QS à l’assaut du PQ

8 avril 2018

La dernière « recrue » à joindre les rangs de Québec solidaire (QS), à savoir Vincent Marissal, ex-journaliste à La Presse, un quotidien anti-souverainiste notoire, semble avoir rencontré son chemin de Damas, lui qui a pourtant passé une grande partie de sa carrière journalistique à déblatérer contre le Parti québécois (PQ). Une conversion inattendue qui cache, à mes yeux, une intention inavouée de se lancer à l’assaut du PQ par l'intermédiaire de QS.

Toutefois, j’ose espérer que les anecdotes compromettantes auxquelles ses adversaires le confronteront au cours de la campagne électorale contribueront à faire tomber le masque du « bon souverainiste » pour faire ressortir au grand jour le vrai visage du fédéraliste fondamentalement viscéral.

Mais lâ où le bât blesse avec le plus d’acuité, c’est que chaque comté ravi au PQ par QS représente du bonbon pour le Parti libéral du Québec (PLQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) qui n’aspirent qu’à assister à la déconfiture du PQ …En bref, de la politicaillerie de fond de ruelle!

quebechebdo 8 avril 2017
​Le Devoir 9 avril 2018 "Québec solidaire à l'assaut du Parti québécois"
 

La Bolduc, fidèle à son époque

7 avril 2018

En lisant le billet de Sophie Durocher du 6 avril du Journal de Québec eu égard au film québécois La Bolduc, j’avoue avoir ressenti un certain malaise devant quelques arguments qui me semblent pour le moins inadéquats.

D’entrée de jeu, le fait de comparer la Bolduc à des personnages « plus grands que nature » tels Maurice Richard et Louis Cyr tient de la pure fiction, Mme Bolduc ayant fait carrière sur la scène en tant qu’artiste évoluant dans les années ’40 alors que les deux autres personnages possédaient, chacun à sa façon, un pouvoir d’attraction hors de l’ordinaire qui rayonne encore aujourd’hui.

Autre point de vue qui m’a dérangé, cet argumentaire à l’effet que « c’est vraiment le cinéma de grand-papa », faisant allusion à la scène où la Bolduc pousse « de gros soupirs devant sa robe de mariée » pour exprimer sa déception devant sa vie de couple. Une réaction tout à fait « normale » pour une époque où le mariage revêtait un caractère sacré.

Enfin, j’ai beaucoup de difficulté à comprendre pourquoi Mme Durocher consacre un long paragraphe sur ce qu’elle qualifie de « cinéma traditionnel » en affirmant que « c’est réalisé comme si depuis 20 ans on n’avait pas évolué dans notre façon de raconter des histoires », tout en comparant du même souffle La Bolduc à « la moindre série télé (qui) nous épate avec ses prouesses de réalisation, quand les salles de cinéma sont remplies de jeunes réalisateurs qui réinventent l’écriture dramatique ». Pourtant, à mes yeux, la réalisation et le scénario respectent en tout point une Bolduc fidèle à son époque pour le plus grand bien de sa crédibilité… La Bolduc, un film à voir avec un regard historique.

quebechebdo 7 avril 2018
vigile.net tribune libre 13 avril 2018

« Faut qu’a parte »

7 avril 2018

« Si on revient à la crise actuelle, une lettre remarquable signée par le comédien Denis Trudel et 23 présidents de circonscriptions du Bloc Québécois font paraître une lettre au Devoir qui demande aux protagonistes de la crise de faire des gestes d’apaisement et de revenir à la base du processus politique à savoir la médiation et le compromis comme outils de résolution de la crise. Peu après cette lettre, Gilles Duceppe et Pierre Paquette répliquent en défendant leur bilan du passé et réclament eux aussi avec l’ensemble des chroniqueurs politiques, le départ de Martine Ouellet.

