3 septembre 2018
On reproche souvent aux politiciens, et à raison, de faire de la politique bassement partisane et de dilapider sans vergogne toute une panoplie de promesses électorales qui, trop souvent hélas, meurent au feuilleton.
Or, la proposition du chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, eu égard à la signature conjointe des chefs de partis traitant de la protection de l’agriculture et de la culture québécoises dans le cadre des négociations de l’ALENA, rehausse d’un cran, à mon sens, la politique, contrastant de la sorte avec la valse des milliards auxquels nous ont conviés les chefs de partis au cours de la première semaine de la campagne électorale.
En agissant de la sorte, Jean-François Lisée nous a démontré qu’il avait l’étoffe d’un chef d’État, à savoir d’un chef de parti capable de situer l’intérêt des Québécois au-delà de toute politique partisane et de faire connaître clairement la position du Québec en haut lieu, autant à Ottawa qu’à Washington.
Pour la petite histoire…
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1120546/lisee-pq-front-commun-alena-autres-chefs-plq-caq-qs
vigile.net tribune libre 31 aût 2018
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29 août 2018
Alors qu’on aurait pu croire que Martine Ouellet se retirerait de la scène politique, du moins pour un certain temps, voilà qu’elle ressurgit en lançant le Mouvement Québec indépendant (MQI), une organisation visant à faire la promotion de l'indépendance via la publication d'un magazine consacré à la question, intitulé Oui, je le veux.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’ex-chef du Bloc québécois, qui n’avait obtenu qu’un maigre 32 % d’appui lors d’un vote de confiance en juin, ne lâche pas et persiste contre vents et marées dans ses intentions de faire la promotion de l’indépendance du Québec, cette fois-là en donnant la parole à des souverainistes convaincus sur une toute nouvelle plate-forme.
Je suis d’avis que Martine Ouellet représente une force vive au sein du mouvement souverainiste du Québec et qu’elle y a toujours sa place. Aussi suis-je tout à fait en accord avec cette initiative qui ne peut qu’être bénéfique pour la cause qu’elle défend depuis des années avec conviction et courage.
Là où je considère que Martine Ouellet use d’une certaine sagesse, c’est qu’elle ne fonce pas tête baissée dans la création d’un nouveau parti politique, mais qu’elle agit prudemment tout en laissant la parole aux citoyens… Ainsi ses détracteurs ne pourront pas l’accuser cette fois-ci de faire preuve d’autoritarisme et d’entêtement!
vigile.net tribune libre 28 août 2018
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26 août 2018
Tout au cours de la pré-campagne électorale, nombreux auront été les candidats et candidates qui ont migré d’un parti à l’autre, notamment de la Coalition avenir Québec (CAQ) au Parti libéral du Québec (PLQ) et vice versa.
Toutefois, je décerne la « palme d’or » du magasinage à la candidate Gertrude Bourdon qui, après avoir flirté avec la CAQ et le Parti québécois (PQ), a finalement opté pour le PLQ, un cas patent d’une candidate pour qui l’allégeance politique a été reléguée carrément dans le placard.
À mon sens, Gertrude Bourdon s’est magasiné un poste de ministre de la Santé en remplacement de Gaétan Barrette qui, de toute évidence, a perdu la confiance de l’électorat québécois… et probablement de son chef, secrètement parlant!
Quoi qu’il en soit, dans l’hypothèse où elle soit élue et qu’elle fasse partie d’un gouvernement libéral, Mme Bourdon aura fait la démonstration que ses convictions politiques se sont substituées de façon éhontée à son ambition personnelle… Rien pour cesser d’alimenter le cynisme de la population envers la classe politique… Tout simplement pathétique!
quebechebdo 26 août 2018
vigile.net tribune libre 26 août 2018
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26 août 2018
Depuis plusieurs années déjà, l’expression « faire de la politique autrement » est ressortie sporadiquement du vocabulaire politique sans jamais réellement apporter quelque nuance dans la réalité, si bien que sa présence est disparue furtivement au royaume des vœux pieux.
Or, au seuil du lancement de la campagne électorale, le Parti québécois (PQ) manifeste, à mon sens, une attitude diligente envers la population, ce qui lui confère une sympathie que je qualifierais de contagieuse.
Après une pré-campagne axée sur l’humour, la fresque multicolore ornant l’autobus de l’équipe péquiste, le style décontracté de Jean-François Lisée montrant le saumon qui remonte le courant, l’engagement du PQ d’offrir des repas chauds à prix modulés selon les revenus des familles à tous les enfants du primaire au Québec durant l’année scolaire, incarnent, à mes yeux, une bouffée de fraicheur dans le paysage austère et traditionnel des campagnes électorales auxquelles on nous a habitué.
