Je voterai PQ…quand même!

16 août 2018

Nonobstant le report en 2022 de la consultation populaire sur l’indépendance du Québec avec lequel je suis en désaccord, je voterai quand même pour le Parti québécois (PQ) le 1er octobre.

Pourquoi? Premièrement pour son équipe de candidats qui incarnent, à mon sens, un harmonieux mélange d’expérience et de jeunesse, et deuxièmement pour sa plate-forme électorale qui répond adéquatement aux besoins des Québécois et des Québécoises.

À ce sujet, j’aimerais vous citer quelques objectifs reliés à la plate-forme électorale du PQ :
-Tendre graduellement vers une « véritable gratuité scolaire » pour les études postsecondaires
-Réinstaurer un tarif unique de 8,05 $ pour le premier enfant dans les CPE et les services de garde subventionnés, et de 4 $ pour le deuxième enfant
-Obliger tous les fonctionnaires, employés et agents de l’État à avoir le visage découvert dans le cadre de leurs fonctions et tous les citoyens à recevoir des services de l’État à visage découvert
-Étendre la loi 101 pour assurer la présence du français « langue de travail » dans les entreprises de 25 à 50 employés et dans celles à charte fédérale
-Augmenter le soutien à domicile d’au moins 100 millions $ par année pendant 5 ans
-Donner davantage d’autonomie aux 200 000 professionnels de la santé « autres que les médecins »
-Hausser le salaire minimum à 15 $ de l’heure d’ici octobre 2022
-Rédiger une loi-cadre sur la décentralisation et la régionalisation
-Instaurer un mode de scrutin proportionnel
-Mettre à jour les études sur la souveraineté

Si nous désirons un gouvernement crédible qui affiche clairement ses couleurs et qui invite les Québécois à une prise en charge graduelle de leur autonomie en mettant l’accent sur leurs valeurs et leurs convictions, le PQ représente sans nul doute le meilleur choix qui s’offre à nous!

vigile.net tribune libre 15 août 2018
 

À la reconquête des 18-34 ans

13 août 2018

En 2012, Pauline Marois avait profité de la grogne des étudiants et des jeunes professionnels pour défaire le gouvernement libéral de Jean Charest. Un sondage Léger diffusé un mois avant le scrutin voyait le PQ largement en tête des intentions de vote chez les 18-34 ans. Six ans plus tard, trois sondages successifs de la même firme, diffusés entre avril et juin 2018, placent le PLQ en tête des intentions de vote chez les électeurs de 18 à 34 ans et, à chaque fois, le PQ est troisième avec 20% ou moins.

Un revirement pour le moins draconien qui laisse entrevoir que le virage jeunesse entrepris par Paul Saint-Pierre Plamondon en 2012 s’est essoufflé par manque de « carburant », à savoir de bougie d’allumage qui aurait dû pourtant perpétuer l’engouement des 18-34 ans envers le PQ.

Mais que s’est-il donc passé entre 2012 et 2018 qui pourrait expliquer un tel revirement? À mes yeux, avec le report d’une démarche concrète du Québec vers son indépendance en 2022, la question de l’identité nationale a pris le chemin du placard au détriment de l’image d’un bon parti « provincialiste », lequel se retrouve relégué sur le même pied que le PLQ aux yeux de la frange jeunesse de l’électorat.

Et pourtant, le PQ regroupe, à mon sens, la meilleure équipe de candidats susceptibles de former un excellent gouvernement. Ne manque que la promotion de sa marque distinctive, à savoir la souveraineté du Québec, pour aspirer à reconquérir le cœur des 18-34 ans!

vigile.net tribune libre 13 août 2018
 

Protection des sources journalistiques

12 août 2018

On ne compte plus les magouilles dans lesquelles a ou aurait trempé Marc-Yvan Côté au cours de sa carrière politique ou, subséquemment, dans sa vie civile, la dernière en liste référant aux soupçons qui lieraient l’ancien ministre à un système de collusion entre des élus et la firme Roche.

Or, la cause est encore en suspens, les avocats de M. Côté alléguant que la journaliste Marie-Maude Denis devrait révéler les sources journalistiques l’ayant conduit à l’allégation du système de collusion en cause. Dans ce dossier, en mars dernier, la Cour supérieure du Québec avait donné raison à M. Côté et forcé la journaliste à identifier ses sources. Face à ce constat, les avocats de Mme Denis ont sollicité la Cour suprême qui a accepté d’entendre la cause.

