Les personnes âgées, otages des compressions

26 septembre 2013

En déposant son rapport annuel d’activités 2012-2013 le 25 septembre à l’Assemblée nationale, la protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain, frappe de plein fouet sur les répercussions dramatiques des compressions budgétaires du gouvernement, en particulier sur l’accessibilité et la qualité des services offerts aux personnes âgées.

Ainsi, « pour parer au mieux à cette pénurie de ressources et devant des besoins croissants », la protectrice du citoyen note que le réseau de la santé a conclu des ententes avec des entreprises privées ou des organismes communautaires vers lesquels il dirige les citoyens, lesquels ne sont soumis à aucune inspection des lieux ni de la qualité des services.

De plus, le rapport de Mme Saint-Germain indique que certains hôpitaux offrent certains traitements tandis que d’autres conseillent aux patients de s’adresser à des cliniques privées pour obtenir à leurs frais les mêmes services, une attitude méprisante qui témoigne, à mon sens, d’un phénomène de déresponsabilisation de l’État envers ses personnes âgées qui sont prises en otages par le sacrosaint objectif du déficit zéro du gouvernement Marois.

quebechebdo 26 septembre 2013

La coupe déborde!…

25 septembre 2013

D’entrée de jeu, je vous propose un extrait de mon article paru sur cette tribune le 20 septembre 2013 sous le titre « Un voile sur la neutralité du Conseil » :

« Mon propos ne se veut pas ici de discuter sur la pertinence de l’interdiction de porter des signes religieux en milieu de travail mais plutôt sur les « apparences » d’ingérence du gouvernement dans le débat qui est actuellement en cours au CSF concernant cette proposition contenue dans le projet de Charte des valeurs québécoises.

Une démarche qui, à mon sens, vient ajouter un élément de partisanerie regrettable dans la neutralité des discussions qui ont cours actuellement, et qui ont toujours eu cours, au sein du CSF, un organisme qui a obtenu, depuis longtemps, ses lettres de noblesse dans les débats sociaux-politiques mettant en question l’égalité hommes-femmes. »

Depuis la sortie fort médiatisée de la présidente du CSF, c’est un euphémisme d’affirmer que les esprits se sont pour le moins « échauffés » jusqu’à atteindre, à la période de questions du 24 septembre à l’Assemblée nationale, des proportions disgracieuses et inacceptables de la part de la députée de L’Acadie, Christine St-Pierre, envers la première ministre…S’ensuivirent des excuses de la part de Mme St-Pierre, mais, à mon sens, « le mal était fait » !

Par ailleurs, toujours en rapport avec le Conseil du statut de la femme, nous apprenons aujourd’hui, par la voie d’un article publié dans Le Devoir, que la présidente, Julie Miville-Dechêne, « a refusé un prix sur la laïcité destiné au Conseil du statut de la femme sous prétexte que ce n’était pas elle qui était présidente au moment de la rédaction de l’avis sur la laïcité. Le prix a donc été remis à l’ancienne présidente, Christiane Pelchat, plutôt qu’à l’organisme de consultation. »

Et, de poursuivre Lucie Jobin, la présidente du Mouvement laïque québécois, qui souhaitait remettre au CSF le prix Condorcet-Dessaulles 2012, un honneur attribué à des personnalités, regroupements ou institutions pour souligner leur contribution à la promotion et à la défense de la laïcité au Québec, « Ce qu’on nous a expliqué, c’est que ça n’avait pas été fait dans le temps où elle était présidente, alors elle ne pouvait pas l’accepter. On aurait dû poser la question à savoir si elle avait soumis cette décision à ses membres, mais on n’a pas pensé à le faire à ce moment-là. Quand elle nous a dit que ce n’était pas sous son règne, on n’a pas insisté. »

