Enseignants recherchés

19 mars 2018

À partir du moment où les suppléants manquent à l’appel lors de l’absence d’un professeur et que ce sont les enseignants réguliers qui doivent pallier en étant affectés aux cours du professeur absent, on a atteint, à mon sens, le « fond du baril ».

Imaginez le scénario suivant : en plus d’ajouter une ou plusieurs prestations de cours aux professeurs déjà débordés par une tâche quasi surhumaine à la suite des coupes du gouvernement Couillard, notamment eu égard aux ressources humaines, les élèves sont soumis à cinq professeurs différents au cours d’une même journée de classe…Une situation pour le moins anti-pédagogique!

Et on crie à l’aide parce que la relève ne vient pas frapper aux portes de l’école! Pourtant, rien de surprenant compte tenu de l’ampleur de la tâche qui attend même les plus valeureux de ceux qui se destinent à l’enseignement.

Tant et aussi longtemps que la profession d’enseignant ne sera pas reconnue à sa juste valeur et que les ressources humaines destinées à encadrer les élèves en difficultés d’apprentissage brilleront par leur absence, l’école risque de demeurer un lieu insécurisant et déstabilisant aux yeux des futurs enseignants…au grand dam des générations d’élèves qui doivent se plier bien malgré eux à une telle contreperformance d’un système éducatif gangrené par les coupures draconiennes du gouvernement libéral.  

Car, est-il besoin de le spécifier, à chaque matin, l’école ouvre ses portes aux élèves pour leur communiquer des connaissances dans un climat favorable à l’apprentissage. Encore faut-il créer un tel climat pour autant que les ressources humaines, notamment les travailleurs sociaux et les psychopédagogues, soient disponibles pour appuyer l’enseignant dans ses efforts pour offrir à ses élèves un milieu sain et propice à une prestation de cours profitable.

vigile.net tribune libre 18 mars 2018
 

Où s’en va le Canadien?

18 mars 2018

On dit souvent, à tort ou à raison, qu’un match de hockey ne se joue pas sur la passerelle de la direction ou derrière le banc des joueurs. Alors que la saison 2017-2018 tire à sa fin, force est de constater que les Canadiens de Montréal clôtureront une des pires saisons de leur histoire.

Conséquemment, les analystes y vont de leurs solutions, certains recommandant le congédiement de Marc Bergevin, d’autres, celui de Claude Julien. D’autres évoquent la nonchalance de certains joueurs considérés comme les « vedettes » du club, notamment Max Pacioretty et Carey Price; d’autres, plus optimistes, allèguent la série de blessures qu’ont subies certains joueurs au cours de la saison pour expliquer les déboires de l’équipe.

Alors, où est le bobo? À mon sens, il incombe d’abord à l’équipe de la direction et des instructeurs d’inculquer à leur équipe le désir de vaincre, cette bougie d’allumage qui a caractérisé pendant des décennies le CH tatoué au cœur de ces joueurs qui ne ménageaient aucun effort et qui jouaient pour une seule raison, à savoir gagner à tout prix!

En début de saison, plusieurs analystes prétendaient que le Tricolore alignait une équipe compétitive « sur papier »…Or, il s’avère que la réalité a vite ramené les amateurs à des performances médiocres de la part des joueurs qui semblaient souvent déstabilisés par la rapidité et l’habilité des joueurs adverses.

Enfin, à mon avis, autant la haute direction que l’équipe des instructeurs se doivent de procéder à un sérieux « examen de conscience » et en arriver à mettre le doigt sur le/les véritable (s) bobo (s)… Alors seulement, les amateurs pourront retrouver les lettres de noblesse de leur équipe favorite!

vigile.net tribune libre 18 mars 2018
 

Point de rupture

15 mars 2018

À la suite des controverses suscitées par son habillement lors de son dernier voyage en Inde, l’image du premier ministre du Canada Justin Trudeau, qui reflétait le symbole de la vedette partout où il allait à l’international, se dresse comme un point de rupture avec les électeurs canadiens. La lune de miel de Justin Trudeau avec l’électorat a vraisemblablement pris fin en Inde.

