Il y a 60 ans, Castro entre en triomphe à Santiago

8 janvier 2019

Le 1er janvier 1959, Fidel Castro entre en triomphe à Santiago de Cuba, pendant que des troupes révolutionnaires s'emparent d'autres villes stratégiques. Quelques jours plus tard, Castro marche sur la capitale La Havane
Cuba a célébré mardi les 60 ans de sa révolution socialiste, source d'inspiration pour la gauche en Amérique latine. Pourtant, l'heure n'est pas à la fête. L'héritage historique de la révolution cubaine semble très usé, tant d'un point de vue politique qu'économique. La situation économique de Cuba reste précaire, avec une croissance faible et un embargo toujours aussi pesant de la part des États-Unis.

Et Miguel Diaz-Canel, président depuis avril 2018, ne jouit pas, contrairement aux frères Castro, de la légitimité issue du renversement de la dictature de Fulgencio Batista. À 58 ans, il est plus jeune que la révolution. Pour sa part, le dissident Vladimiro Roca assure que la révolution « va s'éteindre sous son propre poids ». « D'abord, la jeunesse en a marre, elle ne croit en rien de tout ça, et ensuite la révolution n'a plus aucun soutien à l'étranger », a-t-il déclaré.

Porteuse de grandes avancées sociales dans la santé et dans l'éducation, la révolution castriste avait séduit la population cubaine, lassée des années de dictature, et inspiré la plupart des mouvements de gauche d'Amérique latine. Mais elle a ensuite suscité des critiques de la communauté internationale sur la question des droits de la personne et des prisonniers politiques.

Économiquement, elle est aujourd'hui à bout de souffle. La croissance stagne autour de 1 %, ce qui est insuffisant pour couvrir les besoins de la population, qui doit donc supporter les pénuries. Alors que La Havane se heurte à la politique hostile de Donald Trump, le tour d'horizon de ses alliés n'est guère flatteur.

Le Venezuela, lui-même en crise, peine à lui assurer son approvisionnement en pétrole. Et si Vladimir Poutine a qualifié dimanche Cuba de « partenaire stratégique et allié de confiance », dans un message adressé à Raul Castro et à Miguel Diaz-Canel, il n'est pas disposé à subventionner ce pays comme l'a fait l'Union soviétique pendant 30 ans. La Chine non plus. Enfin, la Corée du Nord, où s'est rendu le président cubain en novembre, prévoit tout juste de signer en janvier à La Havane un protocole d'échange commercial et de collaboration…

vigile.net tribune libre 3 janvier 2019
 

Le paradoxe des emplois exigeant des compétences technologiques

8 janvier 2019

L’avènement des technologies modernes au sein des entreprises est en train de créer un effet boomerang auprès des travailleurs « vulnérables » dont la formation actuelle ne répond pas aux critères d’emploi de la profession. Conséquemment, des responsables fédéraux scrutent les dossiers des immigrants qui seraient aptes à occuper ces emplois.

Or, le ministre du Développement social, Jean-Yves Duclos, a déclaré récemment au cours d’une entrevue de fin d’année qu’il fallait en faire davantage pour favoriser la formation professionnelle afin de s’assurer que les travailleurs d'ici qui ont de la difficulté à répondre aux exigences des nouvelles technologies puissent avoir une véritable chance d’y arriver.

Actuellement, compte tenu de lacunes sérieuses dans les programmes de formation du fédéral, l’employeur va se tourner vers l’immigrant qui possède les qualifications requises pour obtenir l’emploi à pourvoir alors que, à mes yeux, il faudrait plutôt permettre à l’employé « vulnérable » d’acquérir de nouvelles compétences lui permettant de réintégrer le marché du travail à court terme.

Pour ce faire, il m’apparaît prioritaire que les responsables fédéraux des programmes de formation s’attellent rapidement à la tâche et élaborent des sessions de formation intensives qui permettraient aux employés pénalisés d’acquérir, dans un délai raisonnable, les acquis nécessaires pour occuper les emplois exigeant des compétences technologiques particulières.

vigile.net tribune libe 4 janvier 2019 "Priorité sur des sessions de formation intensives pour les emplois exigeant des compétences technologiques"
Le Devoir 8 janvier 2019

Le commnautés francophones hors Québec à l’avant-plan en 2019

3 janvier 2019

L’année 2018 laisse derrière elle des dossiers qui sont restés en plan eu égard aux communautés francophones hors Québec, notamment en Ontario, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et en Colombie-Britannique.

