Le cannabis à rabais

18 octobre 2018

Comme la plupart des lecteurs, en ce mercredi 17 octobre 2018, jour 1 de l’application de la loi sur la légalisation du cannabis au Canada, j’étais curieux de lire dans mon quotidien comment la presse nous présenterait cet événement « historique ».

Après quelques lignes de l’article à la une justifiant les objectifs ayant guidé le gouvernement Trudeau dans l‘élaboration de cette loi, je suis tombé sur un paragraphe ayant trait aux coûts que le consommateur devra payer dans une succursale de la Société québécoise du cannabis (SQDC).

Or, on y apprend que certains produits se vendent au double du prix que le consommateur doit payer sur le marché noir… Stupéfaction! Alors que l’un des buts recherchés par la loi sur la légalisation du cannabis est de contrer sa vente sur le marché noir, ne serait-ce pas normal de penser que le consommateur de 18 ans et plus continuera de se procurer son cannabis « à rabais » auprès de son pusher habituel?

À mon avis, seuls les novices et les gens bien nantis se procureront leur cannabis dans une succursale de la SQDC, les premiers par mesure de sécurité, les seconds parce qu’ils en ont les moyens… En ce qui a trait aux habitués moins fortunés, la vie risque de continuer comme avant !

vigile.net tribune libre 17 octobre 2018
 

Paradoxes à l’OIF

17 octobre 2018

Sans grande surprise, la Rwandaise Louise Mushikiwabo a été désignée secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) devant Michaëlle Jean. Rappelons que, parmi les missions tracées par le Sommet de la francophonie, l’OIF doit, entre autres, promouvoir la langue française et la diversité culturelle et linguistique ainsi que la paix, la démocratie et les droits de l’homme.

Or, c’est bien connu sur la scène internationale, les droits de l’homme sont bafoués au Rwanda. À titre d’exemple, il est fréquent que les forces policières s’ingèrent dans le fonctionnement de la Ligue rwandaise des droits de l’homme et arrêtent fréquemment des membres de cette organisation lors des manifestations. Par ailleurs, depuis 2010, le Rwanda a délaissé le français au profit de l'anglais comme langue officielle.

Conséquemment, il m’apparaît clairement paradoxal qu’une Rwandaise dont le pays d’origine contrevient nettement à deux missions essentielles de l’OIF occupe le plus haut siège de l’Organisation… En termes clairs, comment voulez-vous que Mme Mushikiwabo puisse bénéficier de quelque crédibilité lorsqu’elle abordera, par exemple, la promotion de la langue française ou la défense des droits de l’homme?

vigile.net tribune libre 16 octobre 2018
 

Taillefer à l’affût…

16 octobre 2018

Avant la cérémonie d’assermentation des députés libéraux à l’Assemblée nationale, l’ex-président de la campagne électorale des libéraux, Alexandre Taillefer, a ouvert une brèche dans la position des libéraux eu égard aux signes religieux en avançant l’idée d’interdire le port de signes religieux chez les personnes ayant des pouvoirs de coercition, comme le préconisait le rapport Bouchard-Taylor alors que la position des libéraux est d’obliger le « visage découvert » dans les interactions entre les citoyens et les représentants de l’État québécois.

Par ailleurs, lors d’une récente rencontre avec les médias, M. Taillefer n’a pas caché que ses réflexions actuelles n’excluent pas la possibilité de se présenter à la chefferie du Parti libéral du Québec au prochain congrès qui sera appelé à désigner un successeur à Philippe Couillard.

À mon point de vue, Alexandre Taillefer, dont l’ambition personnelle n’a jamais été mise en doute, est à l’affût tel un renard qui attend les circonstances propices pour sauter sur sa proie. C’est son droit.

Toutefois, si sa candidature éventuelle n’obtient pas davantage de succès que la campagne électorale des libéraux dont il était le président, je suis d’avis qu’il risque de revenir bredouille de sa « chasse ».

vigile.net tribune libre 15 octobre 2018
Le Devoir 18 octobre 2018
Le Soleil 22 octobre 2018
 

Le choc des idées

12 octobre 2018

Pendant que j’observais le comportement de Mm Trudeau et Legault au moment de prendre place face à face pour la première fois dans un salon lors de la rencontre des délégués de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) à Erevan, en Arménie, je n’ai pu m’empêcher de penser à quel point leurs idées peuvent être différentes, eu égard notamment au multiculturalisme de M. Trudeau et au nationalisme de M. Legault.

Un choc des idées qui annonce, à mon point de vue, de sérieuses frictions lorsqu’il sera temps d’aborder les mesures qu’entend prendre François Legault concernant les seuils d’accueil des immigrants et le port des signes religieux pour le personnel de l’État en position d’autorité.