C’est du moins ce que nous révèle le dernier sondage Léger qui nous indique que 66 % des personnes sondées considèrent que le voyage de Trudeau en Inde est un échec, et qui place désormais le PLQ et le PCC d’Andrew Scheer au coude à coude, avec chacun 38 % des intentions de vote.

Dans la pensée d’Erving Goffman, un éminent sociologue et linguiste américain d'origine canadienne, pour le politicien, l’image correspond à la représentation que lui-même se fait de ce qu’il croit être un bon politicien, de même qu’à la représentation qu’il pense que le public s’en fait. Dans ces circonstance, force est d’admettre que Justin Trudeau a erré lors de son voyage en Inde, notamment eu égard « à la représentation que lui-même se fait de ce qu’il croit être un bon politicien ».

Un manque de jugement pour le moins inquiétant de la part de celui qui est à la tête d’un pays et qui devrait, en principe, faire preuve de clairvoyance et de discernement dans ses comportements trop souvent inacceptables dans ses voyages à l’étranger, notamment en se pliant ingénument et inopportunément aux us et coutumes des pays qu’il visite.

Les pitreries de Pee Wee ont l’heur de créer un climat d’irascibilité contagieux qui fait ressortir davantage la « coquille vide » qui se cache derrière son sourire béat qui ne passe tout simplement plus l’écran!

Le Devoir 13 mars 2018 (version abrégée)
vigile.net tribune libre 15 mars 2018

Honneur à vous, Mme Desmond!

11 mars 2018

Le 8 novembre 1946, dans un cinéma de la Nouvelle-Écosse, Viola Desmond refuse de quitter le parterre, réservé aux Blancs, pour gagner le balcon, réservé aux Noirs. Traînée hors du cinéma par la police, elle est arrêtée puis détenue pendant 12 heures, avant d'écoper d'une amende.

Bien en avance sur son temps, Mme Desmond a posé ce geste courageux sans aucune organisation ni mouvement pour l’appuyer. Dans un contexte où la ségrégation raciale et la discrimination systémique ont marqué l'histoire de la Nouvelle-Écosse, il aura fallu à cette femme une audace et une témérité à toute épreuve pour braver, seule, la loi des « blancs ».

Soixante-douze ans plus tard, la Banque du Canada a dévoilé récemment à Halifax un nouveau billet de 10 $ qui illustrera la militante pour les droits des Noirs, lequel sera émis à la fin de 2018. Malheureusement, Mme Desmond est décédée en 1964 à l’âge de 50 ans sans avoir reçu les excuses officielles du gouvernement de la Nouvelle-Écosse ni obtenu le pardon de la justice canadienne pour son « effroyable délit ».

Honneur à vous Mme Desmond pour avoir su défier avec bravoure, à une époque où les Blancs régnaient en maîtres dans votre contrée, une loi ségrégationniste éhontée, vous plaçant de la sorte parmi les pionnières de la lutte contre la discrimination raciale au Canada.

Le Soleil 11 mars 2018

Le référendum de Martine

10 mars 2018

Rien ne va plus au Bloc québécois qui vit une crise dont l’issue pourrait conduire à son implosion. Aux yeux de Martine Ouellet, la crise est le résultat d’un malentendu sur le rôle que doit jouer la formation politique à Ottawa. De leur côté, les 7 députés démissionnaires du Bloc critiquent vertement les positions de leur chef et son style de direction sans compromis, notamment sur la promotion de l’indépendance, ces derniers alléguant que leur priorité est de représenter les Québécois au parlement, sans nécessairement parler d’indépendance.

Pour tenter de dénouer l’impasse, Mme Ouellet propose la tenue d’un référendum auprès des membres du parti dans le but de clarifier le rôle du Bloc à Ottawa. Le hic, c’est que, à mon sens, tous les intervenants ont, à leur façon, en partie raison dans leur argumentaire, chacun des clans opposés répondant à un des objectifs du Bloc.

Conséquemment, pourquoi les députés démissionnaires et leur chef ne s’assoiraient pas à une table de concertation pour déterminer un terrain d’entente sur les priorités conjoncturelles qu’ils doivent défendre eu égard, soit aux intérêts des Québécois, soit à la promotion de l’indépendance, soit à d’autres sujets faisant l’actualité?