En Ontario, quoique la loi confirmant l’abolition du Commissaire aux services en français et son remplacement par un adjoint de l’ombudsman soit entrée en vigueur, un recours judiciaire pourrait être intenté en début d’année. Quant au projet d’Université de l’Ontario français, dont le financement sera coupé dès le 15 janvier, les franco-ontariens gardent espoir de convaincre Ottawa et le gouvernement Ford de s’entendre sur une formule de financement.

Au Nouveau-Brunswick, le seul ministre francophone du gouvernement Higgs, l’Acadien Robert Gauvin, n’a pas caché qu’il avait songé à démissionner après la décision du ministre de la Santé d’éliminer les exigences en matière de bilinguisme lors de l’embauche d’ambulanciers. Un dossier qui risque de rebondir en 2019.

Enfin, en Nouvelle-Écosse, les franco-néo-écossais espèrent toujours le retour de circonscriptions électorales acadiennes protégées, tandis qu’en Colombie-Britannique, deux recours judiciaires visant à accroître l’accès à l’éducation en français pourraient aboutir devant la Cour suprême.

Des dossiers « chauds » qui risquent d’ébranler sérieusement la Charte canadienne des droits et libertés, notamment aux chapitres du bilinguisme et du biculturalisme, laquelle faisait la « fierté » de Trudeau père…

vigile.net tribune libre 1er janvier 2019
 

Le mur de la honte

3 janvier 2019

Le bras de fer actuel entre les démocrates et le président des États-Unis d’Amérique, Donald J. Trump, eu égard à la construction d’un mur à la frontière du Mexique, est en train de monopoliser toute l’attention des médias de la planète. Le populisme exaspérant du président américain en politique migratoire conduit inévitablement à un isolationnisme destructeur, voire provocateur envers les migrants qui aspirent trouver une terre d’accueil.

La tolérance zéro de Donald Trump envers les migrants qui quittent leur pays d’origine dans lequel règnent la terreur et l’oppression barbare est perçue par la communauté internationale comme une fin de non-recevoir drastique qui ne peut que provoquer des tensions injustifiées et incompatibles avec une saine ouverture aux autres. Le mur de Donald Trump projette une image de honte sur la scène internationale qui condamne avec véhémence cette ignominie rétrograde.

Enfin, un des derniers tweets du président démontre à quel point sa manipulation subversive reflète une « logique » que je qualifierais de provocatrice : « Toute mort d’enfants ou d’autres à la frontière est strictement de la faute des démocrates et de leur politique migratoire pathétique qui permet aux gens de faire la longue traversée en pensant qu’ils peuvent entrer illégalement dans notre pays. Ils ne peuvent pas. Si nous avions un mur, ils n’essaieraient même pas! »… Ce qu’il fallait démontrer. Point final.

vigile.net tribune libre 31 décembre 2018
 

Rachel Notley, la femme seule

31 décembre 2018

Depuis que l’acquisition du projet de l’oléoduc Trans Mountain par le fédéral au coût de 4,5 milliards $ a été contestée par la Cour d'appel fédérale qui a décidé qu'Ottawa n'avait pas correctement consulté les Premières nations, ni examiné les conséquences sur la vie marine, la première ministre de l’Alberta, Rachel Notley, se doit de se sortir de ce nœud gordien à l’approche d’élections provinciales prévues au cours de l’année 2019.

L’oléoduc Trans Mountain a pris des allures de symbole des difficultés de Mme Notley à trouver de nouveaux marchés et à se sortir d'un ralentissement du secteur pétrolier, à tel point que plusieurs manifestations en faveur des oléoducs ont eu lieu dans les dernières semaines et que certains participants ont même évoqué la possibilité que l'Alberta se sépare du Canada.

C’est sans compter la sortie remarquée du premier ministre du Québec, François Legault, sur ce qu’il a qualifié de « pétrole sale de l’Alberta ni les contestations judiciaires en cours ni l'opposition du gouvernement de la Colombie britannique au projet d’oléoduc. 

