Projet de loi 21: Place aux débats!

17 mai 2019

Selon le dernier sondage rendu public le 8 mai 2019 par l’Institut Angus Reid, la majorité des Québécois (64%) continuaient d’appuyer le projet de loi 21 sur la laïcité du gouvernement Legault. Par ailleurs, les travaux de la Commission parlementaire sur le projet de loi sur la laïcité du Québec ont pris fin.

Si on se fie aux nombreuses interventions du ministre Simon Jolin-Barrette eu égard à l’interdiction des signes religieux ostentatoires par les employés de l’État exerçant un pouvoir d’autorité, y compris les enseignants le les directions d’écoles, il m’apparaît évident que le gouvernement caquiste n’a pas l’intention de faire de compromis substantiel à cet effet.

Parmi les témoignages entendus lors de la Commission, nul doute que ceux de Gérard Bouchard et de Guy Rocher serviront d’argumentaires aux députés pour appuyer leur position en faveur ou non du projet de loi 21.

Toutefois, en terme d’acceptabilité sociale, François Legault dispose, il faut bien l’avouer, d’une pierre d’assise confortable sur laquelle il peut appuyer ses intentions de faire adopter son projet de loi. La balle est maintenant entre les mains de élus de l’Assemblée nationale… Place aux débats!

quebechebdo 17 mai 2019
 

L’islam, victime de sa visibilité

16 mai 2019

Dans le cadre de l’émission 24/60 télédiffusée sur RDI le 14 mai, Anne-Marie Dussault rencontrait le sociologue Guy Rocher à la suite de son témoignage à la Commission parlementaire sur le projet de loi sur la laïcité de l’État québécois.

Nonobstant l’argumentaire fort étoffé du sociologue de 95 ans, je vous soumets deux éléments majeurs qui me paraissent apporter quelque lumière complémentaire eu égard à la défense du projet de loi 21. Tout d’abord, l’insistance de M. Rocher sur un terme qui avait été oublié depuis quelques semaines dans les propos des divers intervenants, à savoir l’interdiction des signes religieux « ostentatoires », le mot « ostentatoire » faisant bien sûr allusion à la visibilité, un concept qui s’applique « visiblement » aux femmes musulmanes.

En second lieu et dans la foulée de cette précision pertinente, Guy Rocher a abordé aussi le « principe de précaution » en lien avec le prosélytisme possible d’une enseignante portant, par exemple, le hidjab, et qui pourrait endoctriner certains élèves. À cet effet, le sociologue répond qu’il est « scientifiquement » impossible d’apporter des preuves d’endoctrinement ou non de certains élèves par l’enseignante en question, un argumentaire qui conduit M. Rocher à conclure que, «… dans l'état d'incertitude, il faut protéger contre les risques possibles… L'islam est une religion visible, c'est son choix, mais la société n'est pas obligée d'accepter cela. »

vigile.net tribune libre 15 mai 2019
quebecherbdo 16 mai 2019
 

Pour la survie du Marché du Vieux-Port

15 mai 2019

Cédé à la Ville de Québec par le gouvernement fédéral en 1987 pour un montant symbolique de 1 $ « aux seules fins de l’aménagement d’un marché public, d’un parc de détente et d’un jardin floral », le Marché du Vieux-Port s’apprêterait à vivre ses derniers moments puisque les travaux de démolition sont prévus pour la mi-juin.

Qu’à cela ne tienne, l’avocat François Marchand s’est adressé à la Cour supérieure pour contester la fermeture imminente et « illégale » du Marché du Vieux-Port. C’est ce que le spécialiste en droit municipal a fait savoir lundi matin lors d’un point de presse.  L’avocat pense également que la Municipalité contrevient à ses propres règlements selon lesquels la démolition d’un tel immeuble, situé dans l’arrondissement historique du Vieux-Québec, doit être d’abord avalisée par la Commission d’urbanisme et de conservation de Québec.

