Des tomates à l’horreur

20 août 2013

Je ne sais pas quelle mouche a piqué les dirigeants d'Expo-Québec, mais voilà qu'après avoir remisé les tomates dans le placard, ils sortent l'horreur du grenier. Comme dirait l'autre, on est loin de l'exposition agricole d'origine! Non mais c'est quoi l'idée? Si on veut attirer les jeunes sur les terrains d'Expo-Québec, je ne peux pas croire qu'il n'existe pas des moyens plus «sains» que de les exciter avec des images qu'ils peuvent voir de toute façon sur les écrans de cinéma ou d'ordinateurs! Allez, messieurs dames, un peu d'imagination s'il vous plaît!

cyberpresse.ca 20 août 2013

Droit de grève des associations étudiantes

19 août 2013

Le débat de société suscité par les événements du printemps érable 2012 concernant la reconnaissance du droit de grève aux associations étudiantes soulève, à mon sens, la distinction fondamentale entre les droits collectifs et les droits individuels.

D’entrée de jeu, le droit de grève est un droit fondamental reconnu aux salariés par le code du travail, la grève étant définie comme un mouvement de contestation collectif, entraînant une cessation totale du travail des grévistes, effectuée dans le but d'obtenir la satisfaction de revendications d'ordre professionnel.

Or, les étudiants prétendent que leur droit de grève étudiante découle directement du droit de liberté d'expression et du mandat de représentation qu'octroie la loi aux associations étudiantes québécoises et non pas d'une disposition législative du code du travail. Si les employés syndiqués ont ce droit collectif d'empêcher des travailleurs de travailler, pourquoi les associations étudiants n'auraient pas le droit collectif d'empêcher des étudiants d'étudier?

À mon sens, il est inopportun de parler du droit de grève pour les associations étudiantes. Toutefois, nonobstant la considération légale du droit de grève reliée aux travailleurs syndiqués, les associations étudiantes, en assemblée générale dûment convoquée auprès de leurs membres et mandatées par la majorité de ceux-ci, sont tout à fait légitimées de manifester leur désaccord sur une mesure gouvernementale qu’elles jugent injuste…une mesure qui attirera davantage de sympathie auprès de l’opinion publique!

quebechebdo 19 août 2013
Le Journal de Québec 26 août 2013 "Légitimés de manifester leur désaccord"

Zanetti…un mauvais départ

18 août 2013

« Il faut qu’on soit tous ensemble dans un véhicule qui va véritablement dans une démarche indépendantiste. Je propose que nous soyons plus proactifs […] en présentant clairement et publiquement les conditions auxquelles Option nationale va accepter de [former] une union avec d’autres indépendantistes. Ça ne veut pas dire nécessairement des conditions de sabordage, je pense que si on veut opérer une refonte du mouvement indépendantiste, il ne faut pas se fondre dans un parti existant, il faut qu’on en crée un nouveau, le plus grand possible, une large coalition. » Sol Zanetti

Telle est la stratégie préconisée par le candidat à la direction d’Option nationale dès son lancement dans la campagne à la chefferie…et cela, dans le but d’ « activer » le ralliement des forces souverainistes. Des prémisses de M. Zanetti, je retiens deux éléments.

Le premier provient du « rêve », quoique louable, de rallier les partis souverainistes existant, à savoir le PQ et QS, autour d’une coalition. À ce sujet, je rejoins d’emblée André Lamy dans son billet paru sur cette Tribune le 18 août 2013 sous le titre « Pour cesser de se raconter des histoires » :

« La constitution d’une grande coalition souverainiste relève tout autant de la pensée magique, du moins pour l’instant…Option nationale, de son côté, aspire à être l’animateur voire le moteur d’une nouvelle coalition des indépendantistes québécois. Mais il agit comme s’il ignorait qu’un tel rôle de leader ne vient pas sans exigences. Il faudrait qu’ON devienne une véritable force politique, un parti incontournable parmi les formations souverainistes. Cela s’avère malheureusement loin d’être le cas présentement. »

