Dans la tourmente des avis juridiques

7 mai 2014

Dans une lettre publiée dans La Presse du 6 mai, Gérard Bouchard, concernant le projet de loi 60, allègue que «tous ceux qui ont conduit sur la voie de l'intolérance, de l'hypocrisie et de l'amateurisme doivent s'en aller».

Dans les faits, le reproche adressé à Bernard Drainville au sujet de la charte de la laïcité est de ne pas s’être appuyé sur des avis juridiques du ministère de la Justice pour s’assurer de la constitutionnalité de sa démarche. À sa défense, M. Drainville soutient qu’il a requis du ministère des avis ou opinions sur des points de droit comme l’égalité hommes-femmes et un avis externe au constitutionnaliste réputé Henri Brun.

À mon sens, il y a toute une marge entre réclamer la démission de Bernard Drainville tel qu’exigé cavalièrement par Gérard Bouchard et le fait que l’ex-ministre aurait peut-être dû pousser plus à fond son investigation juridique à propos de la charte de la laïcité.

Ceci étant dit, j’ose espérer qu’un tel projet de société qui rallie une vaste majorité des Québécois ne subira pas un enterrement de première classe dans la tourmente des avis juridiques mais qu’il verra plutôt une fin souhaitable pour la défense de l’identité québécoise.

quebechebdo 7 mai 2014
vigile.net tribune libre 7 mai 2014

Pour une Société québécoise d’information indépendante

6 mai 2014

Les compressions budgétaires annoncées à la Société Radio Canada suscitent un tollé de contestations de la part d’une frange importante de l’équipe journalistique de la Société d’État. Or, dans les faits, ces coupures sont elles-mêmes tributaires des compressions budgétaires imposées par le gouvernement fédéral.

Encore une fois, les Québécois se retrouvent pris en otages par le gouvernement canadien qui sabre outrageusement dans la qualité de l’information à laquelle ils ont droit. Devant un tel état de dépendance abusive vis-à-vis Ottawa, je me demande ce que nos politiciens attendent pour mettre sur pied une Société d’information québécoise indépendante qui reconnaîtra de facto le caractère distinct du Québec…

quebechebdo 6 mai 2014
Le Journal de Québec 7 mai 2014 "Une Société d'information québécoise"

La dame d’honneur

5 mai 2014

Nul doute que la participation inattendue de Pauline Marois à la rencontre des présidents de circonscription et de régions du PQ aura contribué grandement à désamorcer ce qui s’annonçait une séance de lynchage contre les premiers responsables de la dégelée du parti lors de la dernière campagne électorale.

En montant au front et en répondant à toutes les questions des participants, la chef démissionnaire du PQ a fait preuve de courage et d’un sens des responsabilités remarquable dans les circonstances difficiles qu’elle a dû assumer suite aux résultats du 7 avril.

Parmi les éléments évoqués par les participants pour expliquer cette cuisante défaite ressort le fait que les candidats du PQ, y compris la chef, n’ont pas réussi à faire valoir le bilan et la qualité de l’équipe péquiste au cours de leur dix-huit mois de gouvernement, pris au piège par l’épouvantail référendaire de Philippe Couillard brandi à la suite de la sortie de Pierre Karl Péladeau qui rallie par ailleurs la faveur de la plupart des participants.

Toutefois, à ce sujet, il convient de noter l’intervention de plusieurs participants, tel le président du SPQ Libre Marc Laviolette, à l’effet que l’option souverainiste du PQ se doit de reprendre sa place sur la ligne de front de sa stratégie ultérieure, un argument qui m’apparaît prioritaire et que Jacques Parizeau défend à juste titre dans sa dernière sortie.

Autre argument ressorti par les représentants, la difficulté de mobiliser les jeunes dans le giron du PQ, un constat déplorable auquel devront s’attaquer les hauts dirigeants du parti dans les mois à venir. À ce sujet, je retiens l’intervention de l’ancien ministre de la santé Réjean Hébert lorsqu’il déclare qu’ « au cours des dernières années, des dernières décennies même, on a été plus des “référendistes” que des souverainistes. On a proposé le référendum alors qu’on n’a jamais mis à jour l’option de la souveraineté depuis 1995. Il y a toute une génération de jeunes qui n’ont pas entendu parler des avantages de la souveraineté».

Somme toute, une rencontre qui s’est déroulée dans le calme malgré les appréhensions de règlements de comptes anticipés, et cela, grâce à la présence de Pauline Marois à qui je rends hommage d’avoir agi en véritable dame d’honneur dans un climat tendu qui aurait pu dégénérer en combat de coq stérile sur un terrain miné…

quebechebdo 5 mai 2014
vigile.net tribune libre 5 mai 2014

Une offre que les Québécois ne pourront pas refuser

4 mai 2014

Depuis la déconfiture du Parti québécois à la suite des résultats du 7 avril, très nombreux ont été les commentaires tentant d’expliquer les raisons qui ont conduit à un tel fiasco. Mon intention n’est pas ici de revenir sur chacune des analyses mais plutôt de m’attarder à une de celles qui m’apparaît la plus importante.

