RIP la gouvernance souverainiste

8 avril 2014

Comme des milliers de souverainistes de la première heure, j’ai assisté hier soir impuissant à une déconfiture en règle du mouvement souverainiste tiède et insipide. Ce matin, l’heure est au post-mortem de cette dégelée. Que s’est-il donc passé pour que le Parti québécois ait subi un tel déni de l’électorat québécois?

Une fois les nuages de la colère, de la déception et de la frustration dissipés, ma lucidité a refait surface et m’a conduit aux réflexions suivantes que je vous expose en toute simplicité.

À mon avis, il faut remonter à la déclaration fracassante de Pierre Karl Péladeau en faveur du «pays du Québec» pour expliquer le début de la descente aux enfers dans la faveur de l’opinion publique envers le PQ. En effet, à partir de ce moment-là, nous avons assisté à un enterrement de première classe de l’option souverainiste du PQ.

Devant les attaques répétées de Philippe Couillard contre un référendum dont ne «voulait pas l’électorat québécois», Pauline Marois a sorti toute l’artillerie de défense pour tenter de renfermer le squelette du référendum dans les placards de l’oubli, alléguant qu’il ne ressortirait que «lorsque les Québécois seront prêts».

Le reste de la campagne n’a été qu’une triste période de tergiversations dans lesquelles la chef du PQ se retrouvait continuellement sur la défensive, tentant tant bien que mal de camoufler la souveraineté du Québec comme s’il s’agissait d’une maladie honteuse.

En ce qui me concerne, je me souviendrai d’une déroute catastrophique pour le PQ bien sûr, mais aussi comme d’un signal sans équivoque à l’effet que la démarche vers l’indépendance du Québec ne prendra son véritable envol que le jour où elle sera affirmée avec vigueur par des leaders imbus de cette conviction essentielle envers les aspirations des Québécois.

Tant et aussi longtemps que la souveraineté du Québec ne sera appuyée que par une gouvernance souverainiste «mollassone» de petits pas, nous sommes condamnés à l’insomnie dans un nirvana sans fin.

Aussi, m’apparaît-il urgent que les «rescapés» de la vague rouge, en particulier un candidat de l’envergure de PKP, reprennent en main les destinées du PQ s’ils désirent que ce parti, qui prône la souveraineté du Québec dans son article I, clame ses convictions haut et fort et brandisse avec fierté le pays du Québec! 

quebechebdo 8 avril 2014
vigile.net tribune libre 8 avril 2014

Apparences de démocratie

7 avril 2014

Me Suzanne Gagné, l'avocate de l'ancien ministre libéral Marc-Yvan Côté, a obtenu que de nouveaux documents d'enquête policière concernant le Parti libéral du Québec de même que son client restent secrets jusqu'après les élections provinciales du 7 avril.

Par ailleurs, les Québécois devront également attendre après l'élection pour entendre la suite des témoignages devant la commission Charbonneau, qui s'apprêtait à aborder la question du financement politique provincial. À cet effet, le 5 mars, la commission a annoncé l'interruption de ses travaux pour un mois, en justifiant qu'elle «ne voudrait pas influencer d'une façon ou d'une autre l'électorat».

À mon sens, sous des apparences de «respect de la démocratie», ces camouflages d’information révèlent plutôt un manque de transparence éhonté de la part des principaux intervenants dans ces dossiers compromettants dont le contenu aurait dû être divulgué pour le plus grand bien d’une saine démocratie, particulièrement en période électorale.

Conséquemment, l’électorat québécois risque de se réveiller au lendemain du scrutin général face au contenu d’une «boîte noire» impliquant des députés libéraux réélus malgré leurs écarts scandaleux entachant une éthique élémentaire…Et vogue la galère de la petite politique des magouilleurs!

En terminant, voici un tableau succinct plutôt révélateur du passé peu reluisant de Marc-Yvan Côté :

-Devant la commission Charbonneau, l'organisateur politique Gilles Cloutier a expliqué avoir eu l'aval de Marc-Yvan Côté, vice-président chez Roche, pour organiser des dizaines d'élections clé en main, dans les années 1990 et 2000. Les stratagèmes de financement illégal décrits par Gilles Cloutier étaient la norme plutôt que l'exception, selon son témoignage devant la juge Charbonneau.

-Marc-Yvan Côté a également été une des figures marquantes de la commission Gomery sur le scandale des commandites.

