10 juin 2015
Tous se rappellent la fable de La Fontaine dans laquelle la tortue, vaillamment et lentement, a fini par gagner la course contre le lièvre qui se reposait après chaque sursaut d’énergie. La morale de cette histoire : rien ne sert de courir, il faut partir à point.
Le retour de Gilles Duceppe à la tête du Bloc québécois suppose nécessairement un travail de collaboration avec le chef du PQ, Pierre Karl Péladeau, une situation comparable à la fable de La Fontaine, M Duceppe incarnant la tortue, M Péladeau, le lièvre. Toutefois, dans le cas présent, la donne risque de changer.
En effet, nous connaissons tous l’empressement de PKP de mettre les cartes sur la table dans un court délai pour mettre en marche le processus d’accession du Québec à son indépendance. Par ailleurs, nous connaissons aussi la stratégie étapiste à laquelle s’est adonné l’ex-chef du Bloc tout au cours de ses années à Ottawa.
Il faut donc s’attendre à des frictions entre les deux hommes à ce sujet. Toutefois, je miserais davantage sur le lièvre pour cette course des temps modernes, la tortue ayant déjà fait la preuve par le passé que sa lenteur n’a fait que retarder l’issue de la course!
quebechebdo 10 juin 2015
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9 juin 2015
Si la rumeur se confirme, Mario Beaulieu cèderait sa place de chef du Bloc québécois à Gilles Duceppe, le chef actuel demeurant président du parti. Et cette « cession » sans aucune consultation auprès des membres du parti, ces derniers étant pourtant responsables de l’élection du chef du Bloc.
Si les dernières discussions entre les deux hommes sur le rôle que M Duceppe était prêt à jouer dans la prochaine campagne électorale a conduit à un tel scénario, je dois comprendre que les déclarations de M Beaulieu sur le « défaitisme et l’attentisme » qu’il reprochait à Gilles Duceppe se sont estompées comme par magie.
À mes yeux, je crois qu’une telle stratégie risquerait de nuire aux chances du Bloc de faire une percée au Québec lors du prochain scrutin fédéral parce qu’elle sent la magouille à plein nez…Et, de plus, les Québécois ne sont assez dupes pour redonner leur confiance à un ex-chef dont le parti a subi une dégelée catastrophique il y a à peine quatre ans!
quebechebdo 9 juin 2015
Le Journal de Québec 10 juin 2015
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9 juin 2015
En 2014, l’ex-député caquiste de Chauveau, Gérard Deltell, avait récolté près de 53 % des suffrages contre 30 % pour les libéraux. Des résultats qui déteignent considérablement avec ceux du 8 juin 2015 alors que la candidate libérale, Véronyque Tremblay, l’a emporté sur la caquiste, Jocelyne Cazin, avec plus de 41 % des voix contre 33 % pour la candidate caquiste. En récoltant une avance de plus de 1900 voix, les libéraux ont pu ainsi renverser une avance de 10 000 voix de majorité sur la CAQ par rapport à 2014. Un coup dur pour la CAQ de François Legault qui voit sa députation dans la région de Québec réduite à un seul élu en la personne du député de La Peltrie, Éric Caire.
Des chiffres qui en disent long sur l’engouement suscité par Gérard Deltell en 2014 par rapport au parachutage de Jocelyne Cazin dont l’attachement à la région de Québec n’a pas trouvé suffisamment preneurs pour convaincre les citoyens de Chauveau.
À n’en pas douter, la bataille dans Chauveau s’est rapidement transformée en une guerre d’images entre les deux candidates vedettes. À preuve les deux dernières élections dans ce comté où les candidats les plus populaires, à savoir M Deltell et Mme Tremblay, ont obtenu de fortes majorités, et cela, indépendamment de leur allégeance politique.
quebechebdo 9 juin 2015
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8 juin 2015
Dans son essai paru chez Boréal, La souveraineté en héritage, le sociologue, professeur et ancien sous-ministre responsable de la langue française dans le gouvernement Marois, Jacques Beauchemin, se montre catégorique : « Les carottes sont cuites. Si on ne fait pas la souveraineté maintenant, on ne la fera pas du tout. La fenêtre qui s’est ouverte avec la Révolution tranquille est en train de se refermer », tout en qualifiant Pierre Karl Péladeau d’ « homme de la dernière chance ». « Si on est incapables de faire la souveraineté avec le PQ dirigé par Pierre Karl Péladeau, je ne vois pas comment on pourra la faire. »
Un constat alarmiste? Je ne crois pas. Étant moi-même un Québécois qui a vécu avec enthousiasme l’effervescence suscitée par les bouleversements de le Révolution tranquille, force m’est de constater que le climat politique actuel ne prête pas à une mobilisation significative autour de l’option indépendantiste du Québec. À preuve ce témoignage du professeur Beauchemin au sujet de ses étudiants à l’UQAM : « La plupart disent qu’ils sont souverainistes… De là à militer et à s’empêcher de dormir pour le pays… Ce n’est pas une question de vie ou de mort pour eux. »
Pourtant, la route semblait toute tracée avec le « Maître chez nous » de Jean Lesage et l’avènement du Parti québécois de René Lévesque. Toutefois, le destin en a décédé autrement, un destin envahi par les tentacules du pouvoir qui ont grugé sournoisement le
« désir de durer », selon les termes de M Beauchemin.
