Le message en toute simplicité

25 mai 2014

Le succès retentissant que remporte Xavier Dolan à Cannes avec son film Mommy révèle à mon sens une des qualités essentielles du jeune prodige cinématographique québécois, à savoir l’art de porter à l’écran la qualité du message dans sa plus grande simplicité.

En effet, autant le cinéphile averti que l’amateur occasionnel sont assurés de ressortir nourris des scénarios de Dolan et du jeu exceptionnel des actrices et acteurs qui campent des personnages authentiques et imbus d’une crédibilité sans faille.

Et c’est tant mieux pour le cinéma qui souffre souvent de l’étalage de décors à grands déploiements au détriment de la qualité du texte. En ce sens, on doit donner raison à Xavier Dolan lorsqu’il évoque que sa plus grande préoccupation lorsqu’il aborde la création d’un film, c’est qu’il plaise aux spectateurs.

En recevant le Prix du jury pour son cinquième long métrage, un prix prestigieux remporté ex-aequo avec Jean-Luc Godard, 83 ans, pour Adieu au langage, Xavier Dolan, 25 ans, vient ériger le pont des générations à l’enseigne du cinéma de vérité. À cet effet, je laisse la parole au jeune prodige Québécois :

« Je reconnais le gouffre de temps qui nous sépare. Nos recherches respectives de liberté au cinéma se sont faites à des époques différentes. En son temps, il a tenté de réinventer le cinéma. J’aime avoir l’impression que le cinéma prend un virage et que j’y participe. Le cinéma s’exprime à travers toutes les générations. Je viens du Québec. Toute mon enfance j’ai entendu : “Redescends sur terre ! Pour qui tu te prends ?” Je venais d’un endroit plutôt grand où les gens rêvaient petit. Les gens de ma génération ont une plus grande propension à rêver. »

Mission accomplie, M. Dolan, vous méritez amplement les lettres de noblesse dont vous bénéficiez actuellement sur le tapis rouge !

vigile.net tribune libre 25 mai 2014
quebechebdo 24 mai 2014 (version abrégée)

Eugénie rebondit

25 mai 2014

Battue en demi-finale des Internationaux d’Australie récemment, la Québécoise Eugénie Bouchard a rebondi de façon exceptionnelle en remportant la finale de la Coupe de Nuremberg contre la Tchèque Karolina Pliskova 6-2, 4-6 et 6-3, un premier titre en carrière sur le circuit de la WTA.

Nul doute que cette victoire de la Québécoise lui donnera la confiance nécessaire pour affronter les meilleures joueuses de tennis au monde pour la prochaine étape à Roland-Garros.

Eugénie Bouchard, 20 ans seulement, une fierté qui rejaillit sur l’ensemble de l’organisation du tennis québécois et qui insuffle un vent de détermination auprès des milliers de jeunes Québécois qui persévèrent dans la pratique de ce sport.

quebechebdo 25 mai 2014

Tableaux interactifs cherchent utilisateurs

23 mai 2014

En 2011, le gouvernement Charest procédait à l’achat de 40 000 tableaux blancs électroniques (TBI) estimés à 2800$ l’unité. Or, selon une étude confidentielle menée par la firme Raymond Chabot Grant Thornton, datée de novembre 2013, des lacunes importantes dans la planification du programme ressurgissent de plus en plus.

Et, parmi celles-ci, les coûts élevés reliés à la formation adéquate des enseignants qui sont soumis à l’utilisation des TBI. Conséquence… Dans plusieurs écoles, les tableaux sont restés dans une boîte, faute de personnel pour former les enseignants au fonctionnement des tableaux interactifs.

Quant aux principaux intéressés, à savoir les enseignants, ils déplorent à juste titre que ce projet est «sorti de nulle part», personne n’ayant réclamé ces tableaux dans le réseau de l’éducation. Si vous ajoutez à cette aberration l’engagement de personnel de soutien au moment où le gouvernement se prépare à imposer des compressions budgétaires, vous obtenez la recette idéale d’un manque de planification scandaleux de la part de nos politiciens.

