Les dessous d’un convoi meurtrier

9 juillet 2013

Il y a 8 000 kilomètres de voies ferrées au Québec. Sur les quelque 300 millions de tonnes de marchandises qui sillonnent ces rails, 23 millions de tonnes métriques de pétrole brut et de mazout et 11 millions de tonnes métriques de produits chimiques font partie des convois.

À l’heure actuelle, on ne peut que spéculer sur les causes du déraillement meurtrier de Lac-Mégantic, d’autant plus que la compagnie impliquée, la Montreal Maine & Atlantic, semble pratiquement absente, autant des lieux de la catastrophe que des médias. Dans un premier communiqué plutôt laconique publié pendant les heures suivant la tragédie, la direction de la MMA s’est dite «dévastée» par ce qui s’est produit.

Un deuxième communiqué, publié à 16h15 dimanche, révèle toutefois une information pour le moins intrigante : «Le moteur de la locomotive du train de pétrole a été éteint après le départ du conducteur qui avait piloté le convoi depuis Farnham. Ce fait a pu entraîner la désactivation des freins à air comprimé de la locomotive qui retenaient le train en place.»

Mais alors, qui aurait éteint le moteur de la locomotive? Et pourquoi l’entreprise a-t-elle jugé opportun de publier cette information?

Imaginez un seul instant la kyrielle de journalistes des médias à travers le monde qui se seraient rués sur place si le train avait explosé en plein coeur de New York! Qu’attendent nos réseaux d’informations pour mettre de la pression sur les dirigeants de la MMA…c’est le seul moyen de les faire bouger!

quebechebdo 9 juillet 2013 

Le décor apocalyptique d’une ville en deuil

8 juillet 2013

Nous avons tous été stupéfiés par les images du décor apocalyptique laissé par le déraillement d’un train de la Montreal, Maine and Atlantic Railway Inc. en plein cœur de la municipalité de Lac-Mégantic vers 1 h samedi le 6 juillet.

Des images de désolation d’un « centre-ville cratère » qui laissent très peu d’espoir de retrouver des survivants, un hôpital placé samedi au petit matin en mode alerte orange, prêt à accueillir des hordes de blessés, un transport d’ambulance inopérant depuis le site jusqu’au centre hospitalier, le brasier étant trop ardent pour que les secours puissent y accéder.

Les secours arrivent de partout…Toutefois, le pire des fléaux qui laissera une marque dévastatrice au cœur des survivants de cette tragédie est le deuil amer avec lequel ils devront vivre dans les prochains mois, voire les prochaines années. En ce sens, la priorité devrait, selon moi, s’organiser autour d’une « brigade » de compétences formée pour apporter une aide psychologique adéquate aux survivants de ce cataclysme qui dépasse l’entendement humain.

quebechebdo 8 juillet 2013
cyberpresse.ca 8 juillet 2013 "En réaction au drame du Lac Mégantic"
vigile.net tribune libre 9 juillet 2013

D’où vient cette allergie au leader charismatique?

7 juillet 2013

« Comme je l’évoquais récemment, le drame que vit le Québec actuellement est celui de l’effondrement moral de sa classe dirigeante . Plus on réfléchit à cette problématique, plus on acquiert la conviction que la solution ne réside pas tant dans l’apparition soudaine à l’horizon d’un quelconque chevalier sans peur et sans reproche ou d’une version locale de Jeanne d’Arc, que dans celle d’un projet à la fois audacieux, nécessaire et mobilisateur qui redonnerait aux Québécois un motif de fierté, de confiance et d’espoir, comme l’avait fait au début des années 1960 le projet de nationalisation de l’électricité… »

Extrait de l’article de Richard Le Hir paru sur cette tribune libre sous le titre « Quand le panier de crabes déborde » en date du 3 juillet 2013.

À cet effet, qui d’autre que René Lévesque se serait érigé en « chevalier sans peur et sans reproche » pour avoir l’audace de proposer la nationalisation de l’électricité ? Qui d’autre que René Lévesque, le politicien charismatique, aurait suscité, telle « une version locale de Jeanne d’Arc », une telle mobilisation autour du projet de la souveraineté du Québec ?

Comment se fait-il que les oies migratrices, d’instinct, se disposent en V pour atteindre leur destination, confiant à l’une d’entre elles, le soin de les diriger alors que nous, êtres humains, censément raisonnables, remettions en question la pertinence de l’« oie dirigeante » ?

Et, pour reprendre les termes de Richard Le Hir, pourquoi le « projet à la fois audacieux, nécessaire et mobilisateur qui redonnerait aux Québécois un motif de fierté, de confiance et d’espoir » ne serait-il pas la marche du Québec vers son indépendance ?

