Le phénomène Safia

4 novembre 2016

À n’en pas douter, la révélation musicale de l'année au Québec, Safia Nolin, provoque autour d’elle des réactions qui vont du dénigrement à l’éloge en passant par la satire. C’est ainsi qu’elle est passée d’une pluie de critiques acerbes au Gala de l’ADISQ relativement à son « accoutrement négligé » et à son langage cru, à un accueil débordant d’enthousiasme lors de son spectacle au Cercle dans le quartier Saint-Roch à Québec. Fidèle à elle-même, Safia s’est présentée sur la scène du Cercle, vêtue d’un jean, d’une chemise à carreaux et d’une tuque, accueillie par une foule chaleureuse.

Mais d’où vient cet engouement pour la jeune artiste de 24 ans, issu du quartier Limoilou à Québec? D’où émane ce charisme communicatif auprès de ses fans? À mon avis, les réponses à ces questions se retrouvent en grande partie dans la simplicité et le naturel qui se dégagent de Safia Nolin. Ce que je qualifierais d’une « belle candeur » à laquelle son public adhère inconditionnellement.

En fait, tout le contraire de ces artistes pour qui l’aspect « glamour » de la personne joue un rôle primordial et qui, en réalité, n’arrivent pas à susciter le mouvement de sympathie essentiel qui doit s’exercer entre l’artiste et son public. Safia Nolin, un phénomène de la nature qu’il fait bon voir sur scène…et qui ne laisse personne indifférent!

quebechebdo 4 novembre 2016
 

La boîte de Pandore

3 novembre 2016

Vingt-quatre heures après avoir appris que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ait épié les informations qui circulaient sur le système de communication du chroniqueur Patrick Lagacé, nous apprenons que la Sureté du Québec (SQ) a obtenu des mandats qui permettaient aux policiers de la SQ d'obtenir le registre des appels entrants et sortants des téléphones de six journalistes en 2013.

Une intrusion éhontée dans le travail professionnel de ces journalistes pour qui leurs sources incarnent la pierre d’assise de leurs enquêtes et qui entre de plein fouet dans le principe inaliénable de la liberté de presse. Une pratique aux allures de cinéma policier de bas étage dans lequel les journalistes sont carrément pris en otages par les corps policiers.

Au rythme où les événements évoluent, il ne faudra pas se surprendre qu’une boîte de Pandore ait été ouverte et que d’autres cas semblables ne soient révélés dans les prochains jours et semaines.

En attendant, la classe journalistique, sous le choc à la suite de ces révélations, se mobilise afin de réagir dans les meilleurs délais devant ce phénomène scandaleux à laquelle elle est confrontée…Je ne peux que souhaiter que, dès maintenant, nos décideurs resserrent les mécanismes de contrôle relatifs à ces pratiques d’écoute électronique qui mettent en péril les fondements mêmes de notre démocratie.   

quebechebdo 3 novembre 2016  
​vigile.net tribune libre 4 novembre 2016           

Goldwater sur la sellette

2 novembre 2016

En tenant des propos sexistes envers les hommes à Tout le monde en parle et à Salut, Bonjour!, l’avocate Anne-France Goldwater n’en était pas à ses premières frasques grossières sur les médias. Pas davantage que les nombreuses poursuites auxquelles elle a dû faire face depuis le début de sa carrière, notamment sur sa tenue vestimentaire qui laisse parfois deviner sa poitrine volumineuse.

Cette fois-ci, Me Goldwater s’est attaquée à la gent masculine en déclarant que « les hommes sont des agresseurs » et que « les garçons, on leur enlève les couches à 30 ans ». une assertion mesquine et de bas étage considérée sexiste par deux avocats, Me Pierre-Marc Boyer et Me Marc-Antoine Desjardins, qui ont décidé de porter plainte contre l’avocate en alléguant que les propos de Goldwater auraient porté atteinte à la dignité des hommes.

Je ne crois pas que quelqu’un, un jour, réussira à changer les comportements et les allégations provocateurs de la « colorée » Anne-France Goldwater. Toutefois, il m’apparaît qu’un minimum de décorum devrait entourer l’enceinte d’une cour de justice. Et cela, Me Goldwater ne semble manifestement pas le respecter. En ce qui a trait à ses propos disgracieux envers les hommes, Anne-France Goldwater, en entretenant de tels préjugés sur les médias, ne fait que se dévaloriser aux yeux du public…

quebechebdo 2 novembre 2016
 

« Toutes le règles ont été suivies »

2 novembre 2016

Une phrase passe-partout utilisée par le directeur du service de police de Montréal (SPVM), Philippe Pichet, pour prouver la crédibilité de sa demande d’écoute électronique de Patrick Lagacé au juge de paix, Josée de Carufel.

