La charrue devant les boeufs

14 mai 2019

C’était à prévoir, neuf mois après le retour du cours obligatoire d'éducation à la sexualité dans les écoles primaires et secondaires du Québec, c’est l’impasse. C’est du moins le constat que dresse la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE), Josée Scalabrini, qui dénonce l’insuffisance des ressources financières pour embaucher des intervenants externes, précisant que ses membres ne se sentent pas «à l’aise» d’enseigner cette matière, car ils craignent, entre autres, d'être incapables de répondre aux questions parfois pointues des élèves

Au départ, les enseignants ne devaient pas être forcés à donner le cours ; d'autres intervenants, comme des travailleurs sociaux, pouvaient aussi le dispenser. Il appartenait aux écoles de déterminer le moment et la manière pour offrir ces cours. Or, sur le terrain, c'est une tout autre histoire, selon Mme Scalabrini. Les écoles ont très peu de latitude, la grille-matières du régime pédagogique étant déjà suffisamment remplie, et, de surcroît, il n'y a pas d'argent pour embaucher des intervenants externes.

Pour tout dire, le cours d’éducation à la sexualité, quoique, véhiculant des objectifs louables dans la foulée du mouvement #moiaussi,, ait démarré avec de bonnes intentions, les promesses de ressources humaines compétentes n’ont pas suivi… Autrement dit, la charrue a été placée devant les bœufs!

quebechebdo 14 maiI 2019
 

Laissez les personnes âgées en paix!

13 mai 2019

Dernièrement, j’écoutais un reportage sur l’implantation du Guide alimentaire canadien dans les CHSLD, et je n’ai pu m’empêcher d’imaginer la réaction confuse des personnes âgées devant cette litanie de termes qui leur sont complètement inconnus, tels le tofu, le soya ou le tempeh.

Les personnes âgées d’aujourd’hui ont vécu dans un monde de viandes et de légumes sans aucune référence aux protéines végétales. Elles ont maintenant atteint (et ce, sans l’apport d’un Guide alimentaire…) l’âge vénérable de manger ce qu’elles désirent pour leurs dernières années sur cette terre… Laissons-leur au moins ce « privilège » qu’elles méritent amplement!

quebechebdo 13 mai 2019  

 

Haro sur la violence sur les médias sociaux

12 mai 2019

Nonobstant le fait que les médias sociaux ont contribué à créer des liens entre les utilisateurs, force est de constater qu’ils véhiculent de plus en plus des messages de violence et de haine inacceptables dans une société civilisée.

Dans cet esprit, j’endosse d’emblée l’initiative de l’« Appel de Christchurch », un sommet multilatéral regroupant les gouvernements et les entreprises des secteurs technologiques et visant à enrayer la propagation du terrorisme et de l'extrémisme en ligne. Rappelons que, lors de la fusillade de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, qui a fauché la vie de 51 personnes en mars dernier, le tireur fou a diffusé son attaque barbare en direct sur les réseaux sociaux, et que cette vidéo a été partagée des milliers de fois.

De toute évidence, les médias sociaux sont devenus le moyen de communication privilégié auprès des utilisateurs des moyens électroniques, notamment chez les jeunes, à tel point que le phénomène de cyberdépendance préoccupe de plus en plus les spécialistes en la matière.

L’« Appel de Christchurch » se déroule parallèlement à la réunion des ministres du G7 responsables du Numérique, qui examinera également, entre autres, les moyens de lutter contre la haine et les abus en ligne… Espérons que ces rencontres contribueront à freiner cette montée de violence inquiétante, voire alarmante!

quebechebdo 12 mai 2019 
Le Soleil 14 mai 2019 (version abrégée)

Et tant pis pour notre langue officielle!

11 mai 2019

Dieu sait comme il est ardu d’obtenir que la langue française conserve ses lettres de noblesse au Québec…Et pourtant, croyez-le ou non, des échanges se sont déroulés uniquement en anglais et sans traduction à la commission parlementaire sur les transports et l’environnement.

Le tout s’est déroulé lorsque les représentants de l’entreprise américaine de covoiturage Lyft étaient questionnés dans le cadre de l’étude du projet de loi 17 sur l’industrie du taxi. L’un des représentants unilingues de l’entreprise était accompagné d’un traducteur mais certains des députés, dont le ministre Bonnardel, ont choisi de l’ignorer, Gaétan Barrette alléguant quant à lui que « notre temps imparti est un petit peu, pas mal, plus court que le gouvernement […], comme on a un intérêt dans le temps, je vais aller en anglais pour permettre à mes collègues d’avoir le temps nécessaire pour vous poser des questions ».

Suite aux protestations du député du PQ, Joel Arseneau, qui a demandé que les réponses soient traduites en français, le président de la commission, Saul Polo, a précisé qu’il n’y a aucune règle ou loi qui interdit aux parlementaires de s’adresser [à la commission] dans la langue qu’ils souhaitent…Et tant pis pour notre langue officielle à l’intérieur même de notre auguste Assemblée nationale ! 

quebechebdo 11 mai 2019

Les principes d’abord, la mécanique ensuite

10 mai 2019

Lors de son témoignage à la commission parlementaire sur la laïcité de l’État, le président de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Alain Fortier, a tenu à expliquer les difficultés liées à la mise en application du projet de loi 21. Conséquemment, il a recommandé au ministre de l'Immigration, Simon Jolin-Barrette, de ne pas assujettir les enseignants et les directions d'établissement à son projet de loi.

