23 décembre 2018
La dernière sortie publique de la ministre responsable de la Charte de la langue française, Nathalie Roy, revêt, à mon sens, une attitude lucide, notamment son inquiétude affirmée de constater que le français s’efface de plus en plus de l’espace public à Montréal.
Et comment propose-t-elle de redresser la situation? Par une application rigoureuse de la loi 101 actuelle, ce qui fait dire à l’ancienne ministre péquiste, Louise Beaudoin : « Je n’en reviens pas… Ça fait tellement de bien, après 15 ans où c’était silence radio chez les libéraux… Quand on est au point où la mairesse de Montréal ne se rend pas compte qu’elle fait un discours en anglais, c’est inouï. »
Pour appliquer plus fermement la Charte, Nathalie Roy s’appuie sur l’Office québécois de la langue française (OQLF) qui, aux dires du sociologue Jacques Beauchemin, en mène trop large pour être efficace dans ses efforts de francisation, y compris l’affichage. Pour pallier cette carence, M. Beauchemin propose la création du poste de commissaire à la langue française qui prendrait à sa charge une partie du rôle de l’OQLF, notamment le traitement des plaintes.
En résumé, il faut se réjouir que le dossier de la loi 101 refasse surface après des années de silence. La ministre Roy est bien en selle lorsqu’elle affirme qu’il faut d’abord appliquer la loi 101 rigoureusement, une attitude qui devrait contribuer à stopper l’hémorragie de l’affichage en anglais dans la Métropole.
vigile.net tribune libre 20 décembre 2018
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21 décembre 2018
Le rapport accablant du Conseil de gestion du Fonds vert (CGFV) recommande que seulement 71 actions sur 185 devant favoriser la transition écologique, méritent d’être poursuivies et conclut qu’un virage majeur s’impose pour optimiser l’utilisation des budgets du Fonds vert afin d’appuyer la réalisation de mesures environnementales et favoriser le développement durable du Québec.
Aux dires de François Legault, « C’est géré n’importe comment !… [Il y a] plusieurs ministères qui pigent et il n’y a aucune optimisation en fonction de la réduction des [gaz à effet de serre], donc beaucoup de travail à faire ». Pour sa part, la ministre de l’Environnement, MarieChantal Chassé, déplore l’absence de reddition de comptes sur le plan environnemental du Fonds vert, «… 17 actions sur 185 ayant un indicateur de réduction des gaz à effet de serre ».
Sous la gouverne du gouvernement Couillard, le Québec s’est donné un objectif de réduire ses émissions de GES de 20 % sous leur niveau de 1990, et ce, d’ici 2020. Il est minuit moins quart. Le défi pour le nouveau gouvernement est prioritaire d’autant plus que le Fonds vert est essentiellement financé par les recettes du marché du carbone et que la facture est essentiellement assumée par les automobilistes, qui paient plus cher leur essence à la pompe.
Reste à voir comment le gouvernement Legault réussira à redresser la situation et à attribuer au Fonds vert les lettres de noblesse qui s’imposent!
Le Soleil 22 décembre 2018
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19 décembre 2018
S’il est un homme d’État québécois qui s’est voué inlassablement corps et âme à la quête de l’indépendance du Québec, c’est bien l’ancien premier ministre Bernard Landry qui n’a jamais jeter l’éponge même dans les situations les plus noires du mouvement souverainiste québécois.
À titre d’illustration de cette ténacité sans borne, j’ai cru bon de vous référer à cette citation de Bernard Landry qui reflète un de ses fers de lance percutants dans sa lutte pour la cause : « L’indépendance du Québec est non seulement un objectif, mais aussi un devoir. Les nations qui peuvent être libres doivent l’être [...]. Une cause aussi noble ne peut pas être abandonnée ».
Je suis déjà parvenu au septième étage de ma vie, et, depuis plus de quarante ans, mon cœur ballotte constamment d’illusions en désillusions sur le chemin tortueux de l’accession du Québec à son statut de pays, à tel point que j’en arrive fréquemment à me demander si je vivrai le grand Jour de mon vivant.
D’autant plus que le résultat du vote populaire du dernier scrutin a vu le Parti québécois essuyer une défaite humiliante, voire désastreuse, qui le place dans une situation non seulement minoritaire mais confinée à un rôle d’arrière-scène peu influent.
D’autre part, quoique certains « bien-pensants » éprouvent des réticences à la venue d’un « sauveur », je demeure persuadé que le train de la souveraineté ne pourra se mettre en marche sans une locomotive pour le tirer vers l’avant. C’est une simple question de gros bon sens. Quelqu’un qui saura convaincre les Québécois, peu importe leur âge, que « les nations qui peuvent être libres doivent l’être ».
