Un dérapage malsain

14 janvier 2014

J’écoutais le représentant du PLQ s’exprimer sur le principe sacré de la liberté d’expression qu’a toujours défendue son parti à l’émission 24h en 60 minutes du 13 janvier, et je ne pouvais m’empêcher de constater à quel point il tentait d’entraîner les auditeurs dans le sentier d’un dérapage malsain et démagogique.

En effet, lorsque nous prenons conscience des véritables enjeux du projet de loi 60 sur l’interdiction des signes religieux ostentatoires en milieu de travail pour les employés (es) de l’État, jamais il n’est question de brimer les libertés individuelles mais plutôt de respecter, et cela pour « toutes » les confessions religieuses, le principe de la laïcité de l’État québécois.

Pour employer une image désormais malheureusement célèbre, j’ai l’impression qu’à entendre certains détracteurs du projet de charte de la laïcité, le train déraille complètement de son trajet. Reste à espérer que les audiences qui débutent sur le projet de loi 60 contribueront à garder le train sur ses rails si nous désirons qu’il parvienne à destination!

quebechebdo 14 janvier 2014
cyberpresse.ca 15 janvier 2014 "Le projet de loi 60 – Ce que vous en pensez"

Appel à la majorité silencieuse

13 janvier 2014

Depuis le dépôt du projet de loi 60 et bien avant, les commentaires ont fusé de toutes parts sur ses tenants et aboutissants, autant du côté des avantages que des inconvénients. À la veille des consultations sur le projet de charte de la laïcité du gouvernement, nous serions donc portés à penser que la table est mise pour le débat officiel.

Toutefois, à mon sens, à part quelques opinions émises dans les courriers des lecteurs, ce sont les bonzes habituels des débats publics, tels les Parizeau, Landry et Bouchard qui ont occupé une grande partie de l’actualité médiatique.

À ceux-là s’ajoutent les partis politiques, tels le PLQ qui s’oppose catégoriquement au projet de charte, Québec solidaire qui s’enfonce de plus en plus dans un bourbier malsain, et la CAQ qui invite le PQ à mettre un peu d’eau dans son vin.

D’autres organismes et individus viendront certes s’ajouter avec les consultations qui s’amorceront le 14 janvier et nul doute qu’ils contribueront à enrichir le débat. Toutefois, comme à tout coup lors de ces débats, que retiendrons-nous de cette « majorité silencieuse » qui ne participera pas à ces échanges ?

Je pense ici autant aux Québécois de souche qu’aux immigrants qui se sont montrés cois depuis le début des débats sur le projet de loi 60. Et, parmi ces voix muettes, en particulier aux femmes musulmanes employées de l’État touchées par l’interdiction de porter des signes religieux ostentatoires en milieu de travail.

À plusieurs occasions au cours des derniers mois est ressorti le port du foulard par les femmes musulmanes, la plupart de celles-ci alléguant que cette coutume émanait de leur religion. Toutefois, à l’occasion, quelques voix prétendaient que le voile incarnait un objet de soumission face à la « supériorité » de l’homme sur la femme.

Qu’en est-il réellement de cette prétention ? Pouvons-nous espérer qu’une telle ignominie, si elle s’avérait fondée, fasse surface au cours des débats de la part de cette majorité silencieuse ? Et sinon, devrons-nous nous résigner à entendre les mêmes argumentaires qui nous sont servis sur la place publique depuis des mois ?

Si tel était le cas, j’ai l’impression que les consultations risquent de tourner en rond et qu’elles aboutiront au point de départ, à savoir la confrontation entre les pro et les anti-charte.

Voilà pourquoi j’ose espérer que cette démarche, qui se veut démocratique de la part du ministre Drainville, accueillera devant les élus d’autres voix que celles que nous avons entendues depuis des mois pour le plus grand bien d’une saine démocratie…à défaut de quoi l’exercice aura été malheureusement vain !

vigile.net tribune libre 13 janvier 2014
quebechebdo 13 janvier 2014


La FFQ à la défense des femmes musulmanes

12 janvier 2014

Les conclusions des États généraux de l’action et l’analyse féministes de la Fédération des femmes du Québec qui se sont tenus en fin d’année 2013 ont fait ressortir, entre autres, le fait que le projet de charte de la laïcité du gouvernement québécois se faisait « sur le dos des femmes musulmanes ».

Une dérive qui incarne à mon sens un type de féminisme exalté qui dérape complètement des balises du projet de loi 60 qui propose essentiellement l’interdiction des signes religieux ostentatoires en milieu de travail pour les employés (es) de l’État.

Alors, d’où vient ce branle-bas de combat absolument disproportionné avec la réalité du contenu du projet de charte de la laïcité qui ne plaide qu’une congruence minimale entre un État laïc et la religion ?

