La culture du viol

27 octobre 2016

Dans l’expression « culture du viol », le terme « culture » n’est pas banal puisque toute forme de culture est enracinée dans les us et coutumes d’une société. Globalement, la culture du viol décrit un phénomène voulant que la société blâme les victimes d'agressions sexuelles et normalise la violence sexuelle. Divers phénomènes sont montrés du doigt lorsqu'on évoque la culture du viol. On parle, entre autres, de banalisation des violences sexuelles, de comportements inadéquats tolérés par la société, de conséquences insuffisantes imposées aux agresseurs, de la culpabilisation des victimes ou encore de leurs témoignages qui sont discrédités.

Un ensemble de facteurs qui démontrent à quel point le phénomène ratisse large et nous confrontent à la dure réalité sociale d’un malaise dont on ne peut ignorer, voir bafouer, l’existence. Les dernières dénonciations d’agressions sexuelles survenues à la suite des événements survenus à l’Université Laval, liées à celles d’Alice Paquet contre Gerry Sklavounos, ont suscité, à n’en pas douter, un mouvement d’appui qui ne doit pas demeurer sans suite.

Conséquemment, les citoyens sont appelés, non seulement à prendre acte de cette culture du viol, mais surtout à appuyer le mouvement des femmes qui a pris une ampleur considérable depuis quelques jours…C’est une question qui doit nous interpeller et nous mobiliser au plus haut point en tant que citoyens responsables d’une saine démocratie.

quebechebdo 27 octobre 2016

« La maison est en ordre »

26 octobre 2016

Il est tout de même fascinant d’entendre avec quelle « fierté » le ministre des Finances, Carlos Leitao, annonce aux Québécois que le gouvernement libéral a pu dégager un surplus budgétaire de 2,2 milliards de dollars au cours de l'exercice financier 2015-2016.

« La maison est en ordre », soutient le ministre, avec la satisfaction du devoir accompli. Soit! Mais à quel prix? Et surtout au moyen de quelles mesures? La réponse est claire, le surplus budgétaire présenté par Carlos Leitao provient directement des coupures drastiques que ce gouvernement est venu chercher dans les poches des contribuables au cours des deux dernières années.

En termes clairs, le ministre des Finances redonne aux contribuables québécois les ponctions scandaleuses qu’il a réalisées dans les services directs à la population, notamment en santé et en éducation. Et, pour ajouter la cerise sur le sundae, M. Leitao se targue d’annoncer des augmentations des dépenses en éducation et en santé.

Quelle belle illustration de l’image d’un « bon gouvernement » derrière lequel se cachent deux années de « vaches maigres » qu’ont dû supporter, à titre d’exemples, les élèves en difficulté et les personnes âgées. Et aujourd’hui, Carlos Leitao voudrait qu’on le remercie pour ses « largesses »?…Quelle farce grotesque! 

quebechebdo 26 octobre 2016    

Madame la Présidente

24 octobre 2016

À moins d’un miracle, Hilary Clinton deviendra la première femme Présidente des États-Unis. C’est du moins ce que nous révèle une enquête d’opinion publiée par CBC News qui donne 12 points d’avance à la candidate démocrate. Un écart substantiel qui prouve hors de tout doute la descente vertigineuse du milliardaire Donald J. Trump, notamment à la suite des allégations d’attouchements sexuels des dernières semaines.

À mon sens, cette avance d’Hilary Clinton ne représente que le retour au gros bon sens des Américains devant le triste spectacle d’un homme déchu dont les frasques n’ont cessé de remplir les pages des médias depuis le début de cette longue course à la présidence, et ce, malgré le fait que le candidat républicain, envers et contre toute attente, ait réussi à se maintenir au coude à coude avec Hilary Clinton tout au cours de cette interminable campagne.

Quoique Mme Clinton ait dû surmonter les critiques dans le dossier sur certains courriels compromettants, les citoyens de l’Oncle Sam se rallient de plus en plus à elle au fur et à mesure où l’échéance du 8 novembre approche…À mes yeux, il m’apparaît évident que ce qui ressemblait à un conte de fée relativement à la « popularité » de Donald Trump s’est métamorphosé en chant du cygne pour faire place à l’élection de la future Présidente des États-Unis d’Amérique.

quebechebdo 24 octobre 2016
 

Le consentement

23 octobre 2016

« Qui ne dit mot consent » nous dit l’adage bien connu. Eh bien, ce n’est manifestement pas le cas en droit qui statue que « le silence n’est pas un consentement », lequel est « un accord libre et éclairé à une activité sexuelle » et qu’il « doit être donné au début de l’activité sexuelle et à tout moment ».