À cet effet, la dernière sortie de Jacques Parizeau fait ressortir avec force arguments l’urgence, pour le PQ, d’arborer en étendard l’option indépendantiste, une stratégie qui a fatalement fait défaut lors de la dernière campagne électorale.

À mon sens, il est là le bobo…En effet, comment voulez-vous que les Québécois adhèrent à l’option souverainiste quand le parti qui est censé la promouvoir essaie tant bien que mal de la camoufler telle une maladie honteuse?

Ce n’est sûrement pas avec des « quand les Québécois seront prêts… » que l’ardeur des souverainistes tièdes ou des fédéralistes mous prendra de la vigueur! Soyons sérieux et parlons des vraies affaires…

Et les vraies affaires se situent au niveau des arguments à évoquer pour convaincre les Québécois qu’il y a plus d’avantages à se séparer du Canada qu’à y demeurer. En effet, tant et aussi longtemps que les citoyens se sentiront bien servis dans le pays qu’ils habitent, jamais, au grand jamais, ils n’adhéreront à un autre statut politique. C’est aussi clair que deux et deux font quatre.

Et l’argument massue, ce n’est pas le sentiment d’appartenance à une nation autonome, c’est l’argument économique, c’est l’attrait de la richesse que le contribuable mettra dans ses poches advenant l’accession du Québec à son indépendance.

Je ne suis pas économiste mais je sais, pour en avoir parlé avec plusieurs personnes de mon entourage, que le poids de l’économie représente un immense pesant d’or. En conséquence, durant les mois et les années qui viennent, les stratèges indépendantistes se doivent de s’entourer de défenseurs férus en matière d’économie et marteler sans répit les avantages de se séparer de ce Canada si hostile à notre émancipation.

Alors, et alors seulement, quand une offre que les Québécois ne sauront refuser leur sera faite, ils commenceront à pencher vers l’option indépendantiste et fort probablement à y adhérer.

quebechebdo 4 mai 2014
vigile.net tribune libre 5 mai 2014 "L'indépendance en étendard"
 

 

Une histoire…presque vraie

4 mai 2014

C'est bien connu…Dès son arrivée au pouvoir, un nouveau gouvernement découvre "avec stupéfaction" un trou béant dans les finances publiques. À cet effet, je vous propose cette histoire…presque vraie :

«Il était une fois un politicien québécois qui se retrouve devant saint Pierre.

- Le règlement stipule que vous devez passer un jour en Enfer et un jour au Paradis, explique le saint. Après, vous choisirez où vous passerez l'éternité.

Saint Pierre escorte le politicien jusqu'à un ascenseur qui conduit en enfer. Arrivé en bas, les portes s'ouvrent sur un jardin paradisiaque.

Le politicien n'en revient pas. Tous ses amis sont là. L'ambiance est formidable. Ils jouent au golf, avant d'être invité à un somptueux banquet.

Le diable circule parmi les convives, avec un bon mot pour chacun. On chante et on danse jusqu'à l'aube.

Le lendemain, le politicien visite le Paradis.

Pendant 24 heures, il côtoie des angelots qui bondissent d'un nuage à l'autre, en jouant de la harpe et en fredonnant des chansons scoutes. Puis en fin de la journée, il revient devant saint Pierre.

- Je n'aurais jamais cru, mais je préfère passer l'éternité en Enfer, explique le politicien, d'une voix timide.

Un peu dépité, saint Pierre l'escorte jusqu'à l'ascenseur, qui redescend aux enfers.

Lorsque les portes s'ouvrent, le jardin a disparu. À la place, le politicien se retrouve au milieu d'un dépotoir. Il aperçoit ses amis, vêtus de guenilles, qui fouillent dans les déchets.

Apercevant le diable, le politicien proteste.

- Je ne comprends pas. Hier, il y avait un jardin enchanteur, ici. Que s'est-il passé?

- Tu devrais pourtant savoir, répond le diable. Hier, nous faisions campagne. Aujourd'hui, tu as voté.»

quebechebdo 4 mai 2014

Priorité à la langue seconde

3 mai 2014

Comme il fallait s'y attendre, le nouveau ministre de l'Éducation Yves Bolduc sursoit à la décision du gouvernement péquiste antérieur d'instaurer un cours d'histoire nationale obligatouire au Cégep, profitant de la sorte du vent de contestation suscité par cette décision de la part de certains intervenants.

D’un autre côté, le ministre Bolduc se montre favorable à favoriser au maximum l’implantation de l’anglais intensif en 6ième année pour le plus d’élèves possibles tout en se gardant de le rendre obligatoire compte tenu des problèmes pédagogiques que ce cours risque de soulever auprès des élèves en difficultés d’apprentissage.

Indépendamment des motifs évoqués par le ministre, ces deux décisions laissent percevoir une idée de la couleur qu’il désire imprégner au sein du MEQ, à savoir la priorité à la langue seconde au détriment de la connaissance de l’histoire nationale.

quebechebdo 3 mai 2014

Condamné à mort à petit feu

2 mai 2014

La cruelle agonie à laquelle a été soumis Clayton D. Locket au moment de subir sa sentence de condamnation à mort dans cette prison de l’Oklahoma suscite sans contredit une sérieuse remise en question des substances utilisées par les autorités responsables pour procéder à l’exécution de ces condamnés.