Eh bien, à mon sens, il aurait fallu « insister » car, un tel doute sur la consultation des membre du CSF par la présidente remet sérieusement en question les règles élémentaires d’un processus de saine démocratie à l’intérieur de tout organisme qui se respecte…Et là, j’en arrive à la conclusion que la « coupe déborde » et que le « cas Julie Miville-Dechène » doit être scruté à fond pour vérifier si la présidente du CSF n’est pas en train de violer le code d’éthique inhérent au bon fonctionnement de l’organisme qu’elle représente, « un organisme qui a obtenu, depuis longtemps, ses lettres de noblesse dans les débats sociaux-politiques mettant en question l’égalité hommes-femmes. »

quebechebdo 25 septembre 2013
vigile.net tribune libre 25 septembre 2013

Le Club des petits déjeuners: un mal nécessaire

24 septembre 2013

Le Club des petits déjeuners a pour mission d’assurer que les enfants fréquentant une école primaire, parfois une école secondaire, issus d’un milieu défavorisé aient une chance égale de réussite personnelle. Le CPD a ouvert ses portes en 1994 et vise à offrir aux enfants la possibilité de prendre un petit déjeuner nutritif avant d’aller en classe, élément jugé essentiel à leur réussite scolaire.

À la veille de célébrer son 20e anniversaire, le Club des petits déjeuners offrent ses services à quelque 18 000 jeunes répartis dans 287 écoles tous les matins. En ce début d'année scolaire, le Club tend une fois de plus la main aux Québécois pour solliciter leur générosité afin d'étendre son action à des dizaines d'écoles primaires et secondaires qui souhaitent implanter le programme dans leurs murs.

En guise de retombées positives des bienfaits reçus du CPD, l’histoire de Sabrina Provost, âgée aujourd’hui de 22 ans, est fort révélatrice : Sabrina était en première année du secondaire lorsqu'elle s'est inscrite au Club. Ce n'est pas un réfrigérateur vide qui l'a poussée à se rendre à l'école plus tôt pour casser la croûte avec ses compagnons de classe, mais bien l'ambiance tendue qui régnait chez elle.

En échange de quelques heures de bénévolat, le Club lui offrait une ambiance chaleureuse, un petit déjeuner nourrissant et l'oreille attentive de plusieurs bénévoles.

Aujourd'hui étudiante en médecine, elle louange les bénéfices du programme. Même si l'objectif premier du Club demeure de remplir des petits ventres vides, il offre à de milliers de jeunes Québécois l'élan nécessaire pour s'épanouir et persévérer à l'école, conclut Sabrina.

quebechebdo 24 septembre 2013

Commission d’examen des événements du printemps 2012

24 septembre 2013

La Commission d'examen des événements du printemps 2012 projette de débarquer dans la capitale nationale même si peu de groupes impliqués sont enclins à témoigner ou même à participer aux travaux du groupe dirigé par l'ancien ministre péquiste, Serge Ménard.

Une rencontre est d'ailleurs déjà prévue avec le Service de police de la Ville de Québec affirme son directeur des communications, François Moisan. «On offre notre pleine collaboration et on va rencontrer le commissaire pour expliquer comment ça s'est passé à Québec et le travail qui a été fait par le Service de police dans le cadre des événements du printemps 2012».

Toutefois, tout comme pour celle de Montréal, la Fraternité des policiers de la Ville de Québec n'a pas l'intention de contribuer. Son président, Bernard Lerhé, estimant que le travail de ses membres est déjà suffisamment scruté. «C'est inutile, c'est de l'argent gaspillé qui aurait été mieux investi ailleurs».

Par ailleurs, conformément à la nationale, la branche locale de la Ligue des droits et libertés conteste le mandat de la Commission. «Il s'est passé plein de choses à Québec, reconnaît le porte-parole Sébastien Harvey, mais nous, on trouve que c'est le travail des policiers qui doit être remis en cause».

Rappelons que, même si la Commission doit se pencher sur «les techniques utilisées par les forces policières» pour réaliser son mandat, celui-ci est d'«analyser les circonstances des manifestations et des actions de perturbation tenues au Québec au printemps 2012».

«Pour moi, cela ne répondra pas aux questions que l'on se posait», dénonce la professeure de littérature au Cégep Garneau, Hélène Nazon, qui a été très impliquée dans le collectif Profs contre la hausse, tout en rappelant que plusieurs autres groupes communautaires de Québec ont réclamé une commission d'enquête publique sur le printemps érable.

