La liberté d’expression

16 mai 2016

Trois mots qui résonnent dans le monde de l’humour depuis quelques jours et qui ont atteint leur paroxysme lors du « Gala les Oliviers ». Une saga déclenchée par le retrait du gala d’un numéro que devaient présenter les humoristes Mike Ward et Guy Nantel. Un numéro qui, aux dires de plusieurs observateurs, ne portait atteinte à la réputation de qui que ce soit.

Toutefois, là où le bât blesse avec le plus d’acuité, c’est le fait que la décision du retrait de ce numéro ait été prise par l’avocat du diffuseur, ce qui m’apparaît déborder outrageusement les compétences et l’expertise du plaignant en la matière. À mon sens, nous sommes devant un cas pathétique où les humoristes risquent d’être littéralement muselés dans les textes présentés sur les scènes de l’humour par des intervenants « frileux » qui ont la gâchette rapide sur la censure.

Nonobstant le triste épisode de Jérémy Gabriel qui faisait preuve d’un manque de respect inacceptable de la part de Mike Ward, il m’apparaît que l’humour, par définition, ne peut s’empêcher d’écorcher au passage quelque personnage public que ce soit pour autant que les basses attaques personnelles en soient exclues. 

En conséquence, tant et aussi longtemps que l’humour respectera les « règles de l’art », nous devons permettre aux humoristes d’utiliser leur « liberté d’expression », à défaut de quoi nous risquons de nous retrouver devant des humoristes attiédis par une censure omniprésente au grand dam des amateurs d’humour!

quebechebdo 16 mai 2016 
vigile.net tribune libre 16 mai 2016
Le Devoir 17 mai 2016 

Uber: Innover dans le respect des lois

15 mai 2016

Les jeunes libéraux, appuyés des militants réunis en congrès, sont montés aux barricades contre le projet de loi 100 du ministre Daoust concernant les règles que devra suivre la multinationale Uber pour être légalement reconnue au Québec. Et, pour justifier leur argumentaire, ils évoquent le fait que le Québec doit être ouvert à l’innovation et faire le pas vers les nouvelles technologies. Grand bien leur fasse!

Toutefois, il m’apparaît pour le moins paradoxal que l’innovation doive primer sur le respect des lois comme si, pour aller de l’avant, il fallait déroger des lois, un principe qui bafoue carrément les règles élémentaires d’une saine démocratie.

Eh bien, pour employer une image, sachez, militants du PLQ, que le « covoiturage » entre l’innovation et le respect de la loi est tout à fait possible, voire même essentiel, si vous désirez légalement donner à l’industrie du taxi un essor bénéfique vers les technologies modernes.

quebechebdi 15 mai 2016
 

Uber: se ranger ou quitter la route

14 mai 2016

La saga opposant Uber à l’industrie du taxi vient de prendre fin grâce au projet de loi massue du ministre des Transports, Jacques Daoust, qui vient de clouer le cercueil du modèle d’affaire de la multinationale. Une juste mise au pas rendue nécessaire par les nombreuses incartades légales d’Uber qui faisait la loi et l’ordre sans coup férir de la part du gouvernement.

Haro sur le « covoiturage urbain » ! Dorénavant, les chauffeurs d’Uber devront être munis d’un permis de taxi, un permis de conduire de classe C, une immatriculation T et avoir réussi un cours de 150 heures. De surcroît, Uber devra récolter la TPS et la TVQ sur chaque course.

Chapeau à Jacques Daoust pour avoir su ramener l’entreprise délinquante dans la légalité, au grand soulagement des chauffeurs de taxi qui étaient carrément pris en souricière dans une compétition déloyale aux allures fanfaronnes de la part d’Uber qui doit maintenant se ranger ou quitter la route !

quebechebdo 14 mai 2016 

La querelle des Anciens et des Modernes

13 mai 2016

À en juger par les appuis qui se prononcent en faveur de Véronique Hivon et d’Alexandre Cloutier, il ne fait aucun doute que nous nous acheminons vers une sorte de « querelle des Anciens et des Modernes », version PQ 2016.

Même si les deux candidats font partie de la relève du PQ, il m’apparaît clair que Véronique Hivon draine avec elle de jeunes députés tandis qu’Alexandre Cloutier rallie des vétérans. Un constat annonciateur d’une campagne à la chefferie dont les débats risquent de tourner entre l’axe traditionaliste du parti d’une part, et son volet innovateur d’autre part.