Le second élément, mais non le moindre, résulte de l’attitude pour le moins « démobilisante » de Sol Zanetti qui, d’entrée de jeu, invite ses troupes à joindre les rangs d’une coalition au lieu de les mobiliser à l’intérieur du parti dont il aspire devenir le chef. En effet, comment un candidat à la direction d’un parti politique qui se respecte peut-il espérer sérieusement allumer la flamme de ses militants [qui sont pour la plupart des jeunes désillusionnés des « vieux » partis indépendantistes] en négociant une forme de coalition avec ces partis dont on connaît à l’avance les intentions carriéristes ?

Comment le nouveau capitaine d’un navire espère-t-il resserrer les liens de son équipage si son objectif prioritaire consiste à le muter sur un autre transporteur ? En bref, un début de course à la chefferie plutôt « piètre » qui souffre de l’élan d’enthousiasme essentiel à la mobilisation dont ON a besoin, particulièrement depuis l’annonce du retrait décevant de Jean-Martin Aussant de la scène politique…Reste à espérer que les prochaines semaines nous réserveront un changement de cap, sinon, je crains pour l’avenir d’Option nationale !

vigile.net tribune libre 17 août 2013
quebechebdo 18 août 2013 "Course à la direction d'Option nationale: Zanetti, un mauvais départ" (version abrégée)

Un Sénat inutile et dispendieux

17 août 2013

Le Canada compte 105 sénateurs qui reçoivent une « indemnité » de base annuelle [mot utilisé par le gouvernement pour désigner « salaire »] de 132 300 $ pour siéger trois mois par année. Contrairement au salaire du contribuable moyen, celui des sénateurs a presque doublé depuis 2000 alors qu’il était de 68 200 $. De plus, chacun d’entre eux a droit à une somme de 154 200 $ pour des dépenses du bureau et d’accueil, à un montant de 20 000 $ pour des frais de subsistance et à un budget de déplacement.

Dans le cadre de la course à la direction du parti conservateur en 2006, on pouvait lire cette phrase de Stephen Harper sur son site Internet en date du 15 janvier : « Malgré le bon travail de plusieurs sénateurs, la Chambre haute demeure un dépotoir pour les amis préférés du premier ministre ». Or, depuis que Stephen Harper est premier ministre, il a procédé à 58 nominations partisanes au Sénat.

Le 4 février 2013, suite à la recommandation d’un comité du Sénat, on assistait à l’enterrement officiel du sou noir pour des raisons d’inutilité et de frais de fabrication élevés…Pour les mêmes raisons, cet « enterrement » pourrait s’appliquer parfaitement à l’institution qu’est le Sénat canadien. Et tant qu’à faire le ménage dans les vieilleries constitutionnelles canadiennes, on pourrait en profiter pour abolir du même coup les fonctions de gouverneur général et de lieutenant-gouverneur, qui ne sont que des relents d’aristocratie parasitaire.

quebechebdo 17 août 2013

L’infidèle repentant

17 août 2013

Acculé au mur par le procureur Kenneth Starr qui a juré sa perte, Bill Clinton admet publiquement, lors d’une allocution télévisée le 17 août 1998, avoir eu une relation «inappropriée» avec sa stagiaire Monica Lewinsky, un aveu qui tranche avec la conférence de presse à la Maison Blanche en janvier de la même année pendant laquelle il avait uniquement concédé un «geste inapproprié».

Cette confession préenregistrée du 42ième président américain, soigneusement orchestrée par le producteur hollywoodien Harry Thomasson, selon NBC, aboutissait après une saga de plusieurs mois. Devant leur petit écran, les Américains épient les faits et gestes de leur président.