Une patate chaude, héritée de son ancien patron Jean Charest, entre les mains du ministre Bolduc qui s’apprête à réclamer des efforts dans la réduction des dépenses des commissions scolaires…

quebechebdo 23 mai 2014
vigile.net tribune libre 23 mai 2014

Le dilemme gauche-droite

22 mai 2014

L’arrivée de l’homme d’affaires Pierre-Karl Péladeau sur la scène politique québécoise alliée à la cuisante défaite du PQ lors du scrutin du 7 avril suscite un débat qui remet en question l’option sociale-démocrate au profit d’un certain virage à droite axé sur le milieu des affaires.

À titre d’exemple, j’apporte à votre attention cet extrait de l’article de François St-Louis paru sur la tribune libre de Vigile en date du 21 mai sous le titre « Le PQ et le Bloc font la cour à la gauche » :

« Enfin, troisièmement, le Parti Québécois a cette fâcheuse habitude de vouloir toujours faire la cour à la gauche québécoise, tout en négligeant le reste de l’électorat, qui se situe majoritairement plus au centre et à droite, comme l’attestent les résultats du scrutin du 7 avril. Les Jean-François Lisée, Réjean Hébert et autres, viennent nous dire que le Parti québécois est, et sera toujours un parti social- démocrate. Décidément, ou bien ces gens n’ont rien, mais vraiment rien compris, ou bien ils ont comme objectif commun d’empêcher l’accession de Pierre- Karl Péladeau à la chefferie du PQ. »

Bien que conscient que le PQ doive courtiser davantage le centre et la droite de l’électorat québécois, particulièrement depuis que PKP a rallié ses rangs, il n’en demeure pas moins que sa base sociale-démocrate incarne encore la pierre d’assise de sa création.

Quoique sensible aux arguments des promoteurs de la droite, je lance un appel à la prudence aux partisans de la candidature de PKP à la chefferie du PQ. Une radicalisation du discours de droite pourrait facilement bifurquer de la gauche traditionnelle dédiée au PQ depuis le début de son existence, un écueil qui risque de faire fuir une masse importante de partisans de la sociale-démocratie.

En termes clairs, à force de vouloir sauver la chèvre et le chou, le PQ risque de se retrouver dans un état de flottement idéologique néfaste s’il ne réussit pas à conserver sa base tout en courtisant une clientèle à laquelle il n’est pas habitué.

vigile.net tribune libre 22 mai 2014
quebechebdo 23 mai 2014 (version abrégée)

Se plaindre le ventre plein

22 mai 2014

Selon les statistiques que j’ai pu obtenir sur Internet, le salaire moyen d’un médecin spécialiste en 2010-2011 atteignait plus de 400 000$ annuellement, fruit d’une entente signée avec le gouvernement en 2006.

Aujourd’hui, le nouveau ministre de la Santé Gaétan Barrette et ex-président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec leur propose d’étaler la hausse de leur rémunération jusqu’en 2028-2029, modulant de la sorte l’entente de 2006.

Toujours selon cette entente, les médecins devraient recevoir 540 millions en augmentation en 2014-2015, un montant qui accaparerait plus de la moitié des hausses de budget prévues au ministère de la Santé et des Services sociaux, une situation qui occasionnerait une réduction de services selon l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux.

Face à un tel portrait, la levée de boucliers des médecins spécialistes relativement à l’étalement proposé par Gaétan Barrette ne soulève aucune sympathie de ma part, compte tenu de leurs conditions salariales «plus que raisonnables»!

quebechebdo 22 mai 2014

Rapport Ménard: un pétard mouillé?

21 mai 2014

Je déplore vertement la façon cavalière avec laquelle le gouvernement Couillard, en particulier la ministre de la Sécurité publique Lise Thériault, ont accueilli le rapport Ménard. Une réaction déplorable qui démontre sans équivoque une mauvaise foi inacceptable pour quiconque prend à cœur la sécurité publique.

En effet, ce rapport, quoiqu’il puisse souffrir de quelques lacunes, présente, à mon sens, une panoplie de recommandations honnêtes que les divers intervenants autant politiques, policiers qu’étudiants auraient avantage tout au moins à consulter pour éviter les écarts de conduite auxquels les Québécois ont eu à faire face au cours des événements malheureux ayant marqué le printemps érable.

Au premier chef, je ne peux que condamner la façon méprisable avec laquelle le gouvernement Charest a agi tout au cours des péripéties ayant entouré l’évolution d’une situation tendue qu’il a lui-même provoquée par son refus systématique d’entamer des discussions sérieuses avec le dirigeants des mouvements étudiants…Une démarche tout simplement scandaleuse à l’image de la petite politique à laquelle nous a habitués le gouvernement Charest tout au cours de ses neuf années de pouvoir.

