Catherine Dorion…un électron libre

25 mars 2018

J’ai toujours voué une admiration sans borne pour le discours mobilisateur et les convictions profondes de la militante indépendantiste, Catherine Dorion, du temps où elle agissait comme bougie d’allumage au sein d’Option nationale.

Mais voilà que, pour des raisons qui me sont inconnues, Mme Dorion a décidé de suivre le troupeau dirigé par Sol Zanetti et de briguer la circonscription de Taschereau pour Québec solidaire (QS) lors du scrutin d’octobre 2018…Un revirement qui dépasse carrément mon entendement.

En effet, comment une militante aussi souverainiste peut-elle s’enrôler dans un parti qui n’a toujours parlé d’indépendance que du bout des lèvres? Un parti dont le doyen, Amir Khadir, a déclaré un jour « l’indépendance si nécessaire mais pas nécessairement l’indépendance »…Vraiment pas de quoi faire vibrer la corde souverainiste!

Catherine Dorion est une inclassable, un électron libre. En prenant la décision de se joindre à QS, je ne peux qu’exprimer ma profonde déception tout en espérant qu’elle saura conserver tout au moins son militantisme débordant eu égard à la cause souverainiste du Québec!

quebechebo 25 mars 2018
vigile.net tribune libre le 25 mars 2018
 

Neutralité à outrance

22 mars 2018

En vertu du principe de la neutralité envers l’interlocuteur, les employés de Service Canada doivent désormais vérifier comment ce dernier souhaite qu’on s’adresse à lui avant d’utiliser « madame » ou « monsieur ». De plus, les concepts de « père » et « mère » disparaîtront des documents officiels pour être substitués par le mot « parents ». La raison évoquée? Les termes « père » et « mère » peuvent parfois comporter des problématiques pour les familles homosexuelles ou les familles dont l’un des parents va subir une transformation.

Une neutralité à outrance qui érige en principe les cas exceptionnels au détriment de la très grande majorité des couples constitués d’un père et d’une mère. En bref, l’exception devient la règle. Dorénavant, l’enfant n’aura plus de père ni de mère, il aura des « parents », et tant pis pour la distinction…

Au moment où le gouvernement Trudeau subit une baisse substantielle en termes de satisfaction des Canadiens dans le dernier sondage, Service Canada ne trouve rien de mieux à faire que de divaguer dans une guéguerre de mots qui n’aboutira à rien d’autre qu’à l’accouchement d’un « œuf de mouche »!

Le Soleil 23 mars 2017
 

La « primomanie »

22 mars 2018

Dans la foulée de la « prime réunion », la « prime d’assiduité », le « forfait jaquette » apparaît maintenant dans ce sombre portrait la « prime pour les patients âgés de plus de 85 ans » que touchent les médecins gériatres, dont la profession, faut-il le rappeler, est de soigner les personnes âgées. Une prime qui s’est chiffrée pour l’année 2016-2017 à 935 199 $ à même les poches des contribuables.

De l’avis du président de l’Association des médecins gériatres du Québec, le Dr Serge Brazeau, la création du supplément pour voir des patients âgés vise à reconnaître le fait qu’il est souvent plus complexe et plus long de traiter les gens qui ont au moins 85 ans, ajoutant, du même souffle que d’autres suppléments existent spécialement pour des cas lourds, notamment lorsque le patient prend de nombreux médicaments ou qu’il souffre de quatre maladies et plus.

Devant un argumentaire aussi aberrant, je me demande sérieusement si les médecins spécialistes ne sont pas emportés dans la tourmente de la « primomanie », une maladie contagieuse qui ne cesse de proliférer au sein de cette sacrosainte équipe qui s’octroie sans coup férir des privilèges éhontés, voire scandaleux.

Le Journal de Québec 22 mars 2018
vigile.net tribune libre 24 mars 2018
 

Martine Ouellet joue son va-tout

21 mars 2018

C’est maintenant confirmé, la chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, se soumettra à un vote de confiance auprès des 20 000 membres du Bloc lors du Conseil national du parti du 29 avril à Drummondville. Après des semaines de tempête et plusieurs appels à quitter la direction du Bloc, Mme Ouellet a décidé de jouer son va-tout et d’utiliser la voie démocratique, une démarche difficilement critiquable à mes yeux.

Parlant de « démocratie », la chef du Bloc s’est fixé comme objectif minimal pour demeurer en poste 50% d’appuis + 1 vote, un résultat qui, selon certains analystes, aurait pour effet de remettre sa légitimité en cause et de ramener le parti « à la case départ ». Qu’à cela ne tienne, Martine Ouellet est catégorique; elle invitera les supporters qui l’ont appuyée à la suivre sur les grandes orientations du parti qui auront été décidées à l’occasion du même référendum sur une deuxième question à cet effet.

