« J’aurais don dû! »

24 avril 2018

Les circonstances atroces qui ont entouré le meurtre de la petite Rosalie Gagnon¸ âgée de 2 ans, sonnent l’éveil, à mes yeux, de la responsabilité sociale qui incombe aux témoins de violence conjugale impliquant des enfants impuissants devant le drame qui se joue devant eux et qui peut se retourner contre eux.

Nonobstant le fait que nous ne pouvons changer ce qui s’est passé avant le décès de Rosalie, et sans imputer de sentiment de culpabilisation à ceux qui ont témoigné avoir entendu des cris hostiles envers la petite fille avant son assassinat, force est de constater qu’un simple appel au 911 aurait pu peut-être changer le destin de Rosalie…

Quoi qu’il en soit, je crois que les regrets portent les fruits d’un éveil de la société sur ces drames qui nous ramènent inéluctablement à la responsabilisation qui nous incombe en tant que membres d’une société solidaire, particulièrement dans des circonstances aussi tragiques que la mort horrible de la petite Rosalie. En agissant de la sorte, peut-être entendrons-nous moins souvent la phrase lapidaire « J’aurais don dû »…pour le plus grand bien de d’autres petites Rosalie!

Le Journal de Québec 24 avril 2018

Le bien commun

23 avril 2018

L’arrivée de Youri Chassin, un fédéraliste notoire de droite se proclamant « progressiste », comme candidat de la Coalition avenir Québec (CAQ) aux prochaines élections provinciales, suscite des réactions pour le moins acerbes dans divers médias, notamment sur le fait que « l’idée qu’il puisse exister un “bien commun” sonne l’alarme » selon ses propres termes.

Selon Wikipédia, « dans le langage courant, le vocable « bien commun » est employé dans le sens de celui d'intérêt général, tel que défini par Rousseau, c'est-à-dire l'intérêt partagé par la communauté, en tant que ses membres dépendent les uns des autres (et non pas la somme des intérêts particuliers) : c'est le bien de tous de façon indivisible, qui peut impliquer de passer outre l'intérêt particulier d'un individu et d'un groupe pour servir le plus grand nombre ».

Bien que la notion de « bien commun » puisse varier sensiblement dans son contenu, rares sont ceux qui nient son existence. En fait, les candidats à l’investiture d’un parti ne se présentent-t-ils pas en politique entre autres pour servir le bien commun, à savoir les intérêts de leurs commettants, soit les citoyens de leur comté?

Par ailleurs, une autre déclaration pour le moins contradictoire de M. Chassin réside dans le fait qu’il se déclare « progressiste ». Or depuis quand un homme de droite peut-il revêtir le chapeau de progressiste?
En réalité, Youri Chassin donne l’impression qu’il peut se permettre certaines contorsions sémantiques à cause de la notoriété dont il dispose, espérant ainsi s’attirer une clientèle diversifiée qu’il aura réussi à attirer dans son giron en utilisant le masque du caméléon.

En bref, l’arrivée de Youri Chassin dans les rangs de la CAQ ne fait qu’ajouter davantage de confusion dans les orientations du parti de François Legault, un parti amalgamé de toutes sortes de personnalités dont les positions sur les dossiers « chauds » empruntent sans cesse des méandres alambiqués. 

vigile.net tribune libre 22 avril 2018

Macron à la rescousse de Trudeau

17 avril 2018

Après le désastre qu’a connu en Inde le premier ministre Justin Trudeau, les difficultés au sommet de l’ASEAN avec les négociations entourant le Partenariat Transpacifique, et en Chine, notre Pee-Wee national s’apprête à entamer une visite à Paris dans l’intention, selon Lawrence Cannon, ex-ambassadeur du Canada en France, de rétablir une crédibilité pour le moins ébranlée, ce dernier précisant qu’ « on ne verra pas le premier ministre avec un béret et une baguette sous le bras ».

La preuve que ce voyage dans l’Hexagone revêt un caractère sérieux, c’est la première fois qu’un chef de gouvernement canadien prendra la parole devant l’Assemblée nationale, un geste que s’est toujours refusé de faire son père du temps où il était PM du Canada.

