L’humour dans tous ses états

15 décembre 2017

Depuis les événements qui ont entouré l’affaire Rozon, le monde de l’humour est perturbé par toutes sortes de perceptions qui sont véhiculées sur le rôle des humoristes dont la mission première a pourtant toujours consisté à faire rire le public.

Or, aux dires de Julie Dufort, professeure du cours «Humour et société» à l'École nationale de l'humour, rien n'empêche un humoriste d'être engagé dans la société et de remplir sa profession. «On est loin de faire juste une blague en faisant l'humour. On fait bien plus que ça quand on rit de Gilbert Rozon, par exemple. On fait bien plus que générer des rires quand on fait une blague sur les différences entre les hommes et les femmes», explique-t-elle.

Toutefois, il m’apparaît essentiel de consulter aussi le spectateur sur ses attentes lorsqu’il paie son billet pour assister au spectacle d’un (une) humoriste. Jusqu’où tolèrera-t-il la mesquinerie d’un humoriste eu égard à des personnes souffrant d’un handicap physique ou ayant subi une agression sexuelle? Des « blagues » qui, à mes yeux, dépassent les bornes de l’éthique.

En bref, quoique conscient que l’humoriste vive dans une société ouverte aux situations touchant l’actualité, notamment dans les médias sociaux, je demeure perplexe sur les attaques personnelles étalées par certains humoristes comme appât, une manœuvre qui outrepasse dangereusement les limites d’un humour respectueux des personnes visées dans leur monologue.

Le Journal de Québec 15 décembre 2017
vigile.net tribune libre 17 décembre 2017 "L'humour québécois dans tous ses états"

Prime à la ponctualité

12 décembre 2017

Décidément, Gaétan Barrette nous en aura fait voir de toutes les couleurs depuis qu’il occupe le trône du ministère de la Santé et des Services sociaux. Cette fois-ci, notre bon docteur Barrette crie au scandale parce qu’une « prime à la ponctualité » de 105 $ sera dorénavant remise aux médecins qui arrivent à l’heure prévue au bloc opératoire, alors que, dans les faits, il a lui-même négocié cette entente. Montant de la facture : 41 millions  siphonnés des poches des contribuables.

Jusqu’à quand Philippe Couillard abusera-t-il de notre patience? Puisse-t-il un jour avoir le courage de se tenir debout et de montrer la porte de sortie à son confrère d’Esculape!

quebechebdo 12 décembre 2017
 

Barrette doit partir

11 décembre 2017

Celui qui prétendait remettre sur pied le ministère de la Santé et des Services sociaux au début de son mandat à titre de ministre, le médecin spécialiste Gaétan Barrette a lamentablement échoué, notamment sur le plan des temps d’attente à l’urgence qui demeurent démesurément longs encore aujourd’hui.

Et cela, après avoir chamboulé l’appareil administratif du ministère qui, aux dires du bon docteur, était beaucoup trop lourd. Et pourtant, on a vu simultanément apparaître des superstructures dont je vous épargne le sigle tellement elles contiennent de lettres, qui devaient faciliter l’accession aux soins et à un médecin de famille.

Pour transformer le réseau de la santé du Québec, Gaétan Barrette applique les méthodes brusques qui l'ont caractérisé tout au long de son parcours professionnel. Des acteurs du réseau dénoncent le régime « totalitaire » instauré par le ministre. Les représentants de cinq grandes organisations du réseau de la santé du Québec dénoncent l’intimidation, le dénigrement et l’abus de pouvoir du ministre envers les employés sans parler de son approche unilatérale.

La dernière pirouette de Barrette : le ministre s’offusque qu’une somme de 105 $ soit remise aux médecins ponctuels à la salle d’opération alors que c’est lui-même qui a négocié cette mesure. Montant de la facture : 41 millions $

Le « bulldozer » a créé suffisamment de ravage; dans les officines du ministère, le climat a atteint les limites de la tolérance. Il est temps de le sortir du trou qu’il a creusé, l’inviter à prendre congé et à retrouver sa place au sein des médecins spécialistes du Québec!

vigile.net tribunne libre 11 décembre 2017

Pauvres Anglo-Québécois!

11 décembre 2017

En apprenant la création d’un nouveau secrétariat aux relations avec les Québécois d’expression anglaise lors du dernier remaniement ministériel de Philippe Couillard, je me suis dit qu’encore une fois les Québécois continueront de perpétuer leur image d’un peuple « qui lave plus blanc que blanc ».