En termes clairs, pourquoi utiliser un référendum qui continuera de créer des divisions dans le caucus des députés au lieu de tenter de s’entendre dans un climat plus serein et plus susceptible de sortir le parti de cette crise suicidaire?

quebechebdo 10 mars 2018
vigile.net tribune libre 12 mars 2018
 

Détermination ou entêtement?

9 mars 2018

De plus en plus isolée dans son propre parti, la chef du Bloc québécois Martine Ouellet persiste et signe : elle s’agrippe à son poste. C’est à se demander si elle fait preuve de détermination ou d’entêtement. Contre vents et marées, Mme Ouellet donne de plus en plus l’impression d’être la seule à avoir le pas dans son « régiment » que les membres ne cessent de quitter.

Dans la tourmente, Martine Ouellet incarne l’image d’une Jeanne d’Arc à la défense d’une forteresse en train de capituler. Bien malin celui ou celle qui peut prédire la fin de cette saga dont l’enjeu pourrait bien se terminer par l’implosion du Bloc québécois…Une histoire à suivre!

Le Journal de Québec 9 mars 2018
​vigile.net tribune libre 12 mars 2018 

Au royaume d’Esculape

7 mars 2018

En plus des primes d’assiduité et du « forfait jaquette » qui ont suscité un tollé de contestation, nous apprenons maintenant que les médecins québécois ont touché quelque 111 millions $ depuis trois ans pour participer à des réunions et comités pour lesquels ils sont payés jusqu’à 200 $ de l’heure…et toute cette ignominie à même les poches des contribuables. Et, parmi ces contribuables, une pléiade d’entre eux attendent toujours un médecin de famille, d’autres poireautent des heures à l’urgence avant d’avoir accès à un médecin.

Il y a quelque chose de scandaleux au royaume d’Esculape où les médecins se comportent comme des dieux imbus de pouvoirs absolus, notamment celui d’avoir accès à des privilèges exorbitants qui ne se retrouvent dans aucune autre profession, aussi « importante » soit-elle.

Mais là où le bât blesse avec le plus d’acuité, c’est l’argumentaire utilisé par la porte-parole de Ministère Marie-Claude Lacasse qui, pour justifier cette prime de 200 $ de l’heure pour assister à des réunions, allègue que « ces modalités de rémunération ont été mises en place afin de favoriser la participation des médecins spécialistes dans la gouverne et la performance du réseau de la santé ainsi que dans l’organisation hospitalière »… comme si la participation à ces réunions ne devait pas faire partie intégrante de leur tâche comme c’est le cas dans de nombreuses professions.

Le Journal de Québec 7 mars 2018
vigile.net tribune libre 9 mars 2018
 

Les Québécois n’ont jamais été consultés sur l’indépendance du Québec

6 mars 2018

En guise de rappel, voici les libellés des questions auxquelles ont été soumis les Québécois lors des référendums de 1980 et 1995 :

20 mai 1980

« Le Gouvernement du Québec a fait connaître sa proposition d’en arriver, avec le reste du Canada, à une nouvelle entente fondée sur le principe de l’égalité des peuples ; cette entente permettrait au Québec d'acquérir le pouvoir exclusif de faire ses lois, de percevoir ses impôts et d’établir ses relations extérieures, ce qui est la souveraineté, et, en même temps, de maintenir avec le Canada une association économique comportant l’utilisation de la même monnaie ; aucun changement de statut politique résultant de ces négociations ne sera réalisé sans l’accord de la population lors d’un autre référendum ; en conséquence, accordez-vous au Gouvernement du Québec le mandat de négocier l’entente proposée entre le Québec et le Canada ? »

En plus de son préambule emberlificoté de trop nombreux paramètres, la question de 1980, à savoir « accordez-vous au Gouvernement du Québec le mandat de négocier l’entente proposée entre le Québec et le Canada ? » ne contient en rien quelque élément sur une quelconque consultation faisant appel à l’indépendance du Québec. 

