Trump, président malgré lui?

8 janvier 2018

Dans son livre-choc, Fire and fury : Inside the Trump White House, le journaliste américain Michael Wolff multiplie les anecdotes sur les coulisses de la première année de Donald Trump à la Maison Blanche.

Toutefois, parmi ces révélations, il en est une qui est particulièrement saisissante, à savoir que personne, au sein de l'équipe de campagne de Donald Trump, ne s'attendait à ce que celui-ci remporte l'élection. Plus incroyable encore, on y lit que Donald Trump lui-même ne voulait pas devenir président des États-Unis, et voyait uniquement cette candidature à l'élection comme un moyen de booster sa carrière à la télévision et en politique.

Racontant le soir du 8 novembre 2016, qui a vu le magnat de l'immobilier remporter l'élection à la surprise générale, alors que la démocrate Hillary Clinton partait grande favorite, Michael Wolff écrit: « Peu de temps après 20 heures, le soir de l'élection, quand la tendance inattendue selon laquelle Trump pourrait gagner semblait se confirmer, Donald Trump Jr., le fils aîné de Donald Trump, a dit à un ami que son père ressemblait à quelqu'un ayant vu un fantôme ».

Et pourtant, contre toute attente, Donald J. Trump est devenu le 45ième président des États-Unis d’Amérique en martelant sans arrêt son leitmotiv America first, un slogan qui a littéralement envoûté une majorité d’Américains qui attendent toujours désespérément les fruits de ses promesses…

vigile.net tribune libre 7 janvier 2018
 

Mes voeux pour les chefs

8 janvier 2018

En ce début d’une nouvelle année marquée par une élection générale au Québec, j’ai cru bon de vous présenter les vœux que j’exprime pour les quatre chefs des partis de la scène provinciale.

Philippe Couillard : Au chef d’un parti grugé par la gangrène des allégations de collusion et de corruption, je ne peux que souhaiter l’arrivée d’un tsunami dévastateur qui balayera le Parti libéral du Québec de l’échiquier électoral québécois, ce qui devrait reconduire le bon docteur Couillard dans les couloirs d’un système de santé « réaménagé pour le mieux » aux dires de son ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

Jean-François Lisée : Au chef de l’opposition officielle, je lui souhaite de retrouver la lucidité et la clairvoyance qui lui permettront d’ouvrir le placard dans lequel il a camouflé l’accession du Québec à son indépendance, et de cesser ses tergiversations oiseuses et alambiquées eu égard au « bon gouvernement provincial » pour lequel M. Lisée semble avoir développé une certaine prédilection.

François Legault : Au chef de la deuxième opposition officielle, j’offre mes vœux de succès dans sa pénible traversée du désert qu’il a entreprise depuis le dernier sondage le plaçant en tête des intentions de vote des Québécois, tout en le mettant en garde contre son auto-suffisance et son excès de confiance qui pourraient lui jouer de vilains tours d’ici octobre 2018.

Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois : Enfin, aux deux coreprésentants de Québec solidaire, je leur souhaite de tirer profit de leur mariage de raison avec Option nationale, et de retrouver le « gros bon sens » dans le dossier sur la féminisation du vocabulaire qui les conduit dans des aberrations abracadabrantes, tel le « matrimoine ».

vigile.net tribune libre 7 janvier 2018
 

Français malmené des deux côtés

6 janvier 2018

Ce n’est pas d’aujourd’hui que les emprunts à la langue de Shakespeare ont envahi les conversations et les publicités de nos cousins français. Les derniers en liste ont trait au récent sommet sur le climat qui s’est tenu à Paris avec comme carte d’invitation «One Planet Summit», et le second, au slogan unilingue anglais des JO de Paris de 2024 «Made for sharing».

Et pourtant nombre de Québécois ressentent un complexe quasi viscéral envers les habitants de la terre de leurs aïeux eu égard aux anglicismes qu’ils utilisent à profusion dans leur langue d’usage, un complexe sans doute dû à une aura «légendaire» lié à leurs ancêtres et perpétué par les premiers colons de la Nouvelle-France.

