Barrette doit partir

11 décembre 2017

Celui qui prétendait remettre sur pied le ministère de la Santé et des Services sociaux au début de son mandat à titre de ministre, le médecin spécialiste Gaétan Barrette a lamentablement échoué, notamment sur le plan des temps d’attente à l’urgence qui demeurent démesurément longs encore aujourd’hui.

Et cela, après avoir chamboulé l’appareil administratif du ministère qui, aux dires du bon docteur, était beaucoup trop lourd. Et pourtant, on a vu simultanément apparaître des superstructures dont je vous épargne le sigle tellement elles contiennent de lettres, qui devaient faciliter l’accession aux soins et à un médecin de famille.

Pour transformer le réseau de la santé du Québec, Gaétan Barrette applique les méthodes brusques qui l'ont caractérisé tout au long de son parcours professionnel. Des acteurs du réseau dénoncent le régime « totalitaire » instauré par le ministre. Les représentants de cinq grandes organisations du réseau de la santé du Québec dénoncent l’intimidation, le dénigrement et l’abus de pouvoir du ministre envers les employés sans parler de son approche unilatérale.

La dernière pirouette de Barrette : le ministre s’offusque qu’une somme de 105 $ soit remise aux médecins ponctuels à la salle d’opération alors que c’est lui-même qui a négocié cette mesure. Montant de la facture : 41 millions $

Le « bulldozer » a créé suffisamment de ravage; dans les officines du ministère, le climat a atteint les limites de la tolérance. Il est temps de le sortir du trou qu’il a creusé, l’inviter à prendre congé et à retrouver sa place au sein des médecins spécialistes du Québec!

vigile.net tribunne libre 11 décembre 2017

Pauvres Anglo-Québécois!

11 décembre 2017

En apprenant la création d’un nouveau secrétariat aux relations avec les Québécois d’expression anglaise lors du dernier remaniement ministériel de Philippe Couillard, je me suis dit qu’encore une fois les Québécois continueront de perpétuer leur image d’un peuple « qui lave plus blanc que blanc ».

En effet, les Anglo-Québécois bénéficiant de privilèges qu’aucune autre communauté minoritaire ne possède sur le continent nord-américain, sur quels critères objectifs le parti libéral du Québec (PLQ) s’est-il basé pour sentir le besoin de « protéger » la classe anglophone du Québec? Aux yeux de Kathleen Weil, la nouvelle Jeanne d’Arc des Anglos rémunérée à partir de l’argent de « tous » les contribuables, ces derniers ne ressentent pas un fort sentiment d’appartenance à la société québécoise…Foutaise!

Inutile d’être devin pour constater que la baisse de popularité du PLQ eu égard aux francophones lors du dernier sondage a soudainement rallumé la flamme anglophone, la planche de salut des rouges depuis moultes lunes.

Pardieu, que notre bon docteur Couillard nous fasse grâce de ses élucubrations grotesques concernant ses « inquiétudes » envers les pauvres Anglos, et qu’il cesse de se terrer dans des faux-fuyants éhontés lorsqu’il s’agit en réalité d’un argumentaire bassement et essentiellement électoraliste!

Le Journal de Québec 11 décembre 2017
​vigile.net tribune libre 14 décembre 2017
 

L’emploi avant la langue

9 décembre 2017

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le chef de la CAQ, François Legault, ne se formalise pas trop de la francisation des immigrants, alléguant, dans un échange publié par CBC, que le Québec a accordé « trop d’importance à la connaissance du français » dans le processus de sélection des immigrants et [que] « le premier, peut-être même le seul » critère de sélection à l’immigration devrait être la capacité à répondre aux besoins du marché du travail.

Pour sa part, la porte-parole de la CAQ en matière de protection et de promotion de la langue française, Claire Samson, affirme qu’« il faut s’assurer que les immigrants sont habilités à décrocher un emploi. Tant mieux s’ils parlent le français. S’ils ne le maîtrisent pas, on doit se dévouer à le leur apprendre ».

Tout un programme…Imaginez le travailleur immigrant bosser toute la journée à son travail et s’asseoir sur les bancs d’école le soir pour apprendre le français. Foutaise! Une telle politique linguistique envers les immigrants donne clairement l’impression que leur francisation apparaît comme un boulet pour François Legault…un boulet qu’il risque de trouver lourd au fur et à mesure où il s’approchera des prochaines élections!

quebechebdo 9 décembre 2017
Le Devoir 11 décembre 2017
 

Quarante ans plus tard…

8 décembre 2017

S’il y a un sujet au Québec qui demeure toujours d’actualité, c’est celui de la langue. Et pourtant, la Loi 101 devait nous fournir les remparts nécessaires à sa protection et sa survie. Toutefois, force est de constater que les résultats escomptés, quarante ans après son adoption, sont mitigés, aussi bien en tant que langue des affaires et de l’affichage qu’au niveau de la pénible francisation des immigrants.

