Mâchurer doit aboutir

5 mai 2017

Si l’on se fie au ton déterminé du grand patron de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), Robert Lafrenière, l'enquête Mâchurer, lancée en 2013 et qui porte notamment sur le financement politique et l'octroi de contrats publics, connaîtra indubitablement son dénouement : « Soyez certains que je vais me rendre au bout de cette enquête […] et on va le déposer au DPCP, j’en suis convaincu ».

C’est du moins ce qu’a affirmé M. Lafrenière lors de son témoignage livré devant la commission de la sécurité publique de l'Assemblée nationale. Nonobstant cette déclaration ferme du patron de l’UPAC, force est de constater que les circonstances ayant conduit à sa nomination par le gouvernement Charest en 2011 et à sa reconduction par Philippe Couillard portent sérieusement ombrage à la crédibilité de M. Lafrenière qui a une pente ardue à remonter en ce sens.

Dans un autre ordre d’idée, le grand patron de l’UPAC s’est fait rassurant en démentant catégoriquement que les élus bénéficient d’un traitement spécial auprès de son corps de police. « Il n’y en a pas d’immunité pour personne », a-t-il assuré. Il soutient même que l’UPAC considère comme un « facteur aggravant » le fait qu’une personne visée par des allégations soit un élu, municipal ou provincial. « Il faut tout de suite s’en occuper. »

À mon avis, je crois que Robert Lafrenière a le plein contrôle sur les effectifs de sa force policière et a su le démontrer aux députés de la commission de la sécurité publique de l'Assemblée nationale. L’enquête Mâchurer se doit d’aboutir pour le plus grand bien de l’appareil judiciaire du Québec qui en a grandement besoin pour retrouver ses lettres de noblesse.

quebechebdo 5 mai 2017 
vigile.net tribune libre 5 mai 2017

Violette sur la sellette

4 mai 2017

Les tuiles n’en finissent plus de tomber sur la tête du Parti libéral du Québec (PLQ), la dernière en liste faisant référence à l'influence qu'aurait eue l'ex-responsable du financement du PLQ, Violette Trépanier, auprès du gouvernement Charest.

Les allégations tournent autour d’une série de courriels de 2007-2008 publiés par Québecor qui soulèvent de sérieuses questions sur des portions du témoignage que Mme Trépanier a livré à la commission Charbonneau en juin 2014, notamment quant à son influence sur des nominations effectuées par le gouvernement Charest.

Il n’en fallait pas davantage pour que l’opposition, notamment Jean-François Lisée, n’évoque la nécessité que Mme Trépanier fasse l’objet d’une enquête pour parjure, un motif d’accusation reliée au fait qu’elle a témoigné sous serment à la commission Charbonneau.

Plus le temps passe, plus le PLQ s’embourbe dans un système de corruption et de collusion qui lui colle à la peau sans qu’il puisse s’en défaire, une situation inconfortable, voire compromettante, qui place le parti de Philippe Couillard devant une crédibilité attaquée de toutes parts…bref, devant un cul-de-sac qui m’apparaît inévitable!

quebechebdo 4 mai 2017
 

Le clin d’oeil

3 mai 2017

Ce que Marine Le Pen qualifie de « clin d’oeil » en plagiant mot pour mot de larges pans d’un discours de François Fillon prononcé à la mi-avril, représente, selon moi, une erreur monumentale de jugement et cela, à quelques jours du deuxième et dernier tour de scrutin qui déterminera le nom du ou de la président(e) de la France.

S’adressant aux médias, Mme Le Pen aura beau invoquer qu’elle « assume totalement ce clin d'oeil et puis ce buzz, disons-le, puisqu'il n'y a que ça qui vous fait courir », il n’y a qu’un terme pour qualifier cette ingérence dans un texte de M. Fillon, le plagiat, ce même plagiat qui est probablement sévèrement sanctionné dans les lycées français.

Si on ajoute à ce malencontreux impair le fait que la candidate à la présidence dénigre les médias en les accusant de se délecter de ce buzz, j’ai plutôt l’impression que le dit « clin d’œil » se marie fort bien avec le style cavalier utilisé par Donald Trump envers les médias lors de la course à la présidence américaine…et cela n’a rien de glorifiant! 

quebechebdo 3 mai 2017

13 Reasons Why

2 mai 2017

S’il est un sujet délicat à traiter, c’est sans contredit le suicide chez les jeunes, un phénomène sociétal qui semble prendre de l’ampleur avec les années. À cet effet, il n’est pas surprenant que la série télévisée 13 Reasons Why, une série fort médiatisée sur le service de vidéo en ligne Netflix et qui raconte l’histoire d’une jeune fille s’enlevant la vie, atteigne de si fortes cotes d’écoute.