Or, c’est un secret de polichinelle que Macron et Trudeau ont des atomes crochus, notamment aux chapitres de la lutte contre les changements climatiques, le commerce dit   progressiste et les droits de la personne. De plus, rares sont les dirigeants européens qui, tels Macron et Trudeau, véhiculent comme valeurs une immigration ouverte au multiculturalisme débridé.

Pour toutes ces raisons, il n’est pas surprenant d’assister à l’émergence de rencontres France-Canada, un nouveau paradigme eu égard aux nombreuses rencontres France-Québec qui se sont tenues au cours des dernières décennies. Autres temps, autres mœurs!

À mon sens, la face identitaire de la France perd progressivement ses lettres de noblesse depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron, un phénomène qui rejoint la propension viscérale néo-libéraliste et multiculturaliste de Pee-Wee Trudeau. Forts de ce rapprochement idéologique marquant, gageons que les deux lurons profiteront quand même de quelques périodes d’oisiveté pour déguster un bon vin français dans les coulisses du pouvoir!

vigile.net tribune libre 16 avril 2018
Le Journal de Québec 20 avril 2018 "Macron à la rescousse"

Deux appuis de taille pour Martine Ouellet

15 avril 2018

Après que la tempête médiatique se soit dissipée dans l’environnement de la chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, nous apprenons que deux appuis de taille se sont joints à Mme Ouellet, à savoir le politologue Denis Monière et l’ancien ministre péquiste Gilbert Paquette.

Denis Monière, qui s’est prononcé récemment sur le fait que le Bloc québécois ne survivrait que s'il choisissait de faire de sa mission première la promotion de l'indépendance, sera le nouveau directeur de cabinet de l'aile parlementaire du Bloc québécois. Quant à Gilbert Paquette, il devient conseiller spécial de Martine Ouellet, notamment en ce qui a trait au programme.

En désignant Mm Monière et Paquette, deux militants bénéficiant d’une crédibilité notoire, dans sa garde rapprochée, Martine Ouellet se dit « convaincue que l'arrivée de Denis Monière et Gilbert Paquette au sein de l'équipe du Bloc québécois permettra de renforcer le travail parlementaire d'une part, et d'établir une stratégie efficace en vue des prochaines élections canadiennes ».

Les membres du Bloc québécois se réunissent en conseil général au mois de juin pour se prononcer d’une part, sur la mission de leur parti et d’autre part, sur leur confiance envers la chef, Martine Ouellet. Avec des alliés de la trempe de Mm Monière et Paquette, il est fort à parier que le climat sera plus serein qu’au cours des dernières semaines au sein des troupes bloquistes et, qui sait, favorisera peut-être un vent favorable au leadership de Martine Ouellet… C’est à souhaiter pour le plus grand bien de l’unité, voire de la survie du parti, qui en a grandement besoin!

quebechebdo 15 avril 2018
​vigile.net tribune libre 16 avril 2018
 

Un sang-froid à toute épreuve

14 avril 2018

Je n’ai aucune information sur l’identité de la personne qui a répondu à l’appel au 911 logé par Alexandre Bissonnette le soir de l’attentat à la Grande Mosquée de Québec.

Toutefois, après avoir écouté attentivement leur conversation, souvent entrecoupée par de lourds silences, je ne peux qu’admirer son sang-froid à toute épreuve, notamment lors des épisodes à glacer le sang où Bissonnette menaçait de s’enlever la vie à l’aide d’une arme qui se trouvait sur le siège arrière de sa voiture, sans oublier les moments de panique où Bissonnette a avisé son interlocuteur qu’il désirait mettre un terme à leur conversation, ce dernier réussissant habilement à garder contact jusqu’à l’arrivée des policiers.

Qui que vous soyez, monsieur, je tiens à vous féliciter pour le tact et le calme que vous avez manifestés ce soir-là devant un jeune homme désemparé qui venait tout juste de commettre une tuerie odieuse…Et surtout, demeurez en ligne, c’est un métier que vous honorez à n’en pas douter!

quebechebdo 14 avril 2018

Les tentacules de l’islam

13 avril 2018

On ne compte plus les accommodements raisonnables consentis aux islamistes depuis des décennies par les gouvernements antérieurs, le dernier en liste suscitant un énième vif débat à l’Assemblée nationale.