Tout un train de mesures qui risquent de faire sourciller un tantinet Trudeau fils, lui qui est tombé dans la soupe au multiculturalisme étant jeune, et dont le père s’est battu bec et ongle pour l’émergence du multiculturalisme au Canada et, par ricochet, la défense des droits des minorités.

Un vieil adage dit que « dans le choc des idées jaillit la lumière » Eh bien, j’ai bien peur que, dans le cas de Mm Legault et Trudeau, le « choc des idées », tout au moins sur les deux sujets précités, ne creuse un fossé profond entre les deux premiers ministres… En bref, un début de relation plutôt tendu qui risque de s’ériger entre Ottawa et Québec alors que des élections fédérales se tiennent dans un an et que, d’autre part, François Legault, lui, arrive à l’Assemblée nationale avec un gouvernement majoritaire.

vigile.net tribune 12 octobre 2018
Le Journal de Québec 15 octobre 2018 (version abrégée)

Vaut meuh en rire…

12 octobre 2018

Dans un contexte où le marché laitier canadien s’apprête à s’ouvrir bien malgré lui aux produits laitiers américains suite à la dernière entente contenue dans l’Accord États-Unis Mexique Canada (AEUMC), les producteurs de lait québécois, dans une publicité vidéo qui ne manque pas d’humour, vantent le lait québécois à leur façon.

Ainsi, la publicité nous présente des vaches qui louent le lait québécois et des consommateurs qui répondent aux inquiétudes de leurs concitoyens sur un ton humoristique, l’humour ayant souvent pour effet d’attirer l’attention de l’auditeur davantage qu’une publicité sérieuse… Les humoristes en connaissent quelque chose!

En bout de ligne, je suis d’avis qu’une telle approche humoristique contribuera à engager un dialogue avec les consommateurs, entendre leurs préoccupations via les services sociaux, et ainsi créer la communication essentielle entre les producteurs laitiers et les consommateurs québécois…

Le Journal de Québec 12 octobre 2018
 

50 ans plus tard…

11 octobre 2018

~Du 11 au 14 octobre 1968, 957 délégués représentant toutes les régions du Québec se rassemblent à l'Université Laval et au Petit Colisée de Québec pour fonder un nouveau parti politique.

Élu à la présidence, René Lévesque prononce un discours au terme de ces assises de fondation. Le président commente le choix du nom de Parti québécois, un beau nom, mais chargé d'une « écrasante responsabilité », qu'il faudra porter avec dignité et travailler à mériter…
Un demi-siècle plus tard, le Parti québécois vit une difficile période d’amertume et de grisaille à la suite de sa déconfiture du 1er octobre 2018, faisant élire un piètre 9 députés.

De son côté, le chef intérimaire désigné du parti, le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, affirme que « nous ne renoncerons pas au rêve de jeunesse du Parti québécois » tout en ajoutant du même souffle que « nous avons beaucoup de choses à passer en revue mais que l’histoire se poursuit ».

Cinquante ans après sa fondation, le PQ vit la période la plus creuse de son histoire. Certains analystes prévoient même sa disparition à court terme. De plus, de toute évidence, les 18-34 ans n’étaient pas au rendez-vous le jour du scrutin.

Le PQ peut-il redresser l’échine et retrouver son dynamisme? La réponse appartient à ses dirigeants qui se doivent de remobiliser les quelques 80 000 membres du parti en mettant sur pied des consultations populaires auprès d’eux dans le but d’écouter leurs commentaires et de les intégrer, si nécessaire, dans une plate-forme renouvelée.

C’est René Lévesque qui disait que la durée de vie d’un parti devrait s’échelonner sur une période d’une génération, de deux tout au plus…Le PQ en est-il rendu là?

vigile.net tribune libre 10 octobre 2018

Le show de boucane

11 octobre 2018

La séance d’assermentation de Brett Kavanaugh à titre de juge de la Cour suprême des États-Unis d’Amérique a pris des allures de tragédie loufoque lorsque le président Trump a présenté ses excuses à Brett Kavanaugh et à sa famille pour « les terribles souffrances » qu'ils ont « été forcés d'endurer » suite à une « campagne de destruction personnelle » menée par les dénigreurs de son candidat désigné.

Un véritable show de boucane orchestré par le maître incontesté des envolées oratoires théâtrales, le président des États-Unis, Donal J. Trump. Et toute cette comédie malgré le témoignage on ne peut plus crédible de Christine Blasey Ford, déboutée de façon cavalière par une enquête expéditive du FBI qualifiée d’« investigation historique » par M. Trump.

