Lisée contre vents et marées

20 décembre 2017

Malgré les derniers sondages qui placent son parti troisième en plus de ne rallier qu’une minorité en tant que futur premier ministre, le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, se dit convaincu que les dix prochains mois ressembleront à sa dernière course à la direction du PQ.

Le 8 octobre 2016, contre toute attente, M. Lisée a obtenu 50,63% des voix au terme de deux tours de scrutin, devenant ainsi le neuvième chef du Parti québécois. Depuis lors, le « chemin des victoires » auquel faisait allusion le nouveau chef est parsemé d’embûches qui semblent difficilement surmontables.

Or, contre vents et marées, Jean-François Lisée demeure imperturbable : « Ça fait partie de mon vécu politique, de sortir la difficulté et de monter. Si je n'avais pas la conviction que ce qu'on propose pour les Québécois est au diapason aux besoins et que ce que proposent nos adversaires est vraiment mauvais, je serais moins confiant que je le suis. »

L’ancien stratège des premiers ministres Jacques Parizeau et Lucien Bouchard et chef de l’opposition officielle s’engage, advenant la victoire de son parti en octobre 2018 à « redonner de la fierté à la nation » sur les questions de la langue et de laïcité, à poursuivre le virage vert du Québec et à redonner aux Québécois confiance en leurs services publics… Reste à voir s’il parviendra à réaliser son rêve ou s’il devra emprunter la « sortie de secours »!

Le Soleil 20 décembre 2017
vigile.net tribune libre 16 janvier 2018

 

Entre les mailles du filet

17 décembre 2017

Depuis l’arrêt Jordan de la Cour suprême, nombreux ont été les accusés qui se sont faufilés entre les mailles du filet pour obtenir l’annulation de leur procès en raison de délais excédant les limites « raisonnables ». À cet effet, rappelons que les délais sont de 30 mois pour tenir au procès qui a nécessité une enquête préliminaire et de 18 mois lorsqu’il n’y en a pas.

Or, dans le cas de Nathalie Normandeau qui fait face à des chefs de fraude, complot, corruption de fonctionnaires et abus de confiance, les avocats de la défense reprochent à la poursuite d'avoir changé de stratégie pendant le processus judiciaire, en déposant un acte d'accusation direct, à savoir sans enquête préliminaire. Conséquemment, le délai avant procès est de 18 mois, lequel délai atteindra 23 mois après la mise en accusation de Nathalie Normandeau lorsque le procès débutera en avril 2018.

À mes yeux, l’arrêt Jordan offre une porte de sortie relativement facile pour quiconque sait utiliser les méandres de l’appareil judiciaire à profit en étirant les délais indûment. Une situation qui porte flanc à des mises en liberté fort contestables d’accusés de chefs sérieux, tels Nathalie Normandeau et ses cinq coaccusés, dont Marc-Yvan Côté (ex-ministre libéral et ex-vice-président chez Roche), Bruno Lortie (ancien chef de cabinet de Normandeau) et France Michaud (ex-vice-présidente de Roche).

En bref, l’appareil judiciaire devra de toute urgence ou prendre les moyens pour respecter les délais de l’arrêt Jordan ou demander à la Cour suprême de revoir ces délais, à défaut de quoi des accusés continueront de se voir octroyer la clé des champs…sans procès

quebehebdo 17 décembre 2017
vigile.net tribune libre 23 décembre 2017
 

Davie, quel est le problème?

16 décembre 2017

La saga qui oppose le Chantier maritime Davie de Lévis au gouvernement fédéral revêt, à mon sens, toutes les caractéristiques d’une guerre de clocher entre Québec et Ottawa, une situation à laquelle plusieurs entreprises québécoises ont déjà goûté par le passé.

Or, Michael Byers, un professeur de l’Université de la Colombie-Britannique qui dirige une chaire de recherche en politique et en droit international, a publié récemment une étude dans laquelle il pourfend la Stratégie nationale de construction navale, l’accusant, entre autres, de dépassements de coûts importants et de délais qui ne cessent de s’allonger. Bref, selon le professeur, la stratégie a besoin d’un remède de cheval.

Par ailleurs, presque la totalité des sénateurs québécois réclame que le gouvernement Trudeau octroie de nouveaux contrats à Davie le plus rapidement possible alléguant qu’ils désirent de la sorte éviter «l’effondrement inutile d’une grappe industrielle» au Québec.

Le chantier de Lévis a déjà converti un porte-conteneurs en navire de ravitaillement, un projet inédit qui a permis de réaliser l’Asterix en deux ans au coût de 659 millions $. Un deuxième navire, l’Obelix, pourrait être réalisé selon les mêmes paramètres, ce qui voudrait dire une livraison en 2020 tout en évitant la mise à pieds de quelque 800 employés.