D’entrée de jeu, je dois avouer que j’éprouve une certaine propension pour les idées de Véronique Hivon dont le style rassembleur augure bien pour une convergence des forces souverainistes, une carte majeure pour l’avenir du mouvement indépendantiste et qui a déjà été déposée sur la table par PKP avant son départ de la vie politique.

En ce qui a trait à Alexandre Cloutier, compte tenu de l’appui dont il dispose, à savoir l’establishment du parti, il n’aura d’autre choix que de suivre la ligne directrice habituelle du PQ dans laquelle il se retrouvera rapidement embourbé dans les méandres de la stratégie référendaire.  

quebechebdo 13 mai 2016 
vigile.net tribune libre 13 mai 2016 "Le duel Hivon-Cloutier"
Le Journal de Québec 15 mai 2016

On a mis quelqu’un au monde…

12 mai 2016

La course à la chefferie du Parti québécois relance, entre autres, le débat sur la nécessaire mobilisation des jeunes autour du projet d’indépendance du Québec, sans lesquels ce grand rêve demeurera lettre morte.

Pourtant, d’après les sondages, les jeunes ne semblent pas se sentir attirés par l’idée de faire du Québec un pays et ce, malgré les nombreux appels lancés par les militants des forces souverainistes. À cet effet, il y a tout lieu de s’interroger sur les causes de ce désintérêt.

À mes yeux, la raison principale expliquant ce phénomène réside dans le fait que les militants de la cause leur présentent un projet « tout cuit » sur lequel ils n’ont jamais été consultés.

Dans cette foulée, la conclusion de la chanson de Serge Fiori « Un musicien parmi tant d’autres » nous laisse sur un message fort révélateur : « On a mis quelqu'un au monde/On devrait peut-être l'écouter ».

quebechebdo 12 mai 2016
 

Comme dans les films!

11 mai 2016

Encore une fois, le doc Mailloux y est allé de ses commentaires, prenant cette fois-ci comme otages les intervenants qui ont fait face au monstre incendiaire de Fort McMurray en Alberta. Du haut de son « expertise » en extinction de feux de forêt, le doc s’exprime en ces termes pour le moins disgracieux » : «En 2016, si vous prenez cette habitude-là de laisser brûler des feux au Québec, mes imbéciles, vous allez vous le faire dire! Avez-vous bien compris? Les imbéciles! Laissez courir des feux! Faut tu être innocent? 2016!»

Et, pour ajouter le ridicule à l’insulte, notre expert appuie son argumentaire sur le scénario de films dans lesquels un incendie s’est déclaré au-dessus d’un puits de pétrole. Eh bien, M. Mailloux, et de un les films ne sont pas toujours le reflet de la réalité. Et de deux, je vous rappelle que la catastrophe s’est répandue dans une forêt boréale à la vitesse de l’éclair.

En bref, le doc Mailloux, comme il lui arrive souvent, a perdu une belle occasion de se taire au lieu de déblatérer sur le travail acharné de pompiers qui, eux, n’incarnaient pas des personnages de films mais des experts aux prises avec la vraie vie!

quebechebdo 11 mai 2016

Hivon: priorité sur la convergence

11 mai 2016

Il ne s’est pas passé beaucoup de temps après sa mise en candidature officielle à la chefferie du PQ pour que Véronique Hivon se fasse assaillir par les médias sur sa position référendaire.

Or, l’argumentaire de Mme Hivon mérite qu’on s’y arrête sérieusement. En effet, quelle crédibilité aurait-elle dans un processus de convergence des forces souverainistes si elle proposait d’emblée une idée toute faite de démarche référendaire ? Ce serait tout de même incohérent si, du haut de son piédestal, Mme Hivon déclarait : « Voici la seule et unique bonne voie à suivre et arrêtez les efforts de convergence parce que moi, j'ai trouvé la bonne formule ».