Par ailleurs, dans un contexte aussi tendu, voire explosif, le premier ministre Trudeau se retrouve placé entre l’arbre et l’écorce, à savoir entre le vote indispensable des Québécois à l’élection fédérale de 2019 et celui des Albertains… un climat guère favorable à Rachel Notley contre qui l’étau de l’isolement se referme de plus en plus.

vigile.net tribune libre 30 décembre 2018
 

L’humilité a bien meilleur goût

31 décembre 2018

Dans un long entretien accordé à la Presse canadienne, pour faire le bilan de l’année 2018, le chef intérimaire du Parti québécois (PQ), Pascal Bérubé, a appelé ses troupes à faire preuve de « plus de civilité » sur les réseaux sociaux.

Au terme d'une année difficile, marquée par la défaite historique du PQ le 1er octobre, M. Bérubé lance un appel à l’écoute et à l’humilité de façon à démontrer davantage d’ouverture dans les échanges et ainsi élargir les appuis et gagner des adhérents à la cause souverainiste.

« Il faut que la responsabilité d'ouvrir les oreilles, les bras, les coeurs, les esprits revienne à l'ensemble des souverainistes » qu’il invite à être plus attentifs aux humeurs et à l'état d'esprit des citoyens, à comprendre et à accepter les autres points de vue.

Dans la position de tiers parti dans laquelle se retrouve le PQ à l’Assemblée nationale, je ne peux qu’être en complet accord avec Pascal Bérubé qui conclut que « pour convaincre les gens, il faut savoir où ils sont présentement. On peut inspirer, écouter, et on y gagne tout le temps ».

vigile.net tribune libre 30 décembre 2018
 

Petit survol du nationalisme québécois

28 décembre 2018

En 1954, le chef de l’Union nationale, Maurice Duplessis, nonobstant le fait qu’il soit identifié à la période que l’histoire a qualifié de « grande noirceur », s’est, à maintes reprises, insurgé contre le fédéral jusqu’à déclarer en 1954 que « si l’on considère la présence du Québec au sein de la Confédération comme un obstacle, nous sommes prêts à nous retirer. »

D’autre part, dans son ouvrage intitulé Égalité ou indépendance, publié en 1965, le chef de l’union nationale, Daniel Johnson père, écrit que « la Confédération n'est pas une fin en soi; et que si, après avoir tout tenté pour la rendre également habitable à nos deux communautés culturelles, nous constatons un jour la vanité de nos efforts, elle ne nous paraîtra plus digne d'être sauvée. »

Aujourd’hui, on parle de plus en plus du nationalisme de François Legault qui n’hésite pas à prioriser la position du Québec au détriment des velléités du gouvernement fédéral, notamment sa déclaration contre le « pétrole sale » de l’Alberta qui n’a pas eu l’heur de plaire à la position de Justin Trudeau sur l’unité canadienne.

Ce ne sont que quelques exemples qui manifestent clairement que Duplessis, Johnson et Legault incarnent des hommes politiques pour qui la défense des droits et des intérêts des Québécois se situaient et se situent au-dessus des contraintes fédérales.

D’ailleurs, le nationalisme de François Legault constitue sans aucun doute, à mon sens, une des raisons fondamentales qui expliquent sa victoire sans équivoque du 1eroctobre 2018, les Québécois ayant fait le choix d'un parti qui répondait à leurs aspirations.

vigile.net tribune libre 26 décembre 2018
Le Devoir 29 décembre 2018
 

Mes meilleurs voeux à la majorité silencieuse!

26 décembre 2018

En cette fin d’année 2018 au cours de laquelle une poignée d’acteurs ont monopolisé toute la scène de la couverture médiatique, j’aimerais diriger l’éclairage sur toutes celles et tous ceux qui ont oeuvré silencieusement dans l’ombre…

À toutes les travailleuses et tous les travailleurs qui offrent quotidiennement le meilleur d’eux-mêmes dans le métier qu’ils exercent.

À tout le personnel médical qui se dévoue corps et âme pour assurer des soins de qualité aux personnes malades.

À toutes les enseignantes et tous les enseignants qui se dépensent sans compter pour permettre aux jeunes de s’instruire et de se développer.