Somme toute, d’un côté comme de l’autre de l’Atlantique, il semble que l’anglais bénéficie d’un traitement de faveur de la part des parlants Français comme s’il disposait d’un statut in de notre époque, une situation que je qualifierais de pur snobisme social, de «bien paraître» dans les «salons» d’aujourd’hui que sont les médias sociaux…

Le Soleil 6 janvier 2018
 

Remettre l’indépendance du Québec sur la carte

2 janvier 2018

Depuis la défaite crève-cœur du référendum de 1995, soit depuis plus de 20 ans, le Parti Québécois (PQ), le parti politique qui se proclame comme le seul parti véritablement indépendantiste de par le règlement numéro 1 de ses statuts, ne cesse de tergiverser sur le « moment opportun » de ressortir du placard l’accession du Québec à sa souveraineté, le chef actuel, Jean-François Lisée, ayant jeté son dévolu sur 2022…

Par ailleurs, personne ne peut nier que la souveraineté du Québec n’obtient pas la cote de popularité auprès d’une forte majorité de Québécoises et de Québécois évaluée à quelque 60 %. À mes yeux, un tel désaveu émerge du laxisme avec lequel ceux et celles qui doivent porter l’étendard de la souveraineté, à commencer par la députation péquiste qui allègue que l’heure n’est pas encore arrivée.

À supposer que cette assertion soit fondée, peut-être serait-il opportun de se demander pourquoi il en est ainsi, 22 ans après le dernier appel au peuple. À mon avis, la réponse va de soi : l’indépendance brille par son absence dans les débats politiques qui font la une des médias. Elle a été remplacée par le mythe du « bon gouvernement », un sparadrap qui ne fait que voiler toute tentative d’émergence de velléités indépendantistes.

Selon moi, une seule voie reconnectera les Québécoises et les Québécois, de tous âges confondus, sur le cap de la souveraineté : les stratèges péquistes se doivent, d’un côté, de mettre en exergue les avantages de l’indépendance du Québec, et de l’autre côté, les désavantages du fédéralisme canadien. Une démarche qui devrait contribuer grandement à remettre l’indépendance du Québec sur la carte! 

quebechebdo 2 janvier 2018
vigile.net tribune libre 4 janvier 2018
Le Devoir 6 janvier 2018

Une « pépinière » francophone pour le CH?

1 janvier 2018

En déroulant la toile sur Internet il y a quelques jours, je suis tombé sur une proposition fort intéressante d’un certain Andrew Zadarnowski qui suggère à Geoff Molson de modifier sa façon de voir les choses en ce qui a trait à sa filiale de la East Coast Hockey League (ECHL) en lui suggérant de faire l’achat de son club affilié, le Beast de Brampton, et de le remplir de joueurs québécois non-repêchés, ce qui lui permettrait de découvrir quelques « perles rares », de les développer et qui sait, peut-être de les faire graduer chez le CH. 

Si l’on se plaint constamment du manque de joueurs québécois à Montréal, cette solution règlerait en très grande partie ce problème sans avoir à faire l’acquisition d’un Québécois via le marché des transactions ou à sacrifier un choix au repêchage pour amener du sang fleurdelysé à Montréal.

En envoyant exclusivement des Québécois avec ce club, le Canadien aurait désormais deux systèmes de développement intéressants, dont un serait basé sur la recherche de joueurs talentueux du Québec. Évidemment, il faudrait relocaliser le club au Québec, Brampton n’étant vraisemblablement pas la ville idéale pour accueillir 21 Québécois…Et, quitte à m’accuser de prêcher pour ma paroisse, pourquoi pas la ville de Québec?

vigile.net tribune libre 1er janvier 2018

Justin le « preacher »

30 décembre 2017

Dans son message annuel de Noël, le premier ministre Justin Trudeau invite les Canadiens à « tendre la main » à leurs voisins et à s’engager à « faire la différence ». Devant un tel épanchement d’appel à l’entraide, m’est apparue tout de suite l’image du prédicateur du haut de la chaire de l’église s’adressant à ses ouailles lors de la messe dominicale.

