Au royaume d’Esculape

7 mars 2018

En plus des primes d’assiduité et du « forfait jaquette » qui ont suscité un tollé de contestation, nous apprenons maintenant que les médecins québécois ont touché quelque 111 millions $ depuis trois ans pour participer à des réunions et comités pour lesquels ils sont payés jusqu’à 200 $ de l’heure…et toute cette ignominie à même les poches des contribuables. Et, parmi ces contribuables, une pléiade d’entre eux attendent toujours un médecin de famille, d’autres poireautent des heures à l’urgence avant d’avoir accès à un médecin.

Il y a quelque chose de scandaleux au royaume d’Esculape où les médecins se comportent comme des dieux imbus de pouvoirs absolus, notamment celui d’avoir accès à des privilèges exorbitants qui ne se retrouvent dans aucune autre profession, aussi « importante » soit-elle.

Mais là où le bât blesse avec le plus d’acuité, c’est l’argumentaire utilisé par la porte-parole de Ministère Marie-Claude Lacasse qui, pour justifier cette prime de 200 $ de l’heure pour assister à des réunions, allègue que « ces modalités de rémunération ont été mises en place afin de favoriser la participation des médecins spécialistes dans la gouverne et la performance du réseau de la santé ainsi que dans l’organisation hospitalière »… comme si la participation à ces réunions ne devait pas faire partie intégrante de leur tâche comme c’est le cas dans de nombreuses professions.

Le Journal de Québec 7 mars 2018
vigile.net tribune libre 9 mars 2018
 

Les Québécois n’ont jamais été consultés sur l’indépendance du Québec

6 mars 2018

En guise de rappel, voici les libellés des questions auxquelles ont été soumis les Québécois lors des référendums de 1980 et 1995 :

20 mai 1980

« Le Gouvernement du Québec a fait connaître sa proposition d’en arriver, avec le reste du Canada, à une nouvelle entente fondée sur le principe de l’égalité des peuples ; cette entente permettrait au Québec d'acquérir le pouvoir exclusif de faire ses lois, de percevoir ses impôts et d’établir ses relations extérieures, ce qui est la souveraineté, et, en même temps, de maintenir avec le Canada une association économique comportant l’utilisation de la même monnaie ; aucun changement de statut politique résultant de ces négociations ne sera réalisé sans l’accord de la population lors d’un autre référendum ; en conséquence, accordez-vous au Gouvernement du Québec le mandat de négocier l’entente proposée entre le Québec et le Canada ? »

En plus de son préambule emberlificoté de trop nombreux paramètres, la question de 1980, à savoir « accordez-vous au Gouvernement du Québec le mandat de négocier l’entente proposée entre le Québec et le Canada ? » ne contient en rien quelque élément sur une quelconque consultation faisant appel à l’indépendance du Québec. 

30 octobre 1995

« Acceptez-vous que le Québec devienne souverain, après avoir offert formellement au Canada un nouveau partenariat économique et politique, dans le cadre du projet de loi sur l'avenir du Québec, et de l'entente signée le 12 juin 1995, oui ou non? »

Bien que plus brève, la question de 1995, dans la lignée de celle de 1980, présuppose une souveraineté liée à « un nouveau partenariat économique et politique » avec le Canada. De plus, cette question réfère à « l'entente signée le 12 juin 1995 », laquelle entente laisse le commun des mortels dans le doute quant à son contenu.

Fort de ces observations sur des questions référendaires pour le moins alambiquées, je suis d’avis que les Québécois n’ont jamais été véritablement consultés sur l’indépendance du Québec eu égard à une question claire et nette telle que « Acceptez-vous que le Québec devienne indépendant? » Dans ces conditions seulement, les Québécois feront connaître une réponse sans équivoque à une question claire!

vigile.net tribune libre 6 mars 2018

Où sont passées les relations humaines?