C’est le Renard qui répondait à la question du Petit Prince sur la signification du verbe « apprivoiser » en ces termes : «  Ça signifie « créer des liens »…C’est le temps que tu prends pour ta rose qui fait que ta rose est si importante ». Dans cette dynamique, c’est le temps que mettra Véronique Hivon à « créer des liens » avec les forces souverainistes que l’indépendance du Québec prendra de l’importance.

quebechebdo 11 mai 2016
vigile.net tribune libre 13 mai 2016 "Le duel Hivon-Cloutier"

Le « mirage référendaire » selon Legault

10 mai 2016

Encore une fois, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, lance un appel au rassemblement des forces nationalistes pour mettre fin au monopole libéral et « construire un Québec plus fort à l'intérieur du Canada.» Et, parallèlement à cette stratégie, il en profite pour écorcher au passage ce qu’il appelle le « mirage référendaire » du Parti québécois qui, selon ses dires, fait les choux gras du Parti libéral du Québec.

Or, le plus aberrant dans l’argumentaire de François Legault réside dans le fait qu’il utilise la même médecine qu’il reproche au PLQ pour mousser le membership de la CAQ en alléguant qu’« une claire majorité de Québécois ne souhaite pas la tenue d'un référendum sur la souveraineté du Québec.»

M. Legault, je comprends que vous êtes à la recherche d’un créneau pour vendre votre idée de nationalisme qui, soit dit en passant, a frappé le mur du fédéralisme centralisateur à plusieurs occasions dans les dernières décennies, mais, je vous en prie, changez de cassette…votre message ne passe pas !

quebechebdo 10 mai 2016

 

Véronique Hivon, la rassembleuse

9 mai 2016

Parmi les synonymes à « rassembleur » évoqués dans divers dictionnaires, on retrouve le mot « unificateur », celui ou celle qui unit les forces en présence, qui rassemble autour d’un projet commun. Or, dans le dossier sur l’aide médicale à mourir, nul ne peut contester le tact et la diplomatie déployés par la députée de Joliette, Véronique Hivon, pour en arriver à obtenir l’unanimité sur un sujet aussi délicat.

Dans cette ligne de pensée, je suis d’avis que le prochain chef du Parti québécois devra plus que jamais rallier non seulement la confiance des militants indépendantistes mais aussi des souverainistes tièdes qui n’attendent que la détermination et la conviction du futur chef pour faire le saut au sein du PQ.

Aujourd’hui, Mme Hivon se dit prête à « voler de ses propres ailes », une déclaration à laquelle je prête foi sans réserve concernant son intention de briguer la succession de Pierre Karl Péladeau qui lui a d’ailleurs confié, avant son départ, le dossier de la convergence des forces souverainistes, un leitmotiv que M. Péladeau avait placé dans ses
priorités.

Bien que les idées de Véronique Hivon sur la démarche souverainiste ne soient pas encore très explicites, je suis prêt à lui donner mon appui au fil de départ, dans la foulée du député de Labelle et président du caucus, Sylvain Pagé, qui affirme reconnaître en Véronique Hivon quelqu’un qui « recherche cette politique qui n’est pas celle de la confrontation, mais celle de la collaboration ».

Dans l’épineux dossier sur la convergence des forces souverainistes sans lequel le démarche vers l’indépendance du Québec est vouée à l’échec, je suis convaincu que la qualité reconnue de rassembleuse de Véronique Hivon constitue un atout incontournable…Une propension naturelle qui fait de Mme Hivon une candidate de haut calibre.

quebechebdo 9 mai 2016
vigile.net tribune libre 9 mai 2016

Les rejets du Parlement

9 mai 2016

À deux députés d’être reconnu officiellement comme un parti au Parlement fédéral, les dix députés du Bloc québécois sont systématiquement ignorés dans les processus de consultation parlementaire sur les projets de loi.

À titre d’exemple patent, le député de La Pointe-de-l’Île, Mario Beaulieu, s’est fait refuser l’entrée sur un dossier qu’il a lui-même soulevé en Chambre, à savoir la situation des réfugiés haïtiens et zimbabwéens menacés de déportation. «Il y a un comité spécifiquement là-dessus et je ne peux même pas y aller comme observateur. C'est vraiment pitoyable», soulève à raison M. Beaulieu.

Il y a là quelque chose de mesquin envers les dix élus du parti chargé de faire entendre la voix du Québec à Ottawa. Les députés du Québec sont bassement traités comme des rejets alors que notre premier ministre Justin Trudeau clame haut et fort la belle unité canadienne…Foutaise! 

quebechebdo 8 mai 2016
Le Journal de Québec 9 mai 2016