Aussi faut-il s’interroger sur les motifs justifiant une telle situation. Nonobstant le contexte géographique anglophone dans lequel baigne le Québec [et ce n’est pas négligeable], il y a lieu, à mon avis, d’observer l’attitude des utilisateurs, à savoir les Québécois communément appelés « de souche ».

Et, parmi ces attitudes, il en est une qui m’horripile au plus haut point, c’est la docilité, voire l’asservissement, que nous exhibons candidement en nous empressant d’adopter la langue de Shakespeare aussitôt que nous rencontrons un anglophone au Québec. D’où nous vient cette servile bienveillance, si ce n’est de cette soumission viscérale qui nous habite depuis des siècles?

On aura beau se prémunir de toutes les lois pour faire la promotion du français, ces mesures demeureront lettres mortes tant et aussi longtemps que nous n’accorderons pas à notre langue les lettres de noblesse auxquelles elle est en droit d’aspirer!

vigile.net tribune libre 8 décembre 2017

Fusion QS/ON

3 décembre 2017

Surprenante la résolution des membres de Québec solidaire (QS) à l’effet de mettre sur pied une assemblée constituante dite « fermée », c’est-à-dire qui aboutira nécessairement avec la rédaction d’une Constitution d’un État québécois souverain, au lendemain d’une victoire électorale.

En effet, à mes yeux, QS n’a jamais mis en exergue la souveraineté du Québec, ayant en mémoire la sortie révélatrice d’Amir Khadir il y a quelques années : « L’indépendance si nécessaire mais pas nécessairement l’indépendance ». Cette soudaine « conversion » de QS incarnait pour Option nationale (ON) la condition sine qua non pour adhérer à la fusion avec QS.

Toutefois, ce sont les délégués d’ON qui auront le dernier mot. En effet, ils se prononceront sur la dissolution de leur formation politique au sein de QS lors d’un congrès extraordinaire, le 10 décembre prochain. L’issue du vote apparaît plus incertaine dans les rangs du parti créé il y a six ans par l’ex-député péquiste Jean-Martin Aussant, les partisans et les opposants à la fusion se livrant une rude bataille.

À mon sens, cette « lune de miel » entre les deux partis risque de tourner en conflit au sein des militants d’ON, notamment pour des raisons de conviction souverainiste ancrées solidement au sein des fondateurs du parti, une orientation qui m’apparaît fragile chez QS…Une histoire à suivre…

quebechebdo 3 décembre 2017
 

Le loup dans la bergerie

2 décembre 2017

Dans "L’Esprit des lois", Montesquieu distingue trois pouvoirs : l’exécutif, le judiciaire et le législatif. L’exécutif met en oeuvre les lois conçues par la législatif, lois dont l’application est confiée au judiciaire. Ces trois pouvoirs doivent être clairement séparés parce que si le législateur est l’exécuteur, rien ne l’empêche de se corrompre en mettant en oeuvre des lois qui lui sont favorables, et si l’exécutif est le juge, aucun contrôle de l’action publique n’est possible.

C’est à partir de ce principe fondamental de la séparation des pouvoirs que nous sommes à même de constater l’éminence du danger de la création, par le gouvernement Couillard, d’un comité de surveillance chapeautant l’Unité permanente anticorruption (UPAC), une structure qui ouvre la porte toute grande à la coexistence nocive du législatif et du judiciaire.

Dans les faits, nous assistons à l’apparition impromptue du « loup dans la bergerie », une situation où l’ingérence du législatif vient contrecarrer littéralement les efforts du judiciaire pour confronter les coupables dans un climat essentiel de confidentialité.

Dans l’esprit de Montesquieu, les lois sont conçues par le législateur et leur application appartient au judiciaire alors que dans le cas qui nous intéresse, le gouvernement, en créant un comité de surveillance de l’UPAC, court-circuite l’appareil judiciaire en sapant à la base son indépendance vitale pour atteindre sa pleine efficacité.

vigile.net tribune libre 2 décembre 2017
​Le Devoir 4 décembre 2017
 

Lisée s’enlise

2 décembre 2017

Le dernier sondage Léger-Le Devoir révèle sans l’ombre d’un doute la descente aux enfers du chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée. À titre d’exemples, le PQ ne récolte que 19 % d’appuis dans les intentions de vote, à peine 9 % des répondants estiment que M. Lisée ferait le meilleur premier ministre, la clientèle cible du PQ, à savoir les francophones, ne lui offrirait son vote que dans une proportion de 23 %.

Seulement 9 % des répondants considèrent que le PQ est le parti qui représente le plus le changement. À cet effet, de l’avis de Jean-Marc Léger, la promesse de Jean-François Lisée de ne pas tenir de référendum dans un premier mandat a eu pour conséquence que les souverainistes ne se sentent plus obligés de voter PQ.

