Carney se « trumpise »?

17 mai 2025

Fidèle à sa promesse, le premier ministre du Canada, Mark Carney, entouré des membres de son cabinet et en présence des caméras, a signé de sa main tenant un crayon feutre un « décret » ordonnant une réduction d’impôt pour la classe moyenne d’un point de pourcentage. Une scène qui n’est pas sans nous transporter dans le Bureau ovale où Donald Trump signe depuis le 20 janvier des décrets à répétition, entouré de sa garde rapprochée, devant les caméras et au moyen d’un crayon feutre. Toutefois, petite nuance, Mark Carney n’a pas exhibé le document signé à la manière du président.

vigile.quebec tribune libre 16 mai 2025
 

Persistance de Legault, détermination ou entêtement?

17 mai 2025

Balayant du revers de la main les sondages défavorables qui placent la Coalition avenir Québec (CAQ) en troisième position derrière le Parti libéral du Québec (PLQ) et le Parti québécois (PQ), et la volonté manifeste de changement lié au mécontentement envers son gouvernement de la part des Québécois, le premier ministre, François Legault, persiste et signe, il sera sur les rangs pour la prochaine campagne électorale et restera en poste jusqu’en 2030.

À cet effet, la machine à rumeurs laisse planer l’idée que François Legault devrait se retirer « honorablement » avec la satisfaction du devoir accompli au lieu de s’obstiner dans une quête de pouvoir qui paraît de plus en plus inaccessible, en raison notamment de l’incertitude dans le dossier Northwood, de la saga qui entoure les travaux de réfection de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, de l’épineux dossier SAAQclic et des premiers balbutiements chaotiques de Santé Québec.

Dans le Petit Robert, l’entêtement se définit « comme le fait de persister dans un comportement volontaire sans tenir compte des circonstances ». Cette définition ne correspond-elle pas au comportement de François Legault dans le contexte actuel où tous les indices militent en faveur de son départ y compris sa désaffection des Québécois en tant que représentant la meilleure personne pour occuper la fonction de premier ministre.

Depuis 2018, François Legault a remis sur la mappe la résurgence du nationalisme québécois à l’intérieur du Canada, il a défendu bec et ongles la survie et la protection de la langue française au Québec, on lui doit la création des maternelles quatre ans. Il est maintenant venu le temps de céder la place après deux mandats, l’usure du pouvoir ayant laissé inexorablement ses traces. Le père fondateur de la CAQ se doit de se montrer « chill » et de se retirer pour le plus grand bien de « son » parti.

vigile.quebec tribune libre 16 mai 2025
Le Soleil (version numérique) 20 mai 2025

Violence des élèves envers les enseignants, un phénomène alarmant

15 mai 2025

Selon les résultats d’un sondage réalisé par la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE) auquel ont participé 7300 membres, un enseignant sur deux (52%) a été victime de violence depuis le début de l’année scolaire. Parmi eux, 84% ont vécu de la violence verbale, surtout présente au secondaire, alors que 46% ont vécu de la violence physique, que l’on retrouve davantage en maternelle et au primaire. La fréquence des incidents est aussi préoccupante. En effet, parmi les enseignants victimes de violence, 70% en ont vécu au moins une fois par mois, soit à une dizaine d’occasions au cours d’une année scolaire.

Des statistiques alarmantes qui devraient nous interroger sur l’état lamentable de notre société à l’égard de la violence dans laquelle elle baigne au quotidien. De fait, que s’est-il donc passé pour que de tels comportements déviants prolifèrent à vitesse grand V dans nos écoles? À mon sens, l’un des facteurs dominants qui affectent les comportements violents des jeunes émane en grande partie des modifications majeures ayant affecté la cellule familiale, notamment l’avènement de la pluriparentalité qui stigmatise profondément les jeunes en les condamnant à évoluer dans un monde où ils sont confrontés à un milieu de vie confus, porteur de tiraillements à l’égard des références devant lesquelles ils sont appelés à réagir.

Parmi les causes de prolifération de la violence chez les jeunes, on ne peut passer sous silence l’influence marquante des médias sociaux qui débordent littéralement de scènes de violence et auxquels sont accros les jeunes d’aujourd’hui, influencés en cela par la dépendance des parents à ces mêmes médias sociaux, d’où le court-circuitage du supposé rôle des parents dans l’éducation de leurs enfants au respect des autres, notamment des enseignants qui les côtoient.

