Amanda Simard, figure de proue des Franco-Ontariens

25 décembre 2018

J’ai écouté avec beaucoup d’attention l’entrevue accordée à Anne-Marie Dussault par l’ex-députée du gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford, Amanda Simard, lors de l’émission 24/60 télédiffusée sur RDI le 21 décembre.

J’ai été d’abord frappé par le calme que la députée indépendante mettait à répondre aux questions d’Anne-Marie Dussault, et l’assurance dans les arguments qu’elle évoquait pour justifier sa décision de quitter le parti progressiste-conservateur.

Toutefois, au-delà de ces qualités remarquables, trône chez elle une force de convictions exceptionnelle dans les principes qui sous-tendent son entrée en politique, notamment son sens du devoir envers ses commettants, à savoir les électeurs qui l’ont choisie comme députée de leur comté constitué de 70 % de francophones. À preuve cette affirmation qui se passe de commentaires : « Comme député, on travaille pour les gens qu'on représente, pas pour les premiers ministres ».

En écoutant cette toute petite jeune femme, je n’ai pu m’empêcher de penser au récit de David et Goliath, une Amanda Simard qui poursuit son combat contre le Goliath Doug Ford, tout en espérant qu’elle puisse remporter la victoire pour le plus grand bonheur des Franco-Ontariens qui misent surement beaucoup sur celle qui est devenue leur figure de proue.

vigile.net tribune libre 21 décembre 2018
 

Le nationalisme de François Legault, un terreau fertile pour préparer la démarche du Québec vers son indépendance

23 décembre 2018

Même si François Legault est au pouvoir depuis peu de temps, nombreuses ont été les occasions où il a affirmé qu'il s'était donné pour mission d'enrichir la province afin d'y apporter la prospérité martelant que sa « priorité était de créer de la richesse au Québec », tout en considérant qu'il était inacceptable que la belle province « soit moins riche que le reste du Canada ». Pour remédier à la situation, il est impératif, selon lui, d'attirer plus d'investisseurs au Québec.

À cet effet, François Legault propose que le gouvernement fédéral impose aux entreprises canadiennes de faire appel à des fournisseurs locaux, ajoutant qu'Ottawa a pourtant plusieurs outils à sa disposition pour forcer les compagnies canadiennes à s'approvisionner en partie au pays.

En ce qui a trait aux sièges sociaux qui sont trop nombreux à quitter le Québec, selon le premier ministre, il estime qu’au cours des dernières années, Investissement Québec (IQ) n'a pas fourni les efforts nécessaires pour s'assurer que les entreprises continuent d'élire domicile au Québec. Pour redresser la situation, François Legault a donc annoncé qu'il allait procéder à de « grands changements chez Investissement Québec » dans les semaines et les mois à venir.

Concernant sa position contre ce qu’il a qualifié de « pétrole sale » de l’Alberta, François Legault n’a pas hésité à contrecarrer l’unité canadienne tant défendue par Justin Trudeau au prix d’un affrontement avec le gouvernement fédéral.

Somme toute, le nationalisme de François Legault constitue, à mes yeux, un terreau fertile pour l’indépendance du Québec. Tant et aussi longtemps que le premier ministre du Québec misera sur des priorités économiques lucratives pour les Québécoises et les Québécois et sur l’affranchissement progressif du système de péréquation du fédéral, il ne pourra que semer les graines qui donneront les fruits essentiels à une éventuelle autonomie totale du Québec.

vigile.net tribune libre 20 décembre 2018

Appliquer d’abord la loi 101 rigoureusement

23 décembre 2018

La dernière sortie publique de la ministre responsable de la Charte de la langue française, Nathalie Roy, revêt, à mon sens, une attitude lucide, notamment son inquiétude affirmée de constater que le français s’efface de plus en plus de l’espace public à Montréal.

