Lettre ouverte à Jean-François Lisée

6 février 2018

Monsieur Lisée,

Par cette lettre, mon intention est de faire amende honorable eu égard au tiède leadership que vous avez exercé depuis votre arrivée à la chefferie du Parti québécois (PQ), notamment au chapitre de l’indépendance du Québec que vous avez reporté en 2022, pour autant que vous remportiez le scrutin de 2018. À cet effet, mon opinion n’a pas changé. Je demeure convaincu qu’à force d’attendre les conditions gagnantes, la « cause » perdra davantage de son élan.

Toutefois, force est de constater que, depuis quelques semaines, particulièrement depuis les résultats inquiétants du dernier sondage, vous avez eu le courage de rester debout dans la tempête, réussissant non seulement à l’apaiser, mais aussi à en ressortir plus fort. Et, pour y arriver, deux éléments me semblent ressortir nettement.

D’abord, pour la première fois depuis des lunes, vous avez su déposer sur la table un programme clair et articulé qui répond aux priorités des Québécois, notamment l’assistance aux jeunes familles grâce au prolongement des congés de paternité, l’ajout de maisons de famille, des mesures de conciliation travail-famille et un retour au tarif unique dans les CPE.

Ensuite, dans le contexte des départs annoncés au sein du caucus, vous avez la clairvoyance de faire appel à la jeune génération au sein de votre caucus, notamment par la nomination de Véronique Hivon à titre de vice-chef du PQ, une sage décision qui apportera du sang neuf à un poste stratégique.

Enfin, M. Lisée, je tiens à vous exprimer toute mon admiration pour l’habileté avec laquelle vous avez repris les rênes du parti tout en souhaitant ardemment que vous meniez le navire amiral à bon port en octobre 2018.

vigile.net tribune libre 6 février 2018

Une sage décision

4 février 2018

Avec la nomination de Véronique Hivon à titre de vice-chef du Parti québécois (PQ), sommes-nous en train d’assister à la reprise du tandem Bouchard-Parizeau mis sur pied en plein milieu de la campagne référendaire de 1995 par Jacques Parizeau, sentant qu’il avait besoin d’un personnage charismatique pour ajouter plus de mordant au « oui ».

Si tel est le cas, force est d’admettre que la décision de Jean-François Lisée a dû lui demander beaucoup d’humilité, et qu’elle dénote à quel point le chef du PQ désire à tout prix exercer une remontée dans les sondages en choisissant une candidate dont le charisme est incontestable en plus de se situer nettement en faveur de la social-démocratie

L’arrivée de l’auteure de la Loi concernant les soins de fin de vie, Véronique Hivon, aux côtés de M. Lisée, redonne, à mon sens, un regain d’énergie bénéfique et opportun à ses troupes, déjà ébranlées par les résultats du dernier sondage qui les classe troisièmes eu égard aux intentions de vote. Le charisme et la détermination reconnus de la députée de Joliette redonneront certes du panache à un leadership qui tarde à récolter les fruits de ses efforts pour remonter dans les sondages. … Somme toute, une sage décision de la part de Jean-François Lisée.

vigile.net tribune libre 3 février 2018
 

Un attitude désinvolte

4 février 2018

Alors que deux médecins de formation, soit Mm Couillard et Barrette, respectivement premier ministre et ministre de la Santé, sont à bout de solutions et que les infirmiers et infirmières sont à bout de souffle, nos éminents médecins ne trouvent rien de mieux à faire que de lancer un appel au personnel aux soins des malades pour qu’il trouve des solutions aux problèmes de surcharge de travail sur les étages des hôpitaux, une attitude désinvolte, voire irresponsable.

En fait, les services de santé font face à un cul-de-sac : les budgets pour l’embauche d’infirmiers et infirmières sont disponibles mais les candidats ne répondent pas de peur de se faire imposer une tâche surhumaine en plus d’heures supplémentaires « obligatoires ». De son côté, le personnel en place se dirige vers du temps partiel qui lui permet d’accomplir du temps supplémentaire « non obligatoire » en plus d’une tâche moins lourde. 

