Chacun son métier

24 février 2019

L’implantation du cours Éducation à la sexualité en milieu scolaire cause, à de nombreux égards, certains problèmes, notamment sur le plan du manque d’expertise des enseignants qui sont appelés à le donner.
À cet effet, Annie Caron, vice-présidente de l’Association des sexologues du Québec, réclame depuis des années la création du titre d’emploi dans le milieu de l’éducation, une mesure qui permettrait l’engagement de sexologues qualifiés dans les écoles primaires et secondaires du Québec.

L’éducation à la sexualité est un dossier délicat qui exige les compétences nécessaires pour répondre aux nombreuses zones grises qui sont présentes dans la tête des jeunes qui, trop souvent, vont en parler à leurs camarades avec tous les dangers qu’une telle démarche comporte.

Le titre de sexologue est un titre protégé par un ordre professionnel. Ces spécialistes connaissent les tenants et aboutissants de la problématique de l’éducation à la sexualité. Le ministre de l’Éducation se dit ouvert à une telle démarche… Il lui suffit maintenant de passer de la parole aux actes pour le plus grand bien de nos jeunes Québécois!

quebechebdo 24 février 2019

Pourquoi les Québécois ont-ils voté pour la CAQ?

23 février 2019

Depuis que la Coalition avenir Québec a été portée au pouvoir le 1er octobre 2018 avec une forte majorité de députés, le premier ministre François Legault invoque le mandat fort qu’il a reçu de la population pour mettre à exécution les engagements électoraux auxquels il s’était engagé lors de la campagne électorale.

Parmi les engagements phares du nouveau gouvernement, je citerai l’implantation des maternelles 4 ans ouvertes à tous les petits Québécois, le dossier sur l’immigration et la laïcité de l’État, notamment le port des signes religieux.

Or, force est de constater que les premières démarches entreprises dans chacun de ces dossiers ont connu des difficultés d’atterrissage marquantes. En effet, les maternelles 4 ans sont contestées vertement par les éducatrices spécialisées des CPE qui prônent davantage une consolidation du système en place, les 18 000 demandes d’immigration envoyées à la déchiqueteuse pour faire place au nouveau système ont suscité un tollé de contestation, et le port des signes religieux n’a pas avancé d’un iota par rapport aux recommandations du rapport Bouchard-Taylor.

Devant ces difficultés du gouvernement à faire avancer ces dossiers, François Legault peut-il encore invoquer le « mandat clair » qu’il a reçu pour réaliser ces promesses électorales? Ou serait-il possible que la CAQ ait pu bénéficier du vent de changement qui soufflait sur le Québec après les années d’austérité du régime libéral? … Des questions qui méritent réflexion!

vigile.net tribune libre 21 février 2019
 

Une histoire qui rebondit

23 février 2019

D’entrée de jeu, voici le déclencheur de l’altercation entre une citoyenne et le premier ministre Trudeau. En août dernier, Mme Diane Blain a apostrophé M. Trudeau sur la question des migrants. «Quand allez-vous nous remettre les 146 millions $ qu’on a payés pour vos immigrants illégaux?», avait-elle lancé. Ce à quoi M Trudeau répliqua :  «Madame, votre racisme n'a pas sa place ici». Une réponse laconique qui a eu l’heur de mettre le feu aux poudres entre les deux intervenants.

Récemment, en entrevue à l’émission On n’est pas obligé d’être d’accord avec Sophie Durocher, la femme de 74 ans, qui poursuit le premier ministre, a soutenu avoir été  «traitée comme de la merde». Elle lui réclame des excuses publiques.

Quoique la plaignante ait raison dans la cause qu’elle défend, notamment l’attitude méprisante de Justin Trudeau à son égard, je demeure perplexe sur l’objet de sa requête, à savoir des excuses publiques de la part du premier ministre… En effet, depuis quand un personnage aussi haut placé s’abaisserait-il à s’excuser devant une simple citoyenne? 

vigile.net tribune libre 21 février 2019

Les excuses de Justin

23 février 2019

Les excuses de Justin Trudeau auprès de Jody Wilson-Raybould à l’effet qu’il n’ait pas été « assez rapide pour condamner les propos inacceptables et désobligeants qui ont été faits à son égard la semaine passée » n’ont pas eu l’heur d’attiédir les ardeurs de l’ex-procureure générale qui a pris la parole en Chambre affirmant qu’elle espère avoir l’occasion de dire « sa vérité ».

