Une « pépinière » francophone pour le CH?

1 janvier 2018

En déroulant la toile sur Internet il y a quelques jours, je suis tombé sur une proposition fort intéressante d’un certain Andrew Zadarnowski qui suggère à Geoff Molson de modifier sa façon de voir les choses en ce qui a trait à sa filiale de la East Coast Hockey League (ECHL) en lui suggérant de faire l’achat de son club affilié, le Beast de Brampton, et de le remplir de joueurs québécois non-repêchés, ce qui lui permettrait de découvrir quelques « perles rares », de les développer et qui sait, peut-être de les faire graduer chez le CH. 

Si l’on se plaint constamment du manque de joueurs québécois à Montréal, cette solution règlerait en très grande partie ce problème sans avoir à faire l’acquisition d’un Québécois via le marché des transactions ou à sacrifier un choix au repêchage pour amener du sang fleurdelysé à Montréal.

En envoyant exclusivement des Québécois avec ce club, le Canadien aurait désormais deux systèmes de développement intéressants, dont un serait basé sur la recherche de joueurs talentueux du Québec. Évidemment, il faudrait relocaliser le club au Québec, Brampton n’étant vraisemblablement pas la ville idéale pour accueillir 21 Québécois…Et, quitte à m’accuser de prêcher pour ma paroisse, pourquoi pas la ville de Québec?

vigile.net tribune libre 1er janvier 2018

Justin le « preacher »

30 décembre 2017

Dans son message annuel de Noël, le premier ministre Justin Trudeau invite les Canadiens à « tendre la main » à leurs voisins et à s’engager à « faire la différence ». Devant un tel épanchement d’appel à l’entraide, m’est apparue tout de suite l’image du prédicateur du haut de la chaire de l’église s’adressant à ses ouailles lors de la messe dominicale.

Notre « preacher » national y est allé aussi d’un élan oratoire digne d’un bon pasteur en exhortant ses brebis à prendre le temps de penser aux sacrifices consentis par les militaires « pour nous protéger » …comme si la grande majorité des contribuables canadiens ne devaient pas faire de sacrifices pour « joindre les deux bouts ».

Pourtant, à l’occasion de ses « vœux » de Noël à ses concitoyens, n’aurait-il pas plutôt été le temps de leur rappeler son engagement à mettre tout en œuvre pour améliorer la qualité de vie de la classe moyenne, un leitmotiv que M. Trudeau a martelé durant toute sa campagne à la chefferie du parti libéral du Canada? Une promesse qui, avouons-le, met encore beaucoup de temps à se manifester!

M. Trudeau, les Canadiens n’en ont rien à cirer de vos sermons de « preacher ». Ils s’attendent à ce que vous agissiez en véritable premier ministre pour qui les actes prédominent sur les « belles paroles », sans doute héritières de votre talent théâtral!

vigile.net tribune libre 29 décembre 2017
Le Devoir 30 décembre 2017

 

 

 
 

Où s’en va l’école québécoise?

26 décembre 2017

L'école a complètement changé de face au cours des dernières décennies. Il y a à peine 60 ans, l'éducation était synonyme d'autorité et le corps professoral, majoritairement composé de religieux, y exerçait un contrôle absolu. Le vouvoiement, les coups de règles, le port d'uniforme faisaient partie de la vie étudiante quotidienne. Les filles et les garçons ne fréquentaient pas les mêmes écoles et seuls les enfants provenant d'une famille aisée pouvaient espérer poursuivre leurs études. Il en découlait un taux peu élevé de fréquentation scolaire causant une sous-scolarisation importante d'une société pour qui l'instruction n'était pas ancrée dans les mœurs.

Au début des années 60, les valeurs de la société changent ainsi que les besoins. Une réforme scolaire s'impose. Le gouvernement provincial l'initie en créant la Commission royale d'enquête sur l'enseignement, appelée commission Parent, du nom de son président, Mgr Alphonse-Marie Parent, professeur à l'Université Laval. En 1964, le rapport Parent sur l'éducation au Québec vient bouleverser cette chasse gardée qu'est l'école qui se veut dorénavant ouverte à tous les jeunes Québécois.

