Terrorisme et politique partisane
Les deux attentats en l’espace de trois jours perpétrés contre des militaires canadiens ont eu l’effet d’une douche d’eau froide sur la réputation de la terre d’accueil et paisible du Canada. Toutefois, il ne faudrait pas tomber dans une panique dangereuse qui risquerait de permettre au gouvernement Harper de profiter de la fragilité du climat social pour proposer des modifications législatives à la sauvette.
D’autant plus qu’avec la tenue d’un scrutin fédéral prévu à l’automne 2015, Stephen Harper dispose de toutes les cartes pour utiliser le paravent du terrorisme pour s’approprier un capital de sympathie partisane.
À cet effet, certaines informations circulent à l’effet que les conservateurs s’apprêteraient à proposer des modifications à la loi antiterroriste. Pourtant, dans les faits, le resserrement des mesures de sécurité et de suivi auprès des individus suspects ne nécessitent aucune modification législative.
Laissons les services de sécurité et les forces policières concernés faire leur bilan de ces événements dramatiques avant d’amener le débat sur la scène politique, là où règne actuellement un climat tendu entre les conservateurs et l’opposition sur la stratégie d’intervention du gouvernement contre l’État islamique. Comme l’exprime avec sagesse Wesley Wark, professeur à l’université d’Ottawa, « Prenons notre temps. La pire façon de modifier une loi est d’agir trop rapidement. Une législation trop hâtive est une mauvaise législation ».
quebechebdo 26 octobre 2014
vigile.net tribune libre 27 octobre 2014
Henri Marineau