Autrement dit, M. Fortier, nonobstant ce qu’il qualifie d’un « texte législatif qui ne serait pas applicable dans leurs établissements », ne s’est jamais prononcé sur le fait qu’il était pour on contre les principes du projet de loi tels qu’énoncés dans la proposition du gouvernement.

Toutefois, de l’avis du président de la FCSQ, « Ce qu’on vous dit ici, c’est que la difficulté d’application à ce niveau est que la définition du signe religieux et de ses différentes déclinaisons devient assez subjective. C'est dans ce sens-là qu’on vous invite, bien respectueusement, à bien définir ce que vous entendez par signe religieux [...] pour aider les gestionnaires à encadrer cette loi. »

À mes yeux, il eût été pertinent que M. Fortier se prononce sur les principes qui sous-tendent le projet de loi quitte à déterminer en addenda la mécanique appropriée pour les encadrer, notamment des précisions sur les signes religieux.

vigile.net tribune libre 8 mai 2019
quebechebdo 10 mai 2019

Confusion dans l’argumentaire

9 mai 2019

Le témoignage de Gérard Bouchard était attendu avec intérêt à la Commission parlementaire sur le projet de Loi sur la laïcité. Sans grande surprise, M. Bouchard s’est prononcé d’entrée de jeu contre le projet de loi 21, notamment sur l’interdiction du port des signes religieux chez les enseignants et les directeurs d’écoles.

À titre d’argumentaire, Gérard Bouchard a demandé au ministre responsable du projet de loi, Simon Jolin-Barrette, de prouver que le port du hidjab par des professeurs, par exemple, entraîne l’endoctrinement des élèves.

Or, à ma connaissance, au même titre que les policiers, les gardiens de prison et les juges, les enseignants sont en ligne d’autorité vis-à-vis leurs élèves et, à ce titre, le port d’un signe religieux ostentatoire vient court-circuiter l’autorité laïque qu’ils incarnent de facto dans leur profession.

Autrement dit, la question de l’endoctrinement des élèves ne fait pas office d’argument prioritaire mais ne fait que signaler une hypothèse possible dans l’exercice de la profession de l’enseignant qui porte un signe religieux… En conséquence, la demande de Gérard Bouchard au ministre de prouver avant d’interdire ne tient tout simplement pas la route face au principe qui soutient que le port de signes religieux est inconciliable avec des postes en ligne d’autorité dans une société laïque.

vigile.net tribune libre 8 mai 2019 "Un argumentaire qui ne tient pas la route"
quebechebdo 9 mai 2019
Le Devoir 13 mai 2019

 

Sébastien Proulx, le sauveur?

8 mai 2019

Quelque dix jours après la cuisante défaite des libéraux du 1er octobre 2018, lors d’une réunion des ministres sortants, le nouveau leader parlementaire de l’opposition officielle, le député de Jean-Talon Sébastien Proulx n’écartait pas la possibilité de se présenter comme candidat à la chefferie du PLQ.

Or alors qu’il avait renoncé depuis à se lancer dans la course à la succession de Philippe Couillard, Sébastien Proulx ouvre désormais la porte à une possible candidature pour représenter « le courant nationaliste » du parti, estimant qu’il s’agit du chemin vers la victoire électorale.
L’ex-ministre de l’Éducation est arrivé en poste dans un contexte de coupures de dépenses, notamment en éducation. Conséquemment, il est difficile d’évaluer son véritable potentiel en tant que ministre. Toutefois, il semble avoir la verve nécessaire pour mettre de l’avant ses projets.

Quant à son leadership auprès des militants, ça reste à voir… Il pourra surement le constater rapidement s’il se lance dans la course et qui sait, il deviendra peut-être le sauveur tant attendu du côté des rouges provinciaux!

quebechebdo 8 mai 2019
 

Qui est Yves-François Blanchet?

7 mai 2019

D'entrée de jeu, inutile d’insister longtemps sur la pente descendante quasi vertigineuse du Bloc québécois depuis sa création. Les raisons sont multiples mais là n’est pas mon propos.

Yves-François Blanchet, nouveau chef du Bloc

Né à Drummondville, le 16 avril 1965, fils de Raymond Blanchet, technicien et poseur de ligne chez Bell, et de Pierrette Bédard, infirmière, enseignante et animatrice de radio.

Étudia au primaire à Saint-Germain-de-Grantham et au secondaire à Drummondville. Obtint un diplôme en sciences humaines du cégep de Drummondville en 1984 et un baccalauréat en histoire et en anthropologie de l'Université de Montréal en 1987.