Pour ma part, je ne peux qu’appuyer l’initiative de François Marchand principalement parce que l’emplacement du Marché dans le Vieux-Québec revêt un cachet sans pareil, à caractère convivial et qui réunit bon an mal an des milliers d’amateurs de produits du Québec, à quelques pieds d’une marina surplombée par un espace public où des visiteurs de partout déambulent sans autre but que de savourer quelques moments privilégiés de détente.

quebechebdo 15 mai 2019
 

La charrue devant les boeufs

14 mai 2019

C’était à prévoir, neuf mois après le retour du cours obligatoire d'éducation à la sexualité dans les écoles primaires et secondaires du Québec, c’est l’impasse. C’est du moins le constat que dresse la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE), Josée Scalabrini, qui dénonce l’insuffisance des ressources financières pour embaucher des intervenants externes, précisant que ses membres ne se sentent pas «à l’aise» d’enseigner cette matière, car ils craignent, entre autres, d'être incapables de répondre aux questions parfois pointues des élèves

Au départ, les enseignants ne devaient pas être forcés à donner le cours ; d'autres intervenants, comme des travailleurs sociaux, pouvaient aussi le dispenser. Il appartenait aux écoles de déterminer le moment et la manière pour offrir ces cours. Or, sur le terrain, c'est une tout autre histoire, selon Mme Scalabrini. Les écoles ont très peu de latitude, la grille-matières du régime pédagogique étant déjà suffisamment remplie, et, de surcroît, il n'y a pas d'argent pour embaucher des intervenants externes.

Pour tout dire, le cours d’éducation à la sexualité, quoique, véhiculant des objectifs louables dans la foulée du mouvement #moiaussi,, ait démarré avec de bonnes intentions, les promesses de ressources humaines compétentes n’ont pas suivi… Autrement dit, la charrue a été placée devant les bœufs!

quebechebdo 14 maiI 2019
 

Laissez les personnes âgées en paix!

13 mai 2019

Dernièrement, j’écoutais un reportage sur l’implantation du Guide alimentaire canadien dans les CHSLD, et je n’ai pu m’empêcher d’imaginer la réaction confuse des personnes âgées devant cette litanie de termes qui leur sont complètement inconnus, tels le tofu, le soya ou le tempeh.

Les personnes âgées d’aujourd’hui ont vécu dans un monde de viandes et de légumes sans aucune référence aux protéines végétales. Elles ont maintenant atteint (et ce, sans l’apport d’un Guide alimentaire…) l’âge vénérable de manger ce qu’elles désirent pour leurs dernières années sur cette terre… Laissons-leur au moins ce « privilège » qu’elles méritent amplement!

quebechebdo 13 mai 2019  

 

Haro sur la violence sur les médias sociaux

12 mai 2019

Nonobstant le fait que les médias sociaux ont contribué à créer des liens entre les utilisateurs, force est de constater qu’ils véhiculent de plus en plus des messages de violence et de haine inacceptables dans une société civilisée.

Dans cet esprit, j’endosse d’emblée l’initiative de l’« Appel de Christchurch », un sommet multilatéral regroupant les gouvernements et les entreprises des secteurs technologiques et visant à enrayer la propagation du terrorisme et de l'extrémisme en ligne. Rappelons que, lors de la fusillade de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, qui a fauché la vie de 51 personnes en mars dernier, le tireur fou a diffusé son attaque barbare en direct sur les réseaux sociaux, et que cette vidéo a été partagée des milliers de fois.

De toute évidence, les médias sociaux sont devenus le moyen de communication privilégié auprès des utilisateurs des moyens électroniques, notamment chez les jeunes, à tel point que le phénomène de cyberdépendance préoccupe de plus en plus les spécialistes en la matière.

L’« Appel de Christchurch » se déroule parallèlement à la réunion des ministres du G7 responsables du Numérique, qui examinera également, entre autres, les moyens de lutter contre la haine et les abus en ligne… Espérons que ces rencontres contribueront à freiner cette montée de violence inquiétante, voire alarmante!

quebechebdo 12 mai 2019 
Le Soleil 14 mai 2019 (version abrégée)

Et tant pis pour notre langue officielle!

11 mai 2019

Dieu sait comme il est ardu d’obtenir que la langue française conserve ses lettres de noblesse au Québec…Et pourtant, croyez-le ou non, des échanges se sont déroulés uniquement en anglais et sans traduction à la commission parlementaire sur les transports et l’environnement.

Le tout s’est déroulé lorsque les représentants de l’entreprise américaine de covoiturage Lyft étaient questionnés dans le cadre de l’étude du projet de loi 17 sur l’industrie du taxi. L’un des représentants unilingues de l’entreprise était accompagné d’un traducteur mais certains des députés, dont le ministre Bonnardel, ont choisi de l’ignorer, Gaétan Barrette alléguant quant à lui que « notre temps imparti est un petit peu, pas mal, plus court que le gouvernement […], comme on a un intérêt dans le temps, je vais aller en anglais pour permettre à mes collègues d’avoir le temps nécessaire pour vous poser des questions ».