En revanche, l’école, en théorie, est considérée comme un « milieu de vie » dans lequel les jeunes sont appelés à s’épanouir sur tous les plans. Or elle est aussi soumise aux soubresauts de la société dont elle devient de facto le reflet. Conséquemment, tant et aussi longtemps qu’un dialogue constructif ne sera pas établi de façon permanente entre la famille et l’école, nous assisterons à l’émergence de la violence envers ceux et celles qui incarnent l’autorité dans le milieu scolaire au plus grand dam d’une saine convivialité entre le personnel scolaire et les élèves.

vigile.quebec tribune libre 14 mai 2025

Course à la chefferie « amicale » au PLQ

14 mai 2025

Nous en sommes à la moitié des débats prévus dans le cadre de la course à la direction du parti libéral du Québec (PLQ) et aucun des cinq candidats n’a pu se démarquer significativement jusqu’à maintenant. En bref, nonobstant quelques divergences mineures entre les candidats sur certains thèmes, les militants du Parti libéral du Québec (PLQ) demeurent sur leur appétit sur « le » candidat susceptible d’attirer leur attention. Or si le PLQ a pour objectif de se démarquer des autres partis et de créer l’engouement nécessaire lors du scrutin de 2026, un des candidats devra pendre fermement position sur des enjeux tels l’environnement, la laïcité, le hausse faramineuse du coût de la vie, la pénurie de logements abordables, la carence alarmante de personnel en santé et en éducation. Enfin, énorme défi, le parti devra de toute urgence étendre ses tentacules hors de la région métropolitaine de Montréal et prendre racine dans les régions où il brille depuis belle lurette par son absence. En somme, les trois derniers débats seront déterminants pour qui, parmi les cinq candidats, aspire reconquérir le pouvoir qui leur a échappé en 2018 aux mains de la Coalition avenir Québec.

vigile.quebec tribune libre 13 mai 2025

Tout simplement hilarant!

14 mai 2025

Depuis son accession dans le Bureau ovale en janvier dernier, le président américain, Donald Trump, nous a habitués à entrer dans la valse des tarifs douaniers et en ressortir de façon imprévisible. Le dernier épisode en liste concerne la guerre commerciale avec la Chine initiée, faut-il le rappeler, par le grand Orange. Le tout débute par l’imposition de tarifs de 145 % sur les importations provenant de la Chine dans un premier temps laquelle réplique aussitôt par des contre-tarifs de 125% sur les importations des USA. Puis, devant la catastrophe économique inavouée laissée dans le sillon de ces tarifs, Donald Trump recule et abaisse ses tarifs à 30 % suivi aussitôt par le président chinois, Xi Jinping, qui ramène ses contre-tarifs à 10 %, et toute cette mise en scène gravitant autour d’une trêve de 90 jours. Et voilà, le tour est joué, Donald Trump, selon ses habitudes, a semé lui-même les tarifs et récolte les honneurs de leur diminution substantielle en se montrant « bon joueur ». Tout simplement hilarant!

vigile.quebec tribune libre 13 mai 2025

Initiative pédagogique gagnante

13 mai 2025

Rares sont les occasions où notre système d’éducation fait la manchette à l’égard d’une expérience positive sur l’apprentissage des étudiants. Le secret de cette réussite? Un service de tutorat ouvert à tous et qui peut compter sur les services de tuteurs chevronnés. 

À titre d’exemple, Hugo Ducasse a terminé sa technique en Technologie de la géomatique mais il lui reste à réussir l’épreuve uniforme de français pour obtenir son diplôme. Après avoir échoué sept fois cette épreuve, il a confiance cette fois-ci d’y arriver grâce à l’encadrement de son tuteur, Mario Michaud, qui a enseigné le français dans une école secondaire pendant une trentaine d’années avant de se joindre au Centre d’aide à la réussite du Cégep Limoilou. Hugo aura bientôt terminé ses dix séances de tutorat et il fait maintenant deux fois moins de fautes de français qu’auparavant.

