L’empêcheur de tourner en rond

23 mai 2018

Au cours des six élections fédérales de 1993 à 2011, le Bloc québécois a toujours remporté la majorité des 75 sièges impartis au Québec. Toutefois, aux élections de 2011, il obtient seulement quatre sièges. Malgré tout, le parti réussit, aux élections fédérales de 2015, à faire élire cette fois 10 députés dans un contexte où Gilles Duceppe effectuait alors un retour en politique.

Depuis lors, le Bloc est devenu un parti moribond où déjà se profilait le spectre de la saga entre les fervents défenseurs d’un Bloc axé prioritairement sur la défense des droits du Québec à Ottawa et ceux dont la priorité était orientée sur l’indépendance du Québec, Gilles Duceppe ayant toujours fait partie du premier clan.

Or, depuis que M. Duceppe s’est retiré « officiellement » de la scène politique, nombreuses ont été ses sorties publiques où il est intervenu dans les débats idéologiques entre les militants du Bloc. J’en ai pour preuve son parti pris bien affirmé en faveur de la défense des intérêts du Québec par le Bloc à Ottawa et, par ricochet, son désaveu envers la chef actuelle du Bloc, Martine Ouellet.

Une attitude qui n’est pas sans nous rappeler les belles-mères qui ont toujours gravité autour du Parti québécois et qui, souvent, agissaient comme des empêcheurs de tourner en rond, un rôle que Gilles Duceppe joue actuellement dans la crise que vit le Bloc, et dont les militants pourraient facilement se passer.

vigile.net tribune libre 22 mai 2018 

Une simple question

21 mai 2018

Si les coupes drastiques du gouvernement Couillard au cours des deux premières années de son mandat étaient si essentielles pour atteindre le déficit zéro et même dégager des surplus faramineux, pourquoi, maintenant, ce même gouvernement « réinvestit » ces mêmes surplus dans les différents services de l’État, notamment en éducation et en santé, si ce n’est pour pallier les inconvénients des coupes antérieures?

Et, pour couronner le tout, ces sommes réinvesties arrivent à quelques mois des élections tel un cadeau…Tout simplement révoltant!

Le Journal de Québec 21 mai 2018
 

François et le scandale sexuel au sein du clergé

19 mai 2018

Depuis sa visite au Chili, pays traumatisé par les abus sexuels commis par le clergé, le pape François, qui s’était pourtant donné comme mission de mettre fin à l’épidémie de pédophilie au sein du clergé au début de son pontificat en continuant d’appliquer la « tolérance zéro » mise de l’avant par Benoît XVI, a adopté une attitude plutôt « conciliante » envers les évêques qui ont fermé les yeux sur de tels actes pervers dont ils avaient été informés.

À titre d’exemple, en janvier dernier, le pape argentin a provoqué l’indignation en célébrant la messe au côté de Mgr Juan Barros, accusé d’avoir passé sous silence les agissements d’un prêtre pédophile. Tout au long de son voyage, François a apporté un soutien indéfectible à Mgr Barros tout en dénonçant des « calomnies ».

Depuis lors, la tempête déclenchée au Chili n’en finit plus, si bien que les associations de victimes d’abus sexuels reprochent à François de multiplier les belles paroles, sans pour autant qu’elles soient suivies d’actions concrètes.

Des questions pour le moins inquiétantes envahissent les médias. François était-il mal informé ? Ou bien a-t-il fait preuve de complaisance vis-à-vis d’un évêque qu’il a lui-même nommé en 2015 ? Pourtant, la lettre apostolique « Comme une mère aimante » de 2016 s’inscrivait dans la politique de fermeté évoquée au début de son pontificat, le contenu prévoyant que les évêques pourront désormais être révoqués pour « négligence » en cas de non-dénonciation d’abus sexuels commis dans leur diocèse sur des mineurs.

En bref, François doit faire preuve de cohérence et de leadership, et prendre tous les moyens pour éradiquer ce fléau qui gruge la crédibilité de l’Église depuis des décennies, à défaut de quoi c’est sa propre crédibilité qui en souffrira…

quebechebdo 19 mai 2018
​vigile.net tribune libre 19 mai 2018 "Pédophlie au sein du clergé"

 

Reste-t-il un équipage dans l’avion?

19 mai 2018

À deux semaines du vote de confiance auquel se soumettra Martine Ouellet, ses appuis fondent comme neige au soleil. Après la démission des sept députés bloquistes à la fin février, c’est autour du trésorier du parti, Jules Gagné, de quitter l’ « équipage », alléguant que « parmi les rôles d’un chef de parti, il en est un qui est fondamental à savoir de maintenir la cohésion au sein du parti », tout en ajoutant du même souffle que Martine Ouellet n’avait « clairement pas réussi ».

Et, comme si ce n’était pas suffisant, l’aile jeunesse du Bloc québécois retire son appui à la chef du parti en arrivant à la même conclusion que M. Gagné, les jeunes bloquistes affirmant que Mme Ouellet « ne fait plus partie de la solution ».

Depuis le début de la crise au Bloc, j’ai toujours maintenu mon appui à Martine Ouellet, particulièrement pour ses convictions souverainistes profondes, un atout indispensable pour un chef de parti indépendantiste.

