La métamorphose de François Legault

31 octobre 2014

«Dans l'état actuel des choses, les gouvernements provinciaux au Québec sont presque réduits à l'impuissance. La situation ne s'améliorera pas dans un avenir prévisible. Les chiffres sont implacables. Les gouvernements de la province de Québec, quelle que soit leur couleur politique, vont continuer à marcher sur la corde raide».

Extrait de la préface du document « Finances d’un Québec souverain » [ou Budget de l’an 1] publié en mai 2005 par François Legault

Sa conclusion: en éliminant les chevauchements et en rapatriant tous les impôts et taxes versés à Ottawa, le Québec souverain pourrait engranger des surplus de l'ordre de 17 milliards $ en cinq ans, dégageant du coup «une importante marge de manoeuvre budgétaire».

Aujourd'hui à la tête de la Coalition pour l'avenir du Québec, M. Legault croit pouvoir respecter ses engagements, tout en dirigeant une province. Il ne parle plus de souveraineté et exclut d'emblée, au moins pour une décennie, tout référendum sur la question, ouvrant ainsi toute grande la porte de sa coalition aux fédéralistes.

Le choix offert aux Québécois, lors de la prochaine élection, sera donc clair, écrivait encore M. Legault en 2005: «La population du Québec aura alors à trancher entre deux scénarios: celui de la province de Québec privée des moyens et des leviers décisionnels pour son développement et celui d'un Québec souverain qui aura la marge de manoeuvre et la liberté politique nécessaires pour se doter d'un projet de société crédible et emballant, celui d'un pays plus prospère et plus solidaire.»

Si le Québec était ingouvernable, en 2005, en tant que province, parce qu'il nous manquait la moitié de nos outils, comment se fait-il qu’aujourd’hui ce soit devenu possible, M Legault? Où est passé le pays « prospère et solidaire » que vous prôniez avec tant d’ardeur? Enfin, qu’est-ce qui justifie une métamorphose aussi radicale de la part de celui qui semblait si pressé de réaliser la souveraineté du Québec?

vigile.net tribune libre 31 octobre 2014
quebechebdo 31 octobre 2014

 

Acharnement partisan de Legault

29 octobre 2014

Même si le commissaire à l’éthique et à la déontologie a rendu une décision en faveur du député de Saint-Jérôme, Pierre Karl Péladeau, dans le prétendu conflit d’intérêt qui le liait avec Québécor, le chef de la CAQ, François Legault, continue de marteler sur le clou de l’acharnement partisan.

En effet, il m’apparaît évident que M Legault n’aime pas du tout voir apparaître PKP dans le décor politique du Québec en raison de l’attraction qu’il pourrait exercer auprès d’une certaine frange de la clientèle caquiste.

Alors, M Legault, rangez vos chiffons de M Net dans les tiroirs de votre belle innocence et préparez vos armes pour affronter dignement celui qui est pressenti, malgré votre acharnement, comme le futur chef de l’opposition officielle.

quebechebdo 29 octobre 2014

Intégrisme, déséquilibre ou les deux?

28 octobre 2014

Depuis les deux attentats des derniers jours, nombreux ont été les commentaires d’intervenants des diverses sphères concernées, policière, politique ou médicale, pour tenter d’expliquer les motifs qui ont poussé les deux meurtriers à commettre leur geste atroce.

Or, dans les deux cas, soit le père de Martin Couture-Rouleau et la mère de Michael Zehaf-Bibeau, ont dénoncé publiquement le comportement « étrange » de leur fils, particulièrement depuis qu’ils s’étaient convertis à l’islam, une conversion qui a rapidement dégénéré en extrémisme religieux.

Face à ce constat, une question fondamentale se pose : comment se fait-il qu’un individu puisse vivre une métamorphose aussi radicale en si peu de temps? Sans être expert en psychologie des comportements, j’y vois deux raisons. La première résultant d’une prédisposition issue d’une situation personnelle problématique, la seconde émanant de l’attrait pour l’intégrisme, perçu comme la voie vers la libération.

Conséquemment, il m’apparaît qu’une dissociation de ces motifs potentiels est dangereuse et qu’elle conduit inévitablement à un clivage qui risque de privilégier une avenue plutôt qu’une autre au détriment d’une réalité plus complexe et plus réaliste.

quebechebdo 28 octobre 2014
 

Le torchon brûle, M Couillard!

27 octobre 2014

C’est bien connu, Philippe Couillard excelle dans les formules emphatiques pour étaler de belles promesses, une de celles-ci étant d’agir « rapidement » contre l’intégrisme religieux lors de la dernière campagne électorale. À ce sujet, le député libéral, Gilles Ouimet, en ajoutait en clamant, en relation avec le projet de charte du gouvernement Marois, que « la réelle préoccupation des Québécois [était] la menace de l’intégrisme ».