Enfin, pour clore le show de façon élégante, M. Kavanaugh a décrit le processus comme  « conflictuel et émotif », mais il assure ne pas entretenir d'amertume. Et, signe prémonitoire, les quatre employées qui sont appelées à travailler pour monsieur le juge sont des femmes… Des tensions à l’horizon? Qui sait?

Le Journal de Québec 11 octobre 2018
vigile.net tribune libre le 11 octobre 2018
 

Quand les juges piétinent la démocratie

9 octobre 2018

Commençons par cet extrait d’entrevue d’Éric Zemmour, polémiste, écrivain, essayiste et journaliste politique français : « Je rappelle que seul le pouvoir politique est élu par le peuple. En dominant le politique, les juges de hautes instances, telle la Cour suprême, s’imposent au peuple, et donc foulent aux pieds la démocratie. » Un argumentaire percutant qui met en lumière l’influence énorme du judiciaire sur le politique et, par ricochet sur la démocratie, voire sur le peuple.

Pour illustrer une telle assertion, nous allons partir d’un cas hypothétique : supposons que le nouveau gouvernement caquiste, fort d’une majorité de Québécois, décide d’invoquer la clause dérogatoire pour protéger les producteurs laitiers du Québec contre les mesures imposées par l’ALENA, eu égard à la gestion de l’offre qui est soumise à rude épreuve dans le texte final de l’Accord de libre échange tripartite entre les États-Unis, le Canada et le Mexique.

Dans un tel cas, il est fort plausible que le gouvernement fédéral référera la cause à la Cour suprême du Canada qui tranchera fort probablement en faveur de la Charte des droits et libertés pour faire valoir, par exemple, les droits reconnus de l’Ontario sur l’industrie automobile à l’intérieur de l’ALENA.

Et le Québec s’en retournera bredouille, les juges s’étant dressés comme des fossoyeurs de la démocratie eu égard à la demande légitime de dérogation du Québec.

vigile.net tribune libre 8 octobre 2018
 

Jusqu’où ira le nationalisme de Legault?

7 octobre 2018

On peut dire que les relations fédérales-provinciales débutent ardument entre le premier ministre désigné du Québec François Legault et le premier ministre du Canada Justin Trudeau dans l’épineux dossier des signes religieux, le premier voulant défendre le port de signes religieux pour tous les employés de l’État en ligne d’autorité, y compris les enseignants, le second évoquant la charte des droits et libertés comme obstacle aux velléités de François Legault.

À cet argument de Justin Trudeau, M. Legault évoque la possibilité d’utiliser la clause dérogatoire, ce à quoi M. Trudeau lui répond que cette clause ne doit être utilisée qu’à des fins exceptionnelles.

Et, pour ajouter un peu d’huile sur le feu, des rumeurs circulent à l’effet que M. Legault envisage de prendre des mesures pour aller à l’encontre de l’ALENA eu égard aux accrocs envers la gestion de l’offre qui pénalisent les producteurs laitiers du Québec.

La grande question est maintenant de savoir jusqu’où iront les ambitions nationalistes de François Legault. Pour l’instant, du moins, il semble qu’il ait l’intention de se tenir debout pour défendre ses idées… C’est à suivre! 

vigile.net tribune libre 6 octobre 2018
Le Journal de Québec 9 octobre 2018 "Le nationalisme de Legault'

Légalisation du cannabis

6 octobre 2018

Dans quelques jours, la consommation de cannabis deviendra légale au Canada, un engagement qu’avait pris Justin Trudeau lors de la dernière campagne électorale fédérale, l’objectif étant d’exercer un meilleur contrôle sur son utilisation, particulièrement auprès des adolescents.

Toutefois, sommes-nous bien informés sur les effets potentiels nocifs de l’utilisation du cannabis? À cet effet, une petite recherche sur le sujet m’a conduit à des constats plutôt inquiétants. À titre d’exemples, sur le long terme, apparaissent progressivement des difficultés de concentration, des problèmes scolaires, une baisse de la motivation ainsi qu’un isolement social, des troubles psychiques tels que l’anxiété, l’état de dépression, la psychose cannabique, voire la schizophrénie ou la paranoïa chez des sujets prédisposés.

Comme l’application de la loi fédérale relève des provinces, certaines d’entre elles s’apprêtent déjà à limiter au maximum l’accès au cannabis, l’inquiétude les guidant dans une telle démarche.

À mon avis, la légalisation du cannabis ratera sa cible eu égard au contrôle sur son utilisation en plus de contribuer à l’émergence de séquelles psychologiques graves qui mettent sérieusement en danger la santé des utilisateurs… En termes clairs, une loi suicidaire!

quebechebdo 6 octobre 2018
Le Journal de Québec 10 octobre 2018