30 octobre 1995

« Acceptez-vous que le Québec devienne souverain, après avoir offert formellement au Canada un nouveau partenariat économique et politique, dans le cadre du projet de loi sur l'avenir du Québec, et de l'entente signée le 12 juin 1995, oui ou non? »

Bien que plus brève, la question de 1995, dans la lignée de celle de 1980, présuppose une souveraineté liée à « un nouveau partenariat économique et politique » avec le Canada. De plus, cette question réfère à « l'entente signée le 12 juin 1995 », laquelle entente laisse le commun des mortels dans le doute quant à son contenu.

Fort de ces observations sur des questions référendaires pour le moins alambiquées, je suis d’avis que les Québécois n’ont jamais été véritablement consultés sur l’indépendance du Québec eu égard à une question claire et nette telle que « Acceptez-vous que le Québec devienne indépendant? » Dans ces conditions seulement, les Québécois feront connaître une réponse sans équivoque à une question claire!

vigile.net tribune libre 6 mars 2018

Où sont passées les relations humaines?

4 mars 2018

Dans les écoles du Québec, et ce dès le primaire, les élèves sont appelés à travailler en équipes dans le but de les habituer au phénomène de la socialisation et à l’importance de communiquer oralement leur opinion aux autres membres de l’équipe. Or, dans la vie de tous les jours, aussitôt sortis de l’école, les jeunes s’isolent devant leur « bidule électronique » pour communiquer leurs messages.

À cet effet, j’arrive d’un séjour à Punta Cana, en République dominicaine, où j’ai assisté à une scène pour le moins « symptomatique » d’une famille, le père, la mère et leurs deux enfants, assis dans le hall de l’hôtel devant ma femme et moi.

Je vous parle ici de gens en vacances dans le Sud qui, fort probablement, étaient venus « se changer les idées » sous des cieux plus cléments. Et pourtant, pendant toute la période où nous sommes demeurés à nos sièges en train de boire un apéro, soit environ une heure, aucun des quatre membres de ladite famille n’a levé les yeux de sa tablette ni prononcé un mot…

Mais où sont donc passées les relations humaines, me suis-je dit? Dans quel monde robotisé vivons-nous ici même au Québec, victime lui aussi de cette plaie immonde incarnée par les moyens de communication qualifiés de « modernes?  

Des questions qui, à elles seules, suscitent de vives inquiétudes sur le type de « relations » dans lesquelles notre société dite « civilisée » s’enlise pernicieusement au grand dam des bienfaits d’une saine discussion avec notre famille ou nos amis, notamment le resserrement de liens bénéfiques que procurent de tels échanges d’idées dans la micro-société québécoise.

vigile.net tribune libre 3 mars 2018
quebechebdo 4 mars 2018
 

Une fausse bonne nouvelle

15 février 2018

Parmi toutes les déclarations plus ou moins saugrenues du ministre de la Santé Gaétan Barrette depuis qu’il est en poste, nul doute que sa dernière révélation atteint le paroxysme de l’incohérence, voire de l’indécence.

En effet, alors que, parmi la pléiade de problèmes qui subsistent encore dans le système de santé, notamment le temps d’attente démesurément long dans les urgences ou le fait qu’un Québécois sur cinq n’a toujours pas de médecin de famille ou que les infirmières sont à bout de souffle, notre bon docteur Barrette ose lancer à l’occasion d’un point de presse que la réforme est maintenant terminée et qu’il ne reste qu’à la « peaufiner »…Eh bien, toute une nouvelle encourageante pour les usagers du système de santé du Québec et son personnel infirmier!

Décidément, on aura tout entendu de la part de celui qui devait remettre le système de santé sur pied. D’une structure nouvelle à une autre, nous avons assisté à une valse des sigles que seuls ceux qui y oeuvrent peuvent prononcer sans se tromper, tellement ils contiennent de lettres.

Toutefois, sur le terrain, rien n’a vraiment changé. La réforme Barrette est un constat d’échec sur toute la ligne. Si M. Barrette pensait que sa « fausse bonne nouvelle » réconforterait les Québécois, force est de constater que les wagons ne suivent pas la locomotive Barrette qui file seule sur les rails de la déroute au grand dam d’un système de santé de plus en plus malade!

vigile.net tribune libre 15 février 2018