Des constats alarmants qui remettent en question l’engouement suscité par l’élection de M. Lisée dans une proportion de 92,8 % des militants lors du congrès de septembre dernier, sans compter son « chemin des victoires » évoqué dès son arrivée à la tête du PQ.

À mon sens, à force de tenter constamment de sauver la chèvre et le chou, à savoir de projeter l’image d’un futur bon gouvernement tout en étant tributaire du « spectre » de l’indépendance, Lisée s’enlise dans des méandres qui ne le conduisent nulle part…sauf peut-être vers la « sortie de secours » !

quebechebdo 2 décembre 2017
​Le Devoir 5 décembre 2017 "Jean-François Lisée s'enlise"
vigile.net tribune libre 5 décembre 2017

Éclairez-moi svp

30 novembre 2017

La saga qui a conduit le gouvernement libéral fédéral via son ministre des Transports Marc Garneau à accepter les petites lames de moins de 6 cm à bord des avions nous prouve jusqu’à quel point les décisions politiques véhiculent souvent des paradoxes insensés. D’autant plus que, depuis les événements tragiques du 11 septembre 2001, des mesures de sécurité extrêmement serrées ont été mises sur pied dans les aéroports.

Pour sa défense, Ottawa dit s’appuyer sur les recommandations formulées dans le Manuel de la sécurité aérienne, rédigées par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) qui se fie de son côté sur l’avis d’experts de ses pays membres, dont le Canada. Toutefois, pour des « raisons de sécurité », ni le fédéral ni l’OACI n’ont souhaité divulguer le contenu du guide pratique, en totalité ou en partie.

Nous voilà plongés en pleine incohérence. En effet, d’un côté, le ministère des Transports permet les couteaux à bord, mettant ainsi en cause la sécurité, et de l’autre, il ne peut divulguer les motifs de cette décision pour des raisons de sécurité. M. Garneau pourrait-il m’éclairer sur la logique qui sous-tend un tel argumentaire?

Le Devoir 30 novembre 2017
 

Charest et la présomption d’innocence

29 novembre 2017

Lors d'une mêlée de presse en marge des célébrations entourant le 150e anniversaire du Parti libéral du Québec (PLQ), l’ancien premier ministre de 2003 à 2012, Jean Charest, a lancé une charge à fond de train contre l'Unité permanente anticorruption (UPAC) à qui il reproche de couler des informations erronées aux médias et de « lui manquer de respect ».

Et, dans cet élan oratoire dont Jean Charest a toujours su fort bien tirer profit durant sa carrière politique, l’ex-premier ministre a habilement sorti de son baluchon la salvatrice présomption d’innocence, alléguant qu’on ne réglera rien « en coulant en série dans les journaux des informations, en les montant en épingle dans certains cas. C'est vraiment gonflé à l'hélium ».

Et toute cette mise en scène malgré le fait que le nom de M. Charest revient périodiquement dans les médias en lien avec des fuites associées à l'enquête policière Mâchurer menée par l'UPAC depuis des années, et qui vise à faire la lumière sur des allégations de financement illégal du PLQ à l'époque où Jean Charest en était le chef.

Jusqu’à quand Jean Charest pourra-t-il exhiber le paravent de la présomption d’innocence pour sa défense? Seule l’UPAC détient la clef de l’énigme…

vigile.net tribune libre 29 novembre 2017
 

Opération charme du PLQ

29 novembre 2017

La récente mise à jour économique du ministre des Finances Carlos Leitão ne laisse aucun doute aux yeux des Québécois sur ses intentions électoralistes aussi apparentes que les pistes d’un éléphant dans un frigo.

Toutefois, après un certain recul, force est de constater que les baisses d’impôt annoncées profiteront aux salariés mieux nantis, ceux qui n’ont pas à payer d’impôt dû à un faible revenu étant exemptés des « largesses » du ministre.

Quant aux sommes faramineuses injectées dans les services à la population, notamment en santé et en éducation, inutile d’être un expert en économie pour se rendre compte qu’elles ne constituent qu’un juste retour d’ascenseur à la suite des coupes tout aussi faramineuses exercées par le gouvernement Couillard au cours des dernières années.

À mes yeux, le véritable test pour Philippe Couillard sera connu le 1er octobre 2018. Ce n’est qu’à cette date que nous connaîtrons le verdict des Québécois : accorderont-ils l’absolution au Parti libéral du Québec pour les années de vache maigre imposées aux contribuables par le PLQ ou accorderont-il leur suffrage pour du vrai changement après tant d’années d’un régime libéral bombardé d’accusations de collusion et de corruption ?

vigile.net tribune libre 29 novembre 2017