Couillard empêtré dans le « bonjour, hi »

18 septembre 2018

Comme il fallait s’y attendre, le Quebec debate 2018 a donné lieu à une attaque en règle contre François Legault, notamment sur les deux bourdes du chef de la CAQ en fin de semaine sur les procédures inhérentes à la citoyenneté canadienne.

Par ailleurs, un autre sujet s’est invité dans le débat, à savoir le « bonjour, hi » dans les commerces qui a soulevé toute une saga au cours de l’été et qui a finalement été réglé par une motion adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale en faveur d’une dominance pour le simple « bonjour ».

Or, au cours du débat sur la question, Philippe Couillard y est allé d’une réplique plutôt laconique en affirmant que « Nous voulons aussi dire que cet incident est survenu. C’est derrière nous. Regardons en avant. » La réplique de Jean-François Lisée n’a pas tardé : « Les libéraux sont hypocrites. Ils votent la motion pour leur électorat francophone, et ensuite en ont honte et disent le contraire à leur électorat anglophone. »

Lors du point de presse, le chef du PLQ a eu beau emprunter tous les méandres imaginables pour se sortir de l’impasse, le flux de questions des journalistes autant anglophones que francophones l’ont littéralement cantonné dans un cul de sac inextricable… pris dans son propre piège du double discours!

vigile.net tribune libre 17 septembre 2018
Le Journal de Québec 19 septembre 2018 "Bonjour, hii" 
 

La véritable question de l’urne

18 septembre 2018

On aura beau échafauder toutes sortes d’hypothèses sur la question de l‘urne lors de la journée du scrutin le 1er octobre, cette campagne comme toutes les précédentes aboutira dans l’isoloir au choix entre changer ou pas de gouvernement.

Selon les derniers sondages, il semble que les Québécoises et les Québécois ont fait le choix, jusqu’à maintenant, de changer la donne en élisant un gouvernement caquiste. En réalité, le pilote d’avion changerait mais le vol garderait la même direction, à savoir la route de la provincialisation croissante du Québec dans un environnement fédéraliste centralisateur omniprésent.

À titre d’exemple, il m’apparaît évident que les nouveaux pouvoirs qu’a l’intention de demander François Legault au fédéral en matière d’immigration, recevront une fin de non-recevoir catégorique de la part de Justin Trudeau, la relève de son père qui a toujours considéré les provinces comme des entités subalternes sous le joug du gouvernement central.

En termes clairs, en votant pour la Coalition avenir Québec (CAQ), les électeurs du Québec se prononceraient contre le gouvernement libéral sortant, un vote « stratégique » par la négative…Rien pour incarner le « vrai » changement!

En réalité, pour employer une expression bien connue chez nous, les Québécois s'apprêteraient à changer "quatre trente sous pour une piastre"…à moins que le vent tourne en faveur du parti qui incarne le véritable changement, le Parti québécois!

vigile.net tribune libre 16 septembre 2018
 

Lise Payette sous le radar de la FFQ

14 septembre 2018

En passant sous le radar le décès de Lise Payette, la Fédération des femmes du Québec (FFQ) vient d’entacher profondément les lettres de noblesse que lui avait conférées avec détermination et conviction Mme Thérèse Casgrain lors de sa fondation en 1966.

Au chapitre de la mission de la FFQ, il est écrit : « La Fédération des femmes du Québec est une organisation féministe autonome qui travaille à la transformation et à l’élimination des rapports sociaux de sexe et des rapports de domination dans toutes les sphères de la vie, en vue de favoriser le développement de la pleine autonomie de toutes les femmes et la reconnaissance véritable de l’ensemble de leur contribution à la société. »
Or, aujourd’hui dirigée par une transgenre, Gabrielle Bouchard, la FFQ a fait des femmes marginales sa priorité absolue, à tel point qu’une femme « ordinaire » se retrouve remisée dans le tiroir aux oubliettes, tel du menu fretin.

Lise Payette a œuvré toute sa vie d’adulte pour la défense et la promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes du Québec. Le fait d’avoir omis de signaler sa contribution exceptionnelle à l’émancipation des femmes, à l’occasion de son décès, bafoue bassement la mémoire de ses fondatrices… Un mépris scandaleux envers une grande dame du Québec!

vigile.net tribune libre 13 septembre 2018

Et la vision?

11 septembre 2018

J’ai écouté avec beaucoup d’attention l’entrevue accordée à Anne-Marie Dussault par MM. Claude Béland et Claude Castonguay portant sur la campagne électorale actuelle lors de l’émission 24/60 du 10 septembre.

Et j’ai été emballé par les la justesse des interventions des deux participants, particulièrement par celles de M. Castonguay dont la lucidité ne manque aucunement d’allant. Parmi les commentaires de l’ex-ministre libéral, une remarque a retenu particulièrement mon attention.