Je veux parler de cette étudiante en techniques policières, Sondos Lamrhari, qui a l’intention bien arrêtée de conserver son hijab lorsqu’elle sera reçue officiellement policière au Service de police de la ville de Montréal (SPVM), une intention qui va à l’encontre d’une des recommandations du Rapport Bouchard-Taylor eu égard à l’interdiction de porter des signes religieux pour les agents de la paix lorsqu’ils sont en fonction.

Or, avec la bénédiction du premier ministre Couillard et de la ministre de la Justice Stéphanie Vallée, Sondos sera accueillie dans le corps de police de la SPVM à la fin de ses études, compte tenu que la loi 62 sur la neutralité religieuse permet le port de signes religieux pour autant que le visage soit découvert.

À mes yeux, les tentacules de l’islam prennent des proportions démesurées. Jusqu’où ira cet envahissement littéralement inconciliable avec la laïcité de l’État? Toute sympathique que soit Sondos Lamrhari, elle devrait retirer son hijab lorsqu’elle deviendra policière…ou s’enrôler chez la GRC, là où le voile est permis.

quebechebdo 13 avril 2018
​vigile.net tribune libre 13 avril 2018 (version modifiée)
 

Nous avons besoin d’un Bloc uni et fort à Ottawa

10 avril 2018

Au risque de me faire servir le même argument, à savoir que l’indépendance du Québec va se faire au Québec et non à Ottawa, il m’apparaît important, voire essentiel, que la crise que vit actuellement notre cousin à Ottawa, le Bloc québécois, se dénoue dans les règles de l’art.

Et, pour y arriver, le Bloc a besoin de tous ses éléments, y compris les démissionnaires qui ne gagneront rien en empruntant « le salut dans la fuite », une stratégie perdante qui ne fait que reporter les problèmes sans réellement y faire face. À cet effet, je tiens à vous citer un extrait fort révélateur d’un billet écrit par un auteur inconnu dans le Huffington Post de Québec du 9 avril 2018 sous le titre "Ne soyons pas des démissionnaires" :

« Avec tout le brouhaha des dernières semaines, la perception de légitimité quant aux décisions prises antérieurement sur le rôle du Bloc Québécois et sur le leadership de la chef a été ébranlée. Voilà pourquoi la consultation référendaire auprès des membres est devenue nécessaire. J'invite donc mes amis démissionnaires à réintégrer leur parti, à participer au processus démocratique et à se rallier à la décision que prendront l'ensemble des membres. Parce que les membres sont la source de la légitimité, c'est et ce sera toujours à eux de décider. »

Par ailleurs, compte tenu qu’une des causes majeures de dispute au sein de l’équipe des députés bloquistes tourne autour du rôle que doit jouer le Bloc à Ottawa, l’article 1 du programme est on ne peut plus clair : « le Bloc québécois doit être dans ses actions quotidiennes, le promoteur de l'option indépendantiste en utilisant chaque tribune et chaque occasion pour démontrer la nécessité de l'indépendance du Québec ». Ce qui n’empêche pas, par ailleurs, de défendre les intérêts du Québec lorsque les dossiers le commandent.

En bref, en ces temps orageux où le sacrosaint multiculturalisme à outrance de Justin Trudeau est en train de gangréner les us et coutumes des Québécois, notamment au chapitre de la laïcité, attaquée de toutes parts par l’émergence des signes religieux, il faut se donner un Bloc uni et fort à Ottawa en reléguant les querelles intestines dans le placard et en donnant la parole aux membres, à savoir le cœur et l’âme du parti. 

vigile.net tribuner libre 10 avril 2018

Une chanson prémonitoire

10 avril 2018

Je ne sais pas quelle mouche a piqué Sophie Durocher depuis la sortie en salle de La Bolduc, mais c’est le deuxième billet qu’elle signe dans Le Journal empreint d’une certaine acrimonie qui me laisse perplexe.

Cette fois-ci, quoique le sujet n’ait pas rapport directement au film, Mme Durocher dénonce une chanson interprétée par la Bolduc datant des années ’30 intitulée L’ouvrage aux Canadiens, dont voici le refrain : « C’est à Montréal qu’y a des sans-travail / C’t’effrayant d’voir ça les gensses qui travaillent pas / C’est pas raisonnable quand il y a de l’ouvrage / Qu’ça soit les étrangers qui soient engagés. [...] ».