D'après le sondage CNN-USA Today-Gallup, réalisé le lendemain du message de contrition de Bill Clinton auprès de 884 personnes, le pourcentage des personnes interrogées qui approuvent son action comme président est désormais de 66% contre 65% la semaine précédente. Les aventures extra-conjugales de Clinton n'empêchent pas une majorité, soit 55% contre 42%, de garder une "bonne opinion" de lui comme "personne" et la grande majorité des Américains souhaitent désormais qu'un terme soit mis à cette affaire.

Que comprendre de cette absolution du peuple américain envers leur président ? Ça s’est passé il y a quinze ans et je n’ai toujours pas de réponse compte tenu qu’encore aujourd’hui la grande majorité des Américains considèrent que l’adultère est « always wrong »…

quebechebdo 17 août 2013

L’Acadie, terre de fierté nationale

16 août 2013

Même si l’écho des bruits du Tintamarre acadien s’est éteint lentement pendant la nuit, j’ai cru bon de vous raconter en quelques lignes les origines de cette célébration acadienne soulignée à chaque année le 15 août.

On associe le célèbre Tintamarre à une tradition du Moyen âge qui consistait à faire du bruit pour marquer des événements tristes ou joyeux. Toutefois, l'origine acadienne de cette manifestation est bien plus jeune, car elle ne date que depuis 1955, lors des fêtes du bicentenaire de la déportation des Acadiens.

La première mention d’un tintamarre acadien fut le 10 août 1955 dans un dépliant à l’occasion de l’ouverture des fêtes du bicentenaire de la déportation des Acadiens. Dans ce dépliant, intitulé «Prière et instructions pour l'ouverture des fêtes du bicentenaire acadien, 10 août 1955», l'Archevêque de Moncton, Mgr Norbert Robichaud, demande aux Acadiens et aux Acadiennes de manifester bruyamment leur présence, n premier signe du Tintamarre, mais qui était encore bien loin de la fête d’aujourd’hui et bien loin de la place publique.

En 1979, la Société Nationale des Acadiens, qui deviendra la Société Nationale de l’Acadie en 1992 pour l’occasion des fêtes du 375e anniversaire de la fondation de l’Acadie, propose de faire revivre cette coutume acadienne qui consiste à célébrer le plus bruyamment possible avec des instruments improvisés. Depuis, dans toutes les communautés acadiennes de l’Atlantique le 15 août à 18h00, les Acadiens et Acadiennes, maquillés et costumés aux couleurs du drapeau acadien, manifestent dans les rues par un défilé de gens ou automobiles au moyen d’instruments que seule l’imagination peut décrire.

C’est de cette façon que les Acadiens manifestent leur fierté acadienne et expriment chaque année par un tintamarre le 15 août à 18h00. Aujourd’hui, le Tintamarre est devenu une tradition qui veut que les Acadiens se fassent entendre, se rencontrent et s’affirment.

Antonine Maillet, digne représentante des Acadiens

Parmi les personnalités qui ont marqué l’Acadie, on ne peut passer à côté d’Antonine Maillet dont certaines de ses oeuvres littéraires ont rayonné à travers le monde. Antonine Maillet est née le 10 mai 1929 à Bouctouche, Nouveau-Brunswick, au cœur de l'Acadie. Après des études à l'Université de Moncton où elle obtient un baccalauréat en 1950 et une maîtrise ès arts en 1959, elle termine, en 1962, une licence ès lettres à l'Université de Montréal. Elle reçoit, en 1970, son doctorat ès lettres de l'Université Laval. Elle devient par la suite professeur de littérature dans différentes institutions universitaires.

Dramaturge et romancière, Antonine Maillet est l'auteur d'une quarantaine de livres dont Pélagie-la-Charrette et La Sagouine, tous deux traduits dans sept ou huit langues. Le roman Pélagie-la-Charrette lui mérite une quinzaine de prix, dont le prix Goncourt qui est pour la première fois décerné, en 1979, à un écrivain hors de France.