Enfin, je me rallie aux conclusions du sociologue. Il m’apparaît indubitable que PKP a emprunté le chemin de la politique pour faire l’indépendance du Québec sans les tergiversations oiseuses des derniers chefs du PQ…Au Québec de saisir son « moment de vérité. » C’est maintenant ou jamais!
quebechebdo 8 juin 2015
vigile.net tribune libre 8 juin 2015
cyberpresse.ca 10 juin 2015
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7 juin 2015
Quoique le projet de loi 54 ne change pas la nature fondamentale de l’animal en droit civil, il faut lui reconnaître une intention louable dans le fait que son statut passe de « bien meuble » à « un être doué de sensibilité ayant des impératifs biologiques »…un changement important auquel le propriétaire d’un animal devra se conformer dorénavant.
Ce projet de loi marque un pas significatif dans un débat qui dure depuis des décennies au Québec et vient tenter de rectifier en partie une situation non enviable qui fait du Québec la pire province au Canada concernant la maltraitance envers les animaux.
Toutefois, aux yeux de Me Sophie Gaillard, de la SPCA, « on reconnaît symboliquement que les animaux ne sont pas des biens, que ce sont des êtres doués de sensibilité. Néanmoins, toutes les dispositions légales applicables aux biens demeurent applicables aux animaux ; donc, c'est un changement symbolique… » Un changement peut-être symbolique mais qui représente tout de même un pas dans la bonne direction.
quebechebdo 7 juin 2015
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6 juin 2015
En droit civil québécois, le principe veut que le fardeau de la preuve appartienne à celui qui invoque un droit (2803 C.c.Q.). Aux dires de Pierre Karl Péladeau, les hommages qui entourent le décès de l’ancien premier ministre Jacques Parizeau feront progresser les appuis au projet d’indépendance du Québec.
Il n’en fallait pas davantage pour que Philippe Couillard ne saisisse l’occasion de ramener sur le tapis la notion de « fardeau de la preuve » : «Plus le Parti québécois parle de l'indépendance du Québec ou de la séparation du Québec, plus les questions se posent, a-t-il lancé. C'est sur eux, entièrement, que repose le fardeau de la preuve.»
Partant du principe que « le fardeau de la preuve appartienne à celui qui invoque un droit », il me semble que ce principe devrait prévaloir dans les deux directions. En effet, si les souverainistes doivent faire la preuve que la séparation du Québec du Canada sera bénéfique aux Québécois, pourquoi les fédéralistes n’auraient-ils pas le devoir de faire la preuve que le statu quo est la meilleure solution pour les Québécois? En réalité, les fédéralistes n’invoquent-ils pas le droit de demeurer au sein du Canada?
Comprenons-nous bien, il demeure impératif que le Parti québécois entame une sérieuse réflexion sur les motifs pour lesquels l’indépendance est souhaitable pour les Québécois. D’autre part, j’apprécierais que, parfois, les tenants de l’indépendance poussent les fédéralistes à justifier les bienfaits de leur adhésion au ROC.
En agissant de la sorte, le fardeau de la preuve serait partagé équitablement entre les deux options et permettrait aux Québécois de faire un choix plus éclairé pour l’avenir du Québec. Pourquoi, dans les faits, les Québécois ne pourraient pas bénéficier d’un débat sain et progressif sur les avantages et inconvénients des deux options?…Alors que cela m’apparaît tout à fait juste et équitable!
quebechebdo 5 juin 2015 (version abrégée)
vigile.net tribune libre 6 juin 2015
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6 juin 2015
Lorsque Jacques Parizeau s’est retiré de la politique active en octobre 1995, plusieurs ont cru que sa retraite allait le cantonner dans ses quartiers et lui permettre de décanter de la scène politique. Mal leur en prit…
Il fallait mal connaître l’indépendantiste dans l’âme pour penser qu’il deviendrait tout à coup insensible aux tergiversations dans lesquelles se sont embourbés les premiers ministres qui lui ont succédé par rapport à l’article numéro un du PQ. La « belle-mère » ne laisserait sûrement pas son leitmotiv sur l’indépendance du Québec s’affadir au point où il serait relégué en douce dans le placard.
