Robert Burns (1936-2014) : Le chien de garde

18 mai 2014

En lisant les notes biographiques concernant Robert Burns publiées à la suite de l’annonce de son décès, j’ai été étonné par le nombre imposant de dossiers dans lequel il a été impliqué tout au cours de sa carrière politique.

Or, si l’on fait abstraction de la loi sur le financement des partis politiques dont il a été le parrain, nombreuses ont été les occasions où le député de Maisonneuve de 1970 à 1979 s’est impliqué dans l’ombre de son chef René Lévesque avec qui les prises de bec ont été fréquentes. D’ailleurs, la contribution de Robert Burns aux réformes démocratiques fera partie des choses qu’oubliera René Lévesque dans ses mémoires.

Toutefois, au-delà des combats politiques qu’a eu à livrer Robert Burns, c’est l’avocat de formation spécialisé dans les droits des travailleurs qui aura marqué au plus haut point ses convictions de justice sociale profondément ancrées en lui.

Un chien de garde qui le poussera, seul des membres du caucus, à participer à une manifestation d’appui aux journalistes en grève du journal La Presse, et cela, envers et contre tous, y compris René Lévesque…Robert Burns, un homme de gauche incarnant une droiture inflexible envers les travailleurs.

Enfin, concernant ses relations compliquées avec René Lévesque, Robert Burns, tout en évoquant un rapport « amour-haine » entre eux, déclarait : « J’avais beaucoup d’admiration pour lui, mais j’ai souvent réprouvé ses hésitations sur les questions importantes, comme l’accession à l’indépendance du Québec. Des fois, il était plus tiède et pensait qu’on devrait en parler moins. Moi, j’ai toujours pensé qu’un parti qui défend une idée aussi importante doit en parler constamment. »

Un commentaire plutôt d’actualité, vous ne croyez pas ?

quebechebdo 17 mai 2014
Le journal de Québec 3 juin 2014 "La droiture de Robert Burns" (version abrégée)

Motion de blâme envers le gouvernement Charest

16 mai 2014

Mises à part les tactiques d’intervention parfois douteuses des services de l’ordre contre les manifestants lors du printemps érable, le refus de négocier avec les étudiants de la part de l’ex-gouvernement Charest ressort comme un des blâmes les plus acerbes du rapport de la commission Ménard.

À cet effet, la réponse laconique da la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, à l’effet qu’elle n’a pas l’intention d’accorder une once de crédibilité à ce rapport démontre à mon sens un manque flagrant de responsabilité.

De son côté, Philippe Couillard, quoiqu’il offre davantage d’ouverture aux 28 recommandations des commissaires, s’empresse d’un même trait d’ajouter que « c'est un rapport qui a été fait foncièrement pour des raisons politiques »… un commentaire qui ouvre la voie à des intentions de politique partisane de la part de l’ex-gouvernement Marois.

De toutes les interventions entendues à la suite de la divulgation de ce rapport, je retiens celle de la présidente sortante de la FECQ, Éliane Laberge : «Je ne pense pas que ce rapport-là doit mener à une chasse aux sorcières pour déterminer qui a été le plus méchant ou le plus coupable. Je pense que toutes les parties doivent avoir l’humilité de dire que des erreurs ont été commises et qu’il faut tabler sur ces erreurs-là».

En ce qui me concerne, la mise sur pied de la Commission spéciale d'examen des événements du printemps 2012 constituait un exercice obligé aux lendemains d’un conflit qui a monopolisé une grande partie de la population québécoise.

Souhaitons tout au moins que chacun des intervenants dans ce conflit puisse en tirer les conclusions qui s’imposent pour éviter des affrontements aussi hargneux entre des manifestants et les forces de l’ordre…Et, pour y arriver, le gouvernement doit d’abord et avant jouer son rôle de négociateur.

quebechebdo 16 mai 2014

Où s’en va Bolduc?

15 mai 2014

Décidément le nouveau ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, semble avoir le feu quelque part. On ne compte plus les décisions hâtives qu’il a prises depuis son entrée en fonction. À ce sujet, j’en retiens particulièrement deux qui ont eu l’heur de soulever à juste titre un tollé de contestations, à savoir le report du nouveau cours d’histoire au secondaire et l’implantation de l’anglais intensif en 6e année.

En ce qui a trait à la révision de l’enseignement de l’histoire au secondaire, lequel fait l’objet d’un large consensus auprès des divers intervenants, le ministre allègue que ce nouveau programme a une «teinte nationaliste» alors que, dans les faits, le rapport des intervenants propose une synthèse non dogmatique entre l’histoire et la politique.