Employé permanent au comité national des jeunes du Parti québécois en 1988 et en 1989. Fondateur et président de Les Productions culturelles Paradigme et de Diffusion YFB de 1990 à 2008. Enseignant auprès de décrocheurs pour Intégration Jeunesse du Québec en 1991 et en 1992. Enseignant à l'École du show-business en 1993 et en 1994. Président de l'Association québécoise de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ) de 2003 à 2006.

De 2000 à 2008, fut membre du Conseil canadien de la musique, du Comité ministériel sur la culture à la Commission du disque et du spectacle de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), du conseil d'administration de l'ADISQ, du fonds RadioStar, de la Fondation Musicaction et de la Société de gestion collective des droits des producteurs de phonogrammes et de vidéogrammes du Québec (SOPROQ). Président du Jour de la Terre Québec (Projets Saint-Laurent ) de 2006 à 2008.

Nommé personnalité Jeunesse optimiste de Drummondville en 1981. Récipiendaire, ou artistes associés récipiendaires, de 10 trophées Félix décernés au Gala de l'ADISQ de 1995 à 2005. Personnalité de l'année de la Chambre de commerce et d'initiative de Drummondville en 2006.

Président régional des jeunes du Parti québécois en 1987 et en 1988. Élu député de ce parti dans Drummond en 2008. Élu dans Johnson en 2012. Vice-président de la Commission de la culture et de l'éducation du 14 février au 1er août 2012. Whip en chef du gouvernement du 11 septembre au 3 décembre 2012. Ministre du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs du 4 décembre 2012 au 23 avril 2014. Défait en 2014.

Annonça sa candidature pour devenir chef du Bloc québécois le 26 novembre 2018; fut déclaré élu le 17 janvier 2019.
Source : Assemblée nationale du Québec

À quoi s’attendre des performances du nouveau chef du Bloc en octobre 2019?

Les résultats des deux dernières campagnes du Bloc ont vu sa performance fondre comme neige au soleil, soit 23,4 % et 19,3% du suffrage au Québec sous la direction de Gilles Duceppe. Depuis lors, le Bloc est aux prises avec des guéguerres intestines à n’en plus finir. À mon sens, l’arrivée d’un homme d’expérience posé et articulé comme Yves-François Blanchet saura redonner au parti tout l’aplomb nécessaire pour remettre le Bloc sur ses rails

Je suis d’avis qu’il saura ravir quelques ou plusieurs comtés aux libéraux de Justin Trudeau qui voit son étoile pâlir au Québec à la lumière des derniers sondages. En bref, Yves-François Blanchet est le type de politicien honnête et crédible qui risque de plaire aux Québécois et aux Québécoises… et qui sait, d'obtenir une majorité de sièges au Québec!

vigile.net tribune libre 6 mai 2019

Une mort prémonitoire?

5 mai 2019

Une enfant de 7 ans est décédée dans des circonstances tragiques. On ne connaît ni son nom, ni son prénom, ni son visage et pourtant, elle est devenue, en l’espace de quelques heures, l’enfant-martyre de Granby, voire du Québec tout entier. Colère, tristesse, frustration, sentiment d’impuissance se sont emparées de toute une population à la vitesse de l’éclair.

Mais à quoi pouvons-nous attribuer un phénomène aussi médiatique? Un proverbe persan dit que « les enfants sont un pont pour aller au ciel ». Si j’applique ce proverbe au décès dramatique de la fillette de Granby, je pourrais l’interpréter en ces mots : cette jeune fille incarne le pont qui nous conduira aux solutions pour que d’autres drames semblables ne se produisent plus.

Si l’on désire donner un sens à cette mort horrible, c’est cette voie que nous devons emprunter tous ensemble, à défaut de quoi cette enfant aura souffert toute sa courte vie et aura rendu l’âme à bout de force…en vain!

quebechebdo 5 mai 2019
vigile.net tribune libre 6 mai 2019
 

Imputabilité mise à l’épreuve

4 mai 2019

On aura beau, et à raison, passer par toute la gamme des émotions eu égard à la mort de la fillette de 7 ans de Granby, tôt ou tard, la question de l’imputabilité relative à un drame aussi tragique sera soulevée par les autorités responsables.

À première vue, il m’apparaît que des failles importantes ont été détectées dans le traitement du dossier de la fillette, et cela dès son tout jeune âge. À cet égard, la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de l’Estrie, pour toutes sortes de raisons probablement justifiées, évoque, entre autres arguments, le manque de ressources humaines pour faire face aux très nombreux signalements auxquels elle est sans cesse confrontée.

Toutefois, on a appris que la grand-mère de la fillette a eu, pendant quelques années, la garde de sa petite-fille à la suite des appels à l’aide du père qui avait peine à en assumer la garde et des excès de violence répétitifs de sa conjointe envers sa fille qui est finalement retournée vivre chez son père, ce dernier évoquant qu’il avait changé…

Conséquemment, je suis d’avis que le directeur de la DPJ de l’Estrie, malgré les arguments évoqués pour sa défense, est imputable au premier chef de la mort de la fillette et qu’il doit maintenant en assumer les conséquences qui lui incombent en tant que premier répondant d’un organisme responsable de la protection de cette fillette.

quebechebdo 4 mai 2019
vigile.net tribune libre 6 mai 2019