Seulement à Québec, on décompte cinq manifestations ayant mené à 454 arrestations entre le 19 avril et le 5 juin 2012…Dès le départ, la commission Ménard a du plomb dans l’aile, très peu de regroupements d’étudiants ou de policiers ayant répondu à l’appel.

Conséquemment, il y a lieu de se demander à quoi va servir l’argent des contribuables dans cette comédie aux allures rocambolesques…Vivement une commission d’enquête publique sur les événements du printemps 2012 pour faire la lumière sur « tous » les aspects qui ont entouré les manifestations et les arrestations qui ont suivi en présence de « tous » les intervenants concernés!

quebechebdo 24 septembre 2013
vigile.net tribune libre 24 septembre 2013 "La ville de Québec dans la mire"

Pourquoi j’appuie Jean-Claude St-André

23 septembre 2013

« J’ai toujours pensé sur le plan du parlementarisme britannique que le parlement a tous les pouvoirs (…)On est entré dans la fédération canadienne par un vote du parlement, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas en sortir sur un vote du parlement aussi. » Jacques Parizeau

Des trois candidats qui se présentent à la chefferie d’Option nationale, Jean-Claude St-André me semble présenter, en plus d’une expérience de longue date en politique, une démarche stratégique nouvelle, claire et inspirante qui balaie sous la table les vieilles démarches désuètes pour faire place à l’accession sans détour du Québec à son indépendance.

À titre d’argumentaires amenés par Jean-Claude St-André dans son discours, je vous propose ces quelques extraits tirés de deux articles parus sur Politicoglobe sous les titres « Pour en finir avec le référendisme », en date du 10 septembre 2013, et « Pour une démarche indépendantiste claire », daté du 14 septembre 2013.

« Le PQ a rompu avec le réalisme politique en s’imposant l’obligation de tenir un référendum en 1974. Les 40 dernières années sont une démonstration éloquente que le référendisme est un échec. Surtout depuis la fraude et le vol référendaire de 1995, la lutte pour l’indépendance est entrée dans une phase cruciale. Nous savons maintenant que le Canada ne reculera devant rien pour bafouer la démocratie québécoise. Nous savons qu’il est tout à fait préparé pour contrer la démarche référendaire péquiste. N’ayons pas la candeur de nous diriger là où nous attend notre adversaire.

Nous, d’Option nationale, nous devons avoir le courage de dire clairement que nous lions l’option et le mandat électoral. Un vote pour Option nationale, c’est un vote pour l’indépendance !

Nous ne devons pas nous présenter comme un parti de « bon gouvernement provincial », mais bien comme un parti indépendantiste qui gouvernera comme si le Québec était déjà un pays dès son élection. Afin d’y arriver, nous devons éliminer du programme toute obligation de tenir un référendum, sans quoi nous serons nécessairement forcés de faire de la gouverne provinciale tant que nous n’aurons pas tenu le référendum. Ainsi, nous ne pourrons pas nous servir de l’appareil étatique afin de faire du Québec un pays. Nous serons même forcés de tenir des débats surréalistes sur la date du référendum et sur les conditions dans lesquelles nous devrons l’organiser. Et bien sûr, le gouvernement fédéral interviendra avec ses moyens financiers et de tout son poids politique, allant même jusqu’à la fraude évidemment…

Jean-Martin Aussant l’a très bien expliqué : faire le LIT, c’est faire en sorte que toutes les lois qui s’appliquent aux citoyens du Québec soient votées par l’Assemblée nationale ; que tous les impôts, taxes et contributions fédéraux payés sur le territoire québécois soient dorénavant perçus par le gouvernement du Québec ; et que tous les traités qui lieront les Québécois aux autres nations du monde soient signés par le gouvernement du Québec.