En effet, les Anglo-Québécois bénéficiant de privilèges qu’aucune autre communauté minoritaire ne possède sur le continent nord-américain, sur quels critères objectifs le parti libéral du Québec (PLQ) s’est-il basé pour sentir le besoin de « protéger » la classe anglophone du Québec? Aux yeux de Kathleen Weil, la nouvelle Jeanne d’Arc des Anglos rémunérée à partir de l’argent de « tous » les contribuables, ces derniers ne ressentent pas un fort sentiment d’appartenance à la société québécoise…Foutaise!

Inutile d’être devin pour constater que la baisse de popularité du PLQ eu égard aux francophones lors du dernier sondage a soudainement rallumé la flamme anglophone, la planche de salut des rouges depuis moultes lunes.

Pardieu, que notre bon docteur Couillard nous fasse grâce de ses élucubrations grotesques concernant ses « inquiétudes » envers les pauvres Anglos, et qu’il cesse de se terrer dans des faux-fuyants éhontés lorsqu’il s’agit en réalité d’un argumentaire bassement et essentiellement électoraliste!

Le Journal de Québec 11 décembre 2017
​vigile.net tribune libre 14 décembre 2017
 

L’emploi avant la langue

9 décembre 2017

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le chef de la CAQ, François Legault, ne se formalise pas trop de la francisation des immigrants, alléguant, dans un échange publié par CBC, que le Québec a accordé « trop d’importance à la connaissance du français » dans le processus de sélection des immigrants et [que] « le premier, peut-être même le seul » critère de sélection à l’immigration devrait être la capacité à répondre aux besoins du marché du travail.

Pour sa part, la porte-parole de la CAQ en matière de protection et de promotion de la langue française, Claire Samson, affirme qu’« il faut s’assurer que les immigrants sont habilités à décrocher un emploi. Tant mieux s’ils parlent le français. S’ils ne le maîtrisent pas, on doit se dévouer à le leur apprendre ».

Tout un programme…Imaginez le travailleur immigrant bosser toute la journée à son travail et s’asseoir sur les bancs d’école le soir pour apprendre le français. Foutaise! Une telle politique linguistique envers les immigrants donne clairement l’impression que leur francisation apparaît comme un boulet pour François Legault…un boulet qu’il risque de trouver lourd au fur et à mesure où il s’approchera des prochaines élections!

quebechebdo 9 décembre 2017
Le Devoir 11 décembre 2017
 

Quarante ans plus tard…

8 décembre 2017

S’il y a un sujet au Québec qui demeure toujours d’actualité, c’est celui de la langue. Et pourtant, la Loi 101 devait nous fournir les remparts nécessaires à sa protection et sa survie. Toutefois, force est de constater que les résultats escomptés, quarante ans après son adoption, sont mitigés, aussi bien en tant que langue des affaires et de l’affichage qu’au niveau de la pénible francisation des immigrants.

Aussi faut-il s’interroger sur les motifs justifiant une telle situation. Nonobstant le contexte géographique anglophone dans lequel baigne le Québec [et ce n’est pas négligeable], il y a lieu, à mon avis, d’observer l’attitude des utilisateurs, à savoir les Québécois communément appelés « de souche ».

Et, parmi ces attitudes, il en est une qui m’horripile au plus haut point, c’est la docilité, voire l’asservissement, que nous exhibons candidement en nous empressant d’adopter la langue de Shakespeare aussitôt que nous rencontrons un anglophone au Québec. D’où nous vient cette servile bienveillance, si ce n’est de cette soumission viscérale qui nous habite depuis des siècles?

On aura beau se prémunir de toutes les lois pour faire la promotion du français, ces mesures demeureront lettres mortes tant et aussi longtemps que nous n’accorderons pas à notre langue les lettres de noblesse auxquelles elle est en droit d’aspirer!

vigile.net tribune libre 8 décembre 2017

Fusion QS/ON

3 décembre 2017

Surprenante la résolution des membres de Québec solidaire (QS) à l’effet de mettre sur pied une assemblée constituante dite « fermée », c’est-à-dire qui aboutira nécessairement avec la rédaction d’une Constitution d’un État québécois souverain, au lendemain d’une victoire électorale.

En effet, à mes yeux, QS n’a jamais mis en exergue la souveraineté du Québec, ayant en mémoire la sortie révélatrice d’Amir Khadir il y a quelques années : « L’indépendance si nécessaire mais pas nécessairement l’indépendance ». Cette soudaine « conversion » de QS incarnait pour Option nationale (ON) la condition sine qua non pour adhérer à la fusion avec QS.

Toutefois, ce sont les délégués d’ON qui auront le dernier mot. En effet, ils se prononceront sur la dissolution de leur formation politique au sein de QS lors d’un congrès extraordinaire, le 10 décembre prochain. L’issue du vote apparaît plus incertaine dans les rangs du parti créé il y a six ans par l’ex-député péquiste Jean-Martin Aussant, les partisans et les opposants à la fusion se livrant une rude bataille.