Mais, de fait, de quelles règles s’agit-il ? La juge était-elle au courant de ces règles ou s’est-elle fiée à la bonne foi du directeur du SPVM ? Des questions qui demeurent sans réponse. Pourtant, nous ne sommes pas devant un cas bénin. Bien au contraire, la liberté de presse et la protection des sources journalistiques sont en jeu.

À mes yeux, le législateur doit de facto saisir la balle au bond et mettre en place des procédures davantage contraignantes à un juge lorsqu’il fait face à une demande pour espionner un journaliste ou pour découvrir ses sources… Il en va du maintien d’une saine démocratie !

quebechebdo 2 novembre 2016
 

Courriels vs harcèlements sexuels

2 novembre 2016

La campagne à la présidence des États-Unis en est à son dernier droit et force est de constater que les derniers propos en lien avec les deux candidats retiennent l’intérêt de l’électorat américain. Je veux parler des dernières allégations de harcèlements sexuels de Donald Trump et de la saga des courriels compromettants d’Hillary Clinton.

Chacun des deux clans n’a de cesse de frapper sur le clou de l’adversaire dans l’espoir de faire tourner le vent en sa faveur. Nous en sommes à la conclusion d’une tragi-comédie dans laquelle il faut couronner le « moins pire » des deux prétendants « au trône ». Celle qui a eu la maladresse d’utiliser un serveur privé pour échanger des informations d’État confidentielles ou celui pour qui la femme-objet semble un mode de vie?

Dans ces circonstances pour le moins inhabituelles dans le cadre d’une campagne présidentielle, les Américains doivent déterminer lequel des deux candidats est le plus « présidentiable »… ou le moins compromettant. Un choix entre le moins pire des deux mondes. Quel scandale allégué sera le moins préjudiciable aux yeux de l’électorat? Les courriels ou les harcèlements sexuels?

Le Journal de Québec 2 novembre 2016

Le FBI derrière Trump?

31 octobre 2016

Il y a quelque chose d’inusité dans le fait que le directeur du FBI, James Comey, a ressorti de ses tiroirs, onze jours avant l’élection, une autre série de courriels « compromettants » eu égard à Hilary Clinton. D’autant plus que rien, jusqu’à présent, ne soit l’objet d’une possible inculpation contre Mme Clinton puisque le FBI n’a pas encore pris connaissance de ces courriels, un mandat de perquisition séparé pour les examiner devant lui être émis au préalable.

Quoi qu’il en soit, cette nouvelle « bombe » aux allures de pétard mouillé semblable aux révélations précédentes de d’autres courriels supposément compromettants qui se sont retrouvés lettres mortes, a eu un effet négatif dans les derniers sondages pour la représentante démocrate qui a vu son avance fondre de quelque 5% des intentions de vote selon la moyenne des récents sondages.

Si on ajoute à ce « curieux timing » le fait que la politique du ministère de la Justice, auquel est rattaché le FBI, a toujours eu comme tradition de ne pas interférer avec une élection, onze jours avant la date butoir, vous avez tous les ingrédients pour mijoter un complot déguisé en défaveur de Mme Clinton…Comme quoi cette campagne, dans son ensemble, sera perçue dans les annales comme l’une des plus viles et des plus perfides de l’histoire politique américaine!

quebechebdo 31 octobre 2016
 

Projet de loi 62

30 octobre 2016

Aux yeux de l’ex-députée libérale de La Pinière Fatima Houda-Pepin, « le projet de loi 62 est à reprendre ». Puis, s’adressant à la ministre de la Justice Stéphanie Vallée, « si vous voulez faire oeuvre utile, il doit être réécrit, pas pour le Parti libéral, pas pour le PQ ni pour la CAQ, mais pour le Québec ».

À mon sens, Stéphanie Vallée fait preuve de laxisme et de naïveté lorsqu’elle qualifie le tchador, le niqab et la burka de simples « morceaux de linge » alors que, dans les faits, ces pièces de vêtements incarnent une forme d’asservissement de la femme islamiste et vont nettement à l’encontre de l’égalité homme-femme.  

Il m’apparaît clair que le gouvernement Couillard marche sur des œufs dans ce dossier et qu’il ne désire pas froisser outre mesure une partie de son électorat privilégié. De surcroît, il convient de se rappeler que le bon docteur Couillard a vécu un séjour prolongé en Arabie saoudite, une expérience qui a vraisemblablement laissé des traces « bénéfiques ». 

Le 3 septembre 2013, le Parti libéral du Québec prenait l’engagement d’inscrire le principe de la neutralité religieuse de l’État dans la charte québécoise des droits. Trois ans plus tard, les dés ont changé. Le PLQ nous présente aujourd’hui un projet de loi timide, voire laxiste, sur les accommodements religieux. En termes clairs, l’éléphant a accouché d’un œuf de mouche.

quebechebdo 30 octobre 2016
Le Journal de Québec 31 octobre 2016
 

Le moindre mal

29 octobre 2016

À lire et à entendre les commentaires contraignants entourant le passé des deux candidats à la présidence des États-Unis, les Américains doivent se demander où ira leur choix…Dans les faits, plus l’échéance du 8 novembre approche, plus le doute risque de faire surface dans la tête de l’électorat qui devra poser son X devant le nom du candidat incarnant la solution du moindre mal au moment de voter.

