Le cellulaire au volant

22 février 2017

L’être humain est ainsi constitué qu’il pousse les limites de l’interdit tant que la loi lui en laisse la possibilité. Ainsi en est-il de l’utilisation du cellulaire au volant qui cause maintenant presque autant de décès que la conduite en état d’ébriété. Les experts sont confondus quant aux moyens de pallier ce fléau qui cause la mort de plusieurs personnes annuellement au Québec.

Les campagnes de sensibilisation SAAQ anti texto, quoique bien orchestrées, ne semblent pas changer les habitudes de nombreux mordus du cellulaire au volant qui persistent à continuer de l’utiliser. À mon avis, seules des mesures coercitives viendront à bout de ce danger public, notamment l’augmentation du nombre de points d’inaptitude de 4 à 9, l’ajout de l’infraction au code criminel au même titre que la conduite avec des facultés affaiblies, ou la confiscation du permis de conduire pour une période prédéterminée par la loi.

Les conducteurs ont utilisé leur cellulaire au volant bien avant que l’on considère que cette habitude ne soit reconnue comme dangereuse. Le défi consiste maintenant à faire marche arrière et à changer les habitudes des conducteurs. À cet effet, un petit calcul fort intéressant nous apprend qu’une demi-seconde à une vitesse de 100 km/h équivaut à un parcours de 14 mètres sans regarder la route…Révélateur, n’est-ce pas?

Le Journal de Québec 21 février 2017
 

Futurs profs sur la sellette

22 février 2017

Le rapport d’une étude sur les lacunes des futurs enseignants concernant la maîtrise de la grammaire me laisse pantois. En effet, comment se fait-il qu’un éventuel candidat à l’enseignement du français ait besoin d’un nombre de reprises « illimité » au Test de certification en français écrit pour l’enseignement (TECFEE) pour arriver à obtenir son autorisation d’enseigner?

À prime abord, force est de constater que la grammaire française est pour le moins « capricieuse » et qu’elle mérite d’être traitée avec sérieux et méthodologie. Et, pour y arriver, encore faut-il que les maîtres appelés à l’enseigner aient la formation requise, un prérequis indispensable.

En second lieu, il m’apparaît aberrant que les futurs profs puissent bénéficier d’un nombre de reprises illimité, une pratique laxiste qui banalise de façon outrancière l’importance accordée au TECFEE. En termes clairs, le candidat est placé en situation où il finira par réussir…un jour, ce qui ne lui confère pas automatiquement les compétences pour enseigner le français.

En bref, la solution se retrouve en amont, à savoir dans les cours de français au secondaire et au cégep où la grammaire doit retrouver ses lettres de noblesse, à défaut de quoi le jargon grammatical utilisé dans les médias sociaux risque de reléguer aux oubliettes les phénomènes grammaticaux qui régissent notre belle langue française.

quebechebdo 21 février 2017

 

Chapeau à Joé Juneau

19 février 2017

Alors que son programme de développement des jeunes par le hockey au Nunavik a perdu une importante subvention qui permettait de former des équipes d'élite pour venir compétitionner plus au sud, l’inlassable Joé Juneau persiste et signe : persévérer pour trouver des moyens de continuer à permettre aux jeunes de développer des aptitudes sociales en pratiquant le hockey.

Cette persévérance, qui a toujours constitué la pierre angulaire de son implication, il la communique aux jeunes qu’il côtoie. « Depuis 11 ans, je vois des jeunes qui découvrent la persévérance par le sport, l'estime de soi, la confiance, le respect des règles et de l'autorité. C'est comme cela qu'ils deviennent tenaces dans leur progression. C'est comme cela que leur vie change ».

Pour ces jeunes du Nunavik, retirés dans le Nord du Québec, Joé Juneau incarne la réussite, un homme de conviction qui ressort de l’ordinaire et auquel ils font entièrement confiance. « Je n'ai pas l'intention de laisser tomber les jeunes », conclut-il…Chapeau à vous, M. Juneau, pour communiquer à ces jeunes le goût de se dépasser en leur inculquant les vertus bénéfiques de la persévérance!

quebechebdo 19 février 2017
 

Du bonbon pour Couillard

18 février 2017

La saga opposant Gérard Bouchard au premier ministre Philippe Couillard concernant le projet de loi régissant le port des signes religieux ostensibles pour les juges, les procureurs de la Couronne, les policiers et les gardiens de prison a repris du poil de la bête, particulièrement depuis la volte-face de Charles Taylor sur l’interdiction des signes religieux pour les agents de l'État exerçant un pouvoir de coercition.