4 mars 2018

Dans les écoles du Québec, et ce dès le primaire, les élèves sont appelés à travailler en équipes dans le but de les habituer au phénomène de la socialisation et à l’importance de communiquer oralement leur opinion aux autres membres de l’équipe. Or, dans la vie de tous les jours, aussitôt sortis de l’école, les jeunes s’isolent devant leur « bidule électronique » pour communiquer leurs messages.

À cet effet, j’arrive d’un séjour à Punta Cana, en République dominicaine, où j’ai assisté à une scène pour le moins « symptomatique » d’une famille, le père, la mère et leurs deux enfants, assis dans le hall de l’hôtel devant ma femme et moi.

Je vous parle ici de gens en vacances dans le Sud qui, fort probablement, étaient venus « se changer les idées » sous des cieux plus cléments. Et pourtant, pendant toute la période où nous sommes demeurés à nos sièges en train de boire un apéro, soit environ une heure, aucun des quatre membres de ladite famille n’a levé les yeux de sa tablette ni prononcé un mot…

Mais où sont donc passées les relations humaines, me suis-je dit? Dans quel monde robotisé vivons-nous ici même au Québec, victime lui aussi de cette plaie immonde incarnée par les moyens de communication qualifiés de « modernes?  

Des questions qui, à elles seules, suscitent de vives inquiétudes sur le type de « relations » dans lesquelles notre société dite « civilisée » s’enlise pernicieusement au grand dam des bienfaits d’une saine discussion avec notre famille ou nos amis, notamment le resserrement de liens bénéfiques que procurent de tels échanges d’idées dans la micro-société québécoise.

vigile.net tribune libre 3 mars 2018
quebechebdo 4 mars 2018
 

Une fausse bonne nouvelle

15 février 2018

Parmi toutes les déclarations plus ou moins saugrenues du ministre de la Santé Gaétan Barrette depuis qu’il est en poste, nul doute que sa dernière révélation atteint le paroxysme de l’incohérence, voire de l’indécence.

En effet, alors que, parmi la pléiade de problèmes qui subsistent encore dans le système de santé, notamment le temps d’attente démesurément long dans les urgences ou le fait qu’un Québécois sur cinq n’a toujours pas de médecin de famille ou que les infirmières sont à bout de souffle, notre bon docteur Barrette ose lancer à l’occasion d’un point de presse que la réforme est maintenant terminée et qu’il ne reste qu’à la « peaufiner »…Eh bien, toute une nouvelle encourageante pour les usagers du système de santé du Québec et son personnel infirmier!

Décidément, on aura tout entendu de la part de celui qui devait remettre le système de santé sur pied. D’une structure nouvelle à une autre, nous avons assisté à une valse des sigles que seuls ceux qui y oeuvrent peuvent prononcer sans se tromper, tellement ils contiennent de lettres.

Toutefois, sur le terrain, rien n’a vraiment changé. La réforme Barrette est un constat d’échec sur toute la ligne. Si M. Barrette pensait que sa « fausse bonne nouvelle » réconforterait les Québécois, force est de constater que les wagons ne suivent pas la locomotive Barrette qui file seule sur les rails de la déroute au grand dam d’un système de santé de plus en plus malade!

vigile.net tribune libre 15 février 2018

La poule aux oeufs d’or

12 février 2018

Depuis des décennies, la saga entre l’école publique et l’école privée refait surface lorsque le réseau public éprouve certaines difficultés, notamment au chapitre des subventions qu’il reçoit du ministère de l’Éducation (MEQ). En fait, l’équation est facile, coupons les subsides au réseau privé, et profitons de cette manne pour investir dans le réseau public.

C’est l’argumentaire de Québec solidaire (QS) qui allègue que la moitié des parents qui envoient leurs enfants à l’école privée subventionnée vont continuer de faire ce choix le jour où le gouvernement cessera de couvrir 40% des frais de scolarité, et que le MEQ réalisera ainsi des économies de 100 M$.