-En 2005, lors de cette enquête publique, Côté a avoué qu'il avait reçu 120 000$ comptant destinés à du financement politique illégal pour le compte du Parti libéral du Canada. Plus tard, ces révélations lui ont valu d'être banni à vie du PLC.

quebechebdo 7 avril 2014 

Aux urnes citoyens!

6 avril 2014

La campagne électorale qui s’achève nous en aura mis plein les yeux des attaques personnelles des deux chefs du PLQ et du PQ. En bout de ligne, les seuls véritables gagnants de cette campagne sont le chef de la CAQ et la représentante de QS.

En ce qui a trait à François Legault, force nous est de constater que le dernier sondage confirme une remontée significative dans les intentions de vote des Québécois en faveur de la CAQ, des acquis qui ont été puisés dans le giron de Philippe Couillard.

Du côté du PQ, même si QS a probablement drainé une certaine quantité d’intentions de vote dans le parti de Pauline Marois, je ne crois pas que cette incursion soit significative sur le résultat final.

Les électeurs québécois sont maintenant appelés à se prononcer, et bien malin celui qui peut prédire l’issue du vote. Toutefois, contre vents et marées, je crois que le « gros bon sens » des Québécois primera en dernier essor et accordera sa confiance à un parti intègre constitué de la meilleure équipe pour gérer adéquatement les affaires de l’État québécois, à savoir le Parti québécois.

vigile.net tribune libre 6 avril 2014
quebechebdo 7 avril 2014

Lettre ouverte aux partisans d’ON

6 avril 2014

Pour ceux et celles qui lisent régulièrement mes articles, je n’apprendrai rien de nouveau en vous disant que je suis membre d’Option nationale, le parti qui a reçu mon vote lors de l’élection de 2012, malgré toutes les allusions à la division du vote souverainiste.

Sans revenir sur la saga qui faisait la manchette à cette époque entre le vote stratégique et le vote par conviction, je veux simplement vous rappeler que la gouvernance souverainiste de Pauline Marois ne m’inspirait rien de bon pour notre démarche vers un État souverain.

Depuis lors, le fondateur d’ON, Jean-Martin Aussant, a malheureusement tiré sa révérence au grand dam du parti qui s’est retrouvé soudainement sans capitaine. Sol Zanetti a pris la relève et, force nous est de constater, sans le charisme ni les compétences de son prédécesseur.

En 2014, le contexte a changé. Nous n’avons plus à revendiquer notre statut de pays après neuf années d’un régime fédéraliste corrompu jusqu’à l’os. Nous avons un choix à faire entre le retour au pouvoir d’un parti grugé par la corruption et la collusion, et un parti intègre qui a su faire preuve de détermination pendant les dix-huit mois où il a siégé en tant que gouvernement minoritaire.

Un parti qui a porté à bout de bras le projet de charte de la laïcité envers et contre tous ses détracteurs qui ont brandi de façon éhontée le spectre du multiculturalisme et de la charte des droits et libertés de la personne trudeauiste.

Un parti qui a réussi à convaincre un candidat de l’envergure de Pierre Karl Péladeau à joindre ses rangs, un homme d’affaires québécois aguerri qui incarne sans contredit un atout inestimable dans l’équipe de Pauline Marois, tout au moins pour son expertise dans le domaine de l’entrepreneuriat.

Mon propos n’est pas ici de m’ingérer dans le choix que vous aurez à faire le jour du scrutin mais plutôt de vous communiquer les motifs qui me poussent à voter pour le Parti québécois le 7 avril…Pour le reste, l’intimité de l’isoloir vous appartient!

quebechebdo 6 avril 2014
vigile.net tribune libre 6 avril 2014

La boîte de Pandore libérale

5 avril 2014

Fidèle à son habitude, le chroniqueur Richard Martineau, dans son billet de ce matin, ne manque pas de mordant lorsqu’il compare les allégations de corruption concernant l’ancien libéral Marc-Yvan Côté dont nous ne connaîtrons les tenants et aboutissants qu’après les élections, à une nuit de noces où la mariée dévoile enfin son visage !