Sa carrière et ses œuvres lui valent maintes récompenses et distinctions. Antonine Maillet est, entre autres, membre du Conseil privé de la Reine pour le Canada, compagnon de l'Ordre du Canada, commandeur de l'Ordre National du Mérite de France, commandeur de l'Ordre des Arts et des Lettres de France, chancelier émérite de l'Université de Moncton, officier de l'Ordre de la Légion d'Honneur de France, en plus d’avoir reçu pas moins de vingt-neuf doctorats honorifiques en littérature et en droit.

En terminant, en écrivant ces lignes, je ne peux m’empêcher de dresser un parallèle entre les Acadiens et les Québécois, deux peuples qui ont toujours eu l’heur de « se faire entendre, de se rencontrer et de s’affirmer ». Lors du printemps érable de 2012, les Québécois ont vécu leur « tintamarre » en faisant résonner leurs casseroles…peut-être serait-il pertinent de répéter annuellement ces manifestations lors de notre fête nationale!

quebechebdo 16 août 2013
vigile.net tribune libre 16 août 2013

Esclaves du téléphone

16 août 2013

La «nomophobie», née de la contraction de l’expression anglaise «no mobile phone» et du grec «phobie» (peur), a été inventée au cours d’une étude menée en février 2008 par une organisation de recherche basée au Royaume-Uni pour observer les angoisses subies par les utilisateurs de téléphones mobiles. Cette étude a révélé, entre autres, que 53 % des utilisateurs de téléphones mobiles, dont 76 % chez les jeunes de 18 à 24 ans en Grande-Bretagne, ont tendance à être anxieux quand leur téléphone est perdu, à court de batterie ou de crédit ou qu’ils n’ont aucune couverture réseau.

Pour sa part, Mme Brigitte Vincent, qui œuvre au sein du Centre de réadaptation en dépendance de Montréal — Institut universitaire, ne s’étonne guère d’observer des symptômes troublants chez des gens particulièrement attachés à leur cellulaire. Elle soutient que certains d’entre eux présentent des symptômes qui s’apparentent à ceux des alcooliques ou encore des joueurs compulsifs, à savoir que, lorsqu’ils sont privés de leur cellulaire, ils ressentent un sentiment de vide et d’anxiété.

Enfin, Mme Vincent note que le recours au portable est «toxique» lorsqu’on ne peut littéralement plus s’en passer et que son utilisation devient une entrave à l’accomplissement de nos responsabilités quotidiennes, une évolution qui semble irréversible et qui nous conduit, à mon sens, à une dépendance maladive qui érige un mur pernicieux entre les utilisateurs compulsifs du cellulaire!

Le Journal de Québec 16 août 2013
quebechebdo 16 août 2013

Entre gloire et déshonneur

15 août 2013

Une pétition de 103 000 signatures a été remise le 12 août à l’Institut Nobel d’Oslo par le regroupement américain RootsAction pour que le soldat américain Bradley Manning, jugé pour avoir transmis des documents confidentiels à WikiLeaks, devienne récipiendaire du Prix Nobel de la paix 2013.

Le groupe d’activistes qui dénonce notamment le capitalisme et les interventions militaires des États-Unis à l’étranger, estime que « personne n’a fait plus pour combattre ce que Martin Luther King Junior appelait « la folie du militarisme. »

Dans le texte accompagnant la pétition, le groupe estime qu’un tel choix de lauréat permettrait au comité Nobel norvégien de regagner en crédibilité, alléguant qu’un « nuage » plane au-dessus du comité Nobel depuis l’attribution de ce même prix au président américain Barack Obama en 2009 au début de son premier mandat alors qu’il avait décidé d’intensifier l’effort de guerre des États-Unis en Afghanistan.