Malheureusement, dans la réalité, le principe des vases communicants ne s’applique pas aussi harmonieusement. La raison en est très simple : QS croit-il sérieusement que 50 % des parents continueront d’envoyer leurs enfants dans des écoles privées non-subventionnées au coût estimé à 18 000 $ par année, le coût actuel d’une école privée non-subventionnée? La réponse me semble évidente…

L’argumentaire de QS me rappelle l’histoire de celui dont la poule pondait tous les jours un œuf d’or, et qui l’ouvrit pensant découvrir un trésor pour finalement constater qu’elle était semblable à toutes les autres poules. Et La Fontaine de terminer ainsi sa fable : « Belle leçon pour les gens chiches : Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vus Qui du soir au matin sont pauvres devenus Pour vouloir trop tôt être riches ?

vigile.net tribune libre 12 février 2018
 

Le cours ECR au banc des accusés

11 février 2018

Le cours Éthique et culture religieuse (ECR), qui a remplacé en 2008 l’enseignement religieux confessionnel et l’enseignement moral, en est à sa dixième année, et depuis son instauration, les critiques n’ont cessé de fuser de toutes parts, notamment eu égard à l’endoctrinement de masse qu’il suscite en soumettant les jeunes Québécois à une propagande nettement multiculturaliste.

De là à caricaturer le « vrai monde » comme étant corrompu par le racisme, la xénophobie, l’intolérance et autres tares du même genre, il n’y a qu’un pas…et il est vite franchi. D’où la perte progressive et sournoise, voire le rejet, de son identité à ses valeurs traditionnelles.

L’école québécoise est devenue une succursale où les élèves sont utilisés à des fins partisanes d’une idéologie. Est-ce vraiment le rôle de l’école? La réponse est non. Conséquemment, après dix ans d’assimilation pernicieuse aux « bienfaits » du multiculturalisme « canadian », il est plus que temps que le cours d’ECR soit carrément aboli dans sa présentation actuelle et qu’un véritable cours d’Éthique et culture religieuse soit instauré dans les meilleurs délais!

quebechebdo 11 février 2018
 

#MoiAussi, la suite…

9 février 2018

Lors de l’émission 24/60 du 8 février présentée sur RDI, un panel de quatre femmes issues de milieux professionnels différents se sont exprimées sur les suites qu’elles prévoyaient au mouvement #MoiAussi. Quoique les opinions fussent différentes, les quatre panélistes s’entendaient sur le fait que le déferlement de dénonciations à connotations sexuelles a contribué à créer un climat davantage favorable à des relations hommes-femmes plus harmonieuses.

Toutefois, comme ces dénonciations ont pour la plupart emprunté la voie des médias sociaux, force est d’admettre que les présumés agresseurs demeurent des « condamnés » sur la place publique tout en bénéficiant de la présomption d’innocence puisqu’aucune accusation criminelle ne pèse actuellement contre eux, bien qu’ils se soient vus attaqués vigoureusement dans leurs réputations personnelle et professionnelle.

Ceci étant dit, à mes yeux, les véritables effets de #MoiAussi se feront sentir dès lors que la société, notamment les parents, agiront proactivement sur leurs adolescents concernant l’importance du respect qu’ils doivent entretenir dans leurs relations avec les filles…Une démarche en amont essentielle sans quoi le sentiment de domination des hommes persistera à faire ses ravages destructeurs et pernicieux…

quebechebdo 9 février 2018
Le Journal de Québec 12 février 2018 
 

Trudeau, l’islamophile

9 février 2018

Wikipédia définit l'islamophilie comme étant "un néologisme pour décrire un engouement pour les valeurs de l'islam, généralement associé à une admiration de la civilisation islamique". Dans ce contexte, force est de constater que Justin Trudeau, eu égard aux nombreuses manifestations pro-islam auxquelles il a assisté, et à la kyrielle de ses déclarations faisant l’éloge de l’islam, répond parfaitement à la définition de l’islamophilie.