Pourtant, il est de notoriété publique que « l’UPAC a effectué une perquisition au domicile de l’ancien ministre libéral le mois dernier, mais on ne peut pas savoir pour quelle raison les policiers anticorruption ont fouillé son domicile ni ce qu’ils cherchaient, car l’avocate de monsieur Côté a entrepris un recours judiciaire pour obtenir une ordonnance de non-publication. On sait qu’il y a quelque chose, mais on ne sait pas quoi. On va seulement le savoir APRÈS les élections ! »

Et, de poursuivre Martineau : « Monsieur Couillard a beau dire qu’il faut laisser la justice suivre son cours et que son parti a changé, veut, veut pas, ça donne une drôle d’impression…Que dirait le chef libéral si l’UPAC avait effectué des perquisitions chez un ancien ministre péquiste ? Se montrerait-il aussi indulgent ? Dirait-il : « Cet homme a été ministre il y a 20 ans, à une autre époque ? » »

Puis, en désespoir de cause, le chroniqueur lance cette question qui tue à l’électorat québécois : « Vous êtes sûrs que vous êtes prêts à remettre les Libéraux au pouvoir après seulement 18 mois dans l’opposition ? Un purgatoire d’un an et demi… Vous ne trouvez pas que c’est une sentence bonbon ? »

Selon moi, l’arrêt des travaux de la commission Charbonneau au même titre que le report des révélations troublantes de l’UPAC en ce qui concerne les allégations de corruption envers Marc-Yvan Côté dénotent d’un manque de transparence extrêmement nocif dans le déroulement de cette campagne.

Conséquemment, je m’adresse aux indécis qui seraient tentés d’accorder leur vote au parti libéral de Philippe Couillard, et je vous demande si la boîte de Pandore qui cache toutes ces allégations de collusion et de corruption liées au PLQ ne constitue pas à elle seule un argument de poids pour retarder son « purgatoire » avant que cette cage à homards soit ouverte et que vous deviez souffrir l’ « enfer » pendant quatre autres longues années » !

Et, si vous ajoutez à toutes ces malversations qui émergeront après le 7 avril les manipulations voilées d’un Jean-Marc Fournier dont la réputation de politicailleux n’est plus à faire, vous obtenez la recette idéale pour un cocktail explosif qui reconduira le Québec dans une autre campagne électorale dans un avenir rapproché.

Est-ce bien ce que vous souhaitez ?

vigile.net tribune libre 5 avril 2014

L’intégrité d’une équipe compétente

4 avril 2014

À travers tout ce branle-bas médiatique de bas étage entretenu, il faut bien le constater, par une petite presse fédéraliste de bas étage, il m’apparaît qu’un des éléments fondamentaux d’une campagne électorale réside dans l’équipe de députés qui gouverneront le Québec le matin du 8 avril.

Et, à ce chapitre, les « louanges » sont surtout venues de François Legault et de Philippe Couillard, le premier poussant l’ironie jusqu’à comparer son équipe à celle des années ‘70 de René Lévesque, le second, empêtré dans une vieille équipe embourbée dans les années de scandales du gouvernement Charest, ne trouvant rien de mieux à exhiber qu’un trio de médecins vaniteux et carriéristes.

Pourtant, du côté du Parti québécois, là où les louanges ont été les plus discrètes sur les qualités de l’équipe des candidats, il m’apparaît évident que cette cohorte péquiste dépasse de cent coudées les candidats des autres formations politiques, leurs nombreuses réalisations au cours des dix-huit mois d’un gouvernement minoritaire en faisant foi.

Il est maintenant minuit moins une…Pauline Marois se doit de laisser le terrain miné des attaques personnelles et se comporter en véritable chef d’État. Un chef d’État à la tête d’une équipe intègre et déterminée, une équipe qui a su piloter avec succès des dossiers aussi délicats que la loi 1 sur l’intégrité en matière de contrats publics, l’aide médicale à mourir et le débat sur le projet de loi 60 qui rallie plus de 65% des québécois francophones.

Le 7 avril, les Québécois auront à se prononcer sur un gouvernement qui représente leurs aspirations profondes, en particulier l’intégrité. Ils auront le choix entre un parti corrompu dont la crédibilité a perdu toute sa valeur, un parti qui s’apprêterait à laisser le Québec s’enliser dans les méandres du multiculturalisme et du bilinguisme institutionnalisé…ou un parti qui propose une charte des valeurs identitaires des Québécois et une promotion de la langue française par une loi 101 renforcie.

Conséquemment, j’invite Pauline Marois à sortir son atout primordial, à savoir la force de son équipe qui saura représenter adéquatement les véritables intérêts des Québécois. Il est urgent de mettre sur la table les « vraies affaires » !

vigile.net tribune libre 4 avril 2014
quebechebdo 5 avril 2014

Et les journalistes dans tout ça…

4 avril 2014

Tout au cours de cette campagne, on a beaucoup blâmé les chefs de partis d’utiliser le salissage au lieu de nous présenter le contenu de leur programme électoral. Soit!…Toutefois, il faut bien l’admettre, les journalistes n’ont pas contribué à ramener la barque dans « les vraies affaires ».