Depuis lors, « l’école pour tous » a-t-elle su s’adapter à cette nouvelle réalité? Force est de constater les ratés du système d’éducation pour bon nombre de jeunes, ceux-là mêmes qui étaient exclus de l’école avant le rapport Parent. La notion de « décrocheurs » faisait son apparition. Or, pour pallier cette carence, d’innombrables réformes ont envahi les approches pédagogiques et les grilles de matières qui ont vu leur nombre s’accroître au détriment, il faut bien l’admettre, des matières dites de base, notamment le français et les mathématiques.

Aujourd’hui, trois personnalités publiques proposent de recréer l’école « milieu de vie », un leitmotiv qui a fait les beaux jours de l’école d’une certaine époque. Grand bien leur fasse! Toutefois, à mes yeux, dans tout ce branle-bas scolaire, l’école devrait retrouver ses lettres de noblesse, à savoir la communication de connaissances à travers une pédagogie adaptée à la clientèle actuelle, à défaut de quoi elle risque de continuer de s’embourber dans de sempiternelles réformes vouées à l’échec. 

vigile.net tribune libre 26 décembre 2017

L’événement marquant 2017

23 décembre 2017

Comme il est de coutume en fin d’année, certains analystes nous présentent l’événement le plus marquant de l’année. Sans être un spécialiste en la matière, j’ai cru bon de vous proposer l’initiative qui, à mes yeux, a le plus marqué l’année 2017 au Québec.

Dans la foulée de l’affaire Weinstein, le mouvement de dénonciation créé par l’actrice américaine Alyssa Milano eu égard au harcèlement sexuel dont ont été victimes plusieurs femmes a rencontré un formidable écho via le site Twitter officiel de l’actrice en utilisant le « hashtag » « #Me Too ».

Ici, au Québec, la présidente de l'Union des artistes (UDA), Sophie Prégent, allègue ne pas être au courant de cas de viols dans le milieu québécois, tout en précisant qu’« il y a plein de choses dont j'ai entendu parler, comme du harcèlement, de l'intimidation. Ça n'irait probablement pas jusqu'au viol, mais on peut présumer que certains producteurs ont peut-être abusé de leur pouvoir ».

Toujours au Québec, certains cas de harcèlement de la part de personnages publics ont fait la une des médias au cours des derniers mois et ont contribué grandement à libérer la parole des femmes victimes de harcèlement et d’agression sexuelles, les plus marquants étant ceux d’Éric Salvail et de Gilbert Rozon.

Dans ces circonstances, je ne peux qu’abonder en faveur de ces initiatives telle « #Moi Aussi » qui représentent un premier pas vers la dénonciation de ces prédateurs qui doivent répondre de leurs actes devant l’appareil judiciaire pour le plus grand bien d’une société prônant l’égalité hommes-femmes comme principe fondamental.

quebechebdo 23 décembre 2017

Heureux les pauvres?

21 décembre 2017

Dans un petit ouvrage de quelque 155 pages intitulé Heureux les pauvres? (Édition Médiaspaul, 2016), Nicole Croteau, une assistée sociale, de la catégorie « sans contraintes à l’emploi », nous parle de sa vie.

(1) « Le cercle d’amis qui rétrécit parce que mal à l’aise devant cette pauvreté inattendue. Les leçons que tout un chacun se croit en droit de lui donner et qui minent sa confiance. L’énergie déployée pour arriver à manger tous les jours. La difficulté d’aller se chercher un emploi quand on n’a pas les moyens de se payer des billets de bus.

Et puis, plus traîtreusement, « comment démontrer sa compétence quand […] offrir ses services n’est ni plus ni moins qu’un appel au secours? ».  De fait, dans nos sociétés qui aiment les gagnants, les employeurs ne sont pas très portés sur la pitié. Quand en plus la fatigue de survivre jour après jour marque les traits, ça les rend encore moins enthousiastes.

Nicole Croteau raconte donc comment, peu à peu, elle a vu sa place rapetisser, sous les regards, les reproches, l’insouciance des autres. Solitude, colère, méfiance, tout ce qu’elle a ressenti se résume dans ce troublant aveu: « Même si je ne suis plus dans l’indigence, l’idée d’inviter des amis à ma table ou de leur apporter un plat continue d’être une menace. » Partager n’est plus un cadeau quand c’est autant de moins pour soi, à qui il reste très, très peu… »
(1) Extrait de l’article de Josée Boileau intitulé « Être pauvre, ça gruge plus que le porte-monnaie », Châteleine.