Les derniers sondages, on le sait, plaçaient le PQ en troisième position loin derrière la CAQ et le PLQ, un départ de campagne ardu, voire périlleux. Pourtant, l’image projetée par Jean-François Lisée et Véronique Hivon ne laisse entrevoir aucune impression de défaitisme. Bien au contraire, le PQ semble avoir adopté le mode séduction, sans fioriture ni esclandre partisanes.
En réalité, c’est peut-être ça « faire de la politique autrement », un parti tourné vers les besoins de la population…Espérons que le reste de la campagne péquiste gardera cet élan, pour le plus grand bien de la campagne électorale dans son ensemble!
vigile.net tribune libre 23 août 2018
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22 août 2018
Une vieille pratique consiste à se tenir près de son adversaire si on veut être en mesure de voir venir ses attaques et de les contrer. Par les temps qui courent, Jean Charest, autour de qui gravitent des allégations de collusion et de corruption au moment où il occupait la fonction de premier ministre du Québec, flirte avec la classe politique en se montrant en désaccord avec Philippe Couillard dans le dossier du député Ouimet, l’accusant d’avoir fait preuve d’ « improvisation » dans cette affaire. Et tout cela dans une entrevue téléphonique à la radio avec l’ex-vice-première ministre dans le cabinet de Jean Charest, Nathalie Normandeau, en attente de son procès portant sur l'octroi de financement politique en échange de contrats publics.
En se donnant les prérogatives de « belle-mère » du PLQ, Jean Charest se positionne pour demeurer à l’affût des dossiers de l’UPAQ pour ainsi voir venir les attaques qui pourraient être lancées contre lui et contre-attaquer rapidement au besoin…
vigile.net tribune libre 22 août 2018
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22 août 2018
À la suite d’une question de la part d’une citoyenne qui demandait à Justin Trudeau quand il avait l’intention de remettre au Québec les millions de dollars qu’il a dû débourser pour accueillir « ses immigrants illégaux », le premier ministre y est allé d’une diatribe acerbe contre la dame, lui reprochant son intolérance envers les immigrants.
Paradoxalement, Trudeau s’est montré d’une intolérance immonde envers l’ « intolérance » de la dame, une attitude révélatrice qui démontre à quel point notre premier ministre canadien n’est tolérant qu’envers ceux qui se montrent en accord avec ses propos… Sinon, c’est la loi du talion qui tranche le débat sans vergogne!
vigile.net tribune libre 22 août 2018
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21 août 2018
C’est un secret de polichinelle qu’on ne peut reprocher à Maxime Bernier d’utiliser la langue de bois pour exprimer son opinion, sa dernière sortie en liste contre le multiculturalisme « extrême » en faisant foi.
Ce n’est pas la première fois que le Beauceron se met à dos les bonzes du Parti conservateur du Canada (PCC), en particulier son chef Andrew Scheer, sur des sujets délicats, notamment sa position sur la gestion de l’offre qui lui aurait coûté, aux dires de plusieurs observateurs, le poste de chef du PCC, étant même devancé par son adversaire dans son propre comté.
Toutefois, malgré ses positions souvent fort controversées, il n’est pas facile, voire impossible souvent, de lui demander de mettre de l’eau dans son vin, si bien qu’il se retrouve isolé dans son propre parti.
Mais jusqu’où Maxime Bernier est-il prêt à aller pour défendre ses idées sur le multiculturalisme débridé? Est-il prêt à rouvrir la Constitution pour que soit reconnue clairement la primauté des deux peuples fondateurs? Si tel est le cas et qu’il se sent prêt à renaître de son ancienne vie de souverainiste, une place laissée libre par le départ de Martine Ouellet l’attend comme chef du Bloc québécois.
Allez, M. Bernier, faites valoir vos racines beauceronnes et rendez-vous au bout de vos convictions…la voie est libre!
Note complémentaire (Wikipédia)
« À la fin des années 1990, Maxime Bernier est responsable des réformes réglementaires du secteur financier au sein du ministère des Finances alors dirigé par le péquiste et futur Premier ministre du Québec Bernard Landry. Selon ce dernier, Maxime Bernier affirmait alors être indépendantiste et il croit qu'il l'est toujours. M. Bernier confirme qu'il a flirté avec le Parti québécois à cause du rejet de l'Accord du Lac Meech et des politiques centralisatrices des gouvernements libéraux, mais dément avoir voté «Oui» lors du référendum de 1995. Il a également été attiré par les critiques de Landry sur l'égalisation et le soutien du libre-échange ».
vigile.net tribune libre 21 août 2018
Le Soleil 23 août 2018 (version abrégée)
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20 août 2018
Par les temps qui courent, le Parti libéral du Québec (PLQ), en particulier son chef Philippe Couillard, multiplient les millions de dollars auprès des électeurs québécois, une stratégie vieille comme le monde en période pré-électorale et qui a toujours fait les frais du PLQ lorsqu’il était au pouvoir.