Par ailleurs, depuis le début des discussions sur le projet d’implantation de l’anglais intensif en 6e année, il fait face à de nombreux appels à la prudence, particulièrement en ce qui a trait aux difficultés d’apprentissage de milliers d’élèves qui se verront confrontés à une langue seconde au détriment de la qualité de leur langue maternelle.

En termes clairs, il est temps que M. Bolduc penne un temps d’arrêt salutaire et s’assoit avec les différents intervenants liés à ces projets afin d’en arriver à des positions réfléchies dignes de l’importance du ministère qu’il occupe, à savoir l’éducation des Québécois.

quebechebdo 15 mai 2014
Le journal Métro 16 mai 2014

Le ministère des Transports au banc des accusés

14 mai 2014

La comparution flamboyante des trois employés de la MMA à Lac Mégantic et les accusations de négligence criminelle ayant causé la mort contre eux me laissent l’impression d’un show médiatique destiné à jeter un baume sur les plaies encore vives de Méganticois.

Pourtant, dans les faits, le grand absent à cette comparution et premier véritable coupable de cette tragédie est le ministère des Transports fédéral à qui incombe la responsabilité de la sécurité ferroviaire. Une sécurité qu’il a lui-même compromise par l’allègement des règles de sécurité et des contrôles, et sa décision de permettre la présence d’un seul conducteur à bord des convois ferroviaires.

Conséquemment, les représentants du ministère des Transports du Canada doivent être formellement accusés de négligence criminelle ayant causé la mort, à défaut de quoi les employés accusés se révéleront des boucs émissaires regrettables d’un laxisme éhonté de la part du gouvernement fédéral.

quebechebdo 14 mai 2014
vigile.net tribune libre 14 mai 2014 "Transports Canada au banc des accusés" (version modifiée)
Le journal de Québec 15 mai 2014 "Accusez le ministère des Transports"
Le journal Métro 15 mai 2014
Le Devoir 16 mai 2014 "Le ministère au banc des accusés"
cyberpresse.ca 16 mai 2014

À l’impossible…

13 mai 2014

La victoire convaincante de 4 à 0 du Canadien contre les Bruins lors du sixième match de la série éliminatoire de hockey de la LNH a ressuscité tous les espoirs de voir le Tricolore éliminer les Bruins à l’occasion du 7ième match qui se déroulera demain soir à Boston.

Hier soir, les joueurs de Michel Therrien ont prouvé hors de tout doute qu’en jouant du hockey inspiré, ils possédaient tous les talents pour museler l’attaque des Bruins qui s’est butée à un Carey Price implacable.

Pourtant, en prenant une avance de 3 à 2 dans la série, nombreux étaient les commentaires qui prévoyaient l’élimination du Canadien en 6 parties…Eh bien, la troupe de Therrien a démontré qu’avec de la détermination et de l’agressivité, à l’impossible nul n’est tenu!

quebechebdo 13 mai 2014

Haro sur les paradis fiscaux

12 mai 2014

La simple juxtaposition des termes «paradis fiscaux» véhicule, à mon sens, un effet scandaleux auquel les gouvernements et, par ricochet, les contribuables sont confrontés depuis des décennies.

En effet, au même moment où nos dirigeants clament à tout vent qu’ils doivent comprimer les dépenses, donc réduire la qualité des services, pour atteindre le sacrosaint déficit zéro, quelque 170 milliards de dollars auraient échappé au trésor public canadien en 2013 en raison des paradis fiscaux.

Devant un portrait aussi scandaleux, on ne peut qu’applaudir au rapport signé par un collectif d’organisations qui lance un appel aux gouvernants, de tous niveaux confondus, à s’attaquer illico à une telle manœuvre outrancière de la part de mieux nantis.

Toutefois, j’ai bien hâte de savoir comment Philippe Couillard, qui a placé 600 000 $ dans un compte bancaire de l’île de Jersey, considérée comme un paradis fiscal, pendant qu’il travaillait comme neurochirurgien en Arabie saoudite dans les années 90, réagira au contenu de ce rapport!

quebechebdo 12 mai 2014
vigile.net tribune libre 12 mai 2014
Le journal de Québec 13 mai 2014 "Fouiller dans les paradis fiscaux"
Le Soleil 15 mai 2014

Maintenant que maman est partie

11 mai 2014

Comme il arrive souvent dans la vie, c’est le départ d’un être cher qui nous permet de l’apprécier à sa juste valeur. Aussi, ai-je cru opportun de vous présenter ce petit poème que j’ai écrit à la suite du décès de ma mère, dans l’espoir que vous saurez profiter de sa présence particulièrement en cette journée de la fête des mères.