Je veux parler de l’absence de « vision » des chefs de partis durant cette campagne. Aux dires de M. Castonguay, la ribambelle de promesses lancées par les chefs sur une variété de sujets hétéroclites présente aux électeurs une mosaïque sans lien ni vision globale du projet de société que visent à implanter au Québec les chefs en présence.

Conséquemment, il n’est donc pas surprenant qu’au tiers de la campagne, 44 % des électeurs sont encore indécis sur le choix du parti qu’ils choisiront dans l’urne, un chiffre pour le moins révélateur de l’imbroglio qui se dégage jusqu’à maintenant de la présente campagne.

Enfin, il est à parier que le candidat qui réussira à élever le débat au-dessus des priorités quotidiennes pour appeler les Québécois à le suivre dans sa vision du Québec 2018, réussira à gagner à sa cause un fort pourcentage d’indécis.

vigile.net tribune libre 11 septembre 2018
 

La CAQ dans les fiefs du PQ

10 septembre 2018

Alors que les deux premières semaines ont donné lieu à des attaques en règle entre la Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ), depuis quelques jours, la scène s’est déplacée du côté du Parti québécois (PQ) qui, de toute évidence, est contraint de se défendre contre la CAQ de François Legault qui se positionne nettement comme le grand défenseur de l’identité nationale, un fief réservé au PQ depuis plusieurs décennies.

Et, pour en ajouter davantage, François Legault accentue les interventions sur la priorité à défendre la survie de la langue française, un
domaine privilégié par le PQ depuis sa fondation.

En termes clairs, je suis d’avis que la CAQ commence à sentir la soupe chaude et que, pour s’attirer le maximum de visibilité médiatique, M. Legault tire sur tout ce qui bouge, notamment sur les domaines traditionnellement dévolus au PQ pour lesquels le chef, Jean-François Lisée, démontre un aplomb remarquable.

En bref, il appert que la lutte initiale entre le PLQ et la CAQ vient de se voir imposer un troisième joueur, à savoir le PQ, et que le dernier segment de la campagne pourrait bien nous réserver des surprises si Jean-François Lisée persiste à garder le cap sur les valeurs sociales-démocrates du PQ, notamment la défense des intérêts du Québec, un des fers de lance de ce parti depuis sa création.

vigile,.net tribune libre 9 septembre 2018
Le Devoir 10 septembre 2018 "La CAQ chez le PQ"
 

Salut capitaine!

9 septembre 2018

Gilles Pelletier rêvait, dans sa jeunesse, de voguer sur les mers. Ce n’est pas par hasard que le scénariste Guy Dufresne lui a confié le rôle du capitaine Aubert dans le téléroman Cap aux sorciers, un rôle qu’il incarnait admirablement bien.

Pour Jean-François Lisée, « Gilles Pelletier fut notre grand capitaine : sur les planches et à l’écran. Avec nous, il voguait vers l’indépendance et appelait tous les matelots à faire le voyage. » Gilles

Toutefois, c’est sur scène qu’il excellait le plus. « Moi, je suis un acteur de scène. [C’est là qu’est] le plus grand plaisir peut-être, mais aussi les plus grandes peurs », raconte-t-il notamment dans une entrevue.

L’intensité de son regard perçant pouvait en un éclair occuper toute la scène. Sa voix de stentor envahissait l’espace. Les spectateurs vibraient au rythme des émotions du maître de la scène qu’incarnait Gilles Pelletier.

Le capitaine est parti pour son dernier voyage après nous avoir laissé un coffre aux trésors d’une grande richesse, le souvenir d’un homme de théâtre hors norme!

vigile.net tribune libre 7 septembre 2018
 

Le décrochage scolaire

8 septembre 2018

S’il est un enjeu majeur qui jette de l’ombre sur le système d’éducation québécoise, c’est bien le taux de décrochage scolaire qui est devenu, avec les années, un boulet aux pieds des ministres de l’Éducation.

À cet effet, une étude de l’Institut du Québec révèle qu’entre 2004 et 2014, l’écart s’est creusé entre le Québec et les autres provinces, le Québec se situant en queue de peloton avec 64 % de diplomation en 2015, un écart encore plus significatif chez les garçons qui réussissent à obtenir leur diplôme d’études secondaires en cinq ans dans une proportion alarmante de 57 %.

À mon avis, l’école doit retrouver ses lettres de noblesse, à savoir un milieu d’éducation animé par une équipe de professionnels compétents et heureux dans ce qu’ils font. D’où l’importance de mettre l’accent sur la formation des enseignants qui, trop souvent, escamote l’art de la didactique, essentielle à la capacité de communiquer les connaissances.

