Exigence ou maltraitance?

20 novembre 2017

Le réputé comédien et professeur au Conservatoire d'art dramatique de Montréal Gilbert Sicotte se retrouve dans la tourmente. Suite à des allégations d’abus de pouvoir, de harcèlement psychologique et de violence verbale sur une période de 25 ans, la direction du Conservatoire vient de le suspendre.

De son côté, le comédien dit enseigner comme un acteur et non pas comme un professeur de philosophie. « Je veux que les acteurs et actrices soient les meilleurs possibles […] L’exigence n’est pas la maltraitance. [...] Je mets la barre haute pour tous les étudiants », soutient M. Sicotte.

Les gens de théâtre ont des personnalités émotives, un atout majeur pour leur permettre d’ « entrer dans leur personnage ». Et, pour y arriver, le professeur ou le metteur en scène doit parfois utiliser des méthodes qui peuvent paraître du « harcèlement psychologique ». Toutefois, en ce qui a trait aux plaintes d’une vingtaine de personnes eu égard aux motifs mentionnés ci-dessus, l’attitude et les mots utilisés par le professeur Sicotte [par exemple, "J'vais t'casser, mon ostie"] semblent avoir outrepassé l’« exigence » et atteint le stade de la « maltraitance ».

Gilbert Sicotte soutient rechercher chez ses étudiants la même chose que ce qu'il exige de lui-même comme acteur. « Je suis un acteur bouillant, exigeant et je suis aussi un professeur exigeant ».  Un vieil adage prétend que l’on a souvent les défauts de ses qualités…En ce sens, peut-être que M. Sicotte devrait abandonner son siège de professeur et continuer de briller sur les planches en tant que comédien « exigent » et adulé du public.

vigile.net tribune libre 20 novembre 2017
 

Bettman, le bourreau de Québec

19 novembre 2017

Aussi bien se faire à l’idée, tant et aussi longtemps que Gary Bettman demeurera commissaire de la Ligue nationale de hockey (LNH), les amateurs de hockey de Québec devront oublier un éventuel retour d’une équipe de la LNH dans la Capitale nationale.

À mes yeux, c’est écrit dans le ciel, Gary Bettman a des atomes crochus envers les villes de nos voisins du sud. Par contre, en ce qui a trait au Québec, à part Montréal qui a acquis son droit de cité depuis la fondation de la LNH, aucune autre ville ne figure dans les cartons du « bourreau » de Québec.

Et, pour comble de mesquinerie, lors de son passage à Montréal, M. Bettman, concernant la création d’un nouvel amphithéâtre ultra-moderne à Québec, a tout simplement rappelé qu’il n’a jamais incité la ville à bâtir un nouvel aréna depuis le départ des Nordiques, en 1995, et surtout, qu’il n’a jamais promis qu’un nouvel aréna équivaudrait automatiquement à un retour de la LNH… Un argumentaire pour le moins tordu qui vient déresponsabiliser Bettman tout en lui donnant bonne conscience auprès de ses acolytes du même acabit!

quebechebdo 19 novembre 2017
Le Devoir 24 novembre 2017 "Le bourreau de Québec"

Sous le couvert de la diplomatie

17 novembre 2017

Des exécutions extrajudiciaires qui ont fait des milliers de morts, une police qui ressemble à un gang criminel, des populations pauvres qui sont clairement visées, des pratiques de torture à large échelle, des discours toxiques du président Rodrigo Duterte, tel est le sombre tableau auquel son confrontés les Philippins sous le joug de Duterte.

De son côté, notre premier ministre Justin Trudeau, sous le couvert de la sacro-sainte diplomatie, se complaît à serrer la main à celui qui tient le sort des Philippins sous sa férule, sans aborder le « vrai problème », à savoir les actes démoniaques du monarque absolu de Manille. « Il y a toutes une série de problèmes que je pourrais soulever avec lui si nous en avons l’occasion, a déclaré M. Trudeau. Il y a toujours des préoccupations en matière de droits de la personne à aborder avec un large éventail de dirigeants ».

Un argumentaire pour le moins évasif qui dénote un manque de leadership patent de la part du premier ministre d’u pays qui se targue d’être un défenseur inconditionnel des droits et libertés de la personne. Un laxisme éhonté à la face même du monde.

M. Trudeau, quand l’ « occasion » ne se présente pas, sachez que vous avez le devoir de la susciter, à défaut de quoi, vous vous exposez à de vives contestations non seulement de la presse internationale mais aussi de ceux qui vous ont porté au pouvoir.

Le Devoir 17 novembre 2017
 

L’école en partenariat avec les parents

13 novembre 2017

Fort d’une expérience de plus de trente ans dans le monde de l’enseignement dont dix à des postes de responsabilités aux Services aux élèves, aux Services pédagogiques et administratifs, j’ai été à même de constater, particulièrement au cours de mes trois années à la direction d’une école, à quel point nos jeunes sont souvent perturbés entre le milieu familial et l’école.