Pourtant, il m’apparaît que le problème serait en grande partie résolu si le ministre Barrette éliminait les heures supplémentaires obligatoires des offres d’emploi pour les substituer par du temps supplémentaire facultatif, une solution moins coercitive qui aurait, à mon sens, l’heur de trouver davantage preneurs. 

vigile.net tribune libre 3 février 2017
​Le Journal de Québec 5 février 2018

Terminée la lune de miel?

28 janvier 2018

Malgré sa promesse ferme faite en campagne électorale, la nouvelle mairesse de Montréal, Valérie Plante, a déposé un budget qui prévoit pour 2018 des augmentations de taxes dépassant l’inflation, imposant aux Montréalais des hausses moyennes de 3,3 %. Une décision qui a soulevé un tollé de contestations tant dans l’opposition à l’hôtel de ville qu’auprès de l’ensemble des maires des villes de banlieue.

De son côté, la mairesse demeure inflexible et répète qu'elle a respecté sa promesse de ne pas augmenter les taxes au-delà de l’inflation., tout en concédant qu’elle aurait dû informer la population montréalaise que la Ville avait l’intention d’augmenter la taxe de l’eau, gelée depuis 2013, au cours de sa campagne électorale. « La taxe de l’eau, au-delà de l’avoir mal expliquée – parce que j’entends le message des Montréalais –, j’aurais pu faire comme mon prédécesseur et refiler la facture dans les arrondissements et couper dans les services », lance Mme Plante.

Un argumentaire qui n’a pas l’heur de calmer le mécontentement populaire, notamment Pierre Pagé du groupe citoyen Montréal pour tous qui presse l’administration Plante-Dorais de reculer au sujet des hausses de taxes. « Ce n’est pas une question de chiffres, c’est une question de lien de confiance. On fait un appel pour que la mairesse n’endommage pas ce lien de confiance ».

Quoi qu’il en soit, la « lune de miel » entre l’exubérante Valérie Plante et ses supporters qui a débuté lors de sa victoire comme mairesse de Montréal « en a pris pour son rhume » avec ce premier budget… Reste à voir si le « lien de confiance » avec la population continuera de s’effriter davantage ou si le « sourire » de Valérie viendra à son secours en réussissant à exercer encore son charme!

vigile.net tribune libre 28 janvier 2018

La CAQ, la solution alternative

28 janvier 2018

À huit mois des élections, un nouveau sondage Léger-Le Devoir donne à la Coalition avenir Québec (CAQ) 39 % d’intentions de vote, une hausse de trois points par rapport à décembre 2017, et une avance de 11 % sur le Parti libéral du Québec (PLQ). De quoi réjouir François Legault qui, de surcroît, est désigné dans le sondage comme le meilleur premier ministre potentiel avec 31 %, Philippe Couillard obtenant pour sa part un score de 16 %.

À mon sens, la CAQ apparaît nettement comme le parti sur lequel les Québécois semblent vouloir jeter leur dévolu à titre de solution alternative au PLQ, usé par des années d’allégations de scandales eu égard à la collusion et la corruption, notamment dans le secteur de la construction. En termes clairs, les Québécois souhaitent un changement de gouvernement et, pour l’instant, il semble que la CAQ leur offre cette alternative.

Toutefois, le chemin pour parvenir au 1er octobre est encore très long, assez long pour que l’échiquier se transforme radicalement. À cet effet, au cours des prochains mois, il faudra surveiller le parcours du Parti québécois (PQ) dont le chef, Jean-François Lisée, depuis quelques semaines, place habilement les cartes sur la table en présentant aux Québécois un programme articulé qui pourrait susciter un regain de popularité dans un prochain sondage…Qui sait?

quebechebdo 28 janvier 2018  
Le Journal de Québec 31 janvier 2018 "La solution alternative"       

Le retour éventuel de PKP

25 janvier 2018

Autant j’étais emballé par l’arrivée de Pierre Karl Péladeau en politique au sein du Parti québécois (PQ), autant je demeure perplexe au sujet de la pertinence de son retour en scène. Autant le poing levé de PKP m’avait enthousiasmé, autant sa valse-hésitation quant à un éventuel retour suscite en moi des doutes sur sa ferveur.

