Adieu Monsieur le professeur!

3 juin 2015

Un des grands mérites du professeur est de donner confiance à ses élèves en leur insufflant le désir de relever des défis. En écoutant les nombreux témoignages des personnes qui ont côtoyé Jacques Parizeau, un élément est apparu souvent, à savoir l’enseignant ancré en lui.

De François Gendron à Pauline Marois en passant par Louise Beaudoin sans oublier son chef de cabinet, Jean Royer, tous ont fait ressortir les qualités de pédagogue exceptionnelles de Monsieur Parizeau lorsqu’ils se retrouvaient devant des défis qui leur créaient des inquiétudes. Professeur aux HEC, les étudiants assistaient à ses cours même s'ils n'y étaient pas inscrits, tellement on voulait apprendre de lui.

Quand on lui demandait ce qui le dépeignait le mieux, Jacques Parizeau répondait que son penchant pour l’enseignement était sans contredit le talent de pédagogue qu’il avait développé lors de ses passages aux HEC. Monsieur le professeur aura été un de ceux, sinon le plus grand, qui nous aura révélé à tous que nous étions capables comme Québécois de relever les plus grands défis.

Et quand vous avez atteint comme professeur un si haut niveau de performance, c’est que vous avez accompli avec succès votre mission…Adieu Monsieur le professeur!

quebechebdo 3 juin 2015
vigile.net tribune libre 4 juin 2014
 

« Monsieur » n’est plus

2 juin 2015

Avec le décès de Jacques Parizeau, c’est tout un pan de l’histoire du mouvement souverainiste québécois qui disparaît. Et avec lui, la détermination sans borne avec laquelle il a consacré sa vie à la cause souverainiste. À preuve cette citation de celui que l’on surnomma « Monsieur » en 1997, soit deux ans après la défaite crève-cœur du référendum de 1995 : « Parce que c’est certain qu’il y aura une prochaine fois. On n’arrête pas comme ça le désir d’indépendance, lorsque l’idée a progressé avec autant de force au sein d’un peuple, juste en disant que ce peuple-là n’existe pas. »

Moins d’un an avant sa mort, en août 2014 à Montréal, à l’occasion d’un congrès de militants indépendantistes, il répétera que le Parti québécois n’a que lui à blâmer pour ses insuccès dont la cause tient à sa propension à cacher ses motivations. « À force de brouiller les cartes, de toujours passer à côté et de cacher ce qui est l’objectif même du mouvement souverainiste, il ne faut pas s’étonner qu’à un moment donné, tout ça se dissout. »

Jacques Parizeau aura incarné l’homme d’une idée tout au cours de sa vie, à savoir l’accession du Québec à son indépendance. Malheureusement, il n’aura pu assister à la réalisation de son rêve. Toutefois, on peut se consoler qu’il nous ait tracé la voie…Pour cela, « Monsieur », nous vous sommes extrêmement reconnaissants !