Une saga judiciaire qui révèle à quel point la confidentialité des sources journalistiques est fragile et, par ricochet, la difficulté, voire l’impossibilité, dans certains cas, pour un journaliste, d’obtenir des informations devant une instance judiciaire qui serait légitimée de connaître les noms des sources.

Par ailleurs, l'avocat de la journaliste estime que la jurisprudence protège les sources journalistiques sauf dans « quelques rares exceptions », comme des cas de crimes graves ou de sécurité nationale, ce qui, bien sûr, n’est pas le cas dans cette affaire.

Par conséquent, il est à souhaiter que la Cour suprême donnera raison à la protection des sources journalistiques, à défaut de quoi les journalistes peuvent dire adieu aux informations « confidentielles » qu’ils reçoivent de leurs sources!

vigile.net tribune libre 10 août 2018
quebechebdo 12 août 2018 (version modifiée)
 

De l’humour à la politique

9 août 2018

C’est un secret de polichinelle que le Parti québécois (PQ) n’a pas la faveur populaire si on se fie aux derniers sondages qui le placent « bon » troisième derrière la Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ). Qu’à cela ne tienne, le PQ a décidé d’emprunter la voie de l’humour, voire de la dérision, dans l’intention de se frayer un chemin pour le moins original dans la course électorale.

Aux yeux du député de Matane-Matapédia et porte-parole de cette campagne publicitaire estivale Pascal Bérubé, « l’humour, c’est une façon de faire de l’autodérision. Ça montre l’humilité. Et parfois, sourire, c'est une belle façon de montrer les dents également. »

Selon Georges Wolinski, « l’humour est le plus court chemin d’un homme à un autre ». En ce sens, les voies de l’humour sont innombrables et ne peuvent que passer des messages révélateurs aux multiples facettes.

Quoi qu’il en soit, le PQ n’a rien à perdre… Reste à voir si son « festival de l’humour » aura l’heur d’attirer l’attention des « spectateurs » et, qui sait, peut-être de susciter leurs réflexions!

En pareil cas, le PQ sortira de cette pré-campagne plus vigoureux et davantage armé pour affronter les autres partis avec toute la fougue nécessaire pour incarner un adversaire déterminé à s’emparer du pouvoir. 

vigile.net tribune libre 8 août 2018

Les bien-pensants

7 août 2018

Dans la saga entourant les deux créations de Robert Lepage, SLĀV et Kanata, et qui a conduit à leur annulation, l’antagonisme entre les termes « appropriation culturelle » et « liberté d’expression artistique » a certes joué un rôle dominant.

Toutefois, à mes yeux, le facteur lié au conformisme des bien-pensants est loin d’avoir reçu toute la couverture médiatique à laquelle il avait droit. En effet, l’acharnement quasi systémique des « possesseurs tranquilles de la vérité » a réussi à infiltrer sournoisement les médias qui, eux, ont influé directement sur la pensée populaire.

Pour Robert Lepage en particulier et les créateurs en général, cette saga ne fait qu’encarcaner la liberté d’expression artistique [...].
Une situation dramatique, voire suicidaire, qui risque de créer un exode de nos grands créateurs si le gros bon sens ne remet pas les pendules à l’heure !

Le Devoir 8 août 2018
 

Québec libre

7 août 2018

En 2014, Québec solidaire (QS) a obtenu 15,29 % du vote dans Taschereau et 11,60 % dans Jean-Lesage, terminant 4e dans les deux circonscriptions. À l’époque, Catherine Dorion et Sol Zanetti étaient candidats pour Option nationale (ON), qui a fusionné depuis avec QS. Ils avaient obtenu respectivement 4,21 % et 2,5 % du vote.

En 2018, ils entendent bien faire tourner la vapeur à la faveur d’un slogan sans équivoque, à savoir « Québec libre » qui sera diffusé uniquement dans Taschereau et Jean-Lesage. Aux yeux de Sol Zanetti, « clairement, Taschereau et Jean-Lesage, ce sont les premières circonscriptions qu'on va gagner ici à Québec ». Quant à Catherine Dorion, elle mise sur le fait qu’« il y a eu des moments dans l'histoire du Québec où il y a eu des mouvements sociaux extrêmement forts, dit-elle. Les gens étaient dans la rue. Les gens étaient sur leur milieu de travail et ils luttaient [...] Cet esprit de lutte là, on le fait vivre. »

Le moins qu’on puisse dire, c’est que les deux solidaires affichent clairement leurs convictions souverainistes. Toutefois, le hic, c’est que Québec solidaire (QS) est beaucoup plus frileux que leurs deux aspirants à la conquête de leur comté respectif sur la question de l’indépendance du Québec.