D’où vient cette allergie au leader charismatique ? D’où nous vient cette utopie que le mouvement syndical ne serait pas ce qu’il est devenu aujourd’hui sans la détermination sans limite de Michel Chartrand ou que les Noirs américains auraient atteint un tel niveau d’égalité avec les Blancs sans le « rêve » que caressait Martin Luther King ?

De tout temps, des leaders ont exercé leur pouvoir de mobilisation autour de la cause qu’ils défendaient…Pourquoi aujourd’hui en serait-il autrement ? À mon sens, le « projet mobilisateur » dont fait allusion Richard Le Hir, quel qu’il soit, ne saurait atteindre son but sans le moteur incarné par un leader charismatique qui saura le mener à terme avec la complicité des Québécois qu’il aura su mobiliser…sinon, nous nageons en plein scénario de science fiction !

vigile.net tribune libre 6 juillet 2013

Dans mon livre à moi…

7 juillet 2013

Le vétéran hockeyeur québécois de 35 ans Daniel Brière, présentant une fiche de 16 points, soit 6 buts et 10 aides en 34 matchs en 2012-2013, soit une projection de 39 points au cours d’une saison normale de 82 matchs, vient de s’entendre avec le Canadien de Montréal pour un contrat de 8 M$ sur deux ans.

Un contrat scandaleux et démesuré dans un contexte économique où le gouvernement demande aux Québécois de se serrer la ceinture et de faire leur « juste part » dans l’objectif d’atteinte du déficit zéro. Dans « mon livre à moi », selon l’expression consacrée dans le merveilleux monde du sport, Daniel Brière et l’organisation du Canadien de Montréal méritent la note « zéro »!

quebechebdo 6 juillet 2013

Cette perle rare qu’on appelle le « charisme »

5 juillet 2013

Qui d’entre nous n’a jamais éprouvé de la sympathie envers le visage déconfit de René Lévesque et son regard empathique sur la foule de partisans suspendus à ses lèvres lors de son allocution en ce soir du 20 mai 1980 au centre Paul-Sauvé? Qui d’entre nous ne se souvient pas de sa voix chevrotante et de ses paroles réconfortantes : « Si j'ai bien compris, vous êtes en train de me dire : à la prochaine fois. »?

Je me souviens de cet après-midi du 24 juillet 1967, lorsque qu’un certain président français du nom de Charles De Gaulle, vêtu de son traditionnel costume militaire surmonté de son képi, lança de sa voix de stentor du haut du balcon de l’hôtel de ville de Montréal, son légendaire « Vive le Québec…libre! »

Je me souviens de Martin Luther King qui, lors de la marche historique de Washington le 28 août 1963, lança son retentissant « I have a dream! » : « Je rêve qu’un jour sur les collines rousses de Georgie les fils d’anciens esclaves et ceux d’anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité ».

René Lévesque, Charles De Gaulle, Martin Luther King, des personnages hors du commun, des hommes imbus d’une profonde conviction dans les valeurs qui les animaient, des communicateurs qui savaient s’adresser aux gens du peuple et les mobiliser autour d’un projet commun.

J’aurais pu aussi parler de Michel Chartrand ou de Pierre Bourgault et toujours, l’homme derrière les mots refera surface…Je dirais plutôt l’homme avec des mots simples mais percutants ne cessera jamais d’incarner cette « perle rare qu’on appelle le charisme », cette dualité rarissime que bien peu de politiciens et d’hommes publics ont su conjuguer au cours de leur carrière, cet attrait mobilisateur d’un simple regard et de quelques mots qui viennent nous chercher au plus profond de nos tripes…et j’ajouterais, cette qualité inestimable sans laquelle la mobilisation autour de l’accession du Québec à son indépendance demeurera un projet inachevé!

quebechebdo 4 juillet 2013
cyberpresse.ca 8 juillet 2013

Négociations en construction: l’exception est-elle devenue la règle?

5 juillet 2013

Ce qui est qualifié d’exception ne peut l'être que vis-à-vis d’une règle puisque, pour être une exception, un phénomène doit s’inscrire dans un contexte de régularité. Or, un article de Martin Leclerc et Martin Robert, paru dans Le Devoir du 5 juillet 2013, nous apprend que la loi d’ « exception » adoptée le 1er juillet pour mettre un terme à la grève dans le secteur de la construction est la 36e depuis l’instauration, en 1964, du Code du travail actuellement en vigueur au Québec.

Et, de conclure Mm Leclerc et Robert, «s’il faut continuellement sacrifier des droits aussi fondamentaux que celui-là [le droit de grève] pour satisfaire des intérêts économiques à court terme, aussi bien dire que notre société de droits est pratiquement condamnée. Car si l’exceptionnalisme permanent se poursuit, il y aura un jour bien peu de gens pour défendre activement cette idée toute simple, au coeur de chaque grève, selon laquelle c’est l’économie qui devrait être mise au service des travailleurs et des travailleuses, des citoyens et des citoyennes, et non l’inverse.»