En réalité, M. Trudeau, quel est le problème? Avez-vous oublié qu’en plus d’être « canadian », vous êtes aussi Québécois?

quebechebdo 16 décembre 2017

La face cachée du multiculturalisme

16 décembre 2017

Le 8 octobre 1971, dans une déclaration devant la Chambre des communes, le premier ministre Pierre Trudeau établissait le multiculturalisme comme étant une politique gouvernementale officielle. Le multiculturalisme visait à préserver la liberté culturelle des individus et offrir une reconnaissance des contributions culturelles des divers groupes ethniques à la société canadienne.

Dans son discours à la Chambre des communes, le premier ministre Pierre Elliot Trudeau déclarait qu’aucune culture singulière ne pourrait définir le Canada et que le gouvernement acceptait « la prétention des autres communautés culturelles qu’elles aussi, sont des éléments essentiels au Canada. »

Et voilà, le « Canada terre d’accueil » était créé et devenait un dogme indéfectible qui orienterait dorénavant la politique d’immigration canadienne. À partir de la déclaration de cette politique, le Canada, y compris le Québec, ont mis de l’avant toute une série de mesures visant à reconnaître les droits et libertés des divers groupes ethniques venant s’établir au pays.

Si tant est qu’aujourd’hui le Québec, dans la foulée du multiculturalisme canadien, a érigé en étendard la diversité culturelle à tel point que la notion même de « peuple » se dilue progressivement dans la pluralité des cultures. Le peuple québécois s’est métamorphosé petit à petit en une entité vague et éthérée dont l’identité se noie dans la mer d’un pluralisme annihilant qui sape à la base toute tentative d’affirmation nationale…

quebechebdo 16 décembre 2017 
Le Soleil (version internet) 19 décembre 2017
vigile.ne tribune libre 20 décembre 2017

L’humour dans tous ses états

15 décembre 2017

Depuis les événements qui ont entouré l’affaire Rozon, le monde de l’humour est perturbé par toutes sortes de perceptions qui sont véhiculées sur le rôle des humoristes dont la mission première a pourtant toujours consisté à faire rire le public.

Or, aux dires de Julie Dufort, professeure du cours «Humour et société» à l'École nationale de l'humour, rien n'empêche un humoriste d'être engagé dans la société et de remplir sa profession. «On est loin de faire juste une blague en faisant l'humour. On fait bien plus que ça quand on rit de Gilbert Rozon, par exemple. On fait bien plus que générer des rires quand on fait une blague sur les différences entre les hommes et les femmes», explique-t-elle.

Toutefois, il m’apparaît essentiel de consulter aussi le spectateur sur ses attentes lorsqu’il paie son billet pour assister au spectacle d’un (une) humoriste. Jusqu’où tolèrera-t-il la mesquinerie d’un humoriste eu égard à des personnes souffrant d’un handicap physique ou ayant subi une agression sexuelle? Des « blagues » qui, à mes yeux, dépassent les bornes de l’éthique.

En bref, quoique conscient que l’humoriste vive dans une société ouverte aux situations touchant l’actualité, notamment dans les médias sociaux, je demeure perplexe sur les attaques personnelles étalées par certains humoristes comme appât, une manœuvre qui outrepasse dangereusement les limites d’un humour respectueux des personnes visées dans leur monologue.

Le Journal de Québec 15 décembre 2017
vigile.net tribune libre 17 décembre 2017 "L'humour québécois dans tous ses états"

Prime à la ponctualité

12 décembre 2017

Décidément, Gaétan Barrette nous en aura fait voir de toutes les couleurs depuis qu’il occupe le trône du ministère de la Santé et des Services sociaux. Cette fois-ci, notre bon docteur Barrette crie au scandale parce qu’une « prime à la ponctualité » de 105 $ sera dorénavant remise aux médecins qui arrivent à l’heure prévue au bloc opératoire, alors que, dans les faits, il a lui-même négocié cette entente. Montant de la facture : 41 millions  siphonnés des poches des contribuables.

Jusqu’à quand Philippe Couillard abusera-t-il de notre patience? Puisse-t-il un jour avoir le courage de se tenir debout et de montrer la porte de sortie à son confrère d’Esculape!

quebechebdo 12 décembre 2017
 

Barrette doit partir

11 décembre 2017

Celui qui prétendait remettre sur pied le ministère de la Santé et des Services sociaux au début de son mandat à titre de ministre, le médecin spécialiste Gaétan Barrette a lamentablement échoué, notamment sur le plan des temps d’attente à l’urgence qui demeurent démesurément longs encore aujourd’hui.

Et cela, après avoir chamboulé l’appareil administratif du ministère qui, aux dires du bon docteur, était beaucoup trop lourd. Et pourtant, on a vu simultanément apparaître des superstructures dont je vous épargne le sigle tellement elles contiennent de lettres, qui devaient faciliter l’accession aux soins et à un médecin de famille.

Pour transformer le réseau de la santé du Québec, Gaétan Barrette applique les méthodes brusques qui l'ont caractérisé tout au long de son parcours professionnel. Des acteurs du réseau dénoncent le régime « totalitaire » instauré par le ministre. Les représentants de cinq grandes organisations du réseau de la santé du Québec dénoncent l’intimidation, le dénigrement et l’abus de pouvoir du ministre envers les employés sans parler de son approche unilatérale.