À moins d’un revirement inattendu de QS sur sa position « tiède » sur l’indépendance du Québec, je suis d’avis que Sol Zanetti et Catherine Dorion feront cavalier seuls et risquent de subir le même sort qu’en 2014 alors que, pourtant, ils se présentaient pour Option nationale (ON), un parti qui affichait clairement son option souverainiste avec les résultats qu’on connaît…

En bref, Zanetti et Dorion, malgré leur bonne foi, n'arriveront pas à se défaire de l'image sociale-démocrate de QS qui leur collera à la peau telle une marque ineffaçable,

vigile.net tribune libre 6 août 2018 

Crédibilité et sincérité

5 août 2018

Dans son discours de fermeture du Conseil national du Parti québécois (PQ) tenu en mai dernier, le chef du parti Jean-François Lisée, devant quelque 500 délégués réunis à Drummondville, s’est appuyé sur le thème du « changement crédible et sincère ».
Du même souffle, il s’est moqué des « convictions » de François Legault en écorchant au passage son adversaire de Québec solidaire dans la circonscription de Rosemont en clamant que le chef caquiste « est aussi nul à défendre le Canada que Vincent Marissal à défendre l’indépendance »… Va pour les attaques!

Toutefois, quoique les thèmes « crédibilité » et « sincérité » incarnent des valeurs propices à un bon gouvernement et contrastent, à mon avis, avec le PLQ et la CAQ, Jean-François Lisée devra frapper fort sur les clous de ses deux thèmes s’il aspire remonter dans les sondages qui le classent, jusqu’à maintenant, « bon troisième », loin derrière la CAQ et le PLQ.

En termes clairs, tout est dans le « comment » il arrivera à mettre de la chair autour de l’os, comment le chef du PQ réussira à se gagner l’oreille attentive de l’électorat québécois à partir de thèmes qui, avouons-le, véhiculent des notions abstraites qui risquent de passer pour des vœux pieux si elles ne sont pas accompagnées de mesures concrètes qui remettent sur les rails les services publics, notamment la santé et l’éducation, matraqués par les libéraux.

Jean-François Lisée joue son va-tout dans la campagne qui s’annonce. Son défi est colossal. Nul doute que son intelligence est au rendez-vous. Ne reste que la stratégie à prendre son envol!

vigile.net tribune libre 3 août 2018
 

L’affiche à deux têtes

1 août 2018

Nonobstant la grogne suscitée au Parti libéral du Québec (PLQ) et à la Coalition avenir Québec (CAQ) par l’installation d’affiches représentant les moitiés de tête de François Legault et Philippe Couillard, force est de constater que le message que veut lancer une coalition de syndicats est clair : « Libécaquiste, Caquilibéral, du pareil au même, on mérite mieux ».

Les syndicats soutiennent par cette campagne que la CAQ et le PLQ ne sont pas à la hauteur de ce que méritent les électeurs québécois. Ils affirment que le PLQ a fait reculer la qualité de vie des Québécois ces dernières années et que la CAQ promet de faire pire. Dans cette foulée, les syndicats plaident que le bilan des réformes Barrette-Couillard dans le secteur de la santé est désastreux et ajoutent que les libéraux ont accéléré l'effritement du réseau public d'éducation.

Dans la plupart des municipalités où les affiches ont été installées, les maires ne s’y sont pas objecté. De son côté, dans la Capitale nationale, Régis Labeaume est monté aux barricades et a exigé que les affiches soient enlevées, se repliant derrière un règlement municipal stipulant qu’aucune affiche publicitaire ne sera tolérée avant le début officiel de la campagne électorale.

Depuis les sagas suscitées par les retraits des deux créations de Robert Lepage, SLAV et Kanata, sous les pressions des défenseurs de l’appropriation culturelle, souffle un vent qui balaie sous le tapis toute forme de liberté d’expression, laquelle, dans le cas des pancartes à deux têtes, est brimée cavalièrement…À bas l’autoritarisme et le conformisme des bien-pensants!

vigile.net tribune libre 1er août 2018
 

L’aura de Hivon porte ombrage à Lisée

30 juillet 2018

Dans un passé pas très lointain, soit en mai dernier, le Parti québécois (PQ) tenait son dernier conseil national avant les élections québécoises du 1er octobre. À cette occasion, la toute première vice-chef du PQ, la députée de Joliette Véronique Hivon, en a surpris plusieurs en attaquant à bras raccourcis la Coalition avenir Québec (CAQ).