À titre d’argumentaire, la directrice Alexa Conradi allègue qu’il faut « qu’on réussisse à s’écouter collectivement davantage[et] trouver le moyen de faire la paix avec notre histoire et avec la religion pour être capable de mieux débattre ».

Je retiens de cet argumentaire deux groupes de mots qui, sans nommer les concepts qu’ils véhiculent, les englobent par ricochet, à savoir « s’écouter collectivement », le second « faire la paix avec la religion ».

Le premier vocable réfère au multiculturalisme débridé à la Trudeau qui a conduit au dérapage social auquel sont confrontés aujourd’hui certains pays européens qui n’aspirent à rien de moins que l’accession à leur indépendance tel que très bien détaillé par Pierre Godin dans sa dernier chronique. http://www.vigile.net/Ecossais-et-c…

Le second, non moins pernicieux, évoque les dangers de l’intégrisme musulman qu’une telle supposément « paix avec la religion » peut entraîner dans son sillage, l’islam représentant en soi la « seule » religion acceptable.

Enfin, par un tel discours, la FFQ, par la voix d’Alexa Conradi, ne fait qu’attiser le feu de la discorde au détriment d’une position tempérée qui aurait pu créer le canal de communication favorable à un climat propice à « mieux débattre » des véritables enjeux soulevés par le projet de loi 60.

vigile.net tribune libre 12 janvier 2014
quebechebdo 12 janvier 2014 (version abrégée)


À la défense d’Yves Michaud

11 janvier 2014

Les deux dernières sorties de ce «diable d’homme» qu’incarne Yves Michaud ont eu l’heur de froisser certaines susceptibilités, la première concernant son opinion sur la pertinence du Bloc québécois, la seconde ayant trait à son invitation à ceux qui ne veulent pas se plier à l’interdiction des signes religieux ostentatoires chez les employés de l’État à «plier bagages».

Pourtant, tous ceux qui connaissent le style du fervent indépendantiste savent fort bien qu’il n’a pas la langue dans sa poche en plus de la maîtriser admirablement.

En ce qui me concerne, dans le dossier de la pertinence du Bloc, M, Michaud, à part ses quelques attaques personnelles «malvenues» envers certains ex-confrères, n’a fait que confirmer ce que plusieurs souverainistes ont déjà exprimé à plusieurs occasions.

En ce qui a trait à sa sortie pour le moins «colorée» sur le projet de loi 60, observons froidement les termes utilisés par M. Michaud dans sa déclaration :

«Je suis en faveur de la charte telle qu’elle est, et elle ne va pas très loin d’ailleurs, c’est le simple bon sens…Il n’y a pas de compromis possible. Si vous mettez le doigt dans l’engrenage, le corps va y passer… On va attendre qu’il y ait une menace avant de le faire? Voyons donc. On va attendre que le cancer soit dans la société avant de faire quelque chose? Il vaut mieux prévenir que guérir. C’est le cancer, oui, parce qu’une société normale, politique, ne peut tolérer aucune forme de compromission avec les religions.»

Enfin, la phrase qui vise particulièrement les musulmans : «Ils perdront (leur travail) ou ils l’enlèveront (leur kippa), qu’est-ce que vous voulez. Et ils iront dans un pays où c’est toléré. S’ils veulent aller dans un État religieux, qu’ils ne viennent pas dans un État laïque, que voulez-vous que je vous dise.»

Soyons honnêtes…N’est-ce pas le fond de la pensée de tous les tenants du projet de charte du ministre Drainville? En réalité, Yves Michaud, comme cela lui est arrivé particulièrement dans le dossier des banques, a simplement osé dire tout haut ce que plusieurs pensaient tout bas…et ce n’est pas à son âge vénérable qu’il commencera à se prêter à la mielleuse langue de bois!

Il est quand même curieux de constater comment, du jour au lendemain, un héros peut être métamorphosé en malfrat…vous ne croyez pas?

quebechebdo 11 janvier 2014
vigile.net tribune libre 11 janvier 2014 "Il dit tout haut ce que plusieurs pensent tout bas"

Le couteau dans la plaie

10 janvier 2014

Il est toujours périlleux d’évoquer la mémoire des disparus pour la transposer dans le contexte actuel d’autant plus que ces personnes ne sont plus là pour s’exprimer. Ainsi en est-il de Gérard Bouchard dans sa dernière déclaration à l’effet que le PQ, par son projet de charte de la laïcité, « pervertit l’héritage de René Lévesque. »

Et si René Lévesque vivait encore aujourd’hui, M. Bouchard, que penserait-il du taux d’immigration accéléré que vit le Québec? Comment réagirait-il devant la montée de l’intégrisme musulman auquel le Québec est confronté? Quelle idée se ferait-il du multiculturalisme et de ses répercussions au sein des valeurs québécoises qu’il défendait avec courage?