De l’avis de Jacques Beauchemin, professeur au département de sociologie de l'UQAM, qui a suivi de près la crise au Bloc au cours des dernières semaines, « ça ne serait pas assez élevé pour reconduire sa légitimité en tant que chef… on ne peut pas partir à la guerre avec un soutien de ses membres aussi faible que celui-là. »

Martine Ouellet est perçue comme une « battante » et une souverainiste incontestée…Reste à savoir si, dans l’hypothèse où elle reçoit une faible majorité, elle parviendra à coup de détermination (ou d’entêtement!) à réunifier un parti écorché vivement par les pénibles événements des dernières semaines.

Le Soleil 21 mars 2018
Le Devoir 21 mars 2018 "Ouellet joue son va-tout"
vigile.net tribune libre 21 mars 2018 
 

Enseignants recherchés

19 mars 2018

À partir du moment où les suppléants manquent à l’appel lors de l’absence d’un professeur et que ce sont les enseignants réguliers qui doivent pallier en étant affectés aux cours du professeur absent, on a atteint, à mon sens, le « fond du baril ».

Imaginez le scénario suivant : en plus d’ajouter une ou plusieurs prestations de cours aux professeurs déjà débordés par une tâche quasi surhumaine à la suite des coupes du gouvernement Couillard, notamment eu égard aux ressources humaines, les élèves sont soumis à cinq professeurs différents au cours d’une même journée de classe…Une situation pour le moins anti-pédagogique!

Et on crie à l’aide parce que la relève ne vient pas frapper aux portes de l’école! Pourtant, rien de surprenant compte tenu de l’ampleur de la tâche qui attend même les plus valeureux de ceux qui se destinent à l’enseignement.

Tant et aussi longtemps que la profession d’enseignant ne sera pas reconnue à sa juste valeur et que les ressources humaines destinées à encadrer les élèves en difficultés d’apprentissage brilleront par leur absence, l’école risque de demeurer un lieu insécurisant et déstabilisant aux yeux des futurs enseignants…au grand dam des générations d’élèves qui doivent se plier bien malgré eux à une telle contreperformance d’un système éducatif gangrené par les coupures draconiennes du gouvernement libéral.  

Car, est-il besoin de le spécifier, à chaque matin, l’école ouvre ses portes aux élèves pour leur communiquer des connaissances dans un climat favorable à l’apprentissage. Encore faut-il créer un tel climat pour autant que les ressources humaines, notamment les travailleurs sociaux et les psychopédagogues, soient disponibles pour appuyer l’enseignant dans ses efforts pour offrir à ses élèves un milieu sain et propice à une prestation de cours profitable.

vigile.net tribune libre 18 mars 2018
 

Où s’en va le Canadien?

18 mars 2018

On dit souvent, à tort ou à raison, qu’un match de hockey ne se joue pas sur la passerelle de la direction ou derrière le banc des joueurs. Alors que la saison 2017-2018 tire à sa fin, force est de constater que les Canadiens de Montréal clôtureront une des pires saisons de leur histoire.

Conséquemment, les analystes y vont de leurs solutions, certains recommandant le congédiement de Marc Bergevin, d’autres, celui de Claude Julien. D’autres évoquent la nonchalance de certains joueurs considérés comme les « vedettes » du club, notamment Max Pacioretty et Carey Price; d’autres, plus optimistes, allèguent la série de blessures qu’ont subies certains joueurs au cours de la saison pour expliquer les déboires de l’équipe.

Alors, où est le bobo? À mon sens, il incombe d’abord à l’équipe de la direction et des instructeurs d’inculquer à leur équipe le désir de vaincre, cette bougie d’allumage qui a caractérisé pendant des décennies le CH tatoué au cœur de ces joueurs qui ne ménageaient aucun effort et qui jouaient pour une seule raison, à savoir gagner à tout prix!

En début de saison, plusieurs analystes prétendaient que le Tricolore alignait une équipe compétitive « sur papier »…Or, il s’avère que la réalité a vite ramené les amateurs à des performances médiocres de la part des joueurs qui semblaient souvent déstabilisés par la rapidité et l’habilité des joueurs adverses.

Enfin, à mon avis, autant la haute direction que l’équipe des instructeurs se doivent de procéder à un sérieux « examen de conscience » et en arriver à mettre le doigt sur le/les véritable (s) bobo (s)… Alors seulement, les amateurs pourront retrouver les lettres de noblesse de leur équipe favorite!

vigile.net tribune libre 18 mars 2018
 

Point de rupture

15 mars 2018

À la suite des controverses suscitées par son habillement lors de son dernier voyage en Inde, l’image du premier ministre du Canada Justin Trudeau, qui reflétait le symbole de la vedette partout où il allait à l’international, se dresse comme un point de rupture avec les électeurs canadiens. La lune de miel de Justin Trudeau avec l’électorat a vraisemblablement pris fin en Inde.

C’est du moins ce que nous révèle le dernier sondage Léger qui nous indique que 66 % des personnes sondées considèrent que le voyage de Trudeau en Inde est un échec, et qui place désormais le PLQ et le PCC d’Andrew Scheer au coude à coude, avec chacun 38 % des intentions de vote.