Nonobstant le fait que son retrait ait été causé par des raisons familiales, le retour possible de PKP n’aura certes pas l’impact qu’il a suscité auprès des troupes indépendantistes au moment où il est devenu chef du PQ, une situation où il devra faire acte d’humilité en se soumettant au chef actuel, Jean-François Lisée, une position de second qui, avouons-le, n’est pas coutumière chez le maître de Québecor.

Du côté de Jean-François Lisée, malgré l’ouverture « diplomate » dont il a fait preuve devant les intentions de l’« enfant prodigue », je soupçonne une certaine appréhension de sa part devant la stature imposante de PKP qui risque de jeter de l’ombre sur l’aura du chef actuel, une situation inquiétante quand on connaît le style pompeux de M. Lisée.

Enfin, dans l’hypothèse où PKP confirme son retour, j’espère qu’il aura eu une rencontre préalable fructueuse avec Jean-François Lisée au cours de laquelle le chef aura mis clairement les cartes sur table concernant le rôle qu’il entend confier à PKP au sein de son équipe.

vigile.net tribune libre 25 janvier 2018
 

Les boucs-émissaires

22 janvier 2018

Le verdict d’acquittement des trois présumés coupables de négligence ayant causé la mort de 47 personnes lors de la tragédie de Lac-Mégantic en juillet 2013, Tom Harding, Richard Labrie et Jean Demaître, laisse un vide juridique eu égard aux véritables responsables de cette tragédie.

À cette question, la grande majorité des résidents de Lac-Mégantic nous apportent un élément d’explication lorsqu’ils invoquent, d’une part, que ces trois hommes n’auraient jamais dû subir un procès dans le cadre de cette affaire et que, d’autre part, la première responsabilité incombe à la direction de la désormais défunte compagnie ferroviaire Montreal, Maine and Atlantic (MMA), en particulier à son propriétaire, Edward Burkhardt.

Or, pourquoi la justice a-t-elle cité à procès les trois employés en question et laissé sur la touche le propriétaire de la MMA alors que le Bureau de la sécurité des transports (BST), dans son rapport final, écrit qu’il existait « des lacunes importantes entre les instructions d’exploitation de la MMA et la façon dont se déroulaient les activités courantes…et que la faible culture de sécurité de la MMA a contribué à la perpétuation de conditions et de pratiques dangereuses, et a compromis la capacité de la MMA de gérer efficacement la sécurité »?

À mon sens, les trois accusés ont joué un rôle de boucs-émissaires dans cette affaire. Conséquemment, la justice doit entamer des poursuites contre les ex-dirigeants de la MMA et les autorités fédérales en matière de sécurité ferroviaire qui se doivent de répondre de leur nonchalance et de leur laxisme au niveau de la sécurité, une démarche qui, enfin, devrait aboutir à l’accusation des véritables coupables.

vigile.net tribune libre 22 janvier 2018
 

L’énigmatique Aussant

20 janvier 2018

Ce n’est pas d’hier que Jean-Martin Aussant fait partie des cartons importants du Parti québécois (PQ). Sporadiquement, il est devenu monnaie courante de voir poindre le nom de l’ex-chef fondateur d’Option nationale (ON) dans les médias.

Aujourd’hui, les départs précipités de trois têtes d’affiche du PQ, à savoir Alexandre Cloutier, Agnès Maltais et Nicole Léger, sans compter ceux qui réfléchissent sur leur avenir en politique, ouvrent toutes grandes les portes du PQ à celui qui est encore considéré par plusieurs souverainistes, particulièrement les jeunes qu’il a su rallier lors de son court passage à la tête d’ON, représentent une occasion rêvée pour Jean-Martin Aussant de « rentrer dans les rangs » souverainistes.  