En chœur, les 7 démissionnaires du bloc qui auraient semble-t-il vécu l’enfer et sans égard à l’enfer que Martine Ouellet vit de son côté ne proposent toujours qu’une seule solution : « Faut qu’a parte. » C’est d’ailleurs l’ensemble de leur discours répété en litanie : « Faut qu’a parte. » Eux qui dénoncent l’incantation indépendantiste reprennent ce « faut qu’a parte » à qui mieux mieux. »

Extrait de « Pourquoi Martine Ouellet ne doit pas démissionner » de René Boulanger paru sur cette tribune le 5 avril 2018

Un extrait, on ne peut plus clair, qui fait appel à des « gestes d’apaisement…de médiation et de compromis » dans le but de dénouer la crise qui sévit au Bloc québécois, un appel débouté du revers de la main par Gilles Duceppe et Pierre Paquette qui persiste à réclamer la démission de Martine Ouellet.

Or, l’argument « marteau » des sept démissionnaires « qui auraient semble-t-il vécu l’enfer » se résume ad nauseam à ces mots laconiques « Faut qu’a parte ». Mais en réalité, pourquoi faut-il que Martine Ouellet quitte son poste de cheffe du Bloc? Nonobstant sa forte personnalité qui doit irriter parfois certaines susceptibilités, son seul « péché » semble résider dans le fait qu’elle veuille profiter de toutes les tribunes qui lui sont offertes pour parler de l’indépendance du Québec…Tout un impair, n’est-ce pas? Imaginez, la cheffe d’un parti indépendantiste sur la scène fédérale qui ose marteler ses convictions souverainistes aux oreilles des députés fédéraux…Quelle cacophonie!

À ceci, j’ajouterais que l’argumentaire des anti-Ouellet allègue que le Bloc doit d’abord défendre les intérêts du Québec à Ottawa. À cet effet, pensez-vous sérieusement qu’une personne aussi souverainiste que Mme Ouellet ne se lèverait pas aux Communes pour plaider en faveur des intérêts du Québec? Posez la question, c’est y répondre.

Conséquemment, je rejoins de plein gré la pensée de M. Boulanger tout en ajoutant que les « grenouilleurs » ne gagneront rien en prônant le salut dans la fuite et qu’ils auraient avantage à cultiver l’art du compromis pour le plus grand bien du parti, voire de sa survie!  

vigile.net tribune libre 6 avril 2018

 

À six mois des élections

3 avril 2018

Si la tendance manifestée par les Québécois lors des derniers sondages se maintient, la Coalition avenir Québec (CAQ) formerait un gouvernement minoritaire, voire faiblement majoritaire. Toutefois, il serait prudent de mettre un bémol à ce constat qui survient à six mois des élections!

C’est long six mois en politique, et bien des éléments peuvent causer des revirements d’ici là. Mentionnons, entre autres, le « grand déblocage » du Parti québécois (PQ), ou le dernier budget-bonbons du Parti libéral du Québec (PLQ).

Quant à la CAQ, elle navigue paisiblement, sans faire de vagues, sur son erre d’aller, une stratégie qui risque de la rattraper lorsque la mer deviendra plus houleuse au fur et à mesure où les navires s’approcheront du port.

Néanmoins, un fait me semble sûr, bien malin celui ou celle qui peut prévoir avec certitude qui touchera le port le premier. D’ici là, une course électorale enlevante nous attend. À nous d’écouter attentivement les programmes de chacun des partis et d’opter pour le parti qui « semble » placer l’intérêt et le bien-être des citoyens en tête de ses priorités.