À titre d’argumentaire, Sophie Durocher qualifie ces propos de « réquisitoire anti-immigrés », de « xénophobes qu’on associe avec des groupuscules fascistes ou des partis politiques d’extrême droite ».

Or, quant à moi, je retiens des paroles de cette chanson qu’elles reflètent une réalité bien d’aujourd’hui et, qu’en ce sens, cette chanson prend des airs prémonitoires eu égard aux problèmes actuels suscités par les immigrants en relation avec leur intégration, notamment sur le plan de la langue et de notre culture.

quebechebdo 10 avril 2018
vigile.net tribune libre 13 avril 2018
 

Patrick Roy comme DG du CH

10 avril 2018

Depuis plusieurs mois, rien ne va plus chez le Canadien, du rendement sur la patinoire et derrière le banc en passant par le recrutement, les communications et le développement des joueurs.  À mon point de vue, Geoff Molson attend la fin de la saison régulière pour annoncer de grands changements à commencer par le directeur général Marc Bergevin pour qui l’heure du départ va bientôt sonner.

Or, il semble que le nom de Patrick Roy ait déjà envahi les corridors du Centre Bell et les bureaux des hautes instances du CH. À 52 ans, l’ex-gardien de buts étoile du Tricolore est prêt à faire le grand saut, ayant déjà fait ses armes auprès des Remparts de Québec de la Ligue de Hockey Junior Majeur du Québec (LHJMQ à titre d’instructeur et de directeur général.

Nonobstant son caractère bouillant notoire, ce qui, en passant, peut devenir une qualité pour insuffler au CH le désir de vaincre, Patrick Roy est un gagnant, et il n’hésitera pas à congédier ceux qui se trainent les pieds peu importe le niveau où ils évoluent au sein de l’organisation.

Le CH est à plat, la flamme est éteinte, il a besoin d’une bougie d’allumage, et Patrick Roy est l’homme tout désigné pour rallumer l’espoir chez les partisans du Bleu Blanc Rouge…

Le Journal de Québec 10 avril 2018
 

Le cumul des peines…pour ou contre?

8 avril 2018

Aux dires des avocats de l’aide juridique de Québec représentant Alexandre Bissonnette, Me Charles-Olivier Gosselin et Me Jean-Claude Gingras, la possibilité d'imposer jusqu'à 150 ans de prison à leur client, soit 25 ans par meurtre, équivaudrait à « une peine de mort par incarcération ». En conséquence, ils réclament que la disposition du Code criminel qui permet d'additionner le temps à passer en prison avant de faire une demande de libération conditionnelle soit déclarée inconstitutionnelle.

À titre d’information, avant que le gouvernement conservateur de Stephen Harper ne change la Loi en 2011 pour permettre de cumuler le temps à passer en prison avant de demander une libération conditionnelle, dans le cas de meurtres multiples, cette période de temps ne pouvait excéder 25 ans depuis l'abolition de la peine de mort au Canada en 1976.

Tout profane que je sois en matière de droit criminel, j’imagine que la peine imposée en pareil cas doit être proportionnelle à l’acte posé, à savoir le meurtre de 6 personnes. Toutefois, si on avait appliqué le principe du cumul des peines à Marc Lépine, le meurtrier de 14 jeunes filles de l’École polytechnique le 6 décembre 1989, dans l’hypothèse où il n’aurait pas mis fin à ses jours, sa peine aurait été de 350 ans.

Bien que sensible au nombre de victimes, je demeure perplexe sur les effets du cumul des peines, notamment sur le fait qu’il contrevient à l'article 12 de la Charte qui protège les Canadiens contre « les peines cruelles et inusitées », tel que le soulignent les avocats de la défense qui ajoutent que la perspective des peines consécutives pour leur client « évacuerait complètement ses perspectives de réhabilitation et de réinsertion sociale ».

Conséquemment, je serais d’avis qu’une peine à perpétuité avec une possibilité de libération conditionnelle après 25 ans serait juste et équitable dan le cas de meurtres multiples comme il était coutume avant 2011.

vigile.net tribune libre 7 avril 2018