En conséquence, par-delà la frustration légitime de Serge Ménard devant l’accueil méprisable de Lise Thériault face au rapport de la commission qu’il présidait, je suis d’avis que les intervenants auraient avantage à lire à fond les recommandations qui s’y trouvent…à défaut de quoi la petite partisannerie viendra saper à la base les intentions louables des commissaires.

quebechebdo 21 mai 2014

Bureau-Blouin sort de sa tanière

20 mai 2014

Réputé pour un ex-leader étudiant et un ex-politicien plutôt réservé, Léo Bureau-Blouin, à la suite de la déconfiture du PQ du 7 avril, s’est livré à un exercice de défoulement dans son analyse des faits qui ont conduit à cette défaite qui a fait aussi mal qu’un «coup de batte de baseball».

Toutefois, au-delà du post-mortem de cette défaite péquiste, l’ex-député de 22 ans de Laval-des-Rapides s’en prend énergiquement à la ligne de parti, alléguant qu’il «faut passer dans un monde politique où on tolère la dissidence, même l’encourager, c’est ça, la démocratie…Une dissidence, ça veut dire la mort en politique, et si on veut que nos politiciens adoptent des comportements différents, va falloir changer cette façon de faire».

Un argumentaire musclé de la part d’un jeune modéré qui écorche au passage un des irritants les plus polluants de la vie politique, à savoir la sacrosainte ligne de parti qui vient contrecarrer toute forme de désaccord pourtant indispensable à l’expression démocratique dans un sain et véritable débat public.

Et, si l’on désire attirer l’intérêt de la jeune génération aux débats de société, on devra lui donner le droit de parole… Après tout, ne dit-on pas que c’est dans le choc des idées que jaillit la lumière?

quebechebdo 20 mai 2014
vigile.net tribune libre 20 mai 2014
cyberpresse.ca 23 mai 2014

L’Église sous la loupe des retombées économiques

19 mai 2014

En parcourant l’article d’un quotidien traitant de l’impact économique lié aux canonisations de saint François de Laval et de sainte Marie de l'Incarnation, je n’ai pu m’empêcher de ressentir un certain malaise, d’autant plus que l’article rattachait ces événements au début de la saison touristique à Québec.

Dans le contexte où l’on entend souvent, à juste titre, des critiques relativement aux richesses d’une Église qui prêche l’humilité, il m’apparaît pour le moins contradictoire que l’on associe des événements liés à ces canonisations aux retombées économiques qu’elles suscitent.

Je ne suis pas sûr que les deux nouveaux canonisés seraient fiers d’être exhibés en attraits touristiques s’ils réapparaissaient, ne serait-ce qu’une journée, sur les lieux où ils ont marqué la société québécoise par leur engagement chrétien…

quebechebdo 19 mai 2014

Un devoir de mémoire…et de vigilance

19 mai 2014

D’entrée de jeu, voici le texte publié sur la page d’accueil du site du Mouvement national des Québécoises et Québécois à l’occasion de la journée nationale des patriotes du 19 mai 2014 :

« Cette année, le MNQ a retenu le thème « À la grandeur du Québec » pour rappeler que les assemblées et les évènements entourant les rébellions de 1837-1838 ont eu lieu dans plusieurs régions du Québec. Contrairement aux batailles de l’automne 1837, puis de 1838, qui se sont déroulées pour l’essentiel dans la région de Montréal ou à proximité de la frontière américaine, les grandes manifestations du mouvement patriote se sont étendues à la grandeur du Bas-Canada.

Dès 1827, les patriotes font circuler une vaste pétition qui recueille 87 000 signatures afin de dénoncer le gouvernement colonial et revendiquer l’instauration d’un régime démocratique. Aux élections d’octobre 1834, les dernières avant les rébellions, le Parti patriote, dirigé par Louis-Joseph Papineau, remporte 77 sièges sur 88. Seuls lui échappent alors quelques comtés en Gaspésie et en Estrie. Partout ailleurs les idées patriotes triomphent à Québec, à Montréal et tout le long du fleuve St-Laurent.
 