Reste à prouver aux Québécois que la nation québécoise peut aspirer à la liberté… Qui portera le flambeau?
vigile.net tribune libre 18 décembre 2018
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19 décembre 2018
Le torchon brûle entre Justin Trudeau et François Legault eu égard à la crise que vit actuellement l’Alberta concernant la perte de milliards de dollars par année liée à l’exportation de son pétrole.
Les tensions au sein de la fédération ont été exacerbées, il y a dix jours, lorsque les premiers ministres fédéral et provinciaux se sont réunis à Montréal. Les premiers ministres de l’Alberta, de la Saskatchewan et du Nouveau-Brunswick — Rachel Notley, Scott Moe et Blaine Higgs — espéraient y convaincre François Legault de ressusciter le projet d’oléoduc Énergie Est afin de transporter le pétrole de l’Ouest canadien vers les Maritimes. Or, à leur grande déception, le premier ministre québécois a cependant aussitôt rejeté l’idée, en qualifiant au passage le pétrole albertain d'« énergie sale ».
De son côté, Justin Trudeau multiplie les interventions en faveur de l’Alberta allant jusqu’à alléguer que « les Québécois apprécient et comprennent […] l’importance de démontrer aux Albertains, qui souffrent tellement, maintenant, à cause de la perte de milliards de dollars par année de leur économie et par extension de l’économie canadienne, qu’on est là pour essayer de les appuyer dans leurs moments de difficulté ».
Ce climat préoccupe Justin Trudeau, qui estime que le Canada en entier doit s’unir pour soutenir l’Alberta, qui vit présentement une crise. Un sentiment d’empathie pour lequel je serais porté à émettre un sérieux bémol sur une province qui fait ses choux gras de son or noir depuis des décennies sans aucune restriction en faveur de la protection de l’environnement …
quebechebdo 19 décembre 2018
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18 décembre 2018
Quoiqu’il n’y ait rien de mentionner spécifiquement sur le code vestimentaire à l’Assemblée nationale, il est écrit que les parlementaires « doivent contribuer au maintien du décorum et porter des habits qui s’apparentent à une tenue de ville ». Or selon Wikipédia, « la tenue de ville est un code vestimentaire occidental répandu dans le monde des affaires… les hommes sont invités à se vêtir d'un complet avec une cravate et les femmes d'un tailleur ou d'une robe sobre. »
En conséquence, les élus de Québec solidaire, notamment les députés Sol Zanetti et Catherine Dorion, en s’abstenant de porter « des habits qui s’apparentent à une tenue de ville », commettent un écart de conduite, une frasque grossière eu égard au décorum qui doit régner à l’Assemblée nationale du Québec.
À agir comme des adolescents en rébellion contre toute forme d’autorité, ces députés réussissent à attirer l’attention des médias à tel point que le message qu’il leur adresse passe carrément sous le radar au détriment de leur accoutrement qui, lui, fait la manchette… En passant, M. Khadir, que pensez-vous de votre relève?
vigile.net tribune libre 7 décembre 2018
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18 décembre 2018
Dans la Presse du 15 février 2012, le député libéral Justin Trudeau, le fils de l'ancien premier ministre Pierre Elliott Trudeau, qui a combattu le mouvement souverainiste durant toute sa carrière politique à Ottawa, a soutenu qu'il se battra jusqu'à son «dernier souffle» pour l'unité canadienne.
Or, près de six ans plus tard, le même Justin Trudeau, devenu premier ministre du Canada, lors de la rencontre fédérale-provinciale des premiers ministres, s’est vu confronté devant un Canada tiraillé entre les demandes différentes des divers premiers ministres qui tentaient de tirer la couverture chacun de son côté.
De quoi s’interroger sérieusement sur l’unité canadienne… Dans des périodes où les gouvernements provinciaux sont majoritairement de même allégeance que le gouvernement fédéral, le climat est détendu et la collaboration est facile. Mais dans le cas contraire comme dans la situation actuelle, le climat est davantage tendu et les divergences nombreuses.
Si M. Trudeau croit toujours en l’unité canadienne, il devra trouver un autre contexte que cette rencontre du 7 décembre 2018 qui ne passera sûrement pas à l’histoire pour les ententes qui ont été réalisées entre les divers paliers de gouvernements.
En ce qui me concerne, la question reste entière… L’unité canadienne, mythe ou réalité?
vigile.net tribune libre 7 décembre 2018
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6 décembre 2018
Depuis que l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO) a déposé sur la table une proposition visant à sauver le projet de construction d’une université franco-ontarienne, le gouvernement fédéral et Queen’s Park se lancent la balle, chacun arguant que c’est à l’autre partie de faire une offre. Un petit jeu politique qui risque de s’éterniser si aucune des deux parties concernées ne fait le premier pas.
Du côté du professeur à la Faculté de droit de l'Université d'Ottawa, Benoît Pelletier, c'est à Ottawa de prendre les devants compte tenu de la teneure de l’offre de l’AFO qui propose au gouvernement fédéral de financer les quatre premières années de l'université franco-ontarienne et au gouvernement de l'Ontario de faire de même pour les quatre années subséquentes.