Le Journal de Québec 3 avril 2018
​vigile.net tribune libre 4 avril 2018 (version modifiée)
 

En ce jour de résurrection marquant la fête de Pâques

1 avril 2018

En ce jour de résurrection marquant la fête de Pâques, j'ai pensé vous offrir ce petit poème qui raconte l'éclosion de l'oeuvre dans la tête du poète à la manière des bourgeons qui s'apprêtent à fêter l'arrivée du printemps…

Éclosion

Les yeux rivés sur la page blanche
Prête à recevoir l’encre du crayon
Ma main se libère de son bâillon
Et revêt son habit du dimanche

Métaphores, ellipses et comparaisons
S’intègrent tout doucement dans mes vers
Agençant harmonieusement en paires
Des mots rimés comme saison et maison

J’écris, je biffe et recommence
Au rythme d’une lente gestation
Mes idées se terrent en incubation
Attendant qu’émerge la semence

Le texte germe petit à petit
Enrichi par des mots mis en marge
À la manière de riches bagages
Lui insufflant une forme de vie

Je m’arrête quelques instants, je relis
Partant de l’alpha jusqu’à l’oméga
Je change quelques mots ici et là
Enfin ma main a rejoint mon esprit

Parcelles de vie; Henri Marineau, octobre 2009

vigile.net tribune libre 1er avril 2018

Marissal avec Québec solidaire

1 avril 2018

C’est maintenant confirmé, l’ex-chroniqueur politique de La Presse, propriété de Power Corporation appartenant à la famille Desmarais, Vincent Marissal, se présente sous la bannière de Québec solidaire (QS) dans la circonscription de Rosement contre Jean-François Lisée lors des prochaines élections générales d’octobre 2018.

De deux choses l’une : ou bien Vincent Marissal a trouvé son chemin de Damas et s’est converti à la cause souverainiste, ou bien QS n’est pas un parti souverainiste mais plutôt un parti social-démocrate qui opterait pour « la souveraineté si nécessaire » tel que déjà exprimé par Amir Khadir.

Quoi qu’il en soit, la candidature de Marissal risque de brouiller les cartes en divisant le vote souverainiste et en permettant au candidat du Parti libéral du Québec de se faufiler et de ravir le comté à Jean-François Lisée, ce qui aurait un effet désastreux pour la Parti québécois (PQ).

Dans toute cette histoire, il m’apparaît évédent que QS n’a pas oublié le refus du PQ de se joindre à lui dans son onvitation à la convergence et qu’il est bien décidé à lui mettre des bâtons dans les roues coûte que coûte…une stratégie bassement électoraliste qui risque de jouer contre lui et, par ricochet, contre Vincent Marissal, dans l’hypothèse où ce dernier obtenait un pourcentage de votes négligeable…Enfin, les jeux sont faits, place à la démocratie!

vigile.net tribune libre 31 mars 2018
 

Le repentir d’Alexandre Bissonnette

29 mars 2018

En écrivant ce billet, je n’ai pas du tout l’intention de jouer au psychologue, là n’est pas mon sujet. En lisant et relisant la lettre qu’Alexandre Bissonnette a lue au juge et aux membres des familles des victimes, j’ai d’abord été interpelé par ces mots porteurs d’un profond regret : « J'ai honte. Honte de ce que j'ai fait ».

Autre élément révélateur de son état d’esprit, Bissonnette nous révèle aussi les tiraillements qu’il a vécus les jours précédant la tuerie : « C'est comme si je me battais avec un démon qui a fini par m'avoir et qui a fini par gagner », un cri d’alarme réfléchi qui ne fait, à mes yeux, aucunement quelque référence à l’idée de circonstances atténuantes.

Toutefois, au-delà des aveux de culpabilité d’Alexandre Bissonnette et du repentir exprimé, je retiens surtout ces mots qui constituent sans aucun doute un baume sur la plaie des victimes, y compris ses parents : « J'aimerais pouvoir demander pardon pour tout le mal que je vous ai fait, je sais que mon geste est impardonnable ».