Dans la pensée d’Erving Goffman, un éminent sociologue et linguiste américain d'origine canadienne, pour le politicien, l’image correspond à la représentation que lui-même se fait de ce qu’il croit être un bon politicien, de même qu’à la représentation qu’il pense que le public s’en fait. Dans ces circonstance, force est d’admettre que Justin Trudeau a erré lors de son voyage en Inde, notamment eu égard « à la représentation que lui-même se fait de ce qu’il croit être un bon politicien ».

Un manque de jugement pour le moins inquiétant de la part de celui qui est à la tête d’un pays et qui devrait, en principe, faire preuve de clairvoyance et de discernement dans ses comportements trop souvent inacceptables dans ses voyages à l’étranger, notamment en se pliant ingénument et inopportunément aux us et coutumes des pays qu’il visite.

Les pitreries de Pee Wee ont l’heur de créer un climat d’irascibilité contagieux qui fait ressortir davantage la « coquille vide » qui se cache derrière son sourire béat qui ne passe tout simplement plus l’écran!

Le Devoir 13 mars 2018 (version abrégée)
vigile.net tribune libre 15 mars 2018

Honneur à vous, Mme Desmond!

11 mars 2018

Le 8 novembre 1946, dans un cinéma de la Nouvelle-Écosse, Viola Desmond refuse de quitter le parterre, réservé aux Blancs, pour gagner le balcon, réservé aux Noirs. Traînée hors du cinéma par la police, elle est arrêtée puis détenue pendant 12 heures, avant d'écoper d'une amende.

Bien en avance sur son temps, Mme Desmond a posé ce geste courageux sans aucune organisation ni mouvement pour l’appuyer. Dans un contexte où la ségrégation raciale et la discrimination systémique ont marqué l'histoire de la Nouvelle-Écosse, il aura fallu à cette femme une audace et une témérité à toute épreuve pour braver, seule, la loi des « blancs ».

Soixante-douze ans plus tard, la Banque du Canada a dévoilé récemment à Halifax un nouveau billet de 10 $ qui illustrera la militante pour les droits des Noirs, lequel sera émis à la fin de 2018. Malheureusement, Mme Desmond est décédée en 1964 à l’âge de 50 ans sans avoir reçu les excuses officielles du gouvernement de la Nouvelle-Écosse ni obtenu le pardon de la justice canadienne pour son « effroyable délit ».

Honneur à vous Mme Desmond pour avoir su défier avec bravoure, à une époque où les Blancs régnaient en maîtres dans votre contrée, une loi ségrégationniste éhontée, vous plaçant de la sorte parmi les pionnières de la lutte contre la discrimination raciale au Canada.

Le Soleil 11 mars 2018

Le référendum de Martine

10 mars 2018

Rien ne va plus au Bloc québécois qui vit une crise dont l’issue pourrait conduire à son implosion. Aux yeux de Martine Ouellet, la crise est le résultat d’un malentendu sur le rôle que doit jouer la formation politique à Ottawa. De leur côté, les 7 députés démissionnaires du Bloc critiquent vertement les positions de leur chef et son style de direction sans compromis, notamment sur la promotion de l’indépendance, ces derniers alléguant que leur priorité est de représenter les Québécois au parlement, sans nécessairement parler d’indépendance.

Pour tenter de dénouer l’impasse, Mme Ouellet propose la tenue d’un référendum auprès des membres du parti dans le but de clarifier le rôle du Bloc à Ottawa. Le hic, c’est que, à mon sens, tous les intervenants ont, à leur façon, en partie raison dans leur argumentaire, chacun des clans opposés répondant à un des objectifs du Bloc.

Conséquemment, pourquoi les députés démissionnaires et leur chef ne s’assoiraient pas à une table de concertation pour déterminer un terrain d’entente sur les priorités conjoncturelles qu’ils doivent défendre eu égard, soit aux intérêts des Québécois, soit à la promotion de l’indépendance, soit à d’autres sujets faisant l’actualité?

En termes clairs, pourquoi utiliser un référendum qui continuera de créer des divisions dans le caucus des députés au lieu de tenter de s’entendre dans un climat plus serein et plus susceptible de sortir le parti de cette crise suicidaire?

quebechebdo 10 mars 2018
vigile.net tribune libre 12 mars 2018
 

Détermination ou entêtement?

9 mars 2018

De plus en plus isolée dans son propre parti, la chef du Bloc québécois Martine Ouellet persiste et signe : elle s’agrippe à son poste. C’est à se demander si elle fait preuve de détermination ou d’entêtement. Contre vents et marées, Mme Ouellet donne de plus en plus l’impression d’être la seule à avoir le pas dans son « régiment » que les membres ne cessent de quitter.

Dans la tourmente, Martine Ouellet incarne l’image d’une Jeanne d’Arc à la défense d’une forteresse en train de capituler. Bien malin celui ou celle qui peut prédire la fin de cette saga dont l’enjeu pourrait bien se terminer par l’implosion du Bloc québécois…Une histoire à suivre!

Le Journal de Québec 9 mars 2018
​vigile.net tribune libre 12 mars 2018