Et comment propose-t-elle de redresser la situation? Par une application rigoureuse de la loi 101 actuelle, ce qui fait dire à l’ancienne ministre péquiste, Louise Beaudoin : « Je n’en reviens pas… Ça fait tellement de bien, après 15 ans où c’était silence radio chez les libéraux… Quand on est au point où la mairesse de Montréal ne se rend pas compte qu’elle fait un discours en anglais, c’est inouï. »

Pour appliquer plus fermement la Charte, Nathalie Roy s’appuie sur l’Office québécois de la langue française (OQLF) qui, aux dires du sociologue Jacques Beauchemin, en mène trop large pour être efficace dans ses efforts de francisation, y compris l’affichage. Pour pallier cette carence, M. Beauchemin propose la création du poste de commissaire à la langue française qui prendrait à sa charge une partie du rôle de l’OQLF, notamment le traitement des plaintes.

En résumé, il faut se réjouir que le dossier de la loi 101 refasse surface après des années de silence. La ministre Roy est bien en selle lorsqu’elle affirme qu’il faut d’abord appliquer la loi 101 rigoureusement, une attitude qui devrait contribuer à stopper l’hémorragie de l’affichage en anglais dans la Métropole.

vigile.net tribune libre 20 décembre 2018
 

Le Fonds vert sur la sellette

21 décembre 2018

Le rapport accablant du Conseil de gestion du Fonds vert (CGFV) recommande que seulement 71 actions sur 185 devant favoriser la transition écologique, méritent d’être poursuivies et conclut qu’un virage majeur s’impose pour optimiser l’utilisation des budgets du Fonds vert afin d’appuyer la réalisation de mesures environnementales et favoriser le développement durable du Québec.

Aux dires de François Legault, « C’est géré n’importe comment !… [Il y a] plusieurs ministères qui pigent et il n’y a aucune optimisation en fonction de la réduction des [gaz à effet de serre], donc beaucoup de travail à faire ». Pour sa part, la ministre de l’Environnement, MarieChantal Chassé, déplore l’absence de reddition de comptes sur le plan environnemental du Fonds vert, «… 17 actions sur 185 ayant un indicateur de réduction des gaz à effet de serre ».

Sous la gouverne du gouvernement Couillard, le Québec s’est donné un objectif de réduire ses émissions de GES de 20 % sous leur niveau de 1990, et ce, d’ici 2020. Il est minuit moins quart. Le défi pour le nouveau gouvernement est prioritaire d’autant plus que le Fonds vert est essentiellement financé par les recettes du marché du carbone et que la facture est essentiellement assumée par les automobilistes, qui paient plus cher leur essence à la pompe.

Reste à voir comment le gouvernement Legault réussira à redresser la situation et à attribuer au Fonds vert les lettres de noblesse qui s’imposent!

Le Soleil 22 décembre 2018

« Une cause aussi noble ne peut pas être abandonnée »

19 décembre 2018

S’il est un homme d’État québécois qui s’est voué inlassablement corps et âme à la quête de l’indépendance du Québec, c’est bien l’ancien premier ministre Bernard Landry qui n’a jamais jeter l’éponge même dans les situations les plus noires du mouvement souverainiste québécois.

À titre d’illustration de cette ténacité sans borne, j’ai cru bon de vous référer à cette citation de Bernard Landry qui reflète un de ses fers de lance percutants dans sa lutte pour la cause : « L’indépendance du Québec est non seulement un objectif, mais aussi un devoir. Les nations qui peuvent être libres doivent l’être [...]. Une cause aussi noble ne peut pas être abandonnée ».

Je suis déjà parvenu au septième étage de ma vie, et, depuis plus de quarante ans, mon cœur ballotte constamment d’illusions en désillusions sur le chemin tortueux de l’accession du Québec à son statut de pays, à tel point que j’en arrive fréquemment à me demander si je vivrai le grand Jour de mon vivant.

D’autant plus que le résultat du vote populaire du dernier scrutin a vu le Parti québécois essuyer une défaite humiliante, voire désastreuse, qui le place dans une situation non seulement minoritaire mais confinée à un rôle d’arrière-scène peu influent.