En guise de tableau de l’homme, je vous laisse sur ces citations de monsieur Parizeau parues sur le site de vigile.net le 5 novembre 2009 :
« La souveraineté telle que nous la concevons est le contraire du repli sur soi. » – 1994
« La souveraineté du Québec, c’est le prolongement de cette volonté d’ouverture, de participation au concert des nations, aux échanges des idées, des cultures et des produits. » – 1994
« Notre tâche donc est de convaincre ces Québécois qui ont le goût et la volonté de prendre en main leur destinée qu’il n’y a qu’une façon d’être plus autonome, c’est d’être souverain. » – 1994
« Plusieurs d’entre vous seront surpris d’apprendre qu’à ce jour, la Constitution canadienne et les institutions canadiennes refusent de reconnaître l’existence des sept millions de Québécois en tant que nation, en tant que peuple, ou en tant que société distincte. » – 1995 (devant l’Institut France-Amérique)
« Toute l’histoire du Québec, avant même la bataille des plaines d’Abraham, est une quête : celle de la reconnaissance de ce que nous sommes et de l’égalité avec les autres peuples. » – 1995
« La force politique du Québec au sein du Canada s’efface progressivement. Il faut en sortir. » – 1995
« Son intervention dans notre débat est massive, les budgets illimités, les scrupules inexistants. » – 1995 (sur la stratégie du gouvernement fédéral)
« Car si on se dit non, on sera de nouveau condamnés à la stratégie de la survivance, au repli défensif pour tenter de protéger notre langue et notre culture avec les moyens
du bord : ceux d’une province, ceux d’un peuple non reconnu, d’un peuple condamné à être de plus en plus minoritaire, avec tous les risques que comporte le statut minoritaire. » – 1995
« Le camp du Non a réussi à dépenser en une journée presque la somme totale respectée par le camp du Oui pour toute la campagne. Les infractions massives infligées à notre cadre démocratique ne seront pas oubliées. » – 1995
« J’ai changé d’option quand je me suis rendu compte que dressés l’un contre l’autre, le Québec et le Canada se neutralisent, n’arrivent plus à bouger, s’enfoncent dans des conflits souvent dérisoires. Je n’en veux pas à ceux qui ont décidé d’être canadiens. Moi j’ai choisi, comme bien d’autres, d’être québécois. » – 1996
« Est québécois qui veut l’être. » – 1996
« Bien des années plus tard, en voyant avec quelle facilité la Slovaquie se sépare paisiblement de la République tchèque avec un simple vote de son parlement, j’aurai comme un coup de coeur. » – 1997
« Je demeure convaincu que le seul critère important quant à l’orientation du vote sur la souveraineté, c’est la langue. Ce n’est pas ni la race, ni la couleur ; c’est la langue. Je connais beaucoup de souverainistes d’origine haïtienne alors que je n’en connais aucun chez les Jamaïcains… » – 1997
« On a trop souvent reproché à la France de nous avoir abandonnés. C’est oublier les difficultés de l’époque qui contraignaient la France à s’occuper d’affaires plus immédiates. C’est oublier surtout la volonté du conquérant britannique de briser tous les liens qui pouvaient exister entre la France et son ancienne terre d’Amérique. »
« La société britannique fonctionne naturellement en anglais et d’aucune façon on ne s’imaginerait un instant qu’elle soit raciste ou xénophobe. [...] Je sais que les adversaires de l’idée de souveraineté nous disent "Vouloir fonctionner en français dans cette société, cela a des relents, peut-être de racisme ou de xénophobie". Il faut répondre : non, non, c’est la normalité des choses. »
« Qu’est-ce qu’un Québécois ? Un Québécois, c’est quelqu’un qui habituellement habite au Québec, accepte les règles de vie de cette société, de plus en plus aime ces règles, veut être québécois, accepte de l’être, indépendamment de ses origines. Est-ce que j’ai dit les règles ? Je pourrais dire les valeurs. »

vigile.nert tribune libre 2 juin 2015
quebechebdo 2 juin 2015 (version abrégée)
Le Soleil 3 juin 2015 (version abrégée)

 

La jasette entre Couillard et François

1 juin 2015

La rencontre de 45 secondes entre le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, et le pape François ne passera sûrement pas à l’histoire. À ce sujet, je me rallie d’emblée avec l’ex-chef du protocole du Québec entre 1975 et 1979, Jacques Vallée, qui qualifie cette rencontre de « véritable rupture » dans les relations diplomatiques entre le Québec et le Vatican et de «ratatinement» de la diplomatie québécoise ou encore de l’extinction de la voix propre du Québec sur la scène internationale.

Toutefois, il ne faut pas se surprendre de la démarche de Philippe Couillard pour qui les relations diplomatiques et internationales ne représentent que des séances de charme auprès des dignitaires, organisées dans le but d’obtenir une faveur spéciale, à savoir, dans le cas présent, de remettre à toute vitesse au souverain pontife une lettre d’invitation aux festivités entourant le 375e anniversaire de la Ville de Montréal.

Et voilà, le tour est joué, la jasette a atteint son but…et tant pis pour le protocole traditionnel attaché à la rencontre d’un chef d’État avec le pape!

quebechebdo 1er juin 2015

Coderre s’en va-t-en guerre

31 mai 2015

À l’instar de son homonyme à Québec, Régis Labeaume, pour le nouvel amphithéâtre,  on ne peut pas reprocher au  maire de Montréal, Denis Coderre, de manquer d’ambition dans le dossier de la construction d’un nouveau stade de baseball au centre-ville de Montréal. Un projet lié étroitement au retour d’une équipe de baseball majeur dans la Métropole.

Bien que Denis Coderre se dise satisfait de sa rencontre « charme » avec le commissaire du baseball majeur, Rob Manfred, on doit admettre qu’il y a loin de la coupe aux lèvres et que le maire devra surmonter bien des obstacles avant de parvenir à ses fins, le premier étant le financement de la construction d’un nouveau stade estimée à 500 M$ selon une étude menée en 2013, étude qui établissait à 335 M$ la contribution qui devrait venir de l’État…Et, vous en conviendrez, ce n’est sûrement pas en contexte d’austérité que le gouvernement Couillard sautera à pieds joint dans ce projet.