Comme le dit su bien un vieil adage, « il n’y a pas de fumée sans feu »…Quoique l’entourage du premier ministre nie qu’il s’est ingéré dans les accusations de fraude contre SNC-Lavalin tout en déclarant qu’il est intervenu auprès de l’ex- ministre de la Justice sans que les conversations n’aient « rien d’inapproprié », force est de constater que des zones d’ombre se profilent dans le portrait.

En effet, il m’apparaît que le simple mot « inapproprié » laisse place à tout un éventail sémantique sur sa définition. En termes clairs, ce qui est inapproprié pour un peut ne pas l’être pour l’autre. Ce n’est que lorsque nous connaîtrons le contenu exact de ces conversations que nous pourrons porter notre propre jugement…

En attendant, un sondage en ligne de Léger effectué pour le compte de La Presse canadienne démontre que la saga qui entoure l’affaire SNC-Lavalin semble avoir eu un impact négatif sur le Parti libéral du Canada, les intentions de vote pour le PLC ayant passé de 39 % en novembre à 34 % en février.

vigile.net tribune libre 21 février 2019

Trans Mountain: conflit d’intérêt?

23 février 2019

Le rapport de l’Office national de l’énergie (ONE) conclut que le projet d’extension du pipeline Trans Mountain est d’intérêt national et qu’il doit donc être approuvé, et ce malgré le fait qu’il soit soumis à 156 conditions…

Par ailleurs, est-il utile de rappeler que l’ONE, un organisme de juridiction fédérale, a reçu comme mandat d’Ottawa de refaire ses devoirs à la suite d’une décision défavorable de la Cour d’appel fédérale, et que le gouvernement fédéral s’est porté acquéreur du pipeline l’an dernier pour une somme de 4,5 milliards de dollars?

En termes clairs, le propriétaire du pipeline demande à un de ces organismes de juger de la pertinence d’un projet dont il est propriétaire. Dans ces circonstances, est-il surprenant que l’ONE rende une décision favorable? Est-ce cela qu’on appelle un conflit d’intérêt? On peut tout au moins observer que la situation en présente toutes les apparences!

quebechebdo 23 février 2019
 

Alex Harvey, une retraite bien méritée

21 février 2019

L’as fondeur de 30 ans de Saint-Ferréol-les-Neiges, Alex Harvey vient d’annoncer qu’il se retirait de la compétition après une carrière phénoménale, l’ayant conduit à cinq éditions des championnats du monde de 2009 à 2017, remportant cinq médailles : deux d'or avec le sprint par équipes des mondiaux d’Oslo en 2011 et le cinquante des mondiaux de Lahti en 2017, l'argent du sprint classique de Falun en 2015 et deux de bronze, sur le sprint classique à Val di Fiemme en 2013 et le skiathlon à Falun.

Une fiche exceptionnelle qui contribue amplement à considérer le Québécois Alex Harvey comme un des plus grands fondeurs de l’histoire contemporaine dont le talent et la détermination n’ont d’égales que ses performances extraordinaires.

Chapeau à toi, Alex, pour avoir contribué à inspirer une pléiade de jeunes à qui tu as su communiquer toute l’importance de l’effort comme moteur de la réussite… Nul doute que ta retraite est grandement méritée!

quebechebdo 21 février 2019
vigile.net tribune libre 21 février 2019
Le Soleil 22 février 2019

 

Prêtres pédophiles: un pas dans la bonne direction

19 février 2019

En défroquant l’ex-cardinal américain Theodore McCarrick, 88 ans, accusé d'abus sexuels sur au moins un adolescent il y a plus de cinquante ans, le pape François crée un précédent historique.

Rappelons que, suite aux révélations d'énormes scandales à caractère sexuel aux États-Unis, au Chili et en Allemagne de la part de hauts dignitaires ecclésiastiques,
 François avait déclaré qu’il appliquerait la « tolérance zéro » envers les coupables de telles ignominies.

Par ailleurs, la sanction sans appel de Théodore McCarrick arrive juste avant une rencontre des présidents des conférences épiscopales du monde entier au Vatican du 21 au 24 février et au  cours de laquelle ils aborderont notamment la responsabilité des prélats ayant gardé sous silence des agressions sexuelles de mineurs par le clergé.

Certaines rumeurs laissent croire que le cas Théodore McCarrick ne serait que la pointe de l’iceberg et que de nombreux cas similaires se sont produits à travers le monde depuis des décennies… J’ose espérer que ce premier pas dans la bonne direction créera le momentum nécessaire à dépoussiérer une Église embourbée dans ces scandales ignobles qui contribuent implacablement à sa décadence.

Le Soleil 20 février 2019

Le Bloc en appui à la CAQ

18 février 2019

Si on se fie au caractère plutôt convivial de la récente rencontre entre le premier ministre François Legault et le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet, il m’est d’avis qu’un « mariage de raison » est en train se concocter entre les deux formations politiques.