À partir du moment où l’Assemblée nationale aura fait son LIT, le Québec obtiendra rapidement la reconnaissance internationale des autres États indépendants. Tous les experts sérieux en droit international public abondent dans ce sens…

Puisque le référendum de 1995 a été volé et que nous n’avons jamais adhéré à la constitution de 1982, il nous faut prendre conscience qu’en continuant à défendre le référendisme, nous nous rendons complices des gestes illégitimes et antidémocratiques posés par le gouvernement fédéral. Option nationale doit donc choisir la voie électorale pour faire l’indépendance…

Il doit être parfaitement clair que ce sont les militants et les membres d’Option nationale qui choisiront les projets que nous présenterons aux Québécois lors de la prochaine campagne électorale. J’expliquerai dans un prochain texte le processus qui nous permettre de discuter, de débattre et de choisir ces projets. Cet exercice sera d’une importance capitale pour mobiliser les Québécois aux idées défendues par Option nationale. C’est une condition essentielle de notre réussite. Pourquoi ?

Parce que la société québécoise est en crise. Nous nous leurrons en croyant que nous vivons en démocratie. Les citoyens ont perdu confiance dans leurs institutions et dans la capacité de l’État de permettre la liberté, l’égalité et la recherche du bonheur et de la prospérité pour tous et toutes. Les grands phénomènes socio-économiques tels le libre-échange et la mondialisation font en sorte qu’il sera de plus en plus difficile de préserver nos façons de faire, nos valeurs, notre culture, voire même notre propre identité. Les citoyens se sentent impuissants. Ils sont exclus des décisions qui les touchent dans leur quotidien. Nous ne comprenons pas pourquoi l’État, surtout en démocratie, semble incapable de gouverner pour le bien de chacun et, donc, pour le bien commun.

Pourtant, il nous appartient encore de décider dans quel genre de société nous voulons vivre, quel genre de société nous souhaitons léguer à nos enfants : Une société anonyme, réductrice et individualiste ? Ou une société libre, juste, égalitaire ? Nous, d’Option nationale, devons donc assumer notre mission : construire une véritable démocratie et une République au service de ses citoyens. »

vigile.net tribune libre 23 septembre 2013
quebechebdo 24 septembre 2013 "Course à la chefferie d'Option nationale"

La vérité M. Couillard, vraiment?

23 septembre 2013

Aussitôt élu chef du parti libéral du Québec, Philippe Couillard a entrepris une vaste tournée dans le but de connaître la vérité sur les régions et leur situation…Ces derniers jours, M. Couillard clamaient sur toutes les tribunes qu’il voulait connaître la vérité sur les perquisitions de l’UPAC au siège social de son parti.

Du même souffle, notre défenseur de la vérité ne veut rien savoir sur les députés libéraux, anciens et actuels, qui pourraient être mis en cause dans les fouilles de l’Unité permanente anti-corruption, alléguant qu’il ne veut pas nuire aux enquêtes de l’UPAC…Une attitude qui nous conduit au royaume de l’obscurantisme auquel nous a habitués son prédécesseur.

En fait, M. Couillard, désirez-vous vraiment connaître la vérité sur les « faits d’armes » de quelques députés qui ont traîné dans la disgrâce les traditions du PLQ?

quebechebdo 23 septembre 2013

Michel Brault, l’oeil ambulant (1928-2013)

22 septembre 2013

"Presque tout est venu de l’enthousiasme, soit dans la résistance ou soit dans la vie quotidienne." Michel Brault

"J’ai toujours dit que pour faire ce genre de cinéma, il faut pleurer d’un œil et de l’autre il faut penser à ce qui reste de pellicule dans le magasin. Une moitié du cerveau travaille sur l’émotion, et l’autre sur la technique, et en même temps. Or il y a nombre de réalisateurs qui se consacrent exclusivement au contenu. J’ai travaillé avec plusieurs réalisateurs qui "avaient une idée", mais n’avaient aucune "idée" comment la transformer en film." Michel Brault

Considéré comme le père du cinéma-vérité, Michel Brault est décédé à Toronto le 21 septembre 2013 à Toronto à l’âge de 85 ans des suites d’une crise cardiaque, emportant avec lui le seul cinéaste québécois à avoir obtenu le prix de la mise en scène au Festival de Cannes.