Dans cette perspective, il est plus que temps que parents et éducateurs s’assoient ensemble et déterminent les valeurs fondamentales qu’ils désirent intégrer dans un projet de partenariat famille/école. C’est ensemble que, parents et éducateurs, doivent déterminer des paramètres équitables qui permettront aux jeunes de « franchir le pont » vers une autonomie progressive, basée sur le respect de soi et des autres.

Pour y parvenir, les intervenants de l’école, en partenariat avec les parents, devront privilégier la prise en charge progressive de l’autonomie du jeune, le respect de soi, des autres et de la propriété d’autrui, le développement du sens de l’effort et des capacités intellectuelles du jeune.

À mon sens, il est inacceptable que le mode de vie à l’école soit souvent à l’opposé de celui vécu dans la famille, une aberration qui place le jeune entre deux mondes fort différents qui laissent la place à la manipulation de la part du jeune…Conséquemment, force est de constater que la solution à cette dichotomie malsaine réside dans la création d’une école en véritable partenariat avec les parents. 

quebechebdo 13 novembre 2017
​vigile.net tribune libre 17 novembre 2017

Lucien Bouchard, souverainiste?

11 novembre 2017

J’ai lu et relu l’allocution de Lucien Bouchard prononcée à l’occasion de la commémoration du 30e anniversaire du décès de René Lévesque, organisée par la Fondation René-Lévesque. Et, en aucune occasion dans son texte, l’ex-premier ministre péquiste du Québec ne fait allusion à la souveraineté du Québec. Le texte contient bien sûr des allusions sur l’avenir du Québec sans toutefois faire référence à sa quête de l’indépendance.

À cet effet, permettez-moi de vous citer un passage de l’allocution de M. Bouchard : « Bien sûr, le Québec va rebondir. Pas seulement parce qu’il en est capable, mais parce qu’il se le doit à lui-même et à ceux et celles qui l’ont construit. C’est notre société tout entière et toutes les formations politiques qui se trouvent interpellées. L’histoire du Québec n’a pas cessé d’être une marche en avant. Un peuple de huit millions de personnes, doté d’un État de droit et d’assises socio-économiques modernes, trouvera toujours les voies de son avenir, aussi bien que l’énergie pour y progresser et les leaders pour l’inspirer. »

En utilisant les mots « marche en avant » et « les voies de son avenir », l’occasion était pourtant belle pour glisser le vocable « souveraineté ». Mais non, notre « lucide » a préféré raser les murs sans s’y frotter de peur de déplaire à ses tizamis ultra-mondialistes avec lesquels il a développé depuis longtemps des atomes crochus.

En bref, la question continue de se poser : Lucien Bouchard, l’ex-partisan du « beau risque » du conservateur fédéraliste Brian Mulroney, est-il vraiment souverainiste ?

quebechebdo 11 novembre 2017
vigile.net tribune libre 11 novembre 2017

Couillard vers la sortie?

10 novembre 2017

Quand un premier ministre en est rendu à exhiber le sourire comme carte de visite de son parti pour mousser sa prochaine campagne électorale, il y a là une déconnexion pathétique avec la réalité. Une réalité qui, dans le cas de Valérie Plante, était appuyée par un vent de changement à l’Hôtel de ville de Montréal. Ce même vent de changement qui a catapulté la Coalition avenir Québec de François Legault en tête d’un dernier sondage dans les intentions de vote des Québécois.

Comme tous les analystes de la scène politique québécoise le savent, les libéraux n’ont pas l’habitude de « laisser trainer les choses » et, depuis un certain temps, Philippe Couillard frôle les murs des corridors de l’Assemblée nationale comme s’il tentait de fuir les journalistes. Il a littéralement perdu la fougue du batailleur qui l’a toujours caractérisé dans les situations où il se devait de rebondir.

Pendant ce temps, dans les couloirs secrets du PLQ, les potentiels dauphins Coiteux, Barrette et Moreau surveillent attentivement la dégringolade de Philippe Couillard, prêts à prendre l’avant-scène aussitôt que l’occasion se présentera.

Octobre 2018 s’en vient rapidement…À mon sens, ou Couillard laissera sa place ou il se fera montrer la sortie par l’exécutif du PLQ!

Le Journal de Québec 10 novembre 2017
vigile.net tribune libre 14 novembre 2017
 

Le début d’un temps nouveau

8 novembre 2017

Les derniers sondages laissaient voir cette tendance. Ce qui était impensable il y a quelques mois s’est réalisé : en cette journée du 5 novembre 2017, Valérie Plante est devenue la première mairesse de Montréal. « Ce soir, nous avons écrit une nouvelle page d'histoire pour Montréal. 375 ans après Jeanne Mance, Montréal a enfin sa première mairesse », a-t-elle déclaré au début de son allocution devant ses partisans.