Toutefois, selon sa bonne vieille habitude, M. Aussant semble avoir développé l’art de se faire attendre. Or, dans la conjoncture actuelle d’un scrutin général le 1er octobre, il devra prendre rapidement une décision sur son éventuel retour en politique s’il ne veut pas rater le train. Pour l’instant l’énigmatique Aussant continue d’alimenter les rumeurs…Une histoire à suivre! 

vigile.net tribune libre 19 janvier 2018

Du sang neuf au PQ

20 janvier 2018

Les décisions en bloc d’Alexandre Cloutier, Agnès Maltais et Nicole Léger de ne pas se représenter au scrutin du 1er octobre 2018 dans leur circonscription respective, et l’annonce de la candidature de Nathalie Leclerc, la fille de Félix Leclerc, comme représentante du Parti québécois (PQ) dans Charlevoix-Côte-de-Beaupré sont des signes manifestes qu’une arrivée de sang neuf apparaît clairement dans le paysage péquiste.

À cet effet, il est fort à parier que le chef du PQ, Jean-François Lisée, profitera de cette conjoncture pour marteler à qui veut l’entendre que son parti incarne encore aujourd’hui un attrait significatif eu égard à son option fondamentale, à savoir l’accession du Québec à son statut de pays.

Toutefois, dans les faits, quoique les trois démissionnaires aient évoqué « que le cœur y était moins » pour continuer leur carrière politique, force est de constater que les astres, principalement depuis le dernier sondage, ne semblent pas s’aligner en faveur du parti, ce dernier se classant troisième auprès des répondants, sans oublier que leur chef obtient le même rang à titre de futur premier ministre. Une situation qui, avouons-le, n’est pas de nature à inciter un député « essoufflé » à poursuivre le « marathon »…

Quoi qu’il en soit, Jean-François Lisée dispose de quelque huit mois pour parcourir le « chemin des victoires » annoncé lors de son investiture à la direction du PQ… Un défi pour le moins hardi, voire herculéen!

vigile.net tribune libre 19 janvier 2018
 

Les deux côtés de la médaille

14 janvier 2018

C’est dans un attentat à Ouagadougou au Burkina Faso le 15 janvier 2016 qu’Yves Carrier, Gladys Chamberland, Charlelie Carrier, Maude Carrier et leurs amis Louis Chabot et Suzanne Bernier ont perdu la vie, les six Québécois ayant tombé sous les balles de terroristes islamistes alors qu’ils se trouvaient dans le pays africain pour un voyage d’aide humanitaire.

Par ailleurs, un débat a lieu au Québec sur la pertinence de créer une journée nationale contre l’islamophobie le 29 janvier, anniversaire de l’attentat de la grande mosquée de Québec, une proposition qui a fait réagir Camille Carrier, la mère de Maude Carrier et ex-conjointe d’Yves Carrier. « Pourquoi ne pas aussi instituer une journée pour commémorer l’ensemble des victimes de l’islamisme et les dommages vécus par leurs familles et amis? », lance Mme Carrier.

Une réaction tout à fait légitime dans le contexte où les proches de Mme Carrier ont été tués sauvagement alors qu’ils « étaient en train de mettre en action leur amour pour les autres en participant à la construction d’une école en Afrique ».

Je souscris d’emblée au profond malaise de Camille Carrier eu égard à la demande faite par la communauté musulmane, une proposition comparable à celle de Mme Carrier qui, pourtant, ne suscitera jamais de débat de société au Québec… En bref, peut-être devrions-nous tenir compte des deux côtés de la médaille au lieu de sombrer dans une islamophobie québécoise alarmiste!  

vigile.net tribune libre 14 janvier 2018