Le dernier son de cloche émane d’un courriel des ministères de la Santé et de l’Éducation envoyé aux commissions scolaires, aux écoles privées et aux établissements de santé et des services sociaux selon lequel cette série télévisée « contribuerait à fragiliser les jeunes plus vulnérables ».

Même si, en réaction aux nombreuses critiques, le service Netflix a annoncé qu'il avait ajouté davantage d'avertissements aux internautes avant le premier épisode et « renforcé le message » tout au long de la série en vue de soutenir les personnes ayant besoin d'aide, il m’apparaît qu’un encadrement rigoureux auprès des jeunes soumis à ce visionnement doit être mis en place avant et après la présentation de 13 Reasons Why.

En effet, il serait téméraire, voire irresponsable, à mon sens, que des jeunes déjà fragilisés soient soumis à la présentation de cette série télévisée sans aucune préparation et/ou qu’ils soient laissés à eux-mêmes après le visionnement sans prendre le temps de répondre à leurs interrogations…C’est une simple question de gros bon sens!

quebechebdo 2 mai 2017
vigile.net tribune libre 2 mai 2017
 

Le « tripotage » des notes

1 mai 2017

La controverse suscitée par le « tripotage » des résultats inscrits aux bulletins des élèves dénote, à mon sens, un impair dangereux eu égard à la crédibilité de la politique du ministère de l’Éducation qui fixe la note de passage d’un élève à 60 % bien que, dans les faits, les notes de 58 % ou de 59 % sont portées à 60 % en vertu des règles du ministère.

Toutefois, là où le bât blesse avec le plus d’acuité, réside dans le fait que ces modifications de résultats sont consenties sans consultation auprès des enseignants concernés par les élèves qui « bénéficient d’un tel privilège ».

Or, à mes yeux, l’enseignant demeure le premier responsable de la note finale de ses élèves et, en ce sens, c’est à lui qu’appartient la décision d’accorder la note de passage à ses élèves, le cas échéant. Dans les faits, l’enseignant connaît le cheminement d’un élève au cours de l’année scolaire et est en mesure de déterminer si tel élève a fourni de efforts constants par rapport à un autre qui n’a fait preuve d’aucun effort.

En bref, il m’apparaît équitable d’encourager les efforts des élèves tout en m’opposant à un système qui incite au nivellement par le bas au profit d’élèves qui ne récoltent que ce qu’ils ont semé, à savoir un échec.

quebechebdo 1er mai 2017
 

Juges demandés

1 mai 2017

À chaque occasion où le Québec doit faire preuve d’aplaventrisme devant le fédéral pour répondre à une demande de juridiction fédérale, j’éprouve de vifs sentiments d’impatience et d’impuissance qui me triturent carrément les méninges.

Le dernier cas relevant d’une pareille situation concerne les demandes répétées de la ministre de la Justice Stéphanie Vallée à son homologue fédérale Jody Wilson-Raybould eu égard à la nomination de juges qui tarde indument à se concrétiser.

Une lenteur scandaleuse malgré les trois lettres de la ministre Vallée depuis octobre 2016 à Jody Wilson-Raybould qui fait la sourde oreille, dans un contexte où l’arrêt Jordan risque encore de laisser en liberté sans procès des criminels accusés de meurtre.

Et dire que si le Québec disposait de tous les outils pour procéder dans ces juridictions, nous n’assisterions pas à ces tergiversations intolérables et injustifiées, et les délais déraisonnables auxquels est confronté notre système judiciaire seraient vite réglés !

quebechebdo 1er mai 2017
Le Journal de Québec 2 mai 2017

Le torchon brule au PLQ

28 avril 2017

Décidément, le PLQ de Philippe Couillard a fait face, dans les derniers jours, à une tourmente incessante qui place le gouvernement dans une situation pour le moins inconfortable, voire précaire.

Encore sous le choc des révélations des derniers jours portant notamment sur l’enquête de l’UPAC sur l’ex-premier ministre Jean Charest et l’ex-argentier libéral Marc Bibeau, c’est maintenant au tour du président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, Yves Francoeur, d’alléguer qu’un élu actuel du PLQ a été visé par une enquête criminelle qui n'aurait jamais abouti pour des raisons qu'il juge douteuses.