En effet, peu importe les raisons criminelles qui ont conduit au verdict prononcé contre Locket, aucune justification acceptable ne peut tenir la route concernant la mise à mort aussi cruelle d’un être humain. Particulièrement lorsqu’il était connu que les composés de l’injection létale administrée au condamné étaient contestés.

De ce fait, tant et aussi longtemps que certains états américains maintiendront la peine de mort comme sentence et que les responsables de son application continueront à détenir l’autorité suprême incontestable et incontestée en cette matière, nous serons confrontés à ces attitudes dignes de la plus ignoble barbarie…En attendant, God bless America!
 

quebechebdo 2 mai 2014

Le sauveur

1 mai 2014

Malgré les efforts soutenus des tenants du report de la désignation d’un chef à la tête du PQ au profit d’une remise en question de la stratégie péquiste suite à la dégelée du 7 avril, l’ombre de l’élection d’un nouveau chef ne cesse de planer dans les officines du parti.

Et, parmi les candidats pressentis, il semble que deux d’entre deux retiennent davantage l’opinion publique, à savoir Gilles Duceppe et Pierre Karl Péladeau, deux hommes diamétralement opposés, le premier issu du monde politique, le second, du monde des affaires.

Toutefois, au-delà de cette différence fondamentale, leur personnalité tranche sur plusieurs aspects, particulièrement sur le plan du tempérament, Gilles Duceppe, davantage rationnel et pondéré dans ses intentions, Pierre Karl Péladeau, plutôt émotif et impatient d’en arriver à ses fins.

Par ailleurs, les deux incarnent à leur façon un apport de «sang nouveau» que plusieurs militants souhaitent voir émerger à la direction du PQ… Un argument auquel nous ont habitués les hautes instances du parti depuis sa création.

Nul doute que les discussions des participants des prochains congrès convoqués pour procéder au post-mortem de la cuisante défaite du 7 avril ne pourront passer outre l’étalage de noms de candidats susceptibles de prendre la relève.

Reste à souhaiter que le sauveur pressenti saura rallier les forces indépendantistes québécoises par son charisme et ses convictions à conduire le Québec sur la voie de son autonomie pleine et entière… car c’est bien là la raison d’être du Parti québécois.

quebechebdo 1er mai 2014
vigile.net tribune libre 2 mai 2014 "Oui à un chef charismatique de conviction" (version modifiée)

Vive le bon vieux crayon

1 mai 2014

Qu’on le veuille ou non, l’ordinateur est en train de s’implanter à l’école tel un incontournable, y compris dans la prise de notes de cours par les étudiants. Toutefois, une étude pilotée par deux psychologues américains auprès d’étudiants universitaires révèle des résultats qui ébranlent la sacrosainte toute-puissance de l’ordinateur.

En effet, deux groupes d'élèves inscrits à des cours magistraux de 30 minutes ont été soumis à deux méthodes de prises de notes visant à déterminer lequel des deux groupes manifestait la meilleure rétention. Un groupe avait le droit d'utiliser son ordinateur, l'autre disposait uniquement d'un bloc de papier et d'un crayon.

Eh bien, croyez-le ou non, l'écriture manuscrite non seulement facilite davantage la rétention à court terme de l'information que le clavier, mais elle favorise de plus un meilleur stockage de cette information dans le cerveau en vue d’un usage ultérieur.

Une preuve que le cerveau humain a ses raisons que le disque dur ne connaît pas!

quebechebdo 29 avril 2014
Le journal de Québec 1er mai 2014

Le syndrome de la dépossession progressive

30 avril 2014

Même si, aux dires de Philippe Couillard, la privatisation partielle d’Hydro-Québec et de la Société des alcools n’est pas «dans les cartons» du gouvernement pour la prochaine année financière, le simple fait d’en évoquer l’hypothèse constitue à mon sens une brèche dangereuse dans l’ingérence du secteur privé.

Pourtant, sans être expert en fiscalité, il me semble que, bon an mal an, ces deux sociétés d’État présentent annuellement des budgets excédentaires. Alors, au lieu de céder 10 % de leur capital au privé comme le proposent Luc Godbout et Claude Montmarquette et verser cette somme au Fonds des générations pour réduire la dette, pourquoi le gouvernement ne puiserait-il pas dans les surplus de ces sociétés d’État des sommes imputées à la réduction de la dette… et cela, tout en demeurant propriétaire à part entière?

En agissant de la sorte, le gouvernement Couillard éviterait de susciter le syndrome pervers de la dépossession progressive de deux joyaux de la société québécoise, un phénomène pernicieux qui risque d’entrainer dans son sillon la cession partielle de d’autres sociétés d’État au profit des intérêts privés.

quebechebdo 30 avril 2014
Le Journal de Québec 2 mai 2014 "La dépossession progressive"