Il faut remonter à 1960 pour retrouver un maire battu après seulement un mandat à la tête de Montréal, à savoir Sarto Fournier, qui s'était incliné contre Jean Drapeau. Une onde de choc s’est produite au sein de l’électorat montréalais qui a opté nettement pour le changement au détriment d’une continuité vétuste incarnée par le maire sortant, Denis Coderre. Le sourire communicatif et l’enthousiasme débordant de Mme Plante ont petit à petit envahi les écrans radars et les médias sociaux tel un vent de renouveau bienfaisant.

Trois thèmes majeurs ont marqué la campagne de Valérie Plante, soit la sécurité, l'habitation et le transport, des thèmes qui ont indéniablement retenu l’attention de nombreux Montréalais. Reste à la nouvelle mairesse à convaincre les divers paliers de gouvernements de répondre à son appel auquel il sera difficile de se défiler compte du poids politique de la première représentante de la métropole canadienne.

Une page d’histoire a été écrite. Valérie Plante incarne hors de tout doute le début d’un temps nouveau. Elle occupe dorénavant le siège de la mairesse…Laissons-lui maintenant le temps de réaliser ses projets!

vigile.net tribune libre 8 novembre 2017
 

Le sourire « sratégique » de Couillard

8 novembre 2017

Le sourire communicatif de la nouvelle mairesse de Montréal, Valérie Plante, semble avoir inspiré le premier ministre Philippe Couillard, à tel point qu’il a déclaré qu’il se servira de ce « flambeau » stratégique au cours de la prochaine campagne électorale de l’automne 2018 pour espérer se faire réélire le 1er octobre prochain. « C’est ce qu’on va faire… Les gens ont besoin de ça [sourire et positivisme] maintenant, et je pense qu’il faut mettre ça dans le paysage politique ».

Eh bien, M. Couillard, n’en déplaise à vos « bonnes intentions », je demeure fort perplexe sur le pouvoir de votre sourire pour faire oublier les années de vache maigre que vous avez imposées aux Québécois depuis le début votre mandat axé sur l’austérité. Conséquemment, à mes yeux, votre sourire « stratégique » aura autant d’effet que la pluie sur le dos d’un canard!

Le Devoir 8 novembre 2017
vigile.net tribune libre 8 novembre 2017
 

Harcèlements et agressions sexuelles

7 novembre 2017

Depuis quelque temps, il ne se passe pas une journée sans que les médias nous inondent de dénonciations pour harcèlements ou agressions sexuelles de la part de femmes envers des personnages publics, notamment dans le monde culturel. Nous assistons au déferlement de révélations toutes aussi troublantes les unes que les autres visant des personnages dont la réputation était sans tache.

Depuis l’apparition du dernier mot-clic #MoiAussi, les langues se sont déliées, amenant avec elles une escalade sans précédent de dénonciations. On a l’impression d’être entrainé dans un mouvement d'agitation intense qui tourbillonne tel un maelstrom sans fin qui n’a surement pas terminé de laisser ses traces.

Par ailleurs, quel sort est réservé aux hommes et aux femmes « ordinaires » d’ici dont la couverture n’apparaît pas sur les écrans radars médiatiques? Quels moyens la société québécoise entend-elle mettre de l’avant pour agir proactivement à de tels comportements? Quand les écoles se doteront-elles d’un cours d’éducation à la sexualité enseigné par des personnes compétentes en la matière?

Des questions qui demeurent pour l’instant sans réponse mais qui doivent être abordées sans délai pour le plus grand bien du vivre-ensemble entre hommes et femmes au Québec!

vigile.net tribune libre 5 novembre 2017
Le Journal de Québec 7 novembre 2017 "#MoiAussi"

L’humour au second degré

4 novembre 2017

À plusieurs occasions au cours de leur critique du dernier spectacle de l’humoriste Guy Nantel intitulé Nos droits et libertés, les auteurs font appel à l’humour « au second degré » sans lequel, allèguent ces derniers, Nantel ne passerait pas le test de l’humour satirique, voire sarcastique. Ainsi en est-il du passage du billet de Josianne Desloges dans le Soleil : « On devine et on espère que l’exposé où il conclut que « par essence l’homme est un donneur universel et la femme, un récipient inerte » est livré au deuxième degré ».

Mais au fait, en quoi consiste cet humour au second degré? Après une petite recherche sur Internet, la plupart des définitions tournent autour d’un humour qui fait réfléchir et qui fait rire. Pourtant, dans son passage sur l’agression sexuelle d’Alice Paquet, force est de constater que la principale intéressée s’est sentie attaquée par les propos crus de Nantel…une réaction que je qualifierais de « normale ».

En somme, l’humoriste peut-il se permettre d’utiliser des événements aussi traumatisants que la mésaventure vécue par Alice Paquet sous le couvert d’un humour au second degré? À cet effet, je retiens la réaction de l’humoriste Fred Dubé sur sa page Facebook : « En humour, le deuxième degré a le dos large. Souvent, on se cache derrière lui, mais sans identifier c’est quoi le message de ce fameux second degré. Bref le deuxième degré est comme Dieu; même si on ne le voit pas, faut y croire ».

quebechebdo 4 novembre 2017