Enfin, nous retiendrons des événements entourant la tuerie à la grande mosquée de Québec en janvier 2017 toute l’horreur et toutes les souffrances atroces qui les ont entourés. Néanmoins, j’ose espérer que le repentir d’Alexandre Bissonnette tirera le voile sur cette terrible tragédie et permettra aux victimes de continuer d’assumer leur deuil en toute intimité…

quebechebdo 29 mars 2018

Le budget de la survie

28 mars 2018

Aux dires de la plupart des analystes de la tribune parlementaire, le budget du ministre des Finances Carlos Leitão contient tous les ingrédients pour être qualifié d’électoraliste. Le ministre aura beau « patiner », alléguant que la croissance de l’économie québécoise a été plus importante que prévue, force est de constater que le « hasard » fait trop bien les choses pour qu’on lui prête quelque crédibilité.

Dans les faits, il m’apparaît évident que les dernières années de « vache maigre » imposées aux contribuables québécois ont contribué grandement à dégager la marge de manœuvre nécessaire pour permettre au gouvernement Couillard de distribuer des « cadeaux » dans toutes les sphères de la société québécoise et cela, à quelque six mois des élections au Québec.

Une manœuvre électoraliste à peine voilée dans l’intention inavouée de contrer les affres du vent de changement qui souffle sur le Québec après une quinzaine d’années de régime libéral, entrecoupé par le court passage du gouvernement Marois.

Si vous ajoutez à ce constat la descente en chute libre des intentions de vote pour la PLQ lors du dernier sondage et, parallèlement, la montée de la CAQ qui, de surcroît, se présente comme « l’équipe du changement », je serais fort étonné que les Québécois aient oublié les coupes drastiques du gouvernement Couillard et que ce « budget de la survie » du ministre des Finances ne passe le test de la crédibilité auprès de l’électorat québécois…

vigile.net tribune libre 28 mars 2018
 

« Parler l’anglais renforce la francophonie », dixit Macron

26 mars 2018

C’est en ces termes plutôt discordants, voire antithétiques, que le président de la France s’est exprimé lors de la visite du premier ministre du Québec Philippe Couillard à Paris, tout en ajoutant du même souffle qu’il ne faisait pas partie des « défenseurs grincheux » de la langue française.

Et, dans un élan pléthorique de tournures lexicales pour le moins alambiquées, Emmanuel Macron, dans le but d’apporter des précisions sur sa position eu égard au parler anglais, allègue que « cela renforce la francophonie de montrer que ce n’est pas une langue enclavée, mais une langue qui s’inscrit dans le plurilinguisme ».

Avec un tel raisonnement, on est en droit de se demander si le président français n’est pas en train d’oublier qu’il est le « digne » représentant de la république française qui, il faut bien l’admettre, est en train de sombrer pernicieusement dans l’anglicisation perfide. Une situation qui ne risque pas d’être redressée par le président actuel avec des révélations aussi accablantes.

À mes yeux, tout plurilinguiste qu’il soit, Emmanuel Macron se doit de placer la langue officielle de la république française au tableau d’honneur de ses allocutions publiques en France et sur la scène internationale, à défaut de quoi le français perdra petit à petit ses lettres de noblesse séculaires.

vigile.net actualité/langue française 26 mars 2018
 

Le congédiement selon Trump

26 mars 2018

On ne compte plus les congédiements de postes haut placés effectués par le président Donald Trump. Le dernier en liste étant son conseiller à la sécurité nationale. Le général H. R. McMaster. Il est à se demander si ce jeu de chaise musicale n’est pas un leurre pour éloigner les rumeurs de scandales qui gravitent autour du président.

En effet, pendant que les yeux des médias sont attirés par les limogeages en série de Trump, passent sous le radar les allégations de harcèlements sexuels dont il fait l’objet sans coup férir.

À observer Donald J. Trump jongler avec ses principaux conseillers, on a l’impression qu’il les manipule comme des pions sur un échiquier devant lequel il est le seul à jouer. De cette façon, il est sûr de gagner la bataille…Reste à savoir s’il sortira vainqueur de la guerre!

Le Journal de Québec le 26 mars 2018