Le pari de Martine

15 mars 2017

Bien que la députée provinciale de Vachon, Martine Ouellet, allègue que son nouveau cumul de fonctions, à titres de députée provinciale et chef fédéral du Bloc québécois, « ne constitue aucun problème puisque [sa] situation n'est pas différente des autres chefs de partis, qui sont également députés », force est de constater qu’elle crée un précédent qui risque de l’éconduire dans des sentiers pour le moins embarrassants.

À mes yeux, le problème le plus aigu émane du fait qu’elle se retrouve sur deux paliers de gouvernements et, qu’à ce titre, elle ne peut bénéficier des pouvoirs dévolus aux deux fonctions qu’elle occupera, notamment au chapitre de la légitimité nécessaire pour pouvoir occuper adéquatement ses deux rôles. En termes clairs, à force de courir deux lièvres à la fois, elle risque de les perdre tous les deux!

Conséquemment, le statu quo m’apparaît illusoire. À mon avis, le Bloc québécois se doit de dégager les sommes nécessaires pour permettre à Mme Ouellet de jouer pleinement son rôle de chef de parti d’une part, et la députée de Vachon doit démissionner de son poste de députée provinciale d’autre part, à défaut de quoi le fait d’être assise entre deux chaises la conduira inévitablement dans un cul-de-sac politique fatal.

quebechebdo 15 mars 2017

Adieu convergence!

14 mars 2017

En associant le PLQ et le PQ comme étant les deux partis qui « ont trahi » le Québec au cours des trente dernières années, Gabriel Nadeau-Dubois (GND) vient de mettre un bâillon sur toute forme de convergence entre QS et le PQ. Une fin de non-recevoir on ne peut plus claire.

Si Jean-François Lisée entretenait encore quelque espoir d’amener QS à se joindre à son parti sous quelque forme que ce soit, j’ai bien peur que l’absence délibérée de candidat du PQ dans Gouin, à l’occasion des élections partielles en vue de remplacer Françoise David, pour laisser toute la place à QS sera le premier et dernier geste posé par le chef du PQ en vue de susciter la convergence.

À mon sens, il m’apparaît évident que GND n’est pas du tout le genre à agir comme deuxième violon. En termes clairs, il préfère d’emblée être le premier violon dans un petit orchestre que second dans un grand, là où ses chances de relever des défis sont davantage présentes…Adieu convergence et tous les « beaux principes » qu’elle faisait miroiter en termes de solidarité pour « la cause »!

quebechebdo 14 mars 2017
​Le Devoir 17 mars 2017

Une étoile dans la pénombre autochtone

13 mars 2017

Les histoires atroces au sujet de la maltraitance des autochtones ne cessent de ressurgir dans les médias. Or, parmi celles-ci, il en est une qui apporte une dose de fraîcheur sur un paysage désolant, à savoir celle de Maïté Labrecque-Saganash. Comme 150 000 petits autochtones à travers le pays, le père, les oncles et les tantes de Maïtée ont été arrachés à leurs parents et placés dans des pensionnats, dont la mission avouée était de « tuer l’Indien au cœur de l’enfant ».

La jeune Maïté a goûté à cet acharnement dès ses débuts à l’école primaire, un harcèlement qui l’a conduite à une tentative de suicide il y a un an et demi. Or, aujourd’hui, elle attribue sa guérison au fait d’assumer désormais son identité autochtone, un processus de « décolonisation de l’âme » amorcé pendant son hospitalisation après sa tentative de suicide.

Pour la première fois, d’aussi loin qu’elle se souvienne, Maïtée Labrecque-Saganash se trouve belle, et peut dire qu’elle est heureuse. Ses grands yeux bruns s’emplissent de larmes et sa voix tremble sous le coup de l’émotion. « Ça peut-tu être ça, la vie, ou je suis en train de rêver ? Ce n’est tellement pas une habitude pour nous, autochtones, de nous sentir bien. »

Ce bonheur chèrement acquis, elle a envie que toutes ses sœurs des Premières Nations y goûtent et qu’elles réalisent que tout est possible. « Je veux donner une voix aux filles de Kuujjuaq, de Timiskaming, de Waswanipi. Je suis tannée de les voir malheureuses, tannée qu’on ne les traite pas en êtres humains. »…Maïté Labrecque-Saganash, une étoile dans la pénombre autochtone!

quebechebdo 13 mars 2017
 

Diviser pour mieux régner

12 mars 2017

Même si la ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, argue qu’ « il ne s’agit pas de diviser pour mieux régner » dans le dossier des transferts fédéraux en santé, force est de constater que le soi-disant « front commun » des provinces visant une entente nationale sur ces transferts a fondu comme neige au soleil.