En guise d’exemples, je vous soumets quelques extraits de son allocution devant les quelque 500 membres réunis à Drummondville : « … Après 15 ans de régime libéral, quelle imposture de faire croire que le changement serait de remplacer des gens qui ont coupé massivement dans les services aux citoyens par des gens qui veulent couper encore plus dans les services aux citoyens », avant d’ajouter : «Quelle imposture de prétendre que le changement serait de remplacer un gouvernement fédéraliste par un autre gouvernement fédéraliste, avec un chef qui a changé d’allégeance et qui se trouve des raisons soudaines pour tenter de justifier sa fierté canadienne, qui se réclame du filet social canadien, alors qu’il souhaite affaiblir le plus bel acquis social des dernières années au Québec, les CPE, et qu’il recrute fièrement dans son équipe le grand adepte de la privatisation Youri Chassin ».

J’ai toujours cru, qu’en tant qu’enseignant, ma plus grande fierté était que certains de mes élèves aient atteint un niveau de performance supérieur au mien. Eh bien je crois qu’il en est ainsi dans le cas de Véronique Hivon et Jean-François Lisée. En effet, on doit reconnaître que les propos caustiques de la vice-chef du PQ ont eu l’heur de fouetter les troupes péquistes réunies dans la salle.

Même s’il est utopique d’envisager un changement de chef au PQ à cette période-ci de la pré-campagne électorale, je suis d’avis que les autorités du PQ de même que leur chef se doivent de multiplier les sorties de la députée de Joliette, notamment dans les comtés où les députés péquistes sont menacés de perdre leur siège.

Enfin, je crois que le chef et la vice-chef du PQ doivent faire cavaliers seuls dans leurs sorties publiques pour éviter que Véronique Hivon ne porte trop ombrage à Lisée…

vigile.net tribune libre 30 juillet 2018 

Omerta à la CAQ

29 juillet 2018

D’entrée de jeu, voici un extrait de la directive envoyée récemment par François Legault à l’ensemble des gens de la Coalition Avenir Québec (CAQ) : « …Rappelons que seuls le chef, les députés, les directeurs et les attachés de presse nationaux peuvent être autorisés à annoncer les prises de position officielles de la CAQ. L’utilisation des médias sociaux par le reste du personnel et des détenteurs de fonctions officielles à la CAQ, elle, doit se limiter à relayer ces messages, sans y ajouter de commentaires. Celles et ceux ayant des idées de commentaires et de lignes à véhiculer sur les réseaux sociaux sont invités à transmettre leurs suggestions à un attaché de presse ».

En termes clairs, les « low profiles » du parti sont muselés jusqu’à nouvel ordre, pas question d’intervenir sur les directives venues d’en haut. En bref, les chances de la CAQ de gagner la prochaine élection dépendent de sa capacité à respecter la loi de l’omerta.

Et dire que ce parti est actuellement en tête dans les derniers sondages sur les intentions de vote des Québécois et pourrait même former un gouvernement majoritaire…Une hypothèse pour le moins inquiétante eu égard à une ligne de parti draconienne qui brime outrancièrement toute forme de liberté d’expression!  

En terminant, je ne peux passer sous silence cet autre extrait de la directive du chef de la CAQ qui relaie dans le placard toute tentative d’intervention de la part de quelque membre du parti : «Les employés du parti et de l’aile parlementaire, de même que tous les détenteurs d’une fonction officielle à la CAQ ou auprès d’un(e) candidat(e) aux élections, doivent éviter d’intervenir sur un blogue, sur un site de nouvelles ou sur toute autre plateforme de médias sociaux comme Twitter et Facebook, sur des sujets politiques ou dans le cadre de débats partisans. Cette directive s’applique également au fait de relayer des articles ou des reportages en lien avec la politique (résultats de sondages, nouvelle candidature, erreur d’un adversaire, etc.) avant qu’un officiel de la CAQ l’ait commenté pour la première fois dans les médias ».

vigile.net tribune libre 27 juillet 2018