Le second obstacle, et non le moindre, concerne l’ « engouement » des Montréalais pour le baseball si l’on considère que les assistances moyennes ont chuté à quelque 9000 spectateurs à la dernière année de l’équipe à Montréal en 2004 par rapport à 28 000 lors des meilleures années des Expos en 1982 et 1983.

En bref, Denis Coderre devra fourbir des armes plus vindicatives que le pistolet à eau dont il dispose présentement s’il désire gagner sa guerre!

quebechebdo 31 mai 2015
Le Journal de Québec 1er juin 2015
 

Haro sur la gomme à effacer!

30 mai 2015

On lit parfois dans les médias des résultats d’études aberrants qui nous scient les deux jambes tellement les allégations tendent vers des conclusions qui sortent carrément des contes des Mille et une nuits. À cet effet, je vous propose la dernière « trouvaille » d’un spécialiste en science cognitive, Guy Claxton, qui propose de bannir la gomme à effacer des salles de classe, prétextant que le dit instrument inciterait les enfants à avoir honte de leurs erreurs.

Et, de poursuivre notre spécialiste, « les gommes à effacer sont une manière de prétendre que nous ne faisons jamais d’erreurs, que nous réussissons toujours tout du premier coup ». En conséquence, affirme notre scientifique, « il vaut mieux montrer aux jeunes dès l’école primaire à accepter leurs erreurs puisque dans la vie tout le monde en fait ».

Eh bien M Claxton, avec un tel raisonnement, les élèves pourront dorénavant répéter sans cesse leurs erreurs même s’ils en ont pris conscience sous prétexte qu’ils ne doivent pas en avoir honte…Et pourtant, dans mon livre à moi, je préfère de beaucoup un jeune qui efface son erreur, et je ne vois rien de « honteux » à cela mais, tout au contraire, j’y perçois plutôt un apprentissage positif.

quebechebdo 30 mai 2015
 

La petite politique de Legault

29 mai 2015

Lors de la campagne électorale de 2012, Jean Charest avait lancé l’idée que le PQ nuisait aux chances du retour des Nordiques à Québec, une allégation que François Legault avait qualifiée de « désespérée ». Mais que s’est-il donc passé depuis lors pour qu’aujourd’hui le chef de la CAQ affirme que les propriétaires de la Ligue nationale de hockey seront réfractaires à accorder une franchise à un homme d'affaires qui dirige un parti indépendantiste, en la personne de Pierre Karl Péladeau?

Pourtant, M Legault, à titre de rappel, les Nordiques ont rejoint la LNH en 1979, alors que René Lévesque était au pouvoir et à quelques mois du premier référendum sur l'indépendance du Québec. Et si cela peut vous « sécuriser », je vous rappelle que, lorsque Pierre Karl Péladeau s'est lancé en politique, en mars 2014, le commissaire adjoint de la LNH, Bill Daly, a affirmé que les allégeances politiques de l'homme d'affaires n'auraient pas d'impact sur un éventuel processus d'expansion à Québec.

Votre argumentaire ne tient pas la route, M Legault, je vous conseille de ranger votre épouvantail dans le placard et de cesser de prendre les électeurs de Québec pour des idiots en étalant votre petite politique de bas étage sur la voie publique…et toute cette comédie, comme « par hasard », nous est présentée à la veille des élections partielles dans Chauveau et Jean-Talon!

quebechebdo 29 mai 2015


 

Pangéa, peut-être mais…

28 mai 2015

Il n’y a pas beaucoup de monde qui pourrait contester le génie créateur de Guy Laliberté, le Cirque du Soleil en étant une preuve incontestable. Toutefois, sa dernière idée, Pangéa, un lieu de recueillement face à la mort, suscite, à juste titre, des commentaires négatifs sur lesquels j’aimerais m’exprimer ici.

Tout d’abord, d’entrée de jeu, je me rallie à M Laliberté sur le fait que, de nos jours, la laïcisation de la mort a contribué à la relayer à un événement plus ou moins anodin, dénué de toute forme rituelle significative. Et, à ce titre, le projet de Guy Laliberté porte son pesant d’or.