La dernière pirouette de Barrette : le ministre s’offusque qu’une somme de 105 $ soit remise aux médecins ponctuels à la salle d’opération alors que c’est lui-même qui a négocié cette mesure. Montant de la facture : 41 millions $

Le « bulldozer » a créé suffisamment de ravage; dans les officines du ministère, le climat a atteint les limites de la tolérance. Il est temps de le sortir du trou qu’il a creusé, l’inviter à prendre congé et à retrouver sa place au sein des médecins spécialistes du Québec!

vigile.net tribunne libre 11 décembre 2017

Pauvres Anglo-Québécois!

11 décembre 2017

En apprenant la création d’un nouveau secrétariat aux relations avec les Québécois d’expression anglaise lors du dernier remaniement ministériel de Philippe Couillard, je me suis dit qu’encore une fois les Québécois continueront de perpétuer leur image d’un peuple « qui lave plus blanc que blanc ».

En effet, les Anglo-Québécois bénéficiant de privilèges qu’aucune autre communauté minoritaire ne possède sur le continent nord-américain, sur quels critères objectifs le parti libéral du Québec (PLQ) s’est-il basé pour sentir le besoin de « protéger » la classe anglophone du Québec? Aux yeux de Kathleen Weil, la nouvelle Jeanne d’Arc des Anglos rémunérée à partir de l’argent de « tous » les contribuables, ces derniers ne ressentent pas un fort sentiment d’appartenance à la société québécoise…Foutaise!

Inutile d’être devin pour constater que la baisse de popularité du PLQ eu égard aux francophones lors du dernier sondage a soudainement rallumé la flamme anglophone, la planche de salut des rouges depuis moultes lunes.

Pardieu, que notre bon docteur Couillard nous fasse grâce de ses élucubrations grotesques concernant ses « inquiétudes » envers les pauvres Anglos, et qu’il cesse de se terrer dans des faux-fuyants éhontés lorsqu’il s’agit en réalité d’un argumentaire bassement et essentiellement électoraliste!

Le Journal de Québec 11 décembre 2017
​vigile.net tribune libre 14 décembre 2017
 

L’emploi avant la langue

9 décembre 2017

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le chef de la CAQ, François Legault, ne se formalise pas trop de la francisation des immigrants, alléguant, dans un échange publié par CBC, que le Québec a accordé « trop d’importance à la connaissance du français » dans le processus de sélection des immigrants et [que] « le premier, peut-être même le seul » critère de sélection à l’immigration devrait être la capacité à répondre aux besoins du marché du travail.

Pour sa part, la porte-parole de la CAQ en matière de protection et de promotion de la langue française, Claire Samson, affirme qu’« il faut s’assurer que les immigrants sont habilités à décrocher un emploi. Tant mieux s’ils parlent le français. S’ils ne le maîtrisent pas, on doit se dévouer à le leur apprendre ».

Tout un programme…Imaginez le travailleur immigrant bosser toute la journée à son travail et s’asseoir sur les bancs d’école le soir pour apprendre le français. Foutaise! Une telle politique linguistique envers les immigrants donne clairement l’impression que leur francisation apparaît comme un boulet pour François Legault…un boulet qu’il risque de trouver lourd au fur et à mesure où il s’approchera des prochaines élections!

quebechebdo 9 décembre 2017
Le Devoir 11 décembre 2017
 

Quarante ans plus tard…

8 décembre 2017

S’il y a un sujet au Québec qui demeure toujours d’actualité, c’est celui de la langue. Et pourtant, la Loi 101 devait nous fournir les remparts nécessaires à sa protection et sa survie. Toutefois, force est de constater que les résultats escomptés, quarante ans après son adoption, sont mitigés, aussi bien en tant que langue des affaires et de l’affichage qu’au niveau de la pénible francisation des immigrants.

Aussi faut-il s’interroger sur les motifs justifiant une telle situation. Nonobstant le contexte géographique anglophone dans lequel baigne le Québec [et ce n’est pas négligeable], il y a lieu, à mon avis, d’observer l’attitude des utilisateurs, à savoir les Québécois communément appelés « de souche ».

Et, parmi ces attitudes, il en est une qui m’horripile au plus haut point, c’est la docilité, voire l’asservissement, que nous exhibons candidement en nous empressant d’adopter la langue de Shakespeare aussitôt que nous rencontrons un anglophone au Québec. D’où nous vient cette servile bienveillance, si ce n’est de cette soumission viscérale qui nous habite depuis des siècles?

On aura beau se prémunir de toutes les lois pour faire la promotion du français, ces mesures demeureront lettres mortes tant et aussi longtemps que nous n’accorderons pas à notre langue les lettres de noblesse auxquelles elle est en droit d’aspirer!

vigile.net tribune libre 8 décembre 2017