En cette période de réjouissances qui s’apprête à agrémenter nos vies, j’ai cru bon d’attirer notre regard, le temps de quelques minutes, sur les tristes retombées d’une assistée sociale…

quebechebdo 21 décembre 2017
 

Des sinistrés à bout de souffle

20 décembre 2017

L’entrevue réalisée par Anne-Marie Dussault dans le cadre de l’émission 24/60 du 19 décembre auprès de M. Michel Papineau, un sinistré de Gatineau lors des inondations du printemps dernier, a fait ressortir sans équivoque toutes les souffrances physiques, morales et psychologiques auxquelles sont confrontés les quelque 4000 sinistrés qui ont dû être évacués de leur résidence.

De son côté, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, reconnaît que le plan d’aide aux sinistrés était trop « complexe », un acte de contrition qui n’a pas du tout touché M. Papineau qui plaide avec vigueur et émotion qu’ « il faut mettre en œuvre des solutions rapides. C’est demain que les sinistrés en ont besoin. Pas dans cinq jours, pas dans trois mois. »

Il est minuit et quart M. Coiteux! Des sinistrés sont à bout de souffle, plusieurs sont en dépression, d’autres ont fait des crises cardiaques, d’autres sont en instance de divorce à cause des tensions auxquelles ils sont soumis Qu’attendez-vous pour agir en tant que ministre « responsable » de la Sécurité publique? C’est une question de survie…

quebechebdo 20 décembre 2017

Lisée contre vents et marées

20 décembre 2017

Malgré les derniers sondages qui placent son parti troisième en plus de ne rallier qu’une minorité en tant que futur premier ministre, le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, se dit convaincu que les dix prochains mois ressembleront à sa dernière course à la direction du PQ.

Le 8 octobre 2016, contre toute attente, M. Lisée a obtenu 50,63% des voix au terme de deux tours de scrutin, devenant ainsi le neuvième chef du Parti québécois. Depuis lors, le « chemin des victoires » auquel faisait allusion le nouveau chef est parsemé d’embûches qui semblent difficilement surmontables.

Or, contre vents et marées, Jean-François Lisée demeure imperturbable : « Ça fait partie de mon vécu politique, de sortir la difficulté et de monter. Si je n'avais pas la conviction que ce qu'on propose pour les Québécois est au diapason aux besoins et que ce que proposent nos adversaires est vraiment mauvais, je serais moins confiant que je le suis. »

L’ancien stratège des premiers ministres Jacques Parizeau et Lucien Bouchard et chef de l’opposition officielle s’engage, advenant la victoire de son parti en octobre 2018 à « redonner de la fierté à la nation » sur les questions de la langue et de laïcité, à poursuivre le virage vert du Québec et à redonner aux Québécois confiance en leurs services publics… Reste à voir s’il parviendra à réaliser son rêve ou s’il devra emprunter la « sortie de secours »!

Le Soleil 20 décembre 2017
vigile.net tribune libre 16 janvier 2018

 

Entre les mailles du filet

17 décembre 2017

Depuis l’arrêt Jordan de la Cour suprême, nombreux ont été les accusés qui se sont faufilés entre les mailles du filet pour obtenir l’annulation de leur procès en raison de délais excédant les limites « raisonnables ». À cet effet, rappelons que les délais sont de 30 mois pour tenir au procès qui a nécessité une enquête préliminaire et de 18 mois lorsqu’il n’y en a pas.

Or, dans le cas de Nathalie Normandeau qui fait face à des chefs de fraude, complot, corruption de fonctionnaires et abus de confiance, les avocats de la défense reprochent à la poursuite d'avoir changé de stratégie pendant le processus judiciaire, en déposant un acte d'accusation direct, à savoir sans enquête préliminaire. Conséquemment, le délai avant procès est de 18 mois, lequel délai atteindra 23 mois après la mise en accusation de Nathalie Normandeau lorsque le procès débutera en avril 2018.