Un enseignement individualisé incarné par un professeur à la retraite expérimenté représente sans le moindre doute une recette gagnante. À mon avis, une telle démarche pédagogique se doit d’être étendue dans toutes les écoles secondaires et cégeps du Québec. Dans une période où la pénurie d’enseignants compétents fait rage dans les écoles du Québec et que les élèves à besoins particuliers augmentent sans cesse, les dirigeants des Centres de services scolaires du Québec doivent tout mettre en œuvre pour solliciter les enseignants retraités intéressés à se joindre à une telle expérience garante de succès pour les jeunes en difficulté qui en sont les premiers bénéficiaires.

vigile.quebec tribune libre 12 mai 2025

Le droit de grève est-il abusif au Québec?

12 mai 2025

Le Québec connaît une véritable «épidémie de grèves», représentant 91% des arrêts de travail survenus au Canada depuis 2023. L’Institut économique de Montréal (IEDM) lance un appel pressant à une intervention gouvernementale soutenue, olaidant que 87% des conflits de travail proviennent du secteur public. « Les grèves ne sont plus l’exception, elles sont devenues la règle, surtout dans le secteur public », dénonce Gabriel Giguère, analyste senior en politiques publiques de l’IEDM.

Or le projet de loi 89, aussi appelé projet de loi visant à considérer davantage les besoins de la population en cas de grève ou de lock-out, vise à limiter l'impact des conflits de travail sur l'économie québécoise. Il permettrait au ministre du Travail de demander l'arbitrage si une grève ou un lock-out cause ou menace de causer un préjudice grave ou irréparable à la population. 

Dans mon jeune âge, j’entendais autour de moi des commentaires vindicatifs sur les grèves déclenchées par des syndiqués « toujours insatisfaits de leurs conditions de travail ». Dans ma tête, ils étaient considérés comme des « méchants ». Puis, plus tard, ma conception a changé devant les allusions négatives envers les employeurs « ayant tendance à exploiter les travailleurs ».

Mais qu’en est-il aujourd’hui? Le droit de grève est-il devenu abusif au Québec? Partant du principe que le déclenchement d’une grève émane nécessairement d’un mécontentement de la part des travailleur à l’égard de leurs conditions de travail, je suis d’avis que la nature du climat qui règne à la table des négociations est primordial, voire déterminant pour la suite des choses.

En fait, si des négociations monstres se sont conclues par des accords dans les années ‘70 entre le Front commun et le gouvernement, du temps des Laberge, Pépin et Charbonneau, ils doivent être attribués en grande partie au climat de « concertation » qui s’était développé entre les parties, la table de concertation visant principalement à consulter et à échanger des idées dans un esprit de collaboration, tandis que la table de négociation a pour but de parvenir à un accord, souvent en faisant des concessions et, dans le cas d’impasse, en déclenchant une grève.

Au Québec, le droit de grève est protégé par la Charte canadienne des droits et libertés. Toutefois, à mon sens, il doit être utilisé dans des circonstances ultimes où la concertation est devenue impossible. Dans tel cas et seulement dans tell cas, le droit de grève devient la seule issue pouvant conduire à une entente à la satisfaction des parties.

vigile.quebec tribune libre 11 mai 2025

« Ça va brasser! », clame Legault

10 mai 2025

En guise d’entrée en matière, je vous propose un florilège d’extraits tirés des commentaires de François Legault à la veille du dépôt du projet de loi 106 destiné, entre autres, à évaluer les médecins à partir de critères de performance.

«Je l’ai souvent dit, on n’aura jamais un réseau de la santé qui est efficace tant qu’on n’aura pas une prise en charge de tous les Québécois, à commencer par les médecins de famille». Selon lui, environ le tiers des médecins «doivent en faire plus». «Je ne vais pas reculer, contrairement aux autres gouvernements qui ont toujours reculé avec le syndicat des médecins», a-t-il promis. François Legault prévient toutefois les Québécois : «C’est certain que ça va brasser! » «C’est quelque chose qu’on discute depuis plusieurs années, plaide le premier ministre. Le syndicat des médecins a toujours refusé de prendre ses responsabilités.» « C’est un grand jour aujourd’hui, j’attendais ce moment-là depuis 23 ans ».