Suite aux protestations du député du PQ, Joel Arseneau, qui a demandé que les réponses soient traduites en français, le président de la commission, Saul Polo, a précisé qu’il n’y a aucune règle ou loi qui interdit aux parlementaires de s’adresser [à la commission] dans la langue qu’ils souhaitent…Et tant pis pour notre langue officielle à l’intérieur même de notre auguste Assemblée nationale ! 

quebechebdo 11 mai 2019

Les principes d’abord, la mécanique ensuite

10 mai 2019

Lors de son témoignage à la commission parlementaire sur la laïcité de l’État, le président de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Alain Fortier, a tenu à expliquer les difficultés liées à la mise en application du projet de loi 21. Conséquemment, il a recommandé au ministre de l'Immigration, Simon Jolin-Barrette, de ne pas assujettir les enseignants et les directions d'établissement à son projet de loi.

Autrement dit, M. Fortier, nonobstant ce qu’il qualifie d’un « texte législatif qui ne serait pas applicable dans leurs établissements », ne s’est jamais prononcé sur le fait qu’il était pour on contre les principes du projet de loi tels qu’énoncés dans la proposition du gouvernement.

Toutefois, de l’avis du président de la FCSQ, « Ce qu’on vous dit ici, c’est que la difficulté d’application à ce niveau est que la définition du signe religieux et de ses différentes déclinaisons devient assez subjective. C'est dans ce sens-là qu’on vous invite, bien respectueusement, à bien définir ce que vous entendez par signe religieux [...] pour aider les gestionnaires à encadrer cette loi. »

À mes yeux, il eût été pertinent que M. Fortier se prononce sur les principes qui sous-tendent le projet de loi quitte à déterminer en addenda la mécanique appropriée pour les encadrer, notamment des précisions sur les signes religieux.

vigile.net tribune libre 8 mai 2019
quebechebdo 10 mai 2019

Confusion dans l’argumentaire

9 mai 2019

Le témoignage de Gérard Bouchard était attendu avec intérêt à la Commission parlementaire sur le projet de Loi sur la laïcité. Sans grande surprise, M. Bouchard s’est prononcé d’entrée de jeu contre le projet de loi 21, notamment sur l’interdiction du port des signes religieux chez les enseignants et les directeurs d’écoles.

À titre d’argumentaire, Gérard Bouchard a demandé au ministre responsable du projet de loi, Simon Jolin-Barrette, de prouver que le port du hidjab par des professeurs, par exemple, entraîne l’endoctrinement des élèves.

Or, à ma connaissance, au même titre que les policiers, les gardiens de prison et les juges, les enseignants sont en ligne d’autorité vis-à-vis leurs élèves et, à ce titre, le port d’un signe religieux ostentatoire vient court-circuiter l’autorité laïque qu’ils incarnent de facto dans leur profession.

Autrement dit, la question de l’endoctrinement des élèves ne fait pas office d’argument prioritaire mais ne fait que signaler une hypothèse possible dans l’exercice de la profession de l’enseignant qui porte un signe religieux… En conséquence, la demande de Gérard Bouchard au ministre de prouver avant d’interdire ne tient tout simplement pas la route face au principe qui soutient que le port de signes religieux est inconciliable avec des postes en ligne d’autorité dans une société laïque.

vigile.net tribune libre 8 mai 2019 "Un argumentaire qui ne tient pas la route"
quebechebdo 9 mai 2019
Le Devoir 13 mai 2019

 

Sébastien Proulx, le sauveur?

8 mai 2019

Quelque dix jours après la cuisante défaite des libéraux du 1er octobre 2018, lors d’une réunion des ministres sortants, le nouveau leader parlementaire de l’opposition officielle, le député de Jean-Talon Sébastien Proulx n’écartait pas la possibilité de se présenter comme candidat à la chefferie du PLQ.

Or alors qu’il avait renoncé depuis à se lancer dans la course à la succession de Philippe Couillard, Sébastien Proulx ouvre désormais la porte à une possible candidature pour représenter « le courant nationaliste » du parti, estimant qu’il s’agit du chemin vers la victoire électorale.
L’ex-ministre de l’Éducation est arrivé en poste dans un contexte de coupures de dépenses, notamment en éducation. Conséquemment, il est difficile d’évaluer son véritable potentiel en tant que ministre. Toutefois, il semble avoir la verve nécessaire pour mettre de l’avant ses projets.

Quant à son leadership auprès des militants, ça reste à voir… Il pourra surement le constater rapidement s’il se lance dans la course et qui sait, il deviendra peut-être le sauveur tant attendu du côté des rouges provinciaux!

quebechebdo 8 mai 2019