À titre d’exemple, l’intervention d’un journaliste d’un média régional qui demande à Pauline Marois s’il est permis de poser des questions sur ce qui est l’objet du point de presse, c’est-à-dire le programme du PQ pour les aînés, dont l’assurance autonomie, ce à quoi la chef du PQ acquiesce, sourire en coin.

En bref, il semble bien que les « lanceurs de boue » n’étaient pas seulement dans le camp des politiciens !

quebechebdo 4 avril 2014

Et les instigateurs de peur, M. Couillard?

4 avril 2014

La dernière sortie de Philippe Couillard contre les « lanceurs de boue » qui seront « sanctionnés » par les électeurs québécois lors du scrutin du 7 avril semble évacuer de l’écran radar du chef libéral le spectre de la peur référendaire qu’il a brandi après la déclaration souverainiste de Pierre Karl Péladeau au moment de l’annonce de sa candidature pour le PQ dans Saint-Jérôme.

Alors M. Couillard, vous qui avez consciemment ressorti l’épouvantail du référendum pour faire diversion dans la campagne, ne croyez-vous pas que l’électorat québécois risque de vous « sanctionner » pour une telle stratégie bassement électoraliste?
 

quebechebdo 4 avril 2014

Une emprise sur le régime de 1982

2 avril 2014

La première ministre sortante Pauline Marois a finalement levé le voile sur ses intentions de laisser la porte ouverte sur l’utilisation de la clause nonobstant dans l’hypothèse où le projet de loi 60 recevait une fin de non-recevoir de la part des juges de la Cour suprême.

Une décision d’autant plus justifiée que le Québec n’a jamais signé la constitution canadienne de 1982 qui place en tête de proue la sacrosainte liberté des droits individuels au détriment de toute manifestation politique sociétale axée sur des valeurs identitaires et culturelles.

À cet effet, je vous invite à lire le blogue de Mathieu Bock-Côté en date du 2 avril paru sous le titre « La clause nonobstant : indispensable », dont voici un extrait on ne peut plus clair sur l’importance de la clause nonobstant :

« La clause nonobstant, ici, représente une forme de levier démocratique : elle réhabilite le primat du politique dans un régime fondé sur sa censure et sa neutralisation. S’y référer de manière décomplexée, c’est aussi une manière de refuser l’hégémonie idéologique de ceux qui entendent cadenasser les institutions et condamner les partis politiques à évoluer dans un périmètre de plus en plus étroit. La clause nonobstant donne une emprise, aussi minimale soit-elle, sur le régime de 1982, et témoigne de la part inévitable de la souveraineté populaire dans la construction de n’importe quel ordre politique prétendant se réclamer de la démocratie. »

http://blogues.journaldemontreal.com/bock-cote/politique/la-clause-nonobstant-indispensable/

On dit souvent dans notre merveilleux monde du sport que la meilleure défensive, c’est l’attaque…Eh bien, soyez sur vos gardes, tenants de la constitution de 1982, un gouvernement du Parti québécois n’hésitera pas à brandir la clause nonobstant si vous vous placez au-travers de sa route vers l’affirmation de son identité !

vigile.net tribune libre 2 avril 2014
quebechebdo 3 avril 2014

Voyeurisme ou pertinence?

2 avril 2014

La dernière saga engendrée par Philippe Couillard concernant la divulgation des états financiers des chefs de partis suscitent à mon sens des questions sur la pertinence d’une telle démarche.

En effet, compte tenu de l’existence de codes de conduite et d’un commissaire à l’éthique qui détient déjà les informations pertinentes pour exercer de façon efficace son rôle en matière d’éthique, doit-on, pour des raisons de transparence, substituer la population au commissaire à l’éthique?

Par ailleurs, là où le bât blesse avec acuité réside dans le fait que toutes ces manœuvres fiscales sont permises par des lois votées par des assemblées politiques composées en grande partie de députés issus des milieux d’affaires.

Enfin, qu’en est-il de la protection de la vie privée ? A-t-elle encore sa place sur la scène publique ? Jusqu’où la population ira-t-elle dans les critères de transparence exigés des politiciens ? Toutes des questions qui doivent être élucidées si nous ne voulons pas que le voyeurisme prime sur la pertinence.

quebechebdo 2 avril 2014