À toutes les mères et tous les pères qui demeurent fidèles à l’éducation de leurs enfants malgré les soubresauts de la vie moderne.

À tous les jeunes du Québec qui représentent fièrement la relève dans une multitude de sphères d’activités professionnelles.

À toutes les aînées et tous les aînés qui nous ont légué un héritage de valeurs inestimable, notamment le courage et la persévérance.

Enfin à vous toutes et vous tous, j’offre mes meilleurs vœux de bonheur pour cette période du temps des Fêtes et de santé pour la nouvelle année!

vigile.net tribune libre 25 décembre 2018
quebechebdo 26 décembre 2018
Le Soleil 31 décembre 2018

Amanda Simard, figure de proue des Franco-Ontariens

25 décembre 2018

J’ai écouté avec beaucoup d’attention l’entrevue accordée à Anne-Marie Dussault par l’ex-députée du gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford, Amanda Simard, lors de l’émission 24/60 télédiffusée sur RDI le 21 décembre.

J’ai été d’abord frappé par le calme que la députée indépendante mettait à répondre aux questions d’Anne-Marie Dussault, et l’assurance dans les arguments qu’elle évoquait pour justifier sa décision de quitter le parti progressiste-conservateur.

Toutefois, au-delà de ces qualités remarquables, trône chez elle une force de convictions exceptionnelle dans les principes qui sous-tendent son entrée en politique, notamment son sens du devoir envers ses commettants, à savoir les électeurs qui l’ont choisie comme députée de leur comté constitué de 70 % de francophones. À preuve cette affirmation qui se passe de commentaires : « Comme député, on travaille pour les gens qu'on représente, pas pour les premiers ministres ».

En écoutant cette toute petite jeune femme, je n’ai pu m’empêcher de penser au récit de David et Goliath, une Amanda Simard qui poursuit son combat contre le Goliath Doug Ford, tout en espérant qu’elle puisse remporter la victoire pour le plus grand bonheur des Franco-Ontariens qui misent surement beaucoup sur celle qui est devenue leur figure de proue.

vigile.net tribune libre 21 décembre 2018
 

Le nationalisme de François Legault, un terreau fertile pour préparer la démarche du Québec vers son indépendance

23 décembre 2018

Même si François Legault est au pouvoir depuis peu de temps, nombreuses ont été les occasions où il a affirmé qu'il s'était donné pour mission d'enrichir la province afin d'y apporter la prospérité martelant que sa « priorité était de créer de la richesse au Québec », tout en considérant qu'il était inacceptable que la belle province « soit moins riche que le reste du Canada ». Pour remédier à la situation, il est impératif, selon lui, d'attirer plus d'investisseurs au Québec.

À cet effet, François Legault propose que le gouvernement fédéral impose aux entreprises canadiennes de faire appel à des fournisseurs locaux, ajoutant qu'Ottawa a pourtant plusieurs outils à sa disposition pour forcer les compagnies canadiennes à s'approvisionner en partie au pays.

En ce qui a trait aux sièges sociaux qui sont trop nombreux à quitter le Québec, selon le premier ministre, il estime qu’au cours des dernières années, Investissement Québec (IQ) n'a pas fourni les efforts nécessaires pour s'assurer que les entreprises continuent d'élire domicile au Québec. Pour redresser la situation, François Legault a donc annoncé qu'il allait procéder à de « grands changements chez Investissement Québec » dans les semaines et les mois à venir.

Concernant sa position contre ce qu’il a qualifié de « pétrole sale » de l’Alberta, François Legault n’a pas hésité à contrecarrer l’unité canadienne tant défendue par Justin Trudeau au prix d’un affrontement avec le gouvernement fédéral.

Somme toute, le nationalisme de François Legault constitue, à mes yeux, un terreau fertile pour l’indépendance du Québec. Tant et aussi longtemps que le premier ministre du Québec misera sur des priorités économiques lucratives pour les Québécoises et les Québécois et sur l’affranchissement progressif du système de péréquation du fédéral, il ne pourra que semer les graines qui donneront les fruits essentiels à une éventuelle autonomie totale du Québec.

vigile.net tribune libre 20 décembre 2018