Or, six mois après l’arrivée au pouvoir du PLQ, c’est le silence complet du côté de la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, dont le dépôt sur un projet de loi sur la neutralité religieuse de l’État est toujours attendu. Pire encore, le gouvernement libéral n’a donné suite à aucun des nombreux engagements pris dans l’opposition en vue de chasser l’intégrisme religieux du Québec, dont la création d’un organisme chargé de documenter et mesurer l’ampleur de ce phénomène au Québec.

Les derniers événements qui se sont produits à Saint-Jean-sur-Richelieu et sur la colline parlementaire à Ottawa dénotent une situation d’urgence d’agir contre l’intégrisme religieux au Québec…. Il est minuit et cinq, M Couillard! Cessez d’argumenter qu’il n’existe « aucun rapprochement » entre le futur projet de loi de la ministre Vallée et l’extrémisme religieux lié aux attentats des derniers jours. Le torchon brûle, l’heure n’est plus aux discours ronflants, il est temps de passer des belles paroles aux actes…Agissez et vite!

quebechebdo 27 octobre 2014
vigile.net tribune libre 27 octobre 2014 "Terrorisme et politique partisane"

 

Terrorisme et politique partisane

26 octobre 2014

Les deux attentats en l’espace de trois jours perpétrés contre des militaires canadiens ont eu l’effet d’une douche d’eau froide sur la réputation de la terre d’accueil et paisible du Canada. Toutefois, il ne faudrait pas tomber dans une panique dangereuse qui risquerait de permettre au gouvernement Harper de profiter de la fragilité du climat social pour proposer des modifications législatives à la sauvette.

D’autant plus qu’avec la tenue d’un scrutin fédéral prévu à l’automne 2015, Stephen Harper dispose de toutes les cartes pour utiliser le paravent du terrorisme pour s’approprier un capital de sympathie partisane.

À cet effet, certaines informations circulent à l’effet que les conservateurs s’apprêteraient à proposer des modifications à la loi antiterroriste. Pourtant, dans les faits, le resserrement des mesures de sécurité et de suivi auprès des individus suspects ne nécessitent aucune modification législative.

Laissons les services de sécurité et les forces policières concernés faire leur bilan de ces événements dramatiques avant d’amener le débat sur la scène politique, là où règne actuellement un climat tendu entre les conservateurs et l’opposition sur la stratégie d’intervention du gouvernement contre l’État islamique. Comme l’exprime avec sagesse Wesley Wark, professeur à l’université d’Ottawa, « Prenons notre temps. La pire façon de modifier une loi est d’agir trop rapidement. Une législation trop hâtive est une mauvaise législation ».

quebechebdo 26 octobre 2014
vigile.net tribune libre 27 octobre 2014
 

Le salut dans la fuite

24 octobre 2014

En relation avec un taux élevé d’échecs à l’épreuve obligatoire de français au Collégial, un rapport signé par Guy Demers recommande au ministre de l’Éducation de faire « preuve de souplesse » ou de retirer la réussite de l’examen comme condition à l’obtention du diplôme.

Une démarche qui privilégie le salut dans la fuite dans un contexte où de nombreuses critiques font ressortir la piètre qualité du français des élèves qui arrivent au CÉGEP. Je ne crois pas qu’un tel nivellement vers le bas soit une solution envisageable et convenable dans ces circonstances plutôt alarmantes.

À mon avis, les efforts de récupération du français écrit doivent surtout être concentrés du côté des quatrième et cinquième secondaires, là où le contenu grammatical et syntaxique a fait place à un enseignement axé sur la littérature.

En intégrant des notions linguistiques de base à ces degrés, les élèves arriveraient mieux préparés à l’épreuve uniforme de français au Collégial et seraient susceptibles de mieux performer. C’est une question de volonté politique axée sur l’importance de la maîtrise de la langue maternelle pour « tous » les jeunes Québécois, quel que soit leur profil de cours.

quebechebdo 24 octobre 2014
vigile.net tribune libre 25 octobre 2014
cyberpresse.ca 26 octobre 2014

Intervenir en amont

24 octobre 2014

Comme toujours dans le passé lorsque se déroulent des scènes qui dépassent notre entendement, les deux tueries de cette semaine sur le territoire canadien ont soulevé toute la question de la pertinence des mesures de sécurité existantes au sein des forces policières concernées. La nature humaine semble vouée à intervenir a postériori comme si de tels crimes étaient imprévisibles.

Pourtant, les services de sécurité disposent d’outils sophistiqués pour traquer ces terroristes suspects et se montrer éveillés à leur conversion récente à l’Islam et surtout à leur engagement rapide dans le mouvement djihadiste. Toutefois, à mon avis, les forces policières n’arriveront jamais à enrayer à elles seules ce fléau montant.

À cet effet, le premier ministre Philippe Couillard a fait appel aux communautés musulmanes pour apporter leur appui aux forces policières dans le dépistage de ces fanatiques et leur intervention auprès d’eux pour éviter leur dérapage. Une mesure qui, en soi, est louable mais insuffisante.