D’autre part, quoique certains « bien-pensants » éprouvent des réticences à la venue d’un « sauveur », je demeure persuadé que le train de la souveraineté ne pourra se mettre en marche sans une locomotive pour le tirer vers l’avant. C’est une simple question de gros bon sens. Quelqu’un qui saura convaincre les Québécois, peu importe leur âge, que « les nations qui peuvent être libres doivent l’être ».

Reste à prouver aux Québécois que la nation québécoise peut aspirer à la liberté… Qui portera le flambeau?

vigile.net tribune libre 18 décembre 2018
 

L’Alberta en crise…

19 décembre 2018

Le torchon brûle entre Justin Trudeau et François Legault eu égard à la crise que vit actuellement l’Alberta concernant la perte de milliards de dollars par année liée à l’exportation de son pétrole.

Les tensions au sein de la fédération ont été exacerbées, il y a dix jours, lorsque les premiers ministres fédéral et provinciaux se sont réunis à Montréal. Les premiers ministres de l’Alberta, de la Saskatchewan et du Nouveau-Brunswick — Rachel Notley, Scott Moe et Blaine Higgs — espéraient y convaincre François Legault de ressusciter le projet d’oléoduc Énergie Est afin de transporter le pétrole de l’Ouest canadien vers les Maritimes. Or, à leur grande déception, le premier ministre québécois a cependant aussitôt rejeté l’idée, en qualifiant au passage le pétrole albertain d'« énergie sale ».

De son côté, Justin Trudeau multiplie les interventions en faveur de l’Alberta allant jusqu’à alléguer que « les Québécois apprécient et comprennent […] l’importance de démontrer aux Albertains, qui souffrent tellement, maintenant, à cause de la perte de milliards de dollars par année de leur économie et par extension de l’économie canadienne, qu’on est là pour essayer de les appuyer dans leurs moments de difficulté ».

Ce climat préoccupe Justin Trudeau, qui estime que le Canada en entier doit s’unir pour soutenir l’Alberta, qui vit présentement une crise. Un sentiment d’empathie pour lequel je serais porté à émettre un sérieux bémol sur une province qui fait ses choux gras de son or noir depuis des décennies sans aucune restriction en faveur de la protection de l’environnement …

quebechebdo 19 décembre 2018

Les frasques de Québec solidaire

18 décembre 2018

Quoiqu’il n’y ait rien de mentionner spécifiquement sur le code vestimentaire à l’Assemblée nationale, il est écrit que les parlementaires « doivent contribuer au maintien du décorum et porter des habits qui s’apparentent à une tenue de ville ». Or selon Wikipédia, « la tenue de ville est un code vestimentaire occidental répandu dans le monde des affaires… les hommes sont invités à se vêtir d'un complet avec une cravate et les femmes d'un tailleur ou d'une robe sobre. »

En conséquence, les élus de Québec solidaire, notamment les députés Sol Zanetti et Catherine Dorion, en s’abstenant de porter « des habits qui s’apparentent à une tenue de ville », commettent un écart de conduite, une frasque grossière eu égard au décorum qui doit régner à l’Assemblée nationale du Québec.

À agir comme des adolescents en rébellion contre toute forme d’autorité, ces députés réussissent à attirer l’attention des médias à tel point que le message qu’il leur adresse passe carrément sous le radar au détriment de leur accoutrement qui, lui, fait la manchette… En passant, M. Khadir, que pensez-vous de votre relève?

vigile.net tribune libre 7 décembre 2018

L’unité canadienne, mythe ou réalité?

18 décembre 2018

Dans la Presse du 15 février 2012, le député libéral Justin Trudeau, le fils de l'ancien premier ministre Pierre Elliott Trudeau, qui a combattu le mouvement souverainiste durant toute sa carrière politique à Ottawa, a soutenu qu'il se battra jusqu'à son «dernier souffle» pour l'unité canadienne.

Or, près de six ans plus tard, le même Justin Trudeau, devenu premier ministre du Canada, lors de la rencontre fédérale-provinciale des premiers ministres, s’est vu confronté devant un Canada tiraillé entre les demandes différentes des divers premiers ministres qui tentaient de tirer la couverture chacun de son côté.