Notre « preacher » national y est allé aussi d’un élan oratoire digne d’un bon pasteur en exhortant ses brebis à prendre le temps de penser aux sacrifices consentis par les militaires « pour nous protéger » …comme si la grande majorité des contribuables canadiens ne devaient pas faire de sacrifices pour « joindre les deux bouts ».

Pourtant, à l’occasion de ses « vœux » de Noël à ses concitoyens, n’aurait-il pas plutôt été le temps de leur rappeler son engagement à mettre tout en œuvre pour améliorer la qualité de vie de la classe moyenne, un leitmotiv que M. Trudeau a martelé durant toute sa campagne à la chefferie du parti libéral du Canada? Une promesse qui, avouons-le, met encore beaucoup de temps à se manifester!

M. Trudeau, les Canadiens n’en ont rien à cirer de vos sermons de « preacher ». Ils s’attendent à ce que vous agissiez en véritable premier ministre pour qui les actes prédominent sur les « belles paroles », sans doute héritières de votre talent théâtral!

vigile.net tribune libre 29 décembre 2017
Le Devoir 30 décembre 2017

 

 

 
 

Où s’en va l’école québécoise?

26 décembre 2017

L'école a complètement changé de face au cours des dernières décennies. Il y a à peine 60 ans, l'éducation était synonyme d'autorité et le corps professoral, majoritairement composé de religieux, y exerçait un contrôle absolu. Le vouvoiement, les coups de règles, le port d'uniforme faisaient partie de la vie étudiante quotidienne. Les filles et les garçons ne fréquentaient pas les mêmes écoles et seuls les enfants provenant d'une famille aisée pouvaient espérer poursuivre leurs études. Il en découlait un taux peu élevé de fréquentation scolaire causant une sous-scolarisation importante d'une société pour qui l'instruction n'était pas ancrée dans les mœurs.

Au début des années 60, les valeurs de la société changent ainsi que les besoins. Une réforme scolaire s'impose. Le gouvernement provincial l'initie en créant la Commission royale d'enquête sur l'enseignement, appelée commission Parent, du nom de son président, Mgr Alphonse-Marie Parent, professeur à l'Université Laval. En 1964, le rapport Parent sur l'éducation au Québec vient bouleverser cette chasse gardée qu'est l'école qui se veut dorénavant ouverte à tous les jeunes Québécois.

Depuis lors, « l’école pour tous » a-t-elle su s’adapter à cette nouvelle réalité? Force est de constater les ratés du système d’éducation pour bon nombre de jeunes, ceux-là mêmes qui étaient exclus de l’école avant le rapport Parent. La notion de « décrocheurs » faisait son apparition. Or, pour pallier cette carence, d’innombrables réformes ont envahi les approches pédagogiques et les grilles de matières qui ont vu leur nombre s’accroître au détriment, il faut bien l’admettre, des matières dites de base, notamment le français et les mathématiques.

Aujourd’hui, trois personnalités publiques proposent de recréer l’école « milieu de vie », un leitmotiv qui a fait les beaux jours de l’école d’une certaine époque. Grand bien leur fasse! Toutefois, à mes yeux, dans tout ce branle-bas scolaire, l’école devrait retrouver ses lettres de noblesse, à savoir la communication de connaissances à travers une pédagogie adaptée à la clientèle actuelle, à défaut de quoi elle risque de continuer de s’embourber dans de sempiternelles réformes vouées à l’échec. 

vigile.net tribune libre 26 décembre 2017

L’événement marquant 2017

23 décembre 2017

Comme il est de coutume en fin d’année, certains analystes nous présentent l’événement le plus marquant de l’année. Sans être un spécialiste en la matière, j’ai cru bon de vous proposer l’initiative qui, à mes yeux, a le plus marqué l’année 2017 au Québec.

Dans la foulée de l’affaire Weinstein, le mouvement de dénonciation créé par l’actrice américaine Alyssa Milano eu égard au harcèlement sexuel dont ont été victimes plusieurs femmes a rencontré un formidable écho via le site Twitter officiel de l’actrice en utilisant le « hashtag » « #Me Too ».