Un revirement de cap qui, aux dires de Gérard Bouchard, a servi de prétexte à Philippe Couillard pour tourner le dos au consensus qui se dessinait au sein des partis de l’opposition…En bref, « du bonbon » pour le premier ministre!

Or, il m’apparaît qu’un tel revirement de situation risque de reporter le débat à sa case départ, une hypothèse pour le moins décevante compte tenu du temps et des énergies que les députés de l’opposition ont dû consentir pour en arriver à un consensus acceptable.

Un recul déplorable qui vient en contradiction flagrante avec les belles paroles du premier ministre prononcées lors des événements tragiques de la mosquée de Québec au sujet de sa volonté de « rapprochement » avec la communauté musulmane…Eh bien, M. Couillard, pour le rapprochement, on repassera!

quebechebdo 18 février 2017
 

M-103 vs liberté d’expression

17 février 2017

Le débat suscité à la Chambre des communes par le dépôt de la motion 103 qui propose de « condamner l’islamophobie et toutes les formes de racisme et de discrimination religieuse systémiques » entre, de toute évidence, en collision avec le principe démocratique sacré de la liberté d’expression.

Or, il m’apparaît que le terrible attentat à la mosquée de Québec est venu amplifier la trame de fond qui sous-temps M-103. Un contexte, disons-le, exceptionnel, dont il faut tenir compte sans pour autant qu’il devienne la pierre d’assise d’un débat entre l’islamophobie et la liberté d’expression.

À force de frapper le clou de l’islamophobie, on est en train de condamner toute critique, fût-elle positive, sur certaines pratiques pour le moins douteuses de l’islam, étiquetant de facto l’auteur de ces critiques d’islamophobe.

La nature humaine ayant cette fâcheuse habitude de tomber facilement dans les extrêmes, je suis d’avis qu’un retour au « gros bon sens » serait souhaitable de façon à retrouver un juste équilibre entre la liberté d’expression et l’islam, ces deux concepts faisant intrinsèquement partie d’une saine démocratie dans laquelle ils sont en droit de cohabiter.

quebechebdo 17 février 2017
​vigile.net tribune libre 18 février 2017
 

Oui à l’inclusion mais…

16 février 2017

Au terme de plus de 150 assemblées de cuisine et d'une dizaine de consultations publiques qui l'ont fait sillonner les différentes régions du Québec cet automne, le collectif de la tournée « Faut qu'on se parle » a présenté les conclusions auxquelles l’ont conduit les quelque 6980 propositions reçues des citoyens consultés.

En tête de liste apparaît la prioritaire nécessité de mettre de l’avant le phénomène de l’inclusion lié à la diversité dans laquelle baigne le Québec d’aujourd’hui. Une préoccupation qui rejoint les événements dramatiques ayant entouré la récente fusillade au Centre culturel islamique de Québec.

Toutefois, je demeure toujours un peu perplexe quand on aborde le sujet de l’inclusion, une inquiétude qui traduit une certaine crainte que j’éprouve d’assister à un glissement de nos valeurs québécoises profondes au détriment de celles des communautés minoritaires.

En bref, j’acquiesce au mouvement d’inclusion ressorti dans les propositions du collectif… Oui à l’inclusion mais « Ne renonçons à rien » tel que le souligne à grands traits le titre du livre lancé lors de la conférence de presse tenue par les membres du collectif.

quebechebdo 16 février 2017
vigile.net tribune libre 18 février 2017

Les référendums au pilori

15 février 2017

Dans son style lapidaire habituel, le maire de Québec, Régis Labeaume, lors de sa présentation en commission parlementaire sur le projet de loi 122 portant sur l’autonomie des municipalités, a clamé haut et fort que les référendums par lesquels des citoyens peuvent bloquer un projet immobilier ne sont rien de moins « qu'antidémocratiques », alléguant que « seuls les opposants organisés à un projet peuvent se manifester et exercer leur droit de veto ».

Un argumentaire pour le moins contestable compte tenu que « toute » la population, y compris les citoyens qui sont en faveur du projet soumis au référendum, ont la possibilité de se présenter aux urnes pour faire valoir leur point de vue. Or, il s’avère que, comme dans toutes consultations populaires par voie de référendum, ceux qui sont pour le « oui » brillent souvent par leur absence.