Aux yeux de l’opposition, les policiers veulent « mettre de la pression sur la machine », en raison de manœuvres d’« obstruction ». Une saga qui en est arrivée à son paroxysme lorsque certains membres de l’opposition ont sorti l’hypothèse de l’existence d’une « immunité libérale » au sein du caucus du PLQ.

La coupe déborde, M. Couillard…Il est minuit et cinq! Vivement une commission parlementaire sur ces allégations qui ébranlent sérieusement les colonnes du temple libéral du Québec et, par ricochet, la crédibilité de l’Assemblée nationale. Notre système démocratique réclame illico une telle mesure d’urgence…À vous d’agir!

quebechebdo 28 avril 2017
vigile.net tribune libre 28 avril 2017
 

L’héritage du passé

27 avril 2017

Dans toute la saga entourant les enquêtes de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) sur Jean Charest et Marc Bibeau, le premier ministre Philippe Couillard clame que les pratiques de son gouvernement sont sans faille : « Depuis mon accession à la direction du parti [2013], depuis que je suis premier ministre du Québec [2014], on n'est pas capable de montrer un seul cas, un seul cas autre qu'une pratique irréprochable de l'administration publique ».

Or, les allégations de corruption et de collusion entourant l’ex-premier ministre libéral Jean Charest et l’ex-grand argentier libéral Marc Bibeau pointent directement le parti politique dont Philipe Couillard assume actuellement la chefferie, une responsabilité qui déborde son mandat actuel et englobe le passé récent du parti.

Conséquemment, il m’apparaît évident que le premier ministre ne peut se délester des enquêtes de l’UPAC en invoquant la « pratique irréprochable » de son gouvernement. À mes yeux, Philippe Couillard se doit d’assumer l’héritage du passé du parti qu’il dirige au lieu de tenter de s’en laver les mains sans scrupule…Tout est une question d’imputabilité légitime envers le gouvernement libéral au pouvoir!

quebechebdo 27 avril 2017
vigile.net tribune libre 28 avril 2017
Le Devoir 29 avril 2017
 

Le jour de la marmotte

26 avril 2017

Au bout de cinq matchs intenses, le Canadien de Montréal remportait, le 9 juin 1993, la 24ième et dernière coupe Stanley de son histoire. Depuis lors, les saisons s’égrènent au rythme des déceptions et des frustrations, chacune d’elles nous laissant pourtant miroiter que cette année sera la « bonne »…

Or, malgré le fait que le CH possédait « sur papier » cette année une équipe « gagnante », il n’a pu faire mieux que d’être éliminé dès la première ronde des séries éliminatoires…Une 24ième saison d’affilée qui s’achève prématurément, emportant dans le baluchon du directeur général, Marc Bergevin, tout un peloton de « vedettes » avec lesquels il devra jongler au cours de l’été.

Une fin de saison où les fans de la « sainte flanelle » avaient pourtant retrouvé espoir avec l’arrivée de Claude Julien derrière le banc. Vous connaissez le reste, le « sauveur » n’a pu faire mieux que son prédécesseur. C’est le jour de la marmotte qui s’est répété.

À mes yeux, sans être un expert en hockey, le gros problème du Bleu blanc rouge réside dans l’irrégularité des efforts consentis durant la saison régulière, l’équipe ne parvenant jamais à conserver le momentum de la victoire, une tare colossale quasi viscérale à laquelle devront s’attaquer les stratèges du CH s’ils aspirent un jour mettre à nouveau la main sur la coupe Stanley. 

quebechebdo 26 avril 2017

Un lapin du Kremlin?

25 avril 2017

Même si les allégations d’ingérence de Moscou tentant de mousser la candidature de Donald Trump à la présidence des États-Unis sont demeurées lettres mortes, nombreux sont les analystes qui croient qu’elles ont influé sur le résultat du vote.

Or, il s’avère que la même « médecine » s’apprête à être appliquée en France en faveur de Marine Le Pen dans les derniers jours de la campagne, Poutine s’étant prononcé publiquement en faveur de la candidate du Front national. À cet effet, le stratagème des « fake news » utilisé par les organes soviétiques de propagande Russia Today et Sputnik lors des présidentielles américaines pourrait fort bien ressortir des deux quotidiens dans les prochains jours.

Dans une telle hypothèse, allons-nous assister au même scénario qui aurait favorisé l’élection de Trump? À mon avis, il faudrait être naïf pour ne pas envisager la possibilité d’assister à la sortie d’un lapin du Kremlin… C’est à suivre!

quebechebdo 25 avril 2017
vigile.net tribune libre 25 avril 2017