De quoi s’interroger sérieusement sur l’unité canadienne… Dans des périodes où les gouvernements provinciaux sont majoritairement de même allégeance que le gouvernement fédéral, le climat est détendu et la collaboration est facile. Mais dans le cas contraire comme dans la situation actuelle, le climat est davantage tendu et les divergences nombreuses.

Si M. Trudeau croit toujours en l’unité canadienne, il devra trouver un autre contexte que cette rencontre du 7 décembre 2018 qui ne passera sûrement pas à l’histoire pour les ententes qui ont été réalisées entre les divers paliers de gouvernements.

En ce qui me concerne, la question reste entière… L’unité canadienne, mythe ou réalité?

vigile.net tribune libre 7 décembre 2018         

L’art de se renvoyer la balle

6 décembre 2018

Depuis que l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO) a déposé sur la table une proposition visant à sauver le projet de construction d’une université franco-ontarienne, le gouvernement fédéral et Queen’s Park se lancent la balle, chacun arguant que c’est à l’autre partie de faire une offre. Un petit jeu politique qui risque de s’éterniser si aucune des deux parties concernées ne fait le premier pas.

Du côté du professeur à la Faculté de droit de l'Université d'Ottawa, Benoît Pelletier, c'est à Ottawa de prendre les devants compte tenu de la teneure de l’offre de l’AFO qui propose au gouvernement fédéral de financer les quatre premières années de l'université franco-ontarienne et au gouvernement de l'Ontario de faire de même pour les quatre années subséquentes.

De cette façon, le gouvernement Ford, qui soutient qu’il fait face à un déficit trop élevé pour répondre positivement au projet d’université, bénéficierait d’un délai de quatre ans pour assainir les finances publiques avant de commencer à payer sa part.

En résumé, je suis d’avis que le fédéral devrait proposer en bonne et due forme l’offre de l’AFO au gouvernement ontarien, pour le plus grand bien des franco-ontariens, particulièrement les futurs étudiants universitaires qui pourraient continuer leurs études en français comme ils le souhaitent. De plus, le premier ministre canadien, Justin Trudeau, démontrerait de la bonne foi envers la minorité francophone de l’Ontario…en bref, une preuve concrète de multiculturalisme qui lui est si cher!

vigile.net tribune libre 6 décembre 2018
 

« Sur le fly »

6 décembre 2018

Pendant que la métropole du Québec continue à s’angliciser à un rythme inquiétant, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, persiste à alimenter les manchettes eu égard à l’utilisation de l’anglais lors de ces allocutions officielles, ce qui lui a valu d'ailleurs un prix citron de l'organisme Impératif français.

Cette fois-ci, la mairesse, lors d’une rencontre avec les représentants de trois entreprises britanniques qui créeront d'ici peu des filiales au Québec, et les représentants de Montréal International, de Tourisme Montréal, d'Investissement Québec, de l'Institut québécois d'intelligence artificielle et de la ministre responsable de Montréal, Chantal Rouleau,  s’est adressée à eux uniquement en anglais, à l’occasion d’une nouvelle eu égard à des investissements privés en intelligence artificielle, un écart de conduite qu’elle attribue à de l’« improvisation ».

Interrogée à ce sujet après la conférence de presse, Mme Plante a répondu que l'exclusion du français n'était pas un geste délibéré. « J'y suis allée "sur le fly". Généralement, tout ce qui est international, je le fais en français et en anglais ».

Eh bien, Mme la mairesse, je considère pour le moins déplacé, voire outrancier, que la première représentante de la ville de Montréal s’exprime « de façon impromptue » (traduction libre de « sur le fly ») lors d’une rencontre officielle dans le cadre de ses fonctions… Quant à votre « mea culpa » exprimé en soirée sur Twitter, c’est tout simplement trop peu, trop tard!

vigile.net tribune libre 5 décembre 2018