On devait s’y attendre dans la mesure où Ottawa a toujours gardé le contrôle sur ces transferts qui, pourtant, proviennent des provinces. Un paradoxe gênant qui démontre à quel point les provinces sont à la merci d’un gouvernement central fédéral qui règne en maître sur un champ de juridiction pourtant provincial, à savoir la santé.

Tant et aussi longtemps que le Québec persistera à faire partie de la « grande famille canadian », il continuera de s’empêtrer dans un nœud gordien sans issue. Seule l’appropriation de nos pouvoirs légitimes nous permettra d’assumer à bon escient les impôts des contribuables québécois…D’ici là, on peut continuer à rêver à un utopique « front commun » qui n’a de réalité que son appellation !

quebechebdo 12 mars 2017
Le Journal de Québec 13 mars 2017
 

Sauver la chèvre et le chou

11 mars 2017

Depuis qu’il est chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau proclame sur toutes les tribunes qu’« on ne peut pas choisir entre l'environnement et l'économie ». À cet effet, depuis son élection, le gouvernement Trudeau a tenté de plaire tant aux écologistes, en signant l’accord de Paris qu’à l’industrie pétrolière, en approuvant deux oléoducs et en maintenant les subventions pour les combustibles fossiles.

Or, de l’avis des environnementalistes, Justin Trudeau ne pourra pas sauver le chèvre et le chou. Il lui faut choisir entre la stimulation de l’économie via le développement pétrolier ou la réduction des gaz à effet de serre dans la voie de son engagement à la COP21. Un dilemme politique auquel Justin Trudeau est confronté et qui risque de le placer devant l’inévitable quadrature du cercle.

Nous sommes en 2017, M. Trudeau. La protection de l’environnement est devenue un enjeu capital et déterminant pour l’avenir de notre planète. À vous de transformer en mesures concrètes, telle la taxe sur le carbone à laquelle on ne peut qu’applaudir, vos engagements de l’accord de Paris, à défaut de quoi vous risquez de couler avec les compagnies pétrolières dans les eaux troubles de l’or noir…

quebechebdo 11 mars 2017
vigile.net tribune libre 12 mars 2017
 

Le choix de GND

10 mars 2017

Parmi les arguments évoqués par Gabriel Nadeau-Dubois (GND) pour joindre les rangs de Québec solidaire (QS) se retrouve le fait qu’il est temps de « sortir la classe politique actuelle depuis 30 ans qui a trahi le Québec ». Un argument qui détonne avec le choix de GND compte tenu du fait qu’il est certain que ce n’est pas QS qui délogera les libéraux du pouvoir, le cas échéant.

Par ailleurs, on peut se demander pourquoi avoir opté pour un parti « de gauche et indépendantiste » alors que le PQ, qui se définit en ces termes, incarne le seul parti en mesure d’évincer le PLQ du pouvoir. D’autre part, on peut douter du volet indépendantiste de QS qui, aux dires d’Amir Khadir, doit viser « l’indépendance si nécessaire, mais pas nécessairement l’indépendance ».

En réalité, le choix de GND me semble guidé davantage par un objectif carriériste que par une véritable conviction dans les « vertus » de QS, un parti qui, bon an mal an, réussit à aller chercher autour de 7 % du suffrage populaire lors des dernières élections provinciales…Un choix qui confirme, à mes yeux, que GND préfère être « grand » dans un petit parti que « petit » dans un grand parti.

quebechebdo 10 mars 2017
 

Le monde de Sophie

8 mars 2017

Sur ses comptes Instagram et Facebook, Sophie Grégoire a soulevé toute une gamme de commentaires en invitant ses lecteurs à « célébrer les garçons et les hommes qui nous encouragent à être qui nous sommes vraiment » dans le cadre de la Journée internationale des femmes, son message s’accompagnant d’une photo où on la voit tenir la main de son époux, le premier ministre Justin Trudeau.

Bien que conscient que certains hommes abondent dans l’argumentaire de Sophie Grégoire, force est de constater que la voie qu’elle emprunte pour souligner la Journée internationale des femmes est pour le moins « originale ».

À mon sens, la conjointe du premier ministre a raté le coche en éludant les iniquités salariales entre les hommes et les femmes qui persistent encore depuis l’instauration de la Loi sur l’équité salariale votée… il y a 20 ans, et en utilisant la seule journée de l’année destinée à la cause des femmes pour célébrer les hommes.