Par ailleurs, aux yeux d’Yves-François Blanchet, il n’existe aucune incompatibilité entre défendre les positions d’un gouvernement nationaliste et fédéraliste et la mission du Bloc pour autant que ces positions visent les intérêts du Québec.

Interrogé sur le fait que les militants du Bloc avaient voté, par voie de de référendum, à 65 % que le parti devait promouvoir en priorité son option indépendantiste, M, Blanchet a répondu qu’ «il  n'y a pas d'opposition entre l'indépendance et les intérêts du Québec. Quand on est au Bloc québécois, on est convaincus que l'indépendance et les intérêts du Québec, c'est ultimement une seule et même chose… Les intérêts du Québec, c'est ce qu'on va porter avec passion entre maintenant et le jour où les Québécois auront choisi la souveraineté.»

Personne n’est contre la vertu… Toutefois, Yves-François Blanchet ne devra jamais perdre de vue que le Bloc québécois est un parti souverainiste qui siège à Ottawa et qu’en ce sens, en assumant la direction de ce parti, il en assume de facto sa raison d’être, à savoir la promotion de l’indépendance du Québec, à défaut de quoi le Bloc risque d’être identifié au « porteur d’eau » de la CAQ! 

vigile.net tribune libre 17 février 2019
 

Infiltration d’entraineurs pédophiles dans le sport amateur

17 février 2019

À la suite de la diffusion d'un reportage conjoint de Radio-Canada/CBC, nous avons appris que 340 entraîneurs du sport amateur ont été accusés d'un délit sexuel au cours des vingt dernières années au Canada, lesquelles accusations « vont de l'agression sexuelle à l'exploitation sexuelle en passant par le leurre d'enfants et la fabrication ou la possession de matériel pornographique juvénile ». Selon la société d'État, « 222 de ces accusations ont donné lieu à des condamnations pour des gestes envers 603 victimes mineures ».

Un tableau alarmant qui démontre à quel point l’influence perfide de certains entraineurs agit sur les jeunes athlètes qui se sentent pris dans un engrenage sans fin dans lequel la loi du silence fait office de règle à respecter au prix de l’obtention d’un poste dans l’équipe où les jeunes évoluent.

Nonobstant le fait que la ministre déléguée à l'Éducation et ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, invite les athlètes ayant « le sentiment que leur sécurité et leur intégrité sont compromises, à en parler, à chercher de l'aide et à dénoncer tout comportement inapproprié », je demeure convaincu que les dirigeants des fédérations de sports amateurs doivent serrer la vis sur les mécanismes de contrôle des entraineurs eu égard à leurs antécédents judiciaires sur le plan de la violence ou du harcèlement sexuel auprès de ces jeunes sportifs vulnérables.

quebechebdo 17 février 2019
vigile.net tribune libre 17 février 2019
 

Maternelles 4 ans

17 février 2019

Suite à la présentation en Chambre par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, sur l’implantation des maternelles 4 ans, Anne-Marie Dussault recevait, à son émission 24/60 du 14 février, Égide Royer, psychologue et professeur titulaire en adaptation scolaire à la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université Laval, et la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement depuis juillet 2013, Josée Scalabrini, qui représente plus de 65 000 enseignants des quatre coins du Québec.

Malgré le fait que les points de vue paraissaient souvent divergents entre les deux invités, force est de constater qu’ils se rejoignaient au moins sur un point, à savoir que les maternelles 4 ans pourraient être envisagées comme des solutions complémentaires aux structures déjà existantes.

Dans la foulée d’Égide Royer qui a fait valoir, avec des exemples à l’appui, les avantages des maternelles 4 ans pour diagnostiquer les problèmes de comportement d’enfants qui risquent de les suivre tout au cours de leurs études s’il n’est pas pris en charge dès l’âge de 4 ans, je dois admettre que ses exemples parlaient d’eux-mêmes.

Toutefois, Mme Scalabrini est revenue à plusieurs reprises sur la difficulté voire l’impossibilité, d’étendre le projet de la CAQ à tous les élèves de la province d’ici 2023, notamment en pleine période de pénurie d’enseignants.

En bref, il m’apparaît opportun que chercheurs et praticiens s’assoient ensemble et confrontent leurs perceptions dans le but de trouver une solution qui rejoignent tous les agents d’éducation pour le plus grand bien de nos petits Québécois de 4 ans.  

quebechebdo 16 février 2019 
vigile.net tribune libre 17 février "Implantation des maternelles 4 ans"