Ici, au Québec, la présidente de l'Union des artistes (UDA), Sophie Prégent, allègue ne pas être au courant de cas de viols dans le milieu québécois, tout en précisant qu’« il y a plein de choses dont j'ai entendu parler, comme du harcèlement, de l'intimidation. Ça n'irait probablement pas jusqu'au viol, mais on peut présumer que certains producteurs ont peut-être abusé de leur pouvoir ».

Toujours au Québec, certains cas de harcèlement de la part de personnages publics ont fait la une des médias au cours des derniers mois et ont contribué grandement à libérer la parole des femmes victimes de harcèlement et d’agression sexuelles, les plus marquants étant ceux d’Éric Salvail et de Gilbert Rozon.

Dans ces circonstances, je ne peux qu’abonder en faveur de ces initiatives telle « #Moi Aussi » qui représentent un premier pas vers la dénonciation de ces prédateurs qui doivent répondre de leurs actes devant l’appareil judiciaire pour le plus grand bien d’une société prônant l’égalité hommes-femmes comme principe fondamental.

quebechebdo 23 décembre 2017

Heureux les pauvres?

21 décembre 2017

Dans un petit ouvrage de quelque 155 pages intitulé Heureux les pauvres? (Édition Médiaspaul, 2016), Nicole Croteau, une assistée sociale, de la catégorie « sans contraintes à l’emploi », nous parle de sa vie.

(1) « Le cercle d’amis qui rétrécit parce que mal à l’aise devant cette pauvreté inattendue. Les leçons que tout un chacun se croit en droit de lui donner et qui minent sa confiance. L’énergie déployée pour arriver à manger tous les jours. La difficulté d’aller se chercher un emploi quand on n’a pas les moyens de se payer des billets de bus.

Et puis, plus traîtreusement, « comment démontrer sa compétence quand […] offrir ses services n’est ni plus ni moins qu’un appel au secours? ».  De fait, dans nos sociétés qui aiment les gagnants, les employeurs ne sont pas très portés sur la pitié. Quand en plus la fatigue de survivre jour après jour marque les traits, ça les rend encore moins enthousiastes.

Nicole Croteau raconte donc comment, peu à peu, elle a vu sa place rapetisser, sous les regards, les reproches, l’insouciance des autres. Solitude, colère, méfiance, tout ce qu’elle a ressenti se résume dans ce troublant aveu: « Même si je ne suis plus dans l’indigence, l’idée d’inviter des amis à ma table ou de leur apporter un plat continue d’être une menace. » Partager n’est plus un cadeau quand c’est autant de moins pour soi, à qui il reste très, très peu… »
(1) Extrait de l’article de Josée Boileau intitulé « Être pauvre, ça gruge plus que le porte-monnaie », Châteleine.

En cette période de réjouissances qui s’apprête à agrémenter nos vies, j’ai cru bon d’attirer notre regard, le temps de quelques minutes, sur les tristes retombées d’une assistée sociale…

quebechebdo 21 décembre 2017
 

Des sinistrés à bout de souffle

20 décembre 2017

L’entrevue réalisée par Anne-Marie Dussault dans le cadre de l’émission 24/60 du 19 décembre auprès de M. Michel Papineau, un sinistré de Gatineau lors des inondations du printemps dernier, a fait ressortir sans équivoque toutes les souffrances physiques, morales et psychologiques auxquelles sont confrontés les quelque 4000 sinistrés qui ont dû être évacués de leur résidence.

De son côté, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, reconnaît que le plan d’aide aux sinistrés était trop « complexe », un acte de contrition qui n’a pas du tout touché M. Papineau qui plaide avec vigueur et émotion qu’ « il faut mettre en œuvre des solutions rapides. C’est demain que les sinistrés en ont besoin. Pas dans cinq jours, pas dans trois mois. »

Il est minuit et quart M. Coiteux! Des sinistrés sont à bout de souffle, plusieurs sont en dépression, d’autres ont fait des crises cardiaques, d’autres sont en instance de divorce à cause des tensions auxquelles ils sont soumis Qu’attendez-vous pour agir en tant que ministre « responsable » de la Sécurité publique? C’est une question de survie…

quebechebdo 20 décembre 2017