En tenant une tel discours, M. Bouchard, n’êtes-vous pas en train d’utiliser la stratégie que vous reprochez au gouvernement, à savoir la manipulation, et à tourner de la sorte le couteau dans la plaie que vous avez vous-même contribué à ouvrir?

quebechebdo 10 janvier 2014
vigile.net tribune libre 10 janvier 2014

La loi, c’est la loi

10 janvier 2014

Curieux de constater à quel point l’être humain a tendance à critiquer la loi lorsqu’elle représente un obstacle à sa défense et qu’il profite par ailleurs de ses largesses lorsqu’elle lui confère des privilèges.

Il en est ainsi de la « manne » de 4 millions de dollars qui vient d’être versée à 44 ex-élus montréalais à la suite des élections du 3 novembre dernier et ce, après qu’ils aient subi une défaite électorale ou qu’ils aient volontairement quitté l’arène politique, des allocations de départ et de transition prévues par la Loi sur le traitement des élus municipaux.

À cet effet, souvenons-nous que l’ex-maire de Montréal Michael Applebaum avait obtenu des allocations totalisant 267 923 $ même s’il faisait face à 14 chefs d’accusation. Par ailleurs, Louise Harel, qui empochera 109 168 $ en allocations, avait dénoncé à l’époque le versement de l’indemnité de Michael Applebaum, alléguant qu’un élu qui ne termine pas son mandat ne devrait pas y avoir droit.

Tout en haut de cette pyramide des « privilégiés par la Loi » siège Laurent Blanchard qui touchera des allocations totalisant 205 209 $ après avoir assumé pendant « cinq mois » l’intérim à la mairie de Montréal, et qui invoque comme argument de plaidoirie justifiant cette indemnité que les élus ne sont pas admissibles à l’assurance-emploi et que l’impôt ira puiser près de la moitié de la somme qui lui est destinée.

Quant à l’ancien maire de Rosemont-La Petite-Patrie, André Lavallée, il avait reçu, en 2009, une allocation de transition bien que, quelques jours après sa défaite, il avait été embauché par l’ancien maire Tremblay comme directeur de cabinet dans l’arrondissement de Ville-Marie. Enfin, de son côté, l’ancien maire Gérald Tremblay avait touché un montant de 216 455 $ après sa démission en novembre 2012.

Un tableau pas très reluisant des sommes astronomiques auxquelles ont droit nos élus qui acceptent sans scrupule ces allocations alors que, la plupart du temps, ils invoquent le contexte économique difficile pour exiger des contribuables des efforts pour combler les déficits de l’appareil financier municipal…Enfin, la loi, c’est la loi!

quebechebdo 10 janvier 2014
vigile.net tribune libre 10 janvier 2014

La querelle des anciens et des modernes

9 janvier 2014

La transformation de l’hôtel Loews le Concorde en appartements pour retraités suscite un tollé de protestations de la part de certains commerçants de la Grande Allée qui invoquent l’argument de l’âge de ces futurs résidents dans un milieu de festivités nocturnes, alléguant qu’ils se plaindront du bruit inhérent à ce type d’activités. 

Pourtant, l’accès au Concorde n’était pas interdit aux 65 ans et plus, et, à ce que je sache, personne ne s’en plaignait…Pourquoi alors, à partir du moment où de futurs résidents âgés décideraient de s’installer dans cet immeuble, leur présence deviendrait-elle indésirable?

Une attitude méprisante de la part de ces dénigreurs des personnes âgées qui, faut-il le rappeler, sont des contribuables honnêtes qui aspirent encore, malgré leur « âge avancé », à une vie sociale enjouée.

Une levée de boucliers qui prend des allures de « querelle des anciens et des modernes » dans une ville où la population devient de plus en plus vieillissante…sans être moins digne de respect pour autant!
 

quebechebdo 9 janvier 2014
cyberpresse.ca 13 janvier 2014 "L'hôtel Le Concorde – vos réactions"

Les insolences d’une caméra

9 janvier 2014

La plupart des gens de ma génération se souviennent probablement de la série télévisée Les insolences d’une caméra lancée par Alain Stanké sur les ondes de Radio-Canada au cours de la saison 1960-1961 dans laquelle, pour la première fois devant le petit écran, la caméra pénétrait dans les scènes quotidiennes.

Cinquante ans plus tard, les nouvelles technologies ont beaucoup évolué mais les résultats sont demeurés sensiblement les mêmes. À preuve cet incident qui a fait la une récemment montrant l’intervention d’un policier envers un itinérant.