À mes yeux, l’arrêt Jordan offre une porte de sortie relativement facile pour quiconque sait utiliser les méandres de l’appareil judiciaire à profit en étirant les délais indûment. Une situation qui porte flanc à des mises en liberté fort contestables d’accusés de chefs sérieux, tels Nathalie Normandeau et ses cinq coaccusés, dont Marc-Yvan Côté (ex-ministre libéral et ex-vice-président chez Roche), Bruno Lortie (ancien chef de cabinet de Normandeau) et France Michaud (ex-vice-présidente de Roche).

En bref, l’appareil judiciaire devra de toute urgence ou prendre les moyens pour respecter les délais de l’arrêt Jordan ou demander à la Cour suprême de revoir ces délais, à défaut de quoi des accusés continueront de se voir octroyer la clé des champs…sans procès

quebehebdo 17 décembre 2017
vigile.net tribune libre 23 décembre 2017
 

Davie, quel est le problème?

16 décembre 2017

La saga qui oppose le Chantier maritime Davie de Lévis au gouvernement fédéral revêt, à mon sens, toutes les caractéristiques d’une guerre de clocher entre Québec et Ottawa, une situation à laquelle plusieurs entreprises québécoises ont déjà goûté par le passé.

Or, Michael Byers, un professeur de l’Université de la Colombie-Britannique qui dirige une chaire de recherche en politique et en droit international, a publié récemment une étude dans laquelle il pourfend la Stratégie nationale de construction navale, l’accusant, entre autres, de dépassements de coûts importants et de délais qui ne cessent de s’allonger. Bref, selon le professeur, la stratégie a besoin d’un remède de cheval.

Par ailleurs, presque la totalité des sénateurs québécois réclame que le gouvernement Trudeau octroie de nouveaux contrats à Davie le plus rapidement possible alléguant qu’ils désirent de la sorte éviter «l’effondrement inutile d’une grappe industrielle» au Québec.

Le chantier de Lévis a déjà converti un porte-conteneurs en navire de ravitaillement, un projet inédit qui a permis de réaliser l’Asterix en deux ans au coût de 659 millions $. Un deuxième navire, l’Obelix, pourrait être réalisé selon les mêmes paramètres, ce qui voudrait dire une livraison en 2020 tout en évitant la mise à pieds de quelque 800 employés.

En réalité, M. Trudeau, quel est le problème? Avez-vous oublié qu’en plus d’être « canadian », vous êtes aussi Québécois?

quebechebdo 16 décembre 2017

La face cachée du multiculturalisme

16 décembre 2017

Le 8 octobre 1971, dans une déclaration devant la Chambre des communes, le premier ministre Pierre Trudeau établissait le multiculturalisme comme étant une politique gouvernementale officielle. Le multiculturalisme visait à préserver la liberté culturelle des individus et offrir une reconnaissance des contributions culturelles des divers groupes ethniques à la société canadienne.

Dans son discours à la Chambre des communes, le premier ministre Pierre Elliot Trudeau déclarait qu’aucune culture singulière ne pourrait définir le Canada et que le gouvernement acceptait « la prétention des autres communautés culturelles qu’elles aussi, sont des éléments essentiels au Canada. »

Et voilà, le « Canada terre d’accueil » était créé et devenait un dogme indéfectible qui orienterait dorénavant la politique d’immigration canadienne. À partir de la déclaration de cette politique, le Canada, y compris le Québec, ont mis de l’avant toute une série de mesures visant à reconnaître les droits et libertés des divers groupes ethniques venant s’établir au pays.

Si tant est qu’aujourd’hui le Québec, dans la foulée du multiculturalisme canadien, a érigé en étendard la diversité culturelle à tel point que la notion même de « peuple » se dilue progressivement dans la pluralité des cultures. Le peuple québécois s’est métamorphosé petit à petit en une entité vague et éthérée dont l’identité se noie dans la mer d’un pluralisme annihilant qui sape à la base toute tentative d’affirmation nationale…

quebechebdo 16 décembre 2017 
Le Soleil (version internet) 19 décembre 2017
vigile.ne tribune libre 20 décembre 2017