Né à Montréal le 25 juin 1928, Michel Brault fait ses premières armes à la caméra et aux éclairages au sein de l’Office national du film, avant même que l’agence fédérale n’ouvre une section française.

En 1958, il cosigne "Les Raquetteurs", première tentative de documentaire où la caméra et le micro sont placés au sein même de la réalité qu’ils objectivent sans parti pris. En fait, le parti pris était de laisser les gens filmés se raconter eux-mêmes.

Avec, entre autres, son compère Pierre Perreault, Michel Brault a inventé un nouveau langage cinématographique qui a fait école : le cinéma-vérité. Les deux ont d’ailleurs signé un film qui a fait date dans la matière "Pour la suite du monde" qui a été en nomination pour une Palme d’Or à Cannes en 1963.

Parlant de ce film, dans une entrevue qu’il accorde en 2004 au site Nouvelles vues sur le cinéma québécois, Brault se rappelle, non sans émotion, le plaisir qu’il a eu pendant le tournage : "Pour moi c’était un émerveillement de découvrir ce pays, et je me suis lancé dans cette aventure grâce à l’enthousiasme qui me poussait à découvrir les gens de l’Isle-aux-Coudres. Je trouvais que c’était un peuple héroïque, dont j’avais envie de parler. Et c’est ce qui m’a nourri, et ce qui m’a permis de faire ce film."

Toutefois, c’est en 1974 qu’il signe son chef-d’oeuvre, "Les Ordres", un pamphlet contre l’arbitraire de la Loi des mesures de guerre qui a conduit à l’arrestation et la détention de 450 personnes prises en otages au cours de la Crise d’octobre de 1970 alors que le gouvernement canadien, appréhendant une insurrection, applique la loi des mesures de guerre. En vertu de cette ordonnance, 450 citoyens sont appréhendés et mis en prison sans qu’aucun acte d’accusation ne soit porté contre. Le film évoque le sort de cinq personnes victimes d’un tel traitement : un ouvrier et sa femme, un médecin, une assistante sociale et un chômeur.

Récipiendaire du prix Albert-Tessier en 1986, nommé Officier à l’Ordre national du Québec en 2003. en plus de recevoir le prix hommage lors du gala des Jutras en 2005, Michel Brault était considéré comme l’un des pionniers du cinéma québécois, un cinéaste qui a permis à la cinématographie québécoise de se faire connaître partout à travers le monde.

Enfin, je termine avec ce commentaire du cinéaste Claude Fournier : "On perd quelqu’un qui avait un oeil, une maîtrise extraordinaire de la caméra. Michel, c’était un oeil, des yeux, un observateur de ce qui se passait devant lui. À cet égard-là, je ne crois pas qu’il y a eu d’autres cinéastes, même dans le monde entier, qui avait cette acuité de regard qu’avait Michel."

vigile.net tribune libre 22 septembre 2013
quebechebdo 22 septembre 2013

Le pape François: la personne avant tout

22 septembre 2013

Dans un entretien accordé à Civilta Cattolica, la revue des jésuites italiens, le pape François est revenu sur ce qu’il l’avait déclaré dans l’avion qui le ramenait des Journées mondiales de la jeunesse au Brésil, en juillet, en insistant sur le fait qu’il n’a pas à porter un jugement sur les homosexuels qui cherchent Dieu avec sincérité.

Les prêtres, lance François, doivent être accueillants, capables avant tout de « soigner les plaies et réchauffer les coeurs des fidèles », et non ressembler à des fonctionnaires dogmatiques enfermés dans des confessionnaux qui ressemblent parfois à des « salles de torture ».

Dans le même esprit, il invite l’Église à trouver un équilibre entre la défense du dogme et la compassion humaine. Parmi les ruptures les plus marquantes avec son prédécesseur, le pape François appelle les prêtres à « toujours prendre en considération la personne » lorsqu’ils sont sollicités par des homosexuels ou des divorcés-remariés.