Toutefois, compte tenu des besoins sociaux qui inondent le Québec, particulièrement en contexte d’austérité qui s’attaque de plein front aux plus démunis de la société, nul doute qu’un projet philanthropique aurait reçu un meilleur accueil. Et cela est fort compréhensible. Que ce soit auprès des personnes âgées, des familles à faible revenus, des enfants aux prises avec une sérieuse maladie, des jeunes en quête d’identité ou de la violence et du harcèlement faites aux femmes, les besoins sont immenses.

Enfin, vous me permettrez, en terminant, de dénoncer le caractère abusif d’un cimetière pour animaux dans le projet de M Laliberté…une idée qui, à mon sens, déborde carrément les limites du raisonnable!

quebechebdo 28 mai 2015

Le Bloc peut-il renaître de ses cendres?

27 mai 2015

À la suite de son balayage subit à l’élection de 2011, n’obtenant que 6,1 % des suffrages, le dernier sondage CROP sur les intentions de vote fédérales des Québécois révèle que le Bloc se situe en quatrième position à 13 %, loin derrière le NPD qui va chercher 42 %.

Face à ce portrait plutôt inquiétant, la question se pose : le Bloc peut-il renaître de ses cendres, lui qui ne compte plus que deux députés aux Communes? Le moins qu’on puisse dire, c’est que le défi est herculéen. D’autant plus que l’impopularité de Stephen Harper alliée à l’incapacité de Justin Trudeau à ranimer la flamme des Québécois autour du PLC laissent deux partis susceptibles de se disputer la faveur de l’électorat.

D’un côté le Bloc, avec un nouveau chef en la personne de Mario Beaulieu qui incarne un relent de la sauvegarde et de la promotion des intérêts du Québec à Ottawa mais dont la cote dépend en grande partie de la performance de PKP au sein des troupes péquistes d’ici le scrutin fédéral du 15 octobre 2015.

De l’autre, le NPD, grand vainqueur de la vague orange de 2011 que l’on peut attribuer sûrement à la popularité de Jack Layton, mais qui bénéficie cette fois-ci de la surprenante victoire du NPD en Alberta, laquelle permet à Thomas Mulcair de tenir une carte gagnante entre ses mains.

Dans ce contexte, la réponse à la question posée au début de ce billet laisse planer des doutes sérieux sur la capacité du Bloc de remonter de façon significative dans les intentions de vote des Québécois…à moins que les quelque quatre mois qui restent d’ici le scrutin ne voient l’option souverainiste reprendre du galon avec l’arrivée de PKP à la tête du PQ. 

quebechebdo 27 mai 2015
vigile.net tribune libre 30 mai 2015 "Un Bloc fort contre un ROC insolent"

Le reporter sans scrupule

27 mai 2015

Même si François Bugingo persiste à nier les allégations à l’effet qu’il aurait inventé de toutes pièces plusieurs reportages internationaux, il est fort à prévoir que les preuves amassées contre lui se confirment bientôt.

Et si cette hypothèse s’avère fondée, nous serons confrontés à un manque total de conscience professionnelle autant envers ses confrères des médias qu’envers ses lecteurs. Un mépris scandaleux qui mérite un bannissement à vie des médias.

Pour Marie-Ève Carignan, professeure adjointe au département des lettres et communications de l'Université de Sherbrooke, ces révélations « ébranlent tous les médias, parce que François Bugingo a été sur des tribunes très reconnues, dont des grands médias au Québec. Alors, ça ébranle ces médias-là. C’est l’ensemble des journalistes qui doit défendre aujourd’hui le crédibilité de la profession ». Une histoire à suivre avec intérêt…

quebechebdo 27 mai 2015
 

PKP, la cible inavouée

26 mai 2015

Il faudrait être dupe pour ne pas réaliser que la commission parlementaire qui se penchera sur l’éthique des élus ne vise pas le député de Saint-Jérôme et chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau.

Pourtant, on connaît l’argumentaire de PKP qui répète depuis son arrivée sur la scène politique qu'il placera volontairement ses actifs dans une fiducie sans droit de regard, alors que seuls les membres du conseil des ministres doivent se conformer à une telle exigence, et qu’il interdira à son fiduciaire toute vente d'actifs.

Une instruction que ses adversaires jugent incompatible avec le concept de fiducie sans droit de regard. Alors, mesdames et messieurs nos élus, cessez de tergiverser et de jouer les vierges offensées…et qu’on passe aux « vraies affaires »! 

quebechebdo 26 mai 2015
vigile.net tribune libre 26 mai 2015 "Qu'on passe aux "vraies affaires!""