Toutefois, de là à conclure que les référendums sont antidémocratiques, constitue à mes yeux un vice d’interprétation grossière qui met en danger le processus « démocratique » inhérent aux référendums. Conséquemment, M. Labeaume, je vous invite à peser davantage vos assertions draconiennes et à vous soumettre à la voix du peuple au lieu de clouer cavalièrement au pilori les référendums!

quebechebdo 15 février 2017
vigile.net tribune libre 3 mars 2017

Les dessous de la convergence

14 février 2017

La convergence, voilà un terme qui, bien qu’utilisé abondamment dans les coulisses du Parti québécois et de Québec solidaire, en est encore aujourd’hui à ses premiers balbutiements. À cet effet, pour poser un « geste de bonne foi » eu égard à cette convergence, le chef du PQ a décidé de ne pas présenter de candidat dans la circonscription de Gouin laissée vacante par le départ de Françoise David lors de l’élection partielle qui s’y tiendra d’ici le mois d’août.

Or, il appert que le PQ a lancé un sondage interne soumettant les noms de Paul St-Pierre Plamondon et de l’ancien député Nicolas Girard comme possibles candidats dans Gouin, l’un d’eux étant opposé au candidat pressenti de QS, Gabriel Nadeau-Dubois. Les résultats du sondage n’ont pas été dévoilés par le PQ qui se contente de répondre par la bouche de Jean-François Lisée par des commentaires évasifs.

À mes yeux, devant l’éventualité d’une défaite de son parti aux élections partielles dans Gouin, Jean-François Lisée a sorti l’étendard de la « convergence » pour faire figure de « bon joueur » et éviter de la sorte une défaite humiliante qu’il ne voit pas du tout d’un bon œil, compte tenu que les électeurs de Gouin votent PQ ou QS sans interruption depuis 1976…

quebechebdo 14 février 2017

La déconnexion

12 février 2017

L’un des constats majeurs auquel fait allusion Paul St-Pierre Plamondon dans le rapport qu’il a remis à Jean-François Lisée a trait au désintéressement chronique des jeunes eu égard à la politique en général, et à la souveraineté du Québec en particulier.

L’engouement de la jeunesse pour la fibre souverainiste des années ’70 s’est substitué petit à petit avec le temps au mouvement de mondialisme dans lequel elle baigne de plus en plus, l’influence des médias sociaux siégeant en tête de proue de ce phénomène. Aux yeux de notre jeunesse, l’accession du Québec à son indépendance constitue un repli identitaire malsain qui va à l’encontre d’un multiculturalisme ouvert.

En ce sens, le rapport de St-Pierre Plamondon touche à un point sensible, à savoir la déconnexion des jeunes de l’objectif ultime du Parti québécois. Un défi de taille pour Jean-François Lisée qui semble s’être donné comme mission, entre autres, de rapatrier les jeunes au sein de son option politique.

Et ce n’est pas pour demain la veille compte tenu de la distanciation qui s’est opérée entre les générations de jeunes qui se sont succédées depuis les artisans de la fondation du PQ et les militants actuels dont la majorité se situe au-dessus de la cinquantaine.

quebechebdo 12 février 2017
vigile.net tribune libre 12 février 2017  

« Made for sharing »

11 février 2017

Tel est le choix du slogan du comité organisateur de la candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2024. Eh oui, vous avez bien lu, un slogan en anglais pour la Ville Lumière, l’incarnation de la francophonie européenne.

La raison d’un tel choix ? « Donner un caractère universel au projet français », répond Tony Estanguet, le coprésident de Paris 2024. Et, pour couronner cette exposition anglaise, « le CIO, qu’on le veuille ou non, c’est bien triste peut-être, diront certains, mais c’est une réalité, c’est 80 % d’anglophones », ajoute le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, Patrick Kanner… Foutaise !

Depuis quand une ville aussi rayonnante que Paris, entre autres, pour sa couleur francophone, devrait-elle « se désincarner » pour plaire à ces dignes représentants du CIO ? Paris ne devrait-elle pas plutôt mettre en lumière la langue de Coubertin ?

Devant une telle ignominie, nul doute que le comité organisateur de Paris 2024 sera candidat au prochain prix de la Carpette anglaise, décerné annuellement à une personnalité ou un organisme français qui s’acharne à promouvoir la domination de l’anglais en France !

quebechebdo 11 février 2017