En plaçant un message de miséricorde, de justice et d’humilité au centre de la mission de l’Église, François incarne un changement remarquable et revigorant qui ne peut qu’être salutaire à une Église moribonde endoctrinée dans des préceptes désuets.

quebechebdo 21 septembre 2013

Transport des matières dangereuses par rail

21 septembre 2013

Dans la foulée de la tragédie ferroviaire qui a sapé le centre-ville de Lac-Mégantic et coûté la vie à 47 Méganticois en juillet 2013, le gouvernement Harper persiste dans son attitude bassement cavalière à s’en laver carrément les mains par la voix du ministre Denis Lebel qui « invite » les villes à s'adresser directement aux entreprises de transport ferroviaire pour connaître la nature des produits traversant leur territoire. «Nous, on donne les permis. C'est clair que ce n'est pas Transports Canada qui va répondre à toutes les questions», a lancé le ministre.

Une réplique qui a fait bondir, et avec raison, le ministre québécois des Affaires intergouvernementales, Alexandre Cloutier, qui s’est dit « estomaqué de la légèreté avec laquelle Denis Lebel traite de la question de la transparence du transport des matières dangereuses…comme si c'était à la mairesse de Magog de faire le tour des entreprises pour savoir quelles sont les matières dangereuses circulant sur son territoire ».

Et pourtant, dans les faits, l’article 33 de la Loi sur la sécurité ferroviaire qui traite des injonctions ministérielles stipule clairement que le ministre peut obliger une entreprise à «mettre fin, totalement ou dans la mesure prévue dans l'avis, à l'utilisation d'installations ou de matériel ferroviaires d'un type déterminé, ou à toute pratique concernant leur entretien ou leur exploitation, qui, selon lui, risquent de compromettre de façon imminente la sécurité ferroviaire».

Le texte précise que cette injonction peut même s'appliquer à des installations, du matériel ou des pratiques qui sont conformes aux lois et règlements en vigueur. Dans la dernière version, entrée en application le 1er mai 2013, il est aussi spécifié que l'ordre du ministre a préséance sur les décisions du conseil des ministres et sur les demandes déposées par les entreprises. Valide pour six mois, l'injonction peut être annulée en cours de route ou prolongée.

Même si l'injonction ministérielle demeure une procédure d'exception, elle a déjà été utilisée entre autres, en juin 2008, lorsque le ministre conservateur Lawrence Cannon a obligé le CN à retirer des essieux dangereux sur ses trains, et en novembre 2000, alors que le libéral David Collenette avait aussi eu recours à une injonction ministérielle pour imposer la façon de régler les aiguillages de voie principale dans les secteurs dépourvus de signalisation.

À chaque fois que j’entends des réactions aussi dédaigneuses de la part de membres du cabinet Harper ou de son « digne » titulaire, je me demande pourquoi les Québécois en sont encore à persister dans leur décision de demeurer dans ce Canada méprisant à l’égard du Québec…Enfin, peut-être qu’un jour, les Québécois en auront-ils assez de se faire manger la laine sur le dos et décideront-ils enfin de se prendre en mains!

quebechebdo 21 septembre 2013
vigile.net tribune libre 20 septembre 2013 "Lebel sen lave les mains"

Rompre le silence pour se libérer

20 septembre 2013

Les témoignages entendus jusqu’à maintenant concernant le recours collectif pour agressions sexuelles visant neuf prêtres rédemptoristes de Séminaire Saint-Alphonse de Sainte-Anne-de-Beaupré laissent un goût amer sur les comportements pervers auxquels ont été confrontés les victimes de ces agressions.

Toutefois, indépendamment des sévices psychologiques profonds qui ressortent des divers témoignages, nous assistons à la libération bénéfique de ces souvenirs traumatisants enfouis pernicieusement dans la mémoire des victimes.

Un exutoire salutaire qui devrait permettre, je l’espère, à d’autres victimes ayant subi de telles agressions de rompre à leur tour le silence pour se libérer des « silences » honteux des communautés religieuses ayant voilé ces viols éhontés sur des enfants et des adolescents vulnérables.

quebechebdo 20 septembre 2013