Interrogée sur la question du consentement à l'émission 24/60, Alice Paquet confie ceci à Anne-Marie Dussault : « [La police] a posé la question à savoir si le "non" avait été dit clairement. Non, je ne sais pas si je l'ai dit clairement. Je ne sais pas. Je sais qu'à ce moment-là, je n'étais pas bien dans la relation sexuelle et que je voulais partir. »

Sans être un expert en droit, il m’apparaît que la notion de consentement sera au centre de la preuve et constituera la pierre angulaire autour de laquelle sera jugée la crédibilité d’Alice Paquet dans l’affaire qui l’oppose au député Gerry Sklavounos.

Bien des questions demeurent sans réponse concernant le récit des événements auquel s’est livrée la victime présumée, notamment sur les motifs pour lesquels elle s’est rendue une deuxième fois dans la chambre du député après qu’elle aurait été victime d’agressions sexuelles lors d’une première visite.

À mon sens, les arguments d’Alice Paquet devront « être coulés dans le béton » si elle ne veut pas vivre à la barre des témoins les « contradictions » qui ont permis d’innocenter Jian Ghomeshi dans l’affaire qui l’opposait à des présumées victimes d’agressions sexuelles…

quebechebdo 23 octobre 2016
vigile.net tribune libre 23 octobre 2016

David contre Goliath

22 octobre 2016

En écoutant l’entrevue accordée à Anne-Marie Dussault par la jeune Alice Paquet qui soutient avoir été agressée sexuellement par le député libéral Gerry Sklavounos, j’ai été étonnée à la fois par son courage d’une part, et par la fragilité qui se dégageait de son attitude d’autre part.

Toutefois, je n’ai pu rester insensible, malgré quelques hésitations de sa part, à la sincérité de ses propos au moment où elle tentait de raconter les événements qui auraient   entouré ces tragiques péripéties autour des agressions sexuelles dont elle aurait été victime. Aux yeux d’Alice Paquet, le message est clair : « Quand je suis montée au micro pour le dire, c'était vraiment comme un élan du cœur pour être solidaire envers les survivantes de ce qui s'est passé aux résidences de l'Université Laval, mais c'était surtout pour lancer un message de dénoncer l'agresseur ».

Quant au présumé agresseur, le député de Laurier-Dorion persiste à clamer son innocence dans toute cette affaire tout en ajoutant du même souffle qu’il allait se battre pour « blanchir sa réputation ».

Alice Paquet s’est lancée dans une odyssée où les écueils risquent d’être fort périlleux sur sa route. Quoi qu’il en soit, dans l’hypothèse où cette saga s’avérait véridique, j’ose espérer que David aura le courage et l’adresse d’abattre Goliath de sa « fronde ».

quebechebdo 22 octobre 2016
​vigile.net tribune libre 23 octobre 2016
 

Agressions sexuelles

21 octobre 2016

Deux mots qui sont sur toutes les lèvres depuis quelques mois, les dernières sur la liste référant aux agressions sexuelles dénoncées par une quinzaine de femmes sur le campus de l’Université Laval. Depuis l’affaire Jian Ghomeshi, un phénomène nouveau est apparu en rapport avec les agressions sexuelles, à savoir qu’elles sont maintenant plus souvent étalées au grand jour, pour le plus grand bien de l'intégrité physique et psychologique des femmes et de leur sécurité. Et, pour ajouter à cette peste morbide, dans la foulée des événements de l’Université Laval, une jeune femme est venue témoigner sur l’agression sexuelle dont elle aurait été victime de la part d’un député de l’Assemblée nationale.

À cet effet, plusieurs commentateurs et experts se sont prononcés sur cette question ces derniers jours et tous s’entendent sur le caractère condamnable de tels comportements. Il faut donc saluer le courage de ces femmes qui se sont ouvertes sur un pan dramatique de leur vie et encourager toutes celles qui ont vécu de telles atrocités à suivre leur voie en leur manifestant notre appui dans leur décision d’aller de l’avant dans leur dénonciation.

quebechebdo 21 octobre 2016
Le Journal de Québec 28 octobre 2016

Blais hanté par Hamad

20 octobre 2016

Le départ précipité de Sam Hamad au printemps dernier à titre de ministre responsable de la Capitale-Nationale, remplacé par le ministre François Blais, semble avoir laissé des relents d’inconfort au sein de la population de Québec même si, dans son rapport d'enquête, le commissaire à l'éthique a conclu que M. Hamad avait contrevenu aux valeurs de l'Assemblée nationale.

