en grandes pompes que le projet de troisième lien autoroutier entre Québec et Lévis sera «irréversible». Or pour ce qui est de l’endroit où le troisième lien sera érigé, de son ouverture au transport en commun, de son coût, des gains pour les automobilistes, c’est le silence absolu. En termes clairs, après une valse-hésitation qui aura duré plus de six ans, c’est le retour à la case départ.

Dans la foulée de cette saga, la défaite crève-coeur lors de l’élection partielle dans Jean-Talon en octobre 2023 a été l’élément déclencheur à la relance du projet de troisième lien. En bref, je suis d’avis que le troisième lien est devenu un dossier purement électoraliste, un pétard mouillé en qui les Québécois ont perdu tout espoir de réalisation.

vigile.quebec tribune libre 14 octobre 2024

Violence à l’école envers le personnel de soutien

13 octobre 2024

Par les temps qui courent, les différents quotidiens et médias sociaux nous inondent de cas de violence entre les élèves. Or à la suite d’une demande d’accès à l’information réalisée par la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ), à laquelle 43 centres de services scolaires ont fourni des données, en 2023-2024,13 464 rapports d’incident ont été remplis par des employés de soutien qui ont subi de la violence à l’école, alors que ce nombre s’élevait à 9550 pour l’année précédente.

Le personnel de soutien, à savoir les techniciennes en éducation spécialisée (TES), les responsables de l’entretien ménager et de l’entretien général, le personnel de secrétariat, les appariteurs, les surveillants incarnent une place capitale eu égard à la qualité de vie de l’école. Toutefois, certains élèves ont tendance à les rabaisser à un rôle de second plan en usant de violences verbale et physique envers eux.

Selon les résultats obtenus par la FPSS-CSQ,il appert que les scènes innombrables de violence véhiculées dans les médias sociaux alliées au laxisme des parents eu égard au temps d’exposition relié aux médias sociaux ressortiraient comme les causes principales de ces comportements violents de la part des jeunes.

Le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, a lancé, il y a près d’un an, un plan de lutte pour contrer la violence dans les écoles, dont les résultats se font toujours attendre aux dires des employés de soutien. À mon sens, nonobstant les moyens d’éradiquer la violence dans le plan de lutte contre la violence à l’école de Bernard Drainville, la collaboration étroite des parents eu égard au temps d’exposition de leur jeune aux médias sociaux est essentielle, à défaut de quoi les jeunes persisteront à reproduire dans la vie courante les actes de violence visualisés dans les médias sociaux auprès de l’ensemble du personnel de l’école, y compris du personnel de soutien.

vigile.quebec tribune libre 12 octobre 2024
 

Au diable les intérêts!

13 octobre 2024

Au moment où François Legault demande à ses ministres de se «serrer la ceinture» en contexte budgétaire difficile, son gouvernement utilise à outrance les cartes de crédit pour payer ses factures et, qui plus est, les intérêts s’accumulent sur plusieurs d’entre elles qui sont payées en retard sur les délais prescrits, occasionnant de facto des intérêts assumés par les contribuables. Payer par carte de crédit est une méthode très efficace, mais qui peut s’avérer très coûteuse si l’on ne paie pas le solde chaque mois. Certains ministères du gouvernement du Québec ne semblent pas avoir compris cette notion pourtant assez simple.

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement Legault nage en pleine incohérence, le dernier épisode de la sorte ayant trait à l’assertion du premier ministre eu égard aux demandeurs d’asile qu’il dit vouloir déporter de façon « humaine ». Cette fois-ci, ce sont les impôts des contribuables québécois qui sont carrément dilapidés en versement d’intérêts injustifiables, voire irresponsables de la part des élus caquistes. Un manque flagrant d’imputabilité qui dénote l’attitude cavalière et méprisante de ce gouvernement à l’égard des Québécois.

vigile.quebec tribune libre 12 octobre 2024

Des aînés trahis par des fraudeurs

11 octobre 2024

Un nouveau concept est apparu sur la scène des actualités, à savoir les fraudes grands-parents qui se caractérisent par une fraude par téléphone où des gens tentent de se faire passer pour un membre de la famille en situation de détresse, invoquant un besoin urgent d’aide financière, les criminels utilisant l'intelligence artificielle (IA) pour reproduire la voix de la supposée victime.

De tout temps, depuis que j’ai atteint l’âge adulte, j’ai toujours ressenti une empathie naturelle envers les personnes âgées dont la vulnérabilité est de plus en plus exploitée par la racaille de la pie espèce qui usurpe parfois les économies de toute une vie de dur labeur. Un geste profondément honteux, voire diabolique.

À mon sens, il m’apparaît urgent que le gouvernement légifère eu égard à ces fraudes grands-parents. Les aînés représentent souvent les personnes les plus négligées dans notre société qui se proclame comme juste à l’égard de tous les individus qui la composent. Or dans des sociétés, tel le Japon, les aînés incarnent la sagesse et sont respectés religieusement.

Dans cette foulée, peut-être serait-il enfin temps que notre société exerce une protection officielle contenue dans un texte de loi qui reconnaîtrait la défense et la protection de la qualité de vie des aînés. Et, de surcroît, le gouvernement devrait décréter illico un moratoire sur l’IA et baliser son utilisation en lien avec la protection des droits de la personne, notamment ceux des aînés.

vigile.quebec tribune libre 11 octobre 2024