On aura beau tenter toutes sortes d’expériences ludiques autour de l’acte pédagogique, on se frappera continuellement au désarroi d’élèves en difficulté d’apprentissage qu’on devra tôt ou tard prendre en mains et accompagner sur les sentiers de la connaissance et, pour y arriver, l’enseignant doit disposer de toutes les ressources humaines disponibles, notamment les orthopédagogues, les psychologues et les travailleurs sociaux.

Les années de vache maigre des Libéraux ont fait un tort incommensurable au système de l’éducation, en particulier aux élèves en difficultés d’apprentissage. Il n’est donc pas surprenant que ces élèves abandonnent l’école avant la fin de leurs études secondaires… Un coup de barre majeur s’impose pour le plus grand épanouissement personnel de notre jeunesse québécoise!

vigile.net tribune libre 6 septembre 2018
 

Elle est où, l’indépendance?

8 septembre 2018

Au début de la campagne électorale, le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, s’est engagé à parler de l’indépendance du Québec « tous les jours » au cours de la campagne, « parce qu’il y a une série de problèmes qu’on a présentement qui sont dus au fait que nous ne sommes pas indépendants ».

À moins que les allusions de M. Lisée eu égard à l’indépendance du Québec ne soient littéralement passées sous le radar, à ma connaissance, je n’ai encore entendu ni lu aucune référence du chef du PQ à la souveraineté du Québec, et pourtant, nous sommes déjà au tiers de la campagne…

Elle est où, l’indépendance, M. Lisée ?

Le Devoir 8 septembre 2018

Les libéraux et l’immigration

7 septembre 2018

Un fait demeure constant depuis le début de la campagne de Philippe Couillard, le premier ministre sortant tient mordicus à l’arrivée de 50 000 immigrants au Québec. Raison officielle : « combler la pénurie de main-d’œuvre qualifiée et moins qualifiée qui est partout, partout, partout! »

À cet effet, deux questions me chicotent. D’abord, quelles mesures concrètes ont été prises par les libéraux au cours des quinze années où ils ont occupé le pouvoir eu égard à la création de main-d’œuvre, si ce n’est de laisser un si sombre tableau en héritage à ce chapitre?

En second lieu, cet engouement pour l’arrivée d’immigrants ne cache -t-il pas une mesure électoraliste visant à engraisser le bassin de futurs électeurs libéraux, compte tenu que les immigrants reçoivent ici un accueil chaleureux de la part des deux palliers de gouvernement?

Deux questions qui demeureront surement sans réponse mais qui, à mes yeux, revêtent une importance capitale dans le débat sur l’immigration durant la campagne électorale et qui ressurgiront, je l’espère, lors des débats des chefs…

Enfin, j’éprouve beaucoup de difficultés à voir le visage éploré de Philippe Couillard lorsqu’il aborde l’urgence d’accueillir des immigrants comme si, tout à coup, il avait découvert la solution-miracle au manque de main-d’œuvre!

vigile.net tribune libre 6 septembre 2018

Appui des jeunes au PLQ

4 septembre 2018

Un récent sondage Léger, réalisé pour The Gazette et Le Devoir, indique que 35 % des jeunes électeurs de 18 à 35 ans appuieraient le PLQ, contre 26 % pour la CAQ, 16 % pour le PQ et 8 % pour QS. Le soutien des jeunes au PLQ s’expliquerait par plusieurs facteurs, notamment son fédéralisme ferme, sa position favorable à l’immigration, aux réfugiés et à la liberté de religion.

Fini le temps où les jeunes brandissaient fièrement le drapeau québécois lors de manifestations en faveur de la défense de l’identité et des racines québécoises…Mais à quoi peut-on attribuer ce revirement drastique? En accord avec Richard Martineau, je suis d’avis que l’implantation du cours Éthique et culture religieuse (ECR), auquel ont été soumis toute cette cohorte d’élèves, explique en grande partie cette désertion eu égard aux valeurs patrimoniales et cet engouement pour le multiculturalisme.

Conséquemment, il n’est donc pas surprenant que le PLQ récolte la faveur de toute une génération de jeunes à qui on a inculqué les bienfaits de l’ouverture aux autres religions et d’une politique d’immigration inclusive. D’où le maigre 16 % d’appui chez les jeunes pour le PQ dont les valeurs identitaires ont été balayées au profit du sacrosaint multiculturalisme!

À mon sens, le chemin de retour à la défense des valeurs québécoises risque d’être long et pénible compte tenu du recul qu’il a pris au cours des dernières années, causé notamment par une surenchère déloyale d’une ouverture débridée à une immigration inclusive, bafouant tout respect envers les valeurs et coutumes québécoises…

vigile.net tribune libre 4 septembre 2018