Toutefois, je suis sensible à l’argument qui exige d’un chef de parti de « maintenir la cohésion », objectif que Martine Ouellet n’a manifestement pas atteint, à tel point que nous devons nous demander s’il reste encore « un équipage dans l’avion ». À mes yeux, je crois qu’il est temps que le « pilote » pose son « avion sur la piste d’atterrissage » et revoit en profondeur son « plan de vol », à défaut de quoi sa détermination risque de se substituer à de l’entêtement!

vigile.net tribune libre 17 mai 2018

Cours d’éducation à la sexualité

18 mai 2018

Il ne fait aucun doute dans mon esprit que l’affaire Weinstein et l’émergence du mouvement #MeToo qui a suivi sur les réseaux sociaux ont contribué grandement à la décision du gouvernement Couillard d’implanter, dès septembre 2018, un cours d’éducation à la sexualité dans toutes les écoles primaires et secondaires du Québec.

Or, quoique l’intention soit louable, l’implantation d’un tel cours suscite des critiques véhémentes de la part des enseignants via la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement, Josée Scalabrini, qui allègue, entre autres arguments, que « les milieux ne sont pas prêts [et que] les formations ne sont même pas rendues dans les écoles ! »
Mme Scalabrini met aussi en exergue le caractère délicat d’un tel cours (anatomie, image corporelle, rôles sociaux, agressions sexuelles, vie affective et amoureuse, relations sexuelles, stéréotypes, maladies transmises sexuellement, etc), de même que l’importance de disposer des ressources humaines nécessaires pour venir en aide aux jeunes aux prises avec des problèmes liés à la sexualité

Selon le plan du ministre, l’éducation sexuelle ne fera pas partie de la grille-matières comme telle, étant plutôt intégrée à l’enseignement des matières existantes. Par exemple, un enseignant de français pourrait insérer du contenu pédagogique de nature sexuelle à son cours pendant quelques heures. Par ailleurs, le contenu du programme pourrait être enseigné par des psychoéducateurs, des infirmiers, des sexologues ou des psychologues plutôt que par les enseignants… Essayez d’y voir clair!

À toute fin pratique, si le gouvernement Couillard persiste dans son intention d’offrir un tel cours malgré les critiques acerbes auxquelles il est confronté, il s’achemine dans une démarche vouée à l’échec compte tenu que ce cours ne répond à aucune forme d’acceptabilité de la part des enseignants!

Qu'à cela ne tienne, le ministre Proulx maintient le cap…

http://vigile.quebec/articles/on-respecte-l-age-des-enfants-assure-sebastien-proulx


vigile.net tribune libre 16 mai 2018

Les aberrations de Couillard

17 mai 2018

D’entrée de jeu, je vous cite les premiers mots prononcés par Philippe Couillard lors de son allocution devant la communauté d’affaires de Québec : « Pourquoi essayer de réparer ce qui n'est pas cassé? »

Sans présumer de ce qui s’est passé dans la tête de nombreux auditeurs à la suite de cette question, je suis plutôt d’avis que plusieurs d’entre eux ont dû réagir en se disant que c’était bien malhabile de la part du premier ministre d’aborder en ces termes sa présentation. En effet, pour plusieurs d’entre eux, gageons qu’ils ont pensé à tous les « pots cassés », notamment à la suite des coupes drastiques en santé et en éducation.

Quant à la conclusion, elle n’a guère été plus lumineuse : « Quand vous avez une équipe gagnante sur la glace, vous ne changez pas l'équipe. » Eh bien, M. Couillard, avec tous les départs du Parti libéral du Québec (PLQ) qui s’accumulent depuis des semaines, j’ai plutôt l’impression que vous n’aurez pas le choix de procéder à des changements à votre « équipe gagnante ».

Enfin, si M. Couillard espère convaincre les électeurs de Québec qui, en passant, situent le PLQ en troisième position lors du dernier sondage derrière la CAQ et le PQ, il devra modifier sa stratégie car il fera face à un adversaire redoutable, à savoir le vent de changement qui semble souffler au Québec, notamment dans la Capitale nationale qui place la CAQ loin en avance toujours selon le même sondage.

vigile.net tribune libre 15 mai 2018
Le Devoir 19 mai 2018

Opération charme d’Andrew Scheer

15 mai 2018

Il y a belle lurette, soit en 1988, que le Parti conservateur du Canada (PCC) avec Brian Mulroney à sa tête a raflé de nombreux comtés au Québec. Qu’à cela ne tienne, le chef actuel du PCC, Andrew Scheer, est littéralement parti à la conquête de l’électorat québécois.

À sa défense, le terrain semble propice à une telle « croisade » compte tenu de plusieurs facteurs, notamment de la bisbille au sein du Bloc québécois, de la baisse de popularité de Justin Trudeau et du fait que le chef du Nouveau parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, est à des années-lumière de la popularité de Jack Layton. Bref, les portes sont grandes ouvertes pour le PCC de M. Scheer.