Or François Legault a été nommé « comme par hasard », ministre de la Santé et des Services sociaux en 2002, et, de surcroît, il occupe le pouvoir depuis 2018 sans interruption, et la relation entre son gouvernement et les Fédérations des médecins omnipraticiens et des médecins spécialistes n’a jamais cessé de s’envenimer.. Malaise! À mon avis, tant et aussi longtemps qu’un véritable dialogue entre les parties ne sera pas établi et que la coercition sera brandie ad nauseam envers les médecins, on assistera inéluctablement à un dialogue de sourds.

La population du personnel soignant, notamment les médecins et les infirmiers et infirmières, vieillit et plusieurs d’entre eux ont pris la décision de diminuer leur tâche avant de prendre leur retraite. Le système de santé n’arrive pas à combler les postes laissés vacants par ces départs, causant de la sorte une pénurie de main d’oeuvre systémique. Dans ces circonstances, l’heure est à la concertation plutôt qu’à la confrontation perpétuelle et cela, pour le plus grand bien de la santé de « tous » les Québécois peu importe la « couleur » de laquelle ils sont affublés!

vigile.quebec tribune libre 10 mai 2025

Du projet de loi 106

10 mai 2025

D’entrée de jeu, je n’ai pas l’intention dans ce billet d’analyser tous les méandres du bras de fer entre le gouvernement et les fédérations de médecins omnipraticiens et spécialistes à l’égard du projet de loi 106 destiné à changer le mode de rémunération des médecins en vue d’améliorer leur performance. Par ailleurs, j’aimerais m’attarder sur deux aspects du projet de loi du ministre de la Santé, Christian Dubé, l’un circonstanciel, l’autre factuel.

Primo, le gouvernement Legault et la Fédération des omnipraticiens du Québec (FMOQ) sont en négociation depuis août 2024. Dans ces circonstances, comment se fait-il que le ministre n’a pas présenté le projet de loi 106 avant le début des négociation de façon à ce qu’il fasse partie intégrante des dites négociations? En le déposant maintenant, le projet de loi 106 ne vient-il pas court-circuiter les négociations en cours et donner l’impression d’un projet de loi spéciale?

Secundo, le projet de loi 106 définit la tâche des médecins sur des critères de performance, à savoir le nombre de prises en charge de patients par les médecins. De ce fait, un médecin qui, pour des raisons de tout ordre, décide de diminuer sa tâche à trois jours par semaine se verra amputer d’une partie de son salaire. Or dans ce scénario, un médecin en fin de carrière ayant opté pour un temps partiel en processus de cheminement à sa pré-retraite devra assumer une baisse de salaire. Dans ces circonstances, le médecin concerné pourra décider de devancer sa retraite et de ce fait, laisser orphelins les patients dont il avait la charge.

En terminant, une question me turlupine les méninges. Pourquoi François Legault qui a déclaré aux journalistes dans le corridor le conduisant au Salon bleu que cela faisait 23 ans qu’il attendait ce moment-là n’a-t-il rien fait au cours de ses sept dernières années au pouvoir?

vigile.quebec tribune libre 10 mai 2025

Carney en pleine contradiction

9 mai 2025

Au cours de sa rencontre avec le président Trump, le premier ministre du Canada, Mark Carney, s’est érigé en ardent défenseur de la souveraineté du Canada en insistant sur la prémisse à l’effet que le Canada n’était pas à vendre, répliquant ainsi aux velléités répétées ad nauseam d’annexion du Canada en tant que 51e État américain de la part du grand Orange.

Or le même Mark Carney, ex-gouverneur de la banque centrale d’Angleterre où il a vécu quelques années, a décidé d’inviter le roi Charles III, roi du Canada selon la Constitution canadienne, pour faire la lecture du prochain discours du Trône au Sénat.

Autrement dit, aux yeux de Mark Carney, il n’y a aucune contradiction à prôner d’un côté la souveraineté du Canada et de l’autre sa dépendance en invitant le monarque et Chef d’État, le roi du Royaume-Uni dans lequel fait partie le Canada, pour procéder à l’ouverture officielle de la session parlementaire à Ottawa. Cherchez l’erreur…

vigile.quebec tribune libre 8 mai 2025