Qu’à cela ne tienne, dans le dossier sur la composition du Conseil consultatif sur l’économie, M. Hamad a vite réagi aux médias, une attitude qui avait de quoi nous rappeler l’époque où il était le ministre responsable de la Capitale-Nationale. Quant à François Blais, il m’apparaît évident que son leadership n’est pas au rendez-vous et que l’irréductible Sam demeure le protecteur privilégié des citoyens de la Ville de Québec.

À n’en pas douter, l’aura de Sam Hamad continue d’exercer son pouvoir d’attraction malgré les frasques auxquelles il s’est adonné. En réalité, il appert que nous assistons à une victoire de David sur Goliath, version moderne!

quebechebdo 20 octobre 2016
 

Le manque de leadership de Denis Brière

19 octobre 2016

À n’en pas douter, le recteur de l’université Laval, Denis Brière, n’affectionne pas particulièrement les rencontres avec les journalistes, ses réponses à leurs questions étant éludées au profit d’un plaidoyer sur la raison de son silence à propos de la crise qui frappe le campus, alléguant le fait qu’il n’a pas voulu s’immiscer dans l’enquête en cours…Soit!

Toutefois, il m’apparaît tout de même étonnant que le recteur Brière ne se soit pas manifesté avant le 18 octobre en tant que premier responsable du campus universitaire pour rassurer les résidents et la population sur les mesures de sécurité qui avaient été prises pour contrer la crise et ce, dès le début de ces événements pour le moins troublants en rapport avec des cas de harcèlements à connotation sexuelle qui se sont produits le 15 octobre.

Sans endosser l’argumentaire de la banalisation des événements de la part de M. Brière comme certains observateurs l’ont soulignée, je suis d’avis que le recteur a nettement manqué de leadership dans toute cette histoire et que son argumentaire ne tient absolument pas la route dans le contexte d’une crise majeure qui aurait justifié sa présence dès le début des événements.

quebechebdo 19 octobre 2016
 

Alliance PQ-QS, une utopie

18 octobre 2016

Je ne comprends pas pourquoi le nouveau chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, s’obstine à tenter d’obtenir une alliance avec Québec solidaire (QS) dans l’intention de présenter un seul candidat dans Verdun, un château fort libéral depuis des décennies, compte tenu, entre autres, que les deux partis n’ont jamais démontré aucune forme de sympathie l’un envers l’autre.

Et ce n’est surement pas le report, par le nouveau chef péquiste, de tout processus d’accès à l’indépendance du Québec dans un deuxième mandat d’un gouvernement péquiste qui ranimera la flamme avec les têtes dirigeantes de QS, même si, à mes yeux, le parti de Françoise David et d’Amir Khadir est un parti social-démocrate de gauche provincialiste.

Conséquemment, je suis d’avis que Jean-François Lisée devrait abandonner cette idée utopique d’alliance avec QS et se concentrer sur la mobilisation des électeurs de Verdun autour de son candidat…Une stratégie davantage démocratique et qui évite les entourloupettes partisanes qui ne font que contourner le processus électoral établi.

quebechebdo le 18 octobre 2016
 

Il parle avec les morts

17 octobre 2016

« Ah si mon père vivait encore aujourd’hui, je crois qu’il se retournerait dans sa tombe ! » Une réaction spontanée qu’il m’est arrivé assez souvent d’utiliser dans certaines situations où j’ai « imaginé » mon père toujours vivant. Oui, « imaginé », car, dans les faits, comment puis-je être sûr qu’il aurait agi comme je le pense dans telle situation ?

Ainsi en est-il de la dernière « communication secrète » de Lucien Bouchard avec René Lévesque sur la position actuelle du PQ sur la question identitaire. Comment M. Bouchard peut-il affirmer que René Lévesque dénoncerait cette position alors que, dans les faits, dès 1970, M. Lévesque vantait les vertus du ministère de l’immigration du Québec qui nous protégeait d’une entrée massive des immigrants ?

Avec le temps, j’ai appris à me méfier de ceux qui « parlent avec les morts », conscient que ces « conversations » tiennent purement du « fantastique » et qu’elles n’ont aucun fondement de vérité compte tenu que l’interlocuteur est décédé et que, par conséquent, il ne peut nous lancer sa réplique ! 

quebechebdo 17 octobre 2016