Toutefois, le chef conservateur devra outrepasser sa bouille sympathique et son sourire bon enfant et démontrer davantage de vigueur dans ses propos qui souffrent, à mes yeux, du « punch » nécessaire pour capter l’intérêt des électeurs…Est-ce trop demander au tempérament plutôt « zen » d’Andrew Scheer? Peut-être…

Quoiqu’il en soit, le chef du PCC a du pain sur la planche, mais la table est mise. À lui maintenant de faire en sorte que son menu politique soit attrayant pour les Québécois…C’est une histoire à suivre de près!

Le Journal de Québec 15 mai 2018 "Opération charme"
 

Un gouvernement caquiste majoritaire?

14 mai 2018

Si la tendance révélée par le dernier sondage Léger-Le Journal/Le Devoir se maintient, à savoir 35 % des intentions de vote pour les troupes de François Legault, nous assisterons possiblement à l’élection d’un gouvernement caquiste majoritaire. À mon sens, une vague caquiste pourrait déferler sur le Québec au lendemain du scrutin général du 1er octobre.

La vague de désertion de cinq ministres libéraux d’une part, le manque de charisme de Jean-François Lisée d’autre part, et le désir de changement de l’électorat québécois constituent à mon avis les facteurs déterminants qui influencent de tels résultats.

Après quelque quinze ans d’un gouvernement libéral marqué par les scandales politiques et les coupes drastiques, notamment en éducation et en santé, le gouvernement de Philippe Couillard a perdu toute crédibilité aux yeux des Québécois, et perd même des plumes auprès des non-francophones, un électorat pourtant historiquement fidèle au PLQ.

En ce qui a trait au PQ, la stratégie de leur chef de reporter le référendum sur l’indépendance du Québec en 2022 ne réussit manifestement pas à rallier les souverainistes « mous » qui optent plutôt pour le parti de François Legault.

En somme, les astres semblent s’aligner pour un gouvernement caquiste majoritaire. Toutefois, à cinq mois des élections, l’électorat est encore volatil puisqu’un Québécois sur deux seulement estime son choix définitif…

vigile.net tribune libre 13 mai 2018
 

Alexandre Taillefer, le « queer politique » (1)

12 mai 2018

L’homme d’affaires et ex-dragon Alexandre Taillefer a annoncé récemment sur ses réseaux sociaux qu’il agirait en tant que président de la campagne électorale pour le Parti Libéral du Québec (PLQ). En théorie, une telle décision peut paraître plus ou moins « bizarre » compte tenu qu’on lui reconnaît surtout une propension pour la gauche. Toutefois, en pratique, il n’est pas surprenant que celui qui se qualifie de « queer politique » puisse se sentir à l’aise dans quelque parti que ce soit.

À cet effet, il est révélateur de constater comment Alexandre Taillefer termine son billet en reprenant les mots de Juan Manuel Santos, président de la Colombie et récipiendaire du prix Nobel de la paix: « [Jean Manuel Santos] s’est défini comme quelqu’un de l’extrême centre. Difficile de mieux décrire ma position. Parce qu’il y a du bon dans chacun des partis et que la vérité est rarement noire ou blanche ».

Va pour la théorie…Toutefois, en acceptant la responsabilité de président de la campagne du PLQ, l’homme d’affaires n’aura pas le choix de confronter des politiciens convaincus de leur allégeance politique, et de prendre position pour le parti qu’il représente, un choc des idées qui risque tout au moins de le placer dans des positions pour le moins inconfortables.

Il faudra observer alors comment le « queer politique » pourra se sortir de ces prises de bec animées sur le terrain miné de la politique qui peut devenir très explosif pour les « caméléons »! Une histoire à suivre…

(1) "queer" est un mot anglais qui signifie "étrange", "peu commun", "bizarre" (Wikipédia)

vigile.net tribune libre 11 mai 2018

 

Québec Debout, un parti mort-né

11 mai 2018

Québec Debout, tel est le nom du nouveau parti politique choisi par les sept ex-bloquistes qui rejettent toutefois toute étiquette indépendantiste et désirent revenir à la mission originelle du Bloc québécois lors de sa création en 1991, soit celle de défendre les intérêts du Québec à Ottawa. Du même souffle, les « debouts » rangent dans le placard la question de l’indépendance du Québec qu’ils préfèrent laisser aux partis souverainistes qui siègent à l'Assemblée nationale.

Or, cette dernière orientation entre littéralement en conflit avec les statuts du Bloc québécois qui placent l’indépendance en priorité, spécifiant clairement que les députés bloquistes doivent profiter de toutes les tribunes qui leur sont offertes pour mousser l’avènement du Québec à son statut de pays.

Québec Debout devient donc une sorte d’ange gardien du Québec, ni fédéraliste ni indépendantiste, imbu de la mission de protéger les intérêts du Québec à Ottawa, un parti ni chair ni poisson, dépouillé de toute substance indépendantiste voguant au gré des dossiers inhérents au Québec qui, occasionnellement, aboutiront à la Chambre des communes.

À mes yeux, le nouveau parti des démissionnaires du Bloc incarne une coquille vide sans allégeance politique, un parti mort-né dépourvu de toute véritable identité…

vigile.net tribune libre 10 mai 2018