Mon propos n’est pas ici de justifier la « qualité » de l’intervention du policier envers cet itinérant mais plutôt de m’interroger sur le seuil du « raisonnable » dans ce que l’éthique peut accepter comme limite à la confidentialité de l’information.

Un sujet qui, à mon sens, soulève toute la question du respect de la vie privée…En somme, jusqu’où la société peut-elle tolérer les « insolences d’une caméra » sans porter préjudice à la vie privée des personnes qui la composent?

quebechebdo 9 janvier 2014

Ne pas confondre identité québécoise et indépendance du Québec

8 janvier 2014

Les deux derniers billets signés par Louis Lapointe sur vigile.net replacent à mon sens les pièces dans leur case respective sur l’échiquier souverainiste du Québec, d’un côté, la charte de la laïcité encadrant les valeurs québécoises, de l’autre, la souveraineté du Québec.

Quoique l’argumentaire de M. Lapointe puisse choquer les tenants du projet de charte du gouvernement péquiste, il n’en demeure pas moins que « notre combat n’est pas celui de l’identité québécoise. Il est celui de la souveraineté du Québec. » http://www.vigile.net/De-la-cage-a-…

Et, Louis Lapointe de pousser encore plus loin son argumentaire : « La laïcité ce n’est pas l’indépendance. Elle n’y conduit pas non plus. Le combat des indépendantistes n’est pas celui d’un Québec laïque dans un Canada uni, mais bien celui d’un Québec indépendant exerçant pleinement sa souveraineté, notamment en matière de laïcité. » http://www.vigile.net/Grand-Jeu-ou-…

Loin de vouloir minimiser le débat actuel sur le projet de charte de la laïcité, il m’apparaît opportun de tirer les conclusions qui s’imposent à la suite des interventions de Louis Lapointe.

Dans un premier temps, quelle que soit l’issue que connaîtra le projet de loi 60, je crois sincèrement, à l’instar de Louis Lapointe, que, même dans l’hypothèse où elle recevrait l’aval de la Cour suprême, cette reconnaissance ne nous ferait pas avancer d’un iota dans notre démarche vers notre indépendance.

Ensuite, les arguments soulevés par la sortie de Roger Tassé concernant la charte de la laïcité, sous le couvercle d’une avancée vers la souveraineté du Québec, « sont peut-être de bon augure pour la laïcité et les droits et libertés au Canada, mais ils risquent aussi d’être un piège pour ces indépendantistes qui confondent identité, laïcité et souveraineté. »

En conclusion, je demeure convaincu que le projet de charte des valeurs québécoises demeure une pierre d’assise essentielle à l’affirmation de l’identité québécoise, tout en étant conscient qu’elle n’ouvrira pas la voie au processus d’accession du Québec à son indépendance.

Pour ce faire, le Parti québécois devra manifester clairement ses intentions en matière de souveraineté, notamment par la mise sur pied d’une Constituante qui devrait être soumise aux Québécois par voie référendaire. Tel est, à mon sens, le premier jalon à poser si nous désirons que le peuple du Québec assume le destin qui lui est dévolu, à savoir une nation légitime au sein du concert des nations.

vigile.net tribune libre 8 janvier 2014

Sotchi sous la menace des attentats

8 janvier 2014

Depuis 1999, la Russie a été frappée par une série d'attentats sanglants, plusieurs d'entre eux étant commis par des femmes-kamikaze, arme privilégiée de la rébellion islamiste. Encore récemment, deux attentats meurtriers ont été commis, l’un le 21 octobre 2013 par une femme kamikaze qui s’était convertie à l’islam, l’autre le 29 décembre, encore une fois par une femme kamikaze.

Deux drames horribles qui se sont produits à Volgograd, l'ancienne Stalingrad, une ville d'un million d'habitants située à 700 kilomètres environ au nord de Sotchi et à plusieurs centaines de kilomètres de républiques et régions musulmanes du nord du Caucase en proie à des violences séparatistes quotidiennes. Par ailleurs, le chef de cette insurrection islamiste, le Tchétchène Dokou Oumarov, a appelé ses partisans dans une vidéo mise en ligne en juillet à recourir à « la force maximale » pour empêcher le président Vladimir Poutine d'organiser les Jeux olympiques d'hiver.

Des tueries horribles qui risquent de faire planer leur ombre au-dessus des installations olympiques de Sotchi. Il serait désastreux qu’un tel attentat vienne faucher la vie des athlètes olympiques en plus de salir la réputation déjà fragile de Moscou…enfin, reste à espérer que les Jeux de Sotchi se dérouleront dans le décorum voué à l’olympisme!

quebechebdo 8 janvier 2014
Le journal Métro 9 janvier 2014