De cette façon, le gouvernement Ford, qui soutient qu’il fait face à un déficit trop élevé pour répondre positivement au projet d’université, bénéficierait d’un délai de quatre ans pour assainir les finances publiques avant de commencer à payer sa part.
En résumé, je suis d’avis que le fédéral devrait proposer en bonne et due forme l’offre de l’AFO au gouvernement ontarien, pour le plus grand bien des franco-ontariens, particulièrement les futurs étudiants universitaires qui pourraient continuer leurs études en français comme ils le souhaitent. De plus, le premier ministre canadien, Justin Trudeau, démontrerait de la bonne foi envers la minorité francophone de l’Ontario…en bref, une preuve concrète de multiculturalisme qui lui est si cher!
vigile.net tribune libre 6 décembre 2018
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6 décembre 2018
Pendant que la métropole du Québec continue à s’angliciser à un rythme inquiétant, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, persiste à alimenter les manchettes eu égard à l’utilisation de l’anglais lors de ces allocutions officielles, ce qui lui a valu d'ailleurs un prix citron de l'organisme Impératif français.
Cette fois-ci, la mairesse, lors d’une rencontre avec les représentants de trois entreprises britanniques qui créeront d'ici peu des filiales au Québec, et les représentants de Montréal International, de Tourisme Montréal, d'Investissement Québec, de l'Institut québécois d'intelligence artificielle et de la ministre responsable de Montréal, Chantal Rouleau, s’est adressée à eux uniquement en anglais, à l’occasion d’une nouvelle eu égard à des investissements privés en intelligence artificielle, un écart de conduite qu’elle attribue à de l’« improvisation ».
Interrogée à ce sujet après la conférence de presse, Mme Plante a répondu que l'exclusion du français n'était pas un geste délibéré. « J'y suis allée "sur le fly". Généralement, tout ce qui est international, je le fais en français et en anglais ».
Eh bien, Mme la mairesse, je considère pour le moins déplacé, voire outrancier, que la première représentante de la ville de Montréal s’exprime « de façon impromptue » (traduction libre de « sur le fly ») lors d’une rencontre officielle dans le cadre de ses fonctions… Quant à votre « mea culpa » exprimé en soirée sur Twitter, c’est tout simplement trop peu, trop tard!
vigile.net tribune libre 5 décembre 2018
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5 décembre 2018
On aurait pu s’attendre ce que le caucus caquiste se range derrière la motion du chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé, eu égard à l’abolition du serment d’allégeance à la Reine Élisabeth II. Or, les troupes « nationalistes » de la CAQ, par l’entremise de leur leader parlementaire, Simon Jolin-Barrette, ont plutôt opté pour une entourloupette procédurale alléguant qu’une telle motion « requiert une modification constitutionnelle qui est tout de même complexe… et qu’il faut s’asseoir avec les partenaires ».
Une réponse que je qualifierais de plutôt laconique qui nous laisse un arrière-goût amer de colonisation tranquille.
vigile.net tribune libre 4 décembre 2018
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5 décembre 2018
À l’heure actuelle, les élus du Québec doivent prêter deux serments avant de pouvoir être admis à l’Assemblée nationale : un serment d’allégeance à la reine Élisabeth II et un serment de loyauté envers le peuple québécois, le premier serment étant porté en vertu de la Loi constitutionnelle de 1867 et le second, en vertu de la Loi sur l’Assemblée nationale.
Lors de la course à la chefferie du Parti québécois (PQ) en 2016, la candidate Martine Ouellet s’était engagée, si elle était élue, à abolir le serment d’allégeance obligatoire pour tous les députés du PQ élus à l’Assemblée nationale. Aujourd’hui, c’est au tour du chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé, de déposer une motion sans préavis en Chambre qui ferait en sorte qu'à partir de la prochaine législature, l'Assemblée nationale n'exigerait plus des députés qu'ils prêtent serment d'allégeance à la monarque britannique.
Si l’on prend pour acquis que Québec solidaire (QS) s’est déjà prononcé dans le même sens, nous obtenons l’assentiment de 20 députés. Du côté du gouvernement en place, les convictions nationalistes du premier ministre François Legault se sont nettement manifestées dans certains dossiers le positionnant en conflit avec le fédéral, notamment en matière d’immigration et d’environnement.
Je suis d’avis que le chef de la CAQ devrait, en toute conscience, laisser ses députés voter librement sur cette question fondamentale. Reste à espérer qu’au moins 63 députés, soit la moitié de 125 +1, voteront en faveur de la proposition d’abolition du serment d’allégeance à la reine et qu’enfin, les députés élus à l’Assemblée nationale du Québec prêteront dorénavant essentiellement serment de loyauté envers le peuple québécois de qui ils sont de facto redevables.
vigile.net tribune libre 4 décembre 2018
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