En effet, ce sont deux Québécois d’origine qui sont impliqués dans ces attentats et, en ce sens, il appartient d’abord à leurs proches d’intervenir auprès de ces jeunes en processus de radicalisation. Et pour cela, les intervenants en services sociaux deviennent des pierres angulaires importantes qui peuvent contribuer efficacement à un effort de « déradicalisation » préventive. En intervenant en amont, peut-être arriverons-nous à endiguer en partie une mouvance qui risque de dégénérer de façon pernicieuse à la vitesse grand V!

quebechebdo 24 octobre 2014

Le maillon faible

23 octobre 2014

Au moins deux similitudes importantes ressortent des deux derniers attentats qui se sont produits en l’espace de 48 heures sur notre territoire, à savoir que des militaires en ont été les victimes et que les deux meurtriers s’étaient vus confisquer leur passeport.

En ce qui a trait au premier point, nul doute que la politique étrangère canadienne dans le conflit avec l’État islamique en est la première responsable. Toutefois, c’est au niveau du deuxième facteur que des questions se posent.

En effet, comment se fait-il que ces deux criminels se soient retrouvés sur la liste des 90 suspects des agents de la sécurité et qu’ils aient pu impunément commettre leur crime? Comment se fait-il qu’ils n’aient pas fait l’objet d’une surveillance accrue alors que leur passeport avait été confisqué parce qu’ils espéraient s’exiler en territoire terroriste névralgique? Pourquoi n’est-il pas venu à l’esprit des responsables de la sécurité qu’ils passeraient à l’acte ici même s’ils étaient cantonnés à y demeurer de force?

Enfin, une question d’ordre plus général : pourquoi faut-il attendre que des actes aussi barbares se produisent avant d’envisager un resserrement des normes de sécurité? Des questions qui demeurent sans réponses et qui dénotent à mon sens un maillon faible inquiétant dans l’appareil de sécurité nationale. Reste à voir si les correctifs appropriés seront pris avant que ce fléau ne dégénère davantage!

quebechebdo 23 octobre 2014
vigile.net tribune libre 23 octobre 2014
Le journal Métro 24 octobre 2014 "Maillon faible"

Focus sur la « déradicalisation »

22 octobre 2014

L’attentat perpétré par Martin « Ahmad » Rouleau dans des circonstances atroces contre deux militaires de la base de Saint-Jean-sur-Richelieu suscite des interrogations sur les motifs ayant conduit à une tuerie aussi barbare de la part d’un jeune Québécois de chez nous.

J’ai écouté avec beaucoup d’attention les entrevues réalisées sur le sujet au cours de l’émission 24 heures en 60 minutes du 21 octobre et j’en suis ressorti perplexe. En effet, certains intervenants prônent la radicalisation religieuse extrémiste islamique, d’autres, la maladie mentale.

Martin Rouleau était sur la liste noire du Service canadien du renseignement de sécurité. On avait même saisi son passeport. Et pourtant, il a passé au geste. Mais, que s’est-il passé dans sa tête pour qu’un jeune décide d’agir avec autant d’atrocité ? Nul doute qu’il a subi une radicalisation extrémiste. Toutefois, on ne peut pas, dans mon esprit, isoler une forme de délire mental qui l’a poussé à endosser la cause de groupes radicaux.

À mon sens, les interventions policières à elles seules ne parviendront jamais à éliminer une telle montée de cette radicalisation montante. Conséquemment, il faut travailler en amont de ce fléau et faire appel aux intervenants sociaux aussitôt qu’un jeune est identifié comme problématique.

En termes clairs, la société, via les proches de ces jeunes radicaux, doit les prendre en charge dans les meilleurs délais en entamant auprès d’eux une cure de « déradicalisation » avant qu’ils poursuivent inexorablement leur marche vers une mort insensée. C’est une question de responsabilité sociale !

quebechebdo 22 octobre 2014

Pour le bien du patient?

21 octobre 2014

Sans grande surprise, la première journée de la commission parlementaire sur le projet de loi 10 du ministre Barrette a été marquée de tirs en ligne par les premiers intervenants, à savoir le Collège des médecins du Québec et la Fédération des médecins spécialistes du Québec.

Au nombre des arguments évoqués par leur représentant ressort une centralisation dangereuse des pouvoirs entre les mains du ministre. Sans connaître tous les rouages adjacents à la structure actuelle du ministère de la Santé, je demeure perplexe sur les avantages directs dont pourrait bénéficier le patient à la suite d’une réforme structurelle d’une telle envergure.

En tant que contribuable pour l’efficacité des soins de santé de première ligne au Québec, je dois me rallier du côté des médecins et exiger du ministre de la Santé qu’il retourne faire ses devoirs s’il désire me convaincre que son objectif avoué d’apporter une plus-value aux soins se concrétisera avec ses mesures proposées.

quebechebdo 21 octobre 2014
Le Soleil 26 octobre 2014
Le Journal de Québec 30 octobre 2014