Même si la situation du militaire le place dans une zone grise entre la gloire et le déshonneur, je dois admettre que le paradoxe soulevé par la nomination de Barack Obama à titre de récipiendaire du Nobel de la paix en 2009 me laisse songeur par rapport aux arguments invoqués par les signataires de la pétition en faveur de Bradley Manning…Enfin, nous devrons attendre jusqu’au 11 octobre 2013, jour où sera divulgué le nom du prix Nobel de la paix à Oslo.

quebechebdo 15 août 2013

Plaidoyer pour la complémentarité des sexes

15 août 2013

Omniprésence des hommes

Depuis que le monde est monde, l’homme a toujours occupé l’avant-scène à tel point que le substantif «homme» en est arrivé à désigner l’humanité entière, tous sexes confondus.

Depuis Adam jusqu’à Bouddha en passant par Jésus et Mahomet, l’homme a incarné la lumière, le jour, le dieu, le sauveur. Le monde contemporain a perpétué cette croyance. Ainsi Neil Armstrong a été le premier homme à mettre le pied sur la Lune. Bien avant lui, Charles Lindbergh a traversé l’Atlantique en avion et Christophe Colomb a découvert l’Amérique. La rubrique des noms propres, dans les dictionnaires, regorgent de personnages masculins.

Il a fallu attendre au 20ième siècle pour accorder le droit de vote aux femmes. Encore aujourd’hui, certaines civilisations accordent bien peu d’importance aux femmes. Ici au Québec, le mouvement féministe allait contribuer à placer la femme à l’avant-plan de l’actualité. Des femmes osaient dire tout haut ce que plusieurs pensaient depuis des siècles : «Messieurs, nous faisons partie nous aussi de la société au même titre que vous!»

Éveil de la femme

Voilà! L’idée était lancée! Dorénavant, les femmes étaient «égales» aux hommes. Partant de ce principe d’égalité, les femmes se mirent à agir «comme les hommes», «égalité» étant spontanément associée à «similarité». Peu à peu, la femme gravit les échelons sociaux et fut appelée à gérer des postes de première ligne «à la manière des hommes». Au lieu de mettre à profit leurs différences par rapport aux hommes, «complémentarité» qui aurait été beaucoup plus bénéfique pour la société, le féminisme n’a fait que déplacer le problème. En bout de ligne, quoique dirigée en partie par des femmes, la société est restée la même et les hommes, jadis «rois», en vinrent à se demander s’ils devaient être «reines» ou «valets», «bleus» ou «roses».

À titre d’exemples, j’ai demandé à quatre femmes, âgées de 25 à 36 ans, de répondre à la question suivante : «Qu’est-ce que vous recherchez chez un homme?» Toutes les quatre ont fait ressortir l’importance de la «communication» chez l’autre. Trois sur quatre favorisent de plus la «complicité» dans le couple de même que le «respect» de l’autre à travers une «écoute» attentive. Deux sur quatre mettent en lumière «l’harmonie» dans le couple. Les autres réponses ont été signalées de façon isolée : charmant, sensuel, sens de l’humour, sens de la famille, responsable, réfléchi, équilibré, honnête, présent, ambitieux, un ami, attentionné.

La société conçue par des hommes avait privilégié la compétition entre eux. Une société dirigée par des hommes et des femmes en arriva petit à petit à favoriser la compétition, cette fois entre hommes et femmes.

Émergence du féminisme

Le féminisme ouvrit graduellement les universités aux femmes, par conséquent, les diverses professions traditionnellement dévolues aux hommes. Devant l’ampleur du défi à surmonter, les femmes démontrèrent une ténacité sans limites et éclipsèrent progressivement toute une génération d’hommes habitués à compétitionner entre eux à des postes de pointe. S’il n’avait été que de cela, nous aurions pu assister à un phénomène normal de saine compétitivité. Toutefois, en prônant un style de gestion souvent plus agressif que les hommes, compte tenu des défis de taille que les femmes devaient relever, les conséquences sur la qualité du milieu de travail se sont souvent détériorées au détriment d’un climat qui aurait pu devenir davantage humain, ce qui aurait eu comme effet d’améliorer substantiellement les relations de travail.