À l’été de 1837, devant le refus du gouvernement anglais d’obtempérer à leurs demandes formulées dans les 92 Résolutions, les Patriotes tiennent des centaines d’assemblées publiques dans pratiquement toutes les paroisses du pays, de l’Outaouais à Charlevoix, de la Beauce à Vaudreuil. Ces assemblées, toutes pacifiques, traduisent d’une grande soif de liberté et de justice et constituent un témoignage unique de l’attachement de notre peuple à sa culture et à ses institutions. Ces assemblées populaires sont d’ailleurs l’événement d’où origine le choix de la date désignée pour la Journée nationale des patriotes, soit le troisième lundi du mois de mai.
 
Le mouvement patriote est loin de s’être limité à Saint-Eustache ou aux berges du Richelieu. Pratiquement chaque région du Québec peut s’enorgueillir d’avoir produit de grands patriotes, d’avoir été le théâtre d’événements et, encore aujourd’hui, d’abriter des lieux de mémoires, maisons, monuments ou simples toponymes qui partout témoignent encore de l’inextinguible idéal des Patriotes.

Le combat patriote ne fut pas vain, et depuis plus de 175 ans, leur lutte pour la démocratie, l’équité sociale et la nation québécoise a continué à inspirer des générations de femmes et d’hommes engagés dans la défense des mêmes principes. Très tôt après la rébellion, de jeunes intellectuels du Parti Rouge prennent le relai et prônent l’instauration d’une république du Québec. Après la pendaison du métis Louis Riel en 1885, et jusqu’à la Première guerre mondiale, c’est par milliers que les Québécois se soulèvent contre le racisme et la discrimination dont sont victimes les francophones, en particulier hors du Québec. Durant la Crise et la Seconde guerre, ils dénoncent la conscription et l’infériorité économique des Canadiens français. La Révolution tranquille correspond ensuite à un vaste élan patriotique, marqué par la création d’un État québécois et la défense de la culture francophone. Aujourd’hui encore, on retrouve partout des patriotes engagés dans les mêmes combats et animés du même courage que celui des Patriotes de 1837-1838.
 
Depuis 1837, ces patriotes ont non seulement assuré un devoir de mémoire, mais aussi un devoir de vigilance, en vue de préserver notre culture, nos droits et nos institutions. Méditant les leçons du rapport Durham, chaque génération depuis 1837 s’est ainsi donné les moyens de maintenir haut le flambeau de la lutte nationale et faire en sorte que le Québec ne sombre pas tout entier dans l’orbite de l’Amérique anglo-saxonne. »

À ceux et celles qui auraient le goût de baisser les bras à la suite de la cuisante défaite du PQ le 7 avril 2014, ce rappel historique ne peut que raviver leur flamme patriotique, héritage légué par de nombreuses générations et auquel nous devons, par solidarité envers elles, nous sentir redevables…C’est un devoir de mémoire et de vigilance !

quebechebdo 18 mai 2014

Trop rapides sur la gâchette des élèves en difficulté?

19 mai 2014

« Est-ce qu’on est devenu moins tolérants aux difficultés régulières, et, dès qu’un élève a une difficulté, on s’énerve et on l’envoie chez le docteur? » Telle est la question que se pose à juste titre une experte en éducation à propos de la croissance du nombre de cas d’élèves « handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage » (EHDAA) dans nos écoles publiques.

À cet effet, à constater le pourcentage d’élèves identifiés EHDAA, à savoir près de 21% de nos élèves assis sur les bancs d’école, nous sommes en droit de nous demander, sans pour autant banaliser ce constat, si les intervenants de notre réseau scolaire ne sont pas un peu trop rapides sur la gâchette des EHDAA…

En effet, avant de marginaliser une telle légion de nos jeunes Québécois dans des castes d’ « enfants à problèmes », peut-être serait-il opportun de jeter un coup d’œil sur la situation familiale tendue dans laquelle baignent plusieurs de ces jeunes, et tenter de désamorcer le conflit auquel sont confrontés ces jeunes entre l’école et la famille.
Une démarche qui pourrait, à mon sens, dédramatiser le comportement « marginal » de plusieurs de ces jeunes qui ont peut-être simplement besoin d’un peu de reconnaissance et d’attention pour amorcer un virage axé sur leur estime de soi.

quebechebdo 18 mai 2014
vigile.net tribune libre 19 mai 2014 "Trop rapides sur la gâchette des EHDAA?" (version modifiée)