Pas étonnant qu’il déploie autant d’énergie à combattre l’islamophobie, sa dernière bataille ayant trait au premier anniversaire de la commémoration de l’attentat de la grande mosquée de Québec le 29 janvier dernier où il est revenu hanter les Québécois sur l’examen de conscience qu’ils devraient faire relativement à leur aversion vis-à-vis le mot "islamophobie".

Or, les Québécois, en général, ne souffrent pas d’islamophobie, mais ils demeurent conscients que les nombreux attentats perpétrés par les djihadistes musulmans à travers le monde depuis des années sont des actes démoniaques qu’il faut à tout prix dénoncer sans réserve.

Quant à vous, M. Trudeau, à mon sens, votre propension viscérale envers le multiculturalisme vous conduit tout droit à un phénomène d’inclusion à outrance qui fait fi de la réalité au profit d’un culte sans borne et sans nuance pour l’islamophilie.

vigile.net tribune libre 9 fevrier 2018

Lettre ouverte à Jean-François Lisée

6 février 2018

Monsieur Lisée,

Par cette lettre, mon intention est de faire amende honorable eu égard au tiède leadership que vous avez exercé depuis votre arrivée à la chefferie du Parti québécois (PQ), notamment au chapitre de l’indépendance du Québec que vous avez reporté en 2022, pour autant que vous remportiez le scrutin de 2018. À cet effet, mon opinion n’a pas changé. Je demeure convaincu qu’à force d’attendre les conditions gagnantes, la « cause » perdra davantage de son élan.

Toutefois, force est de constater que, depuis quelques semaines, particulièrement depuis les résultats inquiétants du dernier sondage, vous avez eu le courage de rester debout dans la tempête, réussissant non seulement à l’apaiser, mais aussi à en ressortir plus fort. Et, pour y arriver, deux éléments me semblent ressortir nettement.

D’abord, pour la première fois depuis des lunes, vous avez su déposer sur la table un programme clair et articulé qui répond aux priorités des Québécois, notamment l’assistance aux jeunes familles grâce au prolongement des congés de paternité, l’ajout de maisons de famille, des mesures de conciliation travail-famille et un retour au tarif unique dans les CPE.

Ensuite, dans le contexte des départs annoncés au sein du caucus, vous avez la clairvoyance de faire appel à la jeune génération au sein de votre caucus, notamment par la nomination de Véronique Hivon à titre de vice-chef du PQ, une sage décision qui apportera du sang neuf à un poste stratégique.

Enfin, M. Lisée, je tiens à vous exprimer toute mon admiration pour l’habileté avec laquelle vous avez repris les rênes du parti tout en souhaitant ardemment que vous meniez le navire amiral à bon port en octobre 2018.

vigile.net tribune libre 6 février 2018

Une sage décision

4 février 2018

Avec la nomination de Véronique Hivon à titre de vice-chef du Parti québécois (PQ), sommes-nous en train d’assister à la reprise du tandem Bouchard-Parizeau mis sur pied en plein milieu de la campagne référendaire de 1995 par Jacques Parizeau, sentant qu’il avait besoin d’un personnage charismatique pour ajouter plus de mordant au « oui ».

Si tel est le cas, force est d’admettre que la décision de Jean-François Lisée a dû lui demander beaucoup d’humilité, et qu’elle dénote à quel point le chef du PQ désire à tout prix exercer une remontée dans les sondages en choisissant une candidate dont le charisme est incontestable en plus de se situer nettement en faveur de la social-démocratie

L’arrivée de l’auteure de la Loi concernant les soins de fin de vie, Véronique Hivon, aux côtés de M. Lisée, redonne, à mon sens, un regain d’énergie bénéfique et opportun à ses troupes, déjà ébranlées par les résultats du dernier sondage qui les classe troisièmes eu égard aux intentions de vote. Le charisme et la détermination reconnus de la députée de Joliette redonneront certes du panache à un leadership qui tarde à récolter les fruits de ses efforts pour remonter dans les sondages. … Somme toute, une sage décision de la part de Jean-François Lisée.

vigile.net tribune libre 3 février 2018