Au cours des cinquante dernières années, l’homme a dû se faufiler dans toutes sortes de schèmes…de l’homme, fort et capable de régler ses problèmes seuls à l’homme rose pour aboutir à l’homme battu. En effet, les derniers chiffres recueillis par l’Institut de la statistique du Québec indiquent que 165,000 femmes ont été victimes de violence conjugale au cours des cinq dernières années comparativement à 140,000 hommes pour la même période.

L’homme semble beaucoup plus vulnérable à la violence psychologique dont les conséquences, entre autres, la perte de l’estime de soi, la culpabilité, l’angoisse, le manque de concentration au travail, s’avèrent les mêmes que chez la femme sauf que l’homme éprouve davantage de difficultés à obtenir du soutien, vu le nombre limité de ressources disponibles. Le sujet de la violence faite aux hommes demeurent tabou. Les hommes violentés craignent que l’on se moque d’eux. On ne leur a pas appris à demander de l’aide.

Post-féminisme

Paradoxalement, la société québécoise assiste donc aujourd’hui aux réactions «post-féministes» des hommes qui, à l’exemple des femmes avant eux, se mettent à réclamer des «droits» dans plusieurs domaines, notamment, en ce qui concerne la garde des enfants, étant appuyés, dans cette cause, par 88% des Québécois. Récemment, des hommes se sont dotés d’une Fédération des hommes du Québec dont l’objectif premier est de faire reconnaître la violence faite aux hommes qui revendiquent, comme les femmes, leur part de fragilité et leur besoin d’être protégés par des droits.

Bien sûr, l’homme québécois, à certains points de vue, démontre, encore aujourd’hui, des attitudes de domination, particulièrement dans ses relations avec les femmes. Rappelons-nous que le «baby boomer» masculin s’est vu offrir le monde sur un plateau d’argent.

Depuis quatre décennies, le Québécois a dû faire sa place, tant bien que mal, à travers le courant féministe. Pour y parvenir, il lui a fallu, avec le temps, faire preuve d’ouverture et de compromis.

Conclusion

Face à tous ces bouleversements qui ont conduit à des débats malheureusement souvent stériles, il m’apparaît que l’heure est venue où la compétition hommes-femmes et ce, dans toutes les sphères de la société, particulièrement sur le marché du travail, cède sa place à une saine complémentarité mettant en lumière les qualités particulières des deux sexes et contribuant enfin à des relations plus harmonieuses entre hommes et femmes.

quebechebdo 15 août 2013
vigile.net tribune libre 15 août 2013

Pourquoi Aussant doit s’exiler à Londres

14 août 2013

« Aussant quitte le Québec. Maintenant, on sait que ses boss seront des Anglais…Ou peut-être n’a-t-il jamais cessé d’avoir des boss anglais ?… Maintenant, pour ceux qui attendent encore un messie, retenons la leçon, et pensons plutôt à ce qu’on peut faire pour avancer notre cause ».

Rhéal Mathieu, Aussant carbure au fric, extrait, Tribune libre de Vigile, 12 août 2013

Des propos pour le moins acerbes envers un personnage public dont la réputation d’homme intègre n’a été et n’est encore aujourd’hui aucunement remise en question.

Et l’auteur de poursuivre en pourfendant sans merci sa victime :

« J’ai dit à plusieurs personnes depuis le 4 septembre qu’Aussant se cherchait une job. … Son parti ne peut pas lui offrir le niveau de vie désiré, … J’imagine qu’il s’est trouvé une job à Montréal. J’ai hâte de voir c’est qui son nouveau boss… Ce n’était pas à Montréal, c’était à Londres… On ne peut pas avoir vécu comme un pacha pendant des années, en écumant les marchés à 300,000$/année, puis devenir un humble petit bourgeois, chef d’un humble petit parti, sans éprouver quelques regrets. »

En termes clairs, Rhéal Mathieu attribue les motifs de l’exil de Jean-Martin Aussant vers Londres à l’appât du gain suscité par une échelle salariale intéressante…sans même faire allusion au déni des milieux d’affaires québécois vis-à-vis les compétences d’un Jean-Martin Aussant, bardé de diplômes en économie.