C’est sans compter une autre arme favorite du PLQ, à savoir entretenir la peur eu égard à un autre parti, la Coalition avenir Québec (CAQ), qui mène dans les derniers sondages, étant la cible favorite de Philippe Couillard qui reproche à François Legault d’être « une menace à la paix sociale ».
Toutefois, derrière les rideaux de ces scènes bassement électoralistes se cachent un PLQ trainant péniblement deux boulets à ses pieds, soit la démobilisation du personnel infirmier et du personnel éducatif, deux boulets que Philippe Couillard et ses ministres de la Santé et de l’Éducation se sont eux-mêmes attachés aux pieds en sabrant sans vergogne dans les services aux usagers de ces deux ministères.
Tel est, à mes yeux, le pire héritage qu’un parti politique ait légué depuis des décennies aux Québécoises et aux Québécois en fin de mandat. On ne compte plus les récriminations des enseignants (es) et des infirmiers (ères) qui se plaignent de leurs conditions de travail misérables depuis que le bulldozer des coupures drastiques est venu faucher du personnel essentiel à la saine gestion de leurs tâches.
Conséquemment, M. Couillard, vous aurez beau distribuer vos étrennes un peu partout dans la société, vous n’arriverez pas à faire oublier les blessures psychologiques que vous avez causées, non seulement au personnel oeuvrant en Santé et en Éducation, mais aussi aux utilisateurs de ces services, à savoir les élèves et les malades…
vigile.net tribune libre 20 août 2018
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20 août 2018
Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’arrivée de l’ex-joueur du Tricolore, Enrico Ciccone, à titre de candidat pour le PLQ dans Marquette, ne se fait pas sans soulever des insatisfactions chez certains libéraux, notamment chez les membres de l’association libérale de comté qui prévoient démissionner en bloc, insatisfaits de la manière cavalière utilisée par Philippe Couillard pour larguer le député François Ouimet.
En guise d’argumentaire pour justifier son choix, le chef du PLQ plaide que « le message de notre formation politique, pour l’élection générale, c’est bien sûr l’expérience, mais également le renouveau de l’équipe [pour obtenir] du succès ».
Or, il s’avère que, depuis l'annonce du départ forcé de M. Ouimet, les observateurs de la scène politique se perdent en conjectures sur les véritables raisons de cette mise au ban des libéraux à l'égard d'un député sans histoire ayant à son actif 24 ans de loyaux services, d’autant plus qu’en mai, le chef libéral l'avait pourtant assuré « les yeux dans les yeux » qu'il signerait son bulletin de candidature pour le prochain scrutin.
À mon sens, le revirement de Philippe Couillard au profit de M. Ciccone risque de laisser des traces amères au sein de plusieurs militants du PLQ et, par ricochet, sur le manque de loyauté de Couillard dont la félonie pourrait bien se retourner contre lui tel un effet boomerang.
À titre d’information supplémentaire, des rumeurs laissent entendre qu’Enrico Ciccone ait déjà fait des approches auprès de la CAQ qui aurait refusé sa candidature…C’est vous dire toutes les « convictions » que ressent Ciccone en faveur du PLQ qu’il a d’ailleurs dénigré à quelques occasions au cours des dernières années!
vigile.net tribune libre 18 août 2018
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16 août 2018
Je me souviens du jour où une élève de cinquième secondaire de l’école où j’enseignais avait pris l’initiative d’inviter le comédien Albert Millaire à l’amphithéâtre pour mousser le théâtre auprès des élèves.
Cet après-midi-là, la frénésie était palpable dans la salle où quelque huit cents élèves attendaient avec impatience ce grand comédien, ignorant tout de la prestation qu’il allait leur offrir.
Puis, tout à coup, tel un personnage sorti d’un conte de fée, le grand Albert Millaire apparut sur la scène, muni d’un nez proéminent, vêtu d’un chapeau arborant une longue plume, d’une veste ample resserrée à la taille par une large ceinture, d’un pantalon bouffant et de longues bottes.
Alors, de sa voix de stentor, il annonça aux élèves qu’il allait leur jouer un extrait de Cyrano de Bergerac. Puis, dès qu’il amorça sa longue réplique, un silence sépulcral envahit la salle, si bien qu’on aurait pu entendre voler une mouche. La communication avec les jeunes spectateurs s’est établie aussitôt que l’acteur se mit à parler et à bouger sur scène avec une telle magnificence que les yeux des élèves demeuraient rivés sur Cyrano.
Probablement qu’aujourd’hui plusieurs des élèves qui ont assisté à cette prestation s’en souviennent encore…C’était surtout cela, Albert Millaire, un grand parmi les grands qui envahissait la scène pour finalement se l’approprier tout entière!
Le Devoir 17 août 2018
Le Soleil 18 août 2018 "La grandeur d'Albert Millaire"
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