À mon sens, cette « lune de miel » entre les deux partis risque de tourner en conflit au sein des militants d’ON, notamment pour des raisons de conviction souverainiste ancrées solidement au sein des fondateurs du parti, une orientation qui m’apparaît fragile chez QS…Une histoire à suivre…

quebechebdo 3 décembre 2017
 

Le loup dans la bergerie

2 décembre 2017

Dans "L’Esprit des lois", Montesquieu distingue trois pouvoirs : l’exécutif, le judiciaire et le législatif. L’exécutif met en oeuvre les lois conçues par la législatif, lois dont l’application est confiée au judiciaire. Ces trois pouvoirs doivent être clairement séparés parce que si le législateur est l’exécuteur, rien ne l’empêche de se corrompre en mettant en oeuvre des lois qui lui sont favorables, et si l’exécutif est le juge, aucun contrôle de l’action publique n’est possible.

C’est à partir de ce principe fondamental de la séparation des pouvoirs que nous sommes à même de constater l’éminence du danger de la création, par le gouvernement Couillard, d’un comité de surveillance chapeautant l’Unité permanente anticorruption (UPAC), une structure qui ouvre la porte toute grande à la coexistence nocive du législatif et du judiciaire.

Dans les faits, nous assistons à l’apparition impromptue du « loup dans la bergerie », une situation où l’ingérence du législatif vient contrecarrer littéralement les efforts du judiciaire pour confronter les coupables dans un climat essentiel de confidentialité.

Dans l’esprit de Montesquieu, les lois sont conçues par le législateur et leur application appartient au judiciaire alors que dans le cas qui nous intéresse, le gouvernement, en créant un comité de surveillance de l’UPAC, court-circuite l’appareil judiciaire en sapant à la base son indépendance vitale pour atteindre sa pleine efficacité.

vigile.net tribune libre 2 décembre 2017
​Le Devoir 4 décembre 2017
 

Lisée s’enlise

2 décembre 2017

Le dernier sondage Léger-Le Devoir révèle sans l’ombre d’un doute la descente aux enfers du chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée. À titre d’exemples, le PQ ne récolte que 19 % d’appuis dans les intentions de vote, à peine 9 % des répondants estiment que M. Lisée ferait le meilleur premier ministre, la clientèle cible du PQ, à savoir les francophones, ne lui offrirait son vote que dans une proportion de 23 %.

Seulement 9 % des répondants considèrent que le PQ est le parti qui représente le plus le changement. À cet effet, de l’avis de Jean-Marc Léger, la promesse de Jean-François Lisée de ne pas tenir de référendum dans un premier mandat a eu pour conséquence que les souverainistes ne se sentent plus obligés de voter PQ.

Des constats alarmants qui remettent en question l’engouement suscité par l’élection de M. Lisée dans une proportion de 92,8 % des militants lors du congrès de septembre dernier, sans compter son « chemin des victoires » évoqué dès son arrivée à la tête du PQ.

À mon sens, à force de tenter constamment de sauver la chèvre et le chou, à savoir de projeter l’image d’un futur bon gouvernement tout en étant tributaire du « spectre » de l’indépendance, Lisée s’enlise dans des méandres qui ne le conduisent nulle part…sauf peut-être vers la « sortie de secours » !

quebechebdo 2 décembre 2017
​Le Devoir 5 décembre 2017 "Jean-François Lisée s'enlise"
vigile.net tribune libre 5 décembre 2017

Éclairez-moi svp

30 novembre 2017

La saga qui a conduit le gouvernement libéral fédéral via son ministre des Transports Marc Garneau à accepter les petites lames de moins de 6 cm à bord des avions nous prouve jusqu’à quel point les décisions politiques véhiculent souvent des paradoxes insensés. D’autant plus que, depuis les événements tragiques du 11 septembre 2001, des mesures de sécurité extrêmement serrées ont été mises sur pied dans les aéroports.

Pour sa défense, Ottawa dit s’appuyer sur les recommandations formulées dans le Manuel de la sécurité aérienne, rédigées par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) qui se fie de son côté sur l’avis d’experts de ses pays membres, dont le Canada. Toutefois, pour des « raisons de sécurité », ni le fédéral ni l’OACI n’ont souhaité divulguer le contenu du guide pratique, en totalité ou en partie.

Nous voilà plongés en pleine incohérence. En effet, d’un côté, le ministère des Transports permet les couteaux à bord, mettant ainsi en cause la sécurité, et de l’autre, il ne peut divulguer les motifs de cette décision pour des raisons de sécurité. M. Garneau pourrait-il m’éclairer sur la logique qui sous-tend un tel argumentaire?

Le Devoir 30 novembre 2017