À cet effet, le commentaire de Richard Le Hir à la suite de l’article de Rhéal Mathieu est pourtant fort révélateur. En voici un extrait :

« Au cours du repas, j’ai échangé quelques mots avec Aussant qui affichait une mine bien basse. Je lui ai demandé quels étaient ses plans. Il m’a répondu qu’il songeait à retourner au privé dans le secteur financier et m’a demandé ce que j’en pensais. Je lui ai répondu sans hésitation qu’il pouvait faire son deuil de tout espoir de trouver un emploi au Québec dans son domaine. Dans le milieu québécois des affaires, il traînerait toute sa vie comme un boulet d’avoir choisi le camp indépendantiste, et on ne lui pardonnerait jamais. »

À mon sens, n’en déplaise à M. Mathieu, il est là, à savoir le « boulet d’avoir choisi le camp indépendantiste », le véritable motif pour lequel Jean-Martin Aussant doit s’exiler à Londres pour y travailler, et chercher à lui attribuer des motifs autres tient de la pure spéculation fantaisiste et dédaigneuse que je ne peux que condamner avec véhémence dans le contexte où elle vise acrimonieusement et sans vergogne la réputation d’un homme reconnu pour sa droiture en la personne de Jean-Martin Aussant.

JMA remet les pendules à l’heure

Vingt-quatre heures après avoir annoncé qu’il allait poursuivre une carrière dans le monde de la finance à Londres, Jean-Martin Aussant a tenu le 13 août à clarifier certains faits auprès de ses détracteurs.

Dans une lettre publiée dans son blogue sur le site du Journal de Montréal, le fondateur et chef démissionnaire d’Option nationale dit avoir été la cible de « jugements basée sur de fausses informations ». M. Aussant mentionne d’abord qu’il ne tourne pas le dos au Québec en s’établissant dans la capitale britannique.

« Aurais-je dit non à une offre locale si elle s’était présentée ? Absolument pas, écrit l’ex-politicien. L’objectif n’était pas de vivre à Londres en tant que tel, bien que j’adore cette ville, mais plutôt de ne pas être un retraité prématuré de 43 ans. »

Jean-Martin Aussant précise également qu’il ne faut pas confondre la firme Morgan Stanley Capital International, pour laquelle il va travailler, et Morgan Stanley, son ancien propriétaire. Il mentionne en outre qu’il ne se s’occupera pas d’« activités qui ont eu mauvaise presse ces dernières années », telles que les produits financiers toxiques, la spéculation ou certains types de transactions qu’on peut critiquer du point de vue éthique.

Celui qui détient un doctorat en analyse économique travaillera plutôt sur des « modèles mathématiques de gestion du risque et d’optimisation de portefeuille pour des gestionnaires de fonds », ce qui inclut, fait-il remarquer, les fonds de pension de travailleurs.

« Ça, c’est pour les rentes de ceux qui en ont besoin à la retraite. Alors, amis de la gauche, on se calme la théorie du complot je vous prie ? » écrit l’ancien député de Nicolet-Yamaska.

M. Aussant ajoute que sa décision de quitter temporairement la vie politique pour se consacrer à sa famille ne regarde que lui et ne remet aucunement en question son engagement envers le projet d’indépendance.

« On peut mettre sur la glace une implication personnelle dans un projet collectif qui se poursuit, pour ensuite y revenir, écrit-il. On ne peut pas le faire pour des enfants qui n’ont pas deux fois trois ans et qui ne demandent rien de collectif dans une relation parentale solide. »

vigile.et tribune libre 14 août 2013