C’est Michel Chartrand qui, dans une allocution prononcée en 1969 au congrès du Conseil central des syndicats nationaux de Montréal, déclarait : « … on sait que toute la presse écrite, la presse parlée, la télévision sont systématiquement contre nous. Ce sont des intérêts privés et ils trouvent qu’on va contre les intérêts privés. »…Il semble que plus ça change, plus c’est pareil!

quebechebdo 5 juillet 2013

Pendant que la pluie pleut…

5 juillet 2013

Un jour qu’il pleuvait à boire debout, j’ai sorti de ma poche quelques mots avec lesquels je me suis mis à jongler…

Un coquelet fait le coq devant un coquelicot
Un bourdon bourdonne sur un bourgeon
Un blaireau blaire le nez en l’air
Un âne flâne le vague à l’âme

Sans bruit broute un bouc
Charmeur d’une chèvre chevrotant
Près des quenouilles grouillent des grenouilles
Parées de leurs pattes palmées

Des canes câlinent leurs canardeaux
Des sauterelles sautent à saute-mouton
L’insigne cygne
Chante son chant

Des pics pique-niquent
Des demoiselles battent de l’aile
Des hirondelles volent à tire d’aile
De malins martins-pêcheurs pêchent

Une marmotte dort sur le bord de la mare
Un lapin clapit sous un sapin
Un grillon grésille de bon gré
Une gerboise légère gère son boisé

Un goujon goûte au goût du jonc
Une perchaude se berce sous une perche chaude
Un doré se dore sous une feuille d’or
Une truite en fuite quitte son gîte

quebechebdo 5 juillet 2013

 

Rapport sur le trouble de stress post-traumatique: la pointe de l’iceberg?

4 juillet 2013

Selon un rapport, commandé par les Forces armées et rédigé par du personnel militaire, 8% des militaires canadiens déployés en Afghanistan entre 2001 et 2008 souffrent d’un trouble de stress post-traumatique (TSPT).

Curieusement, une porte-parole du ministère de la Défense a déclaré qu’aucun des auteurs de l’étude n’était disponible pour commenter les résultats… Une attitude pour le moins discrète qui laisse à penser que ces résultats ne représentent peut-être que la pointe de l’iceberg laissée par une guerre sans fin qui tourne en rond sans qu’aucun espoir de règlement ne puisse poindre à l’horizon!

quebechebdo 4 juillet 2013
Le Soleil 8 juillet 2013 "La pointe de l'iceberg"

Pour une vraie démocratie: une assemblée populaire

3 juillet 2013

Le Larousse définit en ces termes la démocratie : « système politique, forme de gouvernement dans lequel la souveraineté émane du peuple ». À mon sens, le problème de l’exercice d’une vraie démocratie se situe dans le fait que le peuple confie ses responsabilités à des élus sans qu’il n’ait de véritable contrôle sur la gestion de ses droits hormis le plébiscite d’une élection aux quatre ans.

J’ai toujours cru qu’un tel contexte ne pouvait répondre aux conditions exigées pour que la « souveraineté émane du peuple »…Notre système politique, à sa base, incarne une utopie à laquelle, dans les circonstances, nous ne pouvons nous soustraire.

Mais comment faire en sorte que « notre société devienne vraiment démocratique »? Là est toute la question…le comment? Au risque de paraître « rêveur » [et ce ne serait pas la première fois!…], je crois qu’une « assemblée populaire », constituée d’un représentant désigné par les électeurs de chacune des 17 régions administratives du Québec, devrait être légalement constituée et mandatée par ses commettants pour veiller à la bonne marche de la gestion de l’État québécois.

En dernière instance, cette assemblée populaire aurait le pouvoir de destituer le gouvernement en place et de convoquer des élections et ce, à tout moment dans l’exercice de son mandat…en bref, une sorte de « chien de garde » visant l’exercice d’une vraie démocratie!

quebechebdo 3 juillet 2013

Entre liberté d’expression et diffamation: à la limite de la ligne rouge

3 juillet 2013

La liberté d’expression incarne une liberté fondamentale dans notre société occidentale. Elle va de pair avec la liberté d’information et plus spécifiquement la liberté des médias écrits ou oraux, liberté qui leur confère le droit de publier ou de dire ce que bon leur semble sous réserve d'en répondre devant les tribunaux en cas de diffamation.

La diffamation désigne le fait de tenir des propos portant atteinte à l'honneur d'une personne physique ou morale. Le délit de diffamation peut être rapproché du droit à la vie privée, lequel est équilibré avec le respect du droit à la liberté d’expression.

Dans ce contexte, je soulève cette question : où se situe la ligne rouge dans le cas de la radio de confrontation, communément appelée « radio-poubelle », qui fait les choux gras d’animateurs fétiches depuis des années dans la capitale nationale?

quebechebdo 3 juillet 2013
vigile.net tribune libre 4 juillet 2013