Autrement dit, un vote par la négative…Une triste situation qui ne fait que refléter la campagne de salissage à laquelle les deux candidats se sont adonnés au détriment des idées!

quebechebdo 29 octobre 2016 

GND blanchi

28 octobre 2016

Quoique ayant été un fervent défenseur de la cause des carrés rouges lors de la crise étudiante de 2012, je dois avouer que je suis surpris de la décision de la Cour suprême de blanchir Gabriel Nadeau-Dubois dans la saga qui l’opposait à Jean-François Morasse relativement à des allégations d’outrage au tribunal reliées à une déclaration de GND à RDI le 13 mai 2012.

Là où le bât blesse avec le plus d’acuité réside dans le fait que la décision majoritaire de la Cour suprême repose sur le fait que Gabriel Nadeau-Dubois n'avait pas nécessairement une connaissance spécifique de l'injonction obtenue par M. Morasse, soulevant un doute raisonnable sur l'outrage au tribunal, le même argumentaire soulevé par la Cour d’appel qui avait renversé au préalable la décision de culpabilité de la Cour supérieure.

En réalité, comment l’avocat d’un présumé coupable peut-il invoquer l’ignorance d’une injonction publique pour justifier son innocence malgré la violation de la dite injonction? Une question qui, selon moi, porte carrément à confusion dans mon esprit. Enfin, en tant que profane en droit, je constate que l’application d’une injonction à ses raisons que la raison ne connaît pas!

quebechebdo 28 octobre 2016
​Le Devoir 29 octobre 2016
 

La cause avant le parti

28 octobre 2016

« Puisque le Parti Québécois a été créé pour réaliser l’indépendance du Québec et que tous les candidats à la chefferie, sauf Martine Ouellet, ont décidé d’abandonner le projet dans le but de se faire élire, est-ce que quelqu’un pourrait me dire à quoi servira désormais le PQ si Lisée, Plamondon ou Cloutier parviennent à se faire élire ? »

Entrée en matière de l’article de Jean-Jacques Nantel publié sur cette tribune le 3 octobre sous le titre « Si Ouellet perd, le PQ ne sert plus à rien ! » et qui a reçu jusqu’à aujourd’hui plus de 3000 visiteurs et recueilli 30 messages.

Une question qui peut sembler brutale à prime abord mais qui n’en est pas moins porteuse d’un message clair, à savoir la raison d’être du Parti québécois, soit l’accession du Québec à son indépendance.

Près d’un demi-siècle s’est écoulé depuis les premiers balbutiements du mouvement souverainiste québécois. L’effervescence a pris de l’ampleur telle une trainée de poudre et a atteint son paroxysme avec l’élection d’un premier gouvernement péquiste en 1976 dont nous célébrons cette année le 40ième anniversaire.

Depuis lors, et particulièrement depuis le second référendum sur l’indépendance du Québec en 1995, la ferveur nationaliste s’est vue atténuée peu à peu et reléguée petit à petit derrière des stratégies emberlificotées du petit pas, telles l’étapisme de Claude Morin, les conditions gagnantes de Lucien Bouchard et la gouvernance souverainiste de Pauline Marois

Récemment, les membres du PQ avaient l’occasion de se donner un chef qui prônait la tenue d’un référendum dès le premier mandat d’un gouvernement péquiste. Mais, leur choix s’est tourné vers un candidat dont le leitmotiv de la campagne à l’investiture à la chefferie du PQ proposait le report d’un référendum en 2022…Une éternité en politique particulièrement lorsque le projet souverainiste oscillera autour de la cinquantaine à ce moment-là !

Pour reprendre les paroles de Jean-Jacques Nantel, « Quoi de plus efficace, en effet, que de se servir du travail gratuit des militants indépendantistes pour retarder l’indépendance suffisamment longtemps pour que l’immigration massive l’ait rendue totalement impossible ?
Le problème avec ce petit raisonnement machiavélique, c’est qu’il ne tient pas compte du haut-le-coeur généralisé que ressentent désormais les électeurs devant le cynisme des politiciens qui ne cessent d’insulter leur intelligence ».

C’est Bernard Landry qui a clamé tout au cours de sa carrière politique : « La cause avant le parti et le parti avant l’homme ». Eh bien, pour une énième fois, les membres du PQ ont opté pour le parti au détriment de la cause…dont on reparlera plus tard !

quebechebdo 25 octobre 2016 (version abrégée)
vigile.net tribune libre 27 octobre 2016