J’ai toujours ressenti une certaine frilosité par rapport à l’appellation de « belle-mère » qui incarne un personnage dérangeant, une connotation péjorative qui décrit une personne qui ne se mêle pas de ses affaires. À ce sujet, c’est Jacques Parizeau qui, aux lendemains du référendum de 1995, déclarait que ce n’était pas parce qu’il avait perdu le référendum qu’il allait cesser de penser…
Et grand bien lui fasse puisque, dans l’hypothèse où Monsieur se serait tu, je me demande sérieusement si un candidat de la trempe de Pierre Karl Péladeau, pour qui, à l’exemple de Jacques Parizeau, l’indépendance du Québec incarne la raison d’être de sa venue en politique, se serait lancé dans un tel défi!
quebechebdo 6 juin 2015
vigile.net tribune libre 6 juin 2015
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5 juin 2015
Je dois l’avouer, je ne suis pas allé souvent au cimetière. Mais ce matin, par une pluie torrentielle, une voix me suppliait d’y aller pour m’assurer que l’épitaphe de mes parents était toujours debout. Je leur devais cela.
Comme tout le monde, j’avais appris que des vandales sans scrupule ni respect pour cet espace sacré avaient saccagé quelque deux cents épitaphes. En me rendant au cimetière, j’étais anxieux. « Comment vais-je réagir si, par malheur, je retrouve l’épitaphe de mes parents à terre? »
J’entre au cimetière et me stationne dans l’allée où mes parents sont enterrés. Je jette un coup d’œil aux alentours. Tout semble normal. Je retrouve finalement l’épitaphe à force de chercher les noms de mes parents presque effacés. Je suis soulagé.
Toutefois, mes pensées se retournent vers ceux qui ont été moins chanceux que moi et qui vivent un tel cauchemar… « Mais quel diable a piqué ces vandales? », se disent-ils probablement, le cœur en chamaille!
quebechebdo 5 juin 2015
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5 juin 2015
Si on se fie aux premières informations du rapport du vérificateur général sur les dépenses au Sénat qui ont filtré jusqu’à maintenant, il semblerait que plusieurs sénateurs, dont certains parmi les plus influents, ont puisé généreusement et indument dans les goussets du Sénat pour éponger leurs dépenses personnelles.
À cet effet, le président de la Chambre haute Leo Housakos, le leader du gouvernement au Sénat Claude Carignan, le leader de l’opposition James Cowan ainsi que le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu ont déjà confirmé qu’ils faisaient partie des sénateurs nommés dans le rapport du vérificateur général Michael Ferguson, attendu le 9 juin. Et comme on pouvait s’y attendre, chacun d’eux a nié ces allégations, chacun y allant d’une preuve attestant la légitimité des dépenses que leur reproche M Ferguson.
Pour sa part, le député néo-démocrate Alexandre Boulerice, dont le parti prône l’abolition du Sénat, a déclaré : « Quand l’arbre est trop malade, il faut l’arracher ». Peut-être que l’institution du Sénat n’est pas à abattre, mais, à mes yeux, elle aurait tout au moins besoin d’un solide émondage !
quebechebdo 5 juin 2015
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4 juin 2015
Aux dires du chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, les hommages qui entourent le décès de l’ancien premier ministre Jacques Parizeau feront progresser les appuis au projet d’indépendance du Québec. Et il ajoute que le rappel des réalisations de M. Parizeau aura un impact favorable sur l’opinion publique.
Toutefois, pour être honnête, il convient de signaler que les grandes réalisations de Monsieur, que ce soit la Caisse de dépôt et de placement ou la Société générale de financement ou la création du Régime d’épargne-action, l’ont été à l’intérieur du contexte fédéral. Un argument que les tenants du fédéralisme auront tôt fait de saisir au bond.
Quoiqu’il soit un peu tôt pour dresser le post-mortem de Monsieur Parizeau, je crois que ce sont ses convictions indéfectibles envers le projet de souveraineté du Québec que retiendront davantage les Québécois, un leitmotiv qui l’a guidé toute sa vie sans déroger d’un iota…Et cela demeurera, à mon sens, un exemple significatif qui pourrait contribuer à insuffler à la cause souverainiste un élan nouveau.
vigile.net tribune libre 4 juin 2015
quebechebdo 4 juin 2015
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