Il appert que les astres ne tournent pas dans le sens de l’histoire dans le merveilleux monde de Sophie dans lequel les stéréotypes prévalent sur les luttes relatives à l’équité salariale qui persistent encore aujourd’hui entre les hommes et les femmes…Pourtant, comme dirait Justin, nous sommes en 2017!

quebechebdo 8 mars 2017
Le Devoir 9 mars 2017
Le Journal de Québec 9 mars 2017
vigile.net tribune libre 12 mars 2017
 

Vingt ans plus tard

7 mars 2017

Il y a 20 ans, le gouvernement du Québec adoptait une Loi sur l’équité salariale entre les hommes et les femmes. Or, force est de constater qu’encore aujourd’hui les femmes au travail, à travail égal, se retrouvent souvent sous-rémunérées par rapport aux hommes. 

C’est sans compter les nombreux écueils auxquels les femmes doivent faire face eu égard au style de gestion démesurément exigeant qu’elles doivent emprunter pour arriver à survivre dans un monde masculin où l’autoritarisme prédomine. Une stratégie qui met en relief des femmes accusées de « frustrées ».

Or, il m’apparaît que la lutte à une véritable « égalité » entre les hommes et les femmes doit se jouer sur le terrain de la « complémentarité », à savoir que les femmes doivent se sortir de ce dilemme où elles se sentent obligés de gérer « comme des hommes » alors qu’elles devraient plutôt user de leurs qualités « humaines » pour apporter à l’ensemble de la gestion d’entreprises cette touche de conciliation indispensable à toute entreprise désireuse d’améliorer son rendement.

Alors, mesdames, continuez à vous battre pour vos droits les plus élémentaires tout en inculquant au monde du travail un climat davantage ouvert à la qualité des relations de travail…et peut-être qu’alors la société reconnaîtra votre apport à son amélioration qualitative du travail.

quebechebdo 7 mars 2017
 

Le jeu du chat et de la souris

6 mars 2017

Alors que la saga alléguant que les agences américaines du renseignement ont conclu que la Russie s'est ingérée dans la campagne électorale américaine en vue de voir Donald Trump l'emporter aux dépens de sa rivale démocrate Hillary Clinton, la Maison-Blanche a demandé au Congrès de faire enquête pour déterminer si le président Barack Obama a abusé de ses pouvoirs relativement à l'élection présidentielle 2016.

Un véritable jeu du chat et de la souris qui continue de nuire considérablement à l’image des États-Unis eu égard à leur histoire démocratique qui s’est toujours enorgueillie d’être un chef de file en cette matière. Une guéguerre de coulisses qui se joue à rideaux ouverts au grand dam de la sacrosainte Maison-Blanche.

Peu importe ce qu’il adviendra de ces allégations pour le moins compromettantes, l’aura américaine risque d’en subir des conséquences lourdes affectant de plein front la crédibilité présidentielle, une situation pour le moins inquiétante.

Un jeu de cache-cache qui prend toute la place de la scène politique de la Maison-Blanche au détriment de certains dossiers majeurs, notamment en termes de politiques extérieures américaines qui risquent de passer sous le radar des médias et qui orienteront, pour des années à venir, la position des États-Unis sur le plan international…

Dans ces circonstances, il me paraît urgent que ce jeu du chat et de la souris soit concentré entre les mains des enquêteurs et que la présidence reprenne ses lettres de noblesse pour la plus grand bien de la terre de l’Oncle Sam!

quebechebdo 6 mars 2017

Les tribulations de Legault

5 mars 2017

Fidèle à ses approches partisanes, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ). François Legault, s’est encore une fois mis les pieds dans les plats concernant le programme de regroupement familial en matière de sélection des immigrants qui serait, selon lui, « un bar ouvert sans condition ».

Or, il s’avère que, dans les faits, les critères de sélection du programme de réunification familiale ne permettent pas de parrainer un oncle, une tante ou un cousin pour qu’il vienne s’établir au pays, tel qu’allégué par le chef de la CAQ.

En réalité, il est uniquement possible de parrainer quelqu’un en filiation directe, c’est-à-dire un partenaire de vie, ses parents ou ses enfants après vérifications auprès du ministère de l’Immigration, des réfugiés et de la Citoyenneté du Canada, ainsi qu’auprès du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion du Québec.

M. Legault a tendance à ratisser large dans ses velléités de s’accaparer une partie importante de la scène politique. Grand bien lui fasse! Toutefois, il devrait vérifier ses sources d’information à deux fois, à défaut de quoi ses tribulations continueront de jouer contre lui, un effet boomerang plutôt gênant pour un chef de parti qui vise la prise du pouvoir!

quebechebdo 5 mars 2017