Maintenant que maman est partie
Loin d’ici
Saute tout en bond
Le doux souvenir
De son sourire
En toile de fond

Maintenant que maman n’es plus là
Près de moi
Tourne tout en rond
La tendre image
De son visage
En toile de fond

Maintenant que maman est partie
Loin d’ici
Maintenant que maman n’es plus là
Près de moi
Je sais qu’une maman
Renferme un trésor
Toujours et encore

quebechebdo 11 mai 2014

Quand Lisée s’enlise…

10 mai 2014

La dernière sortie de Jean-François Lisée contre Bernard Drainville au sujet de l’approche « ambigüe » de son collègue député dans le dossier des avis juridiques sur la charte de la laïcité démontre une attitude que je qualifierais d’inconvenante et de disgracieuse.

En effet, en alléguant que l’ex-ministre responsable du projet de loi 60 aurait dû dévoiler la nature des avis juridiques qu’il avait en main, le député de Rosemont table sur un argument hypothétique que le présent ne peut pallier puisque les faits reprochés font maintenant partie du passé.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Jean-François Lisée a perdu une belle occasion de laver son linge sale en famille au lieu de s’enliser dans la boue d’une dénonciation publique extrêmement inappropriée, particulièrement dans une période où le Parti québécois peine à se remettre de sa déconfiture du 7 avril.

quebechebdo 10 mai 2014
Le Journal de Québec 11 mai 2014
vigile.net tribune libre 11 mai 2014 (version modifiée)

Je me souviens de ma mère

9 mai 2014

Je suis de cette génération qui a vécu le privilège d’avoir une mère à la maison, attentive aux moindres besoins de ses enfants qui constituaient le centre de son univers. En contrepartie, nous en sommes vite venus à adopter un comportement d’enfants-rois à qui tout nous était dû, y compris les zones de confort de notre mère.

Aujourd’hui, les temps et les coutumes ont changé, et c’est tant mieux, autant pour les enfants que pour les mères qui ont su avec le temps prendre leur place dans la société québécoise, pour leur plus grand bien.

Toutefois, il faut bien l’admettre, une mère demeurera toujours une mère avec toutes les responsabilités inhérentes à sa fonction, à commencer par sa présence réconfortante et chaleureuse. À l’occasion du décès de ma mère, je lui adressais ce message posthume :

«Maman, si vous aviez décidé d’entourer vos enfants et de les aider à s’épanouir en tant que personnes différentes tout en se respectant entre eux, je peux vous affirmer que vous avez accompli votre mission hors de tout doute.

Enfin, je conserve de vous votre sourire communicatif, votre amour sincère et inconditionnel et votre capacité à avoir su développer un profond respect entre nous, vos enfants et vos petits-enfants.

En leurs noms, je vous remercie du fond du coeur pour tout ce que vous avez fait pour nous tous et nous toutes, et surtout pour ce que vous avez été…et nous vous disons : «Reposez-vous bien maintenant, vous le méritez amplement!»

Tel est l’héritage des mères, un héritage dont nous devons nous souvenir…Bonne fête à toutes les mères!

quebechebdo 9 mai 2013

Où était la sécurité?

8 mai 2014

Je me souviens encore du regard hystérique du caporal Denis Lortie trônant sur le siège du président du Salon bleu, armé jusqu’aux dents et hurlant des mots à peine compréhensibles en ce matin du 8 mai 1984.

Quelques minutes auparavant, le tueur fou était entré à l’Assemblée nationale comme dans une passoire, en faisant feu dans toutes les directions, tuant trois innocents et en blessant treize autres…Je me souviens aussi m’être demandé comment Denis Lortie avait pu pénétrer au Parlement avec autant de facilité, muni d’un tel arsenal. Où était la sécurité ?

Afin de porter à la mémoire collective le trentième anniversaire de cette morbide tuerie, l’Assemblée nationale apposera bientôt une plaque commémorative sur l’un des murs de l’hôtel du Parlement. Une heureuse initiative qui nous rappellera les noms de Camille Lepage, de Georges Boyer et de Roger Lefrançois, tous les trois abattus sauvagement par l’auteur de ce qui est passé à l’histoire comme étant la «fusillade de l’Assemblée nationale».

quebechebdo 8 mai 2014
Le Journal de Québec 12 mai 2014