Eh bien, M. Bouchard, qu’attendez-vous pour appuyer la loi 21?

4 mars 2020

Dans une déclaration faite sous serment, Mme Hadj Kacem relate que sa fille fréquentant le service de garde de son école primaire d’Hochelaga-Maisonneuve a subi la pression d’éducatrices voilées pour qu’elle remercie Allah à la fin des repas et qu’elle cesse d’avoir recours au traiteur de l’école parce que la nourriture servie n’est pas halal ou contient du porc. Mme Hadj Kacem dit avoir retiré sa fille du service de garde après avoir déposé plusieurs plaintes à la direction.

« J’ai quitté la Tunisie pour que ma fille puisse grandir dans un milieu respectueux de ses choix et décisions », est-il écrit dans la déclaration sous serment. « Or, c’est en fréquentant l’école publique de mon quartier que ma fille subit des pressions pour se comporter comme une “bonne musulmane”. […] J’ai la forte impression que le port d’un signe religieux par des personnes en position d’autorité influence les comportements de ma fille et la fait questionner ses choix et ceux de sa mère. »

Pour sa part, Ferroudja Si Hadj Mohand raconte qu’une éducatrice portant le hidjab aurait interpellé une amie de sa fille de 9 ans parce qu’elle enlevait et remettait son voile islamique dans la cour de l’école de Montréal-Nord qu’elles fréquentent. L’éducatrice lui aurait dit qu’une fois mis, le voile ne devait plus être enlevé. Puis, se tournant vers la fille de Mme Hadj Mohand, elle lui aurait demandé quand elle commencerait à le porter. La jeune fille s’est sentie « gênée » et obligée de répondre « Peut-être au secondaire ».

L’an dernier, le sociologue Gérard Bouchard, qui avait coprésidé la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables, avait vilipendé la loi 21 du gouvernement de François Legault. Il avait mis ce dernier au défi de prouver que le port d’un symbole religieux par une enseignante avait un effet négatif sur les élèves.

« Ce qu’on entend souvent durant ce débat, c’est que le seul fait de porter un signe religieux — le hidjab, par exemple — entraîne une forme d’endoctrinement chez les élèves. On entend aussi que ça traumatise certains élèves, ou alors que c’est contraire à l’exercice pédagogique, ou bien que ça compromet le climat de travail dans la classe, etc. », avait lancé M. Bouchard. « Si jamais un seul de ces éléments était prouvé, personnellement, je vous le dis tout de suite, je serais tenté d’appuyer votre projet de loi. »

Eh bien, M. Bouchard, qu’attendez-vous pour appuyer la loi 21?

Source :  https://www.msn.com/fr-ca/actualites/quebec-canada/des-exemples-de-prosélytisme-à-la-csdm/ar-BB10Eo6g?ocid=spartandhp

vigile.net tribune libre 3 mars 2020

Peut-on isoler l’homme de son oeuvre?

3 mars 2020

Tandis que son long-métrage J’accuse, qui relate les circonstances ayant entouré l’affaire Dreyfus, sortait le 13 novembre 2019 sur les écrans en France, le réalisateur franco-polonais était accusé à plusieurs reprises d’agressions sexuelles. Condamné pour détournements de mineurs en 1977, Roman Polanski est toujours poursuivi pour viol devant les tribunaux californiens.

Or, lors de la Mostra de Venise, J’accuse a remporté le Grand Prix du Jury et, depuis sa sortie en salles, le film a su attirer les spectateurs en faisant fi des manifestations et scandales entourant son auteur. En trois semaines, le long-métrage a atteint le million d’entrées en France et cela, malgré la polémique acerbe menée par des mouvements féministes issus de #MeToo.

Si l’on suit l’argumentaire des anti-Polanski, peut-on encore écouter la musique de Michael Jackson ou de Bertrand Cantat? Doit-on toujours aller voir les films de Woody Allen? En termes clairs, peut-on isoler l’homme de son œuvre artistique? Peut-on laisser le cinéphile décider du choix des films qu’il désire voir, notamment la mise sur écran d’une histoire qui a marqué l’imaginaire français.

 Au Québec, certains distributeurs se sont déjà manifestés contre la présentation du film J’accuse dans leurs salles de cinéma, arguant, notamment, la non-acceptabilité sociale et le respect envers le mouvement #MeToo. À mon avis, J’accuse doit avoir son ticket d’entrée dans les salles de cinéma québécoises, si ce n’est tout au moins par égard pour les cinéphiles.

quebechebdo 3 mars 2020

Là-haut sur la colline…

2 mars 2020

À la suite du référendum de 1995 où les Québécois ont rejeté par une faible marge, soit (50,6 %), le projet de souveraineté du Québec, le gouvernement Chrétien, « sentant la soupe chaude », met en branle un processus de renvoi à la Cour suprême sur la sécession du Québec en 1998, laquelle donnera naissance à la loi sur la clarté référendaire adoptée en 2000, une des lois les plus retorses jamais adoptées par le gouvernement fédéral contre le caractère distinct du Québec.

En 1997, le gouvernement Chrétien, là-haut sur la colline parlementaire, confie à son ministre des affaires intergouvernementales Stéphane Dion le soin de gérer ce dossier afin de déterminer les actions à prendre au cas où un autre référendum sortirait gagnant. La solution choisie est de demander l'avis de la Cour suprême sur trois questions :

« 1. L’Assemblée nationale, la législature, ou le gouvernement du Québec peut-il, en vertu de la Constitution du Canada, procéder unilatéralement à la sécession du Québec du Canada? »

« 2. L’Assemblée nationale, la législature, ou le gouvernement du Québec possède-t-il, en vertu du droit international, le droit de procéder unilatéralement à la sécession du Québec du Canada? À cet égard, en vertu du droit international, existe-t-il un droit à l’autodétermination qui procurerait à l’Assemblée nationale, la législature, ou le gouvernement du Québec le droit de procéder unilatéralement à la sécession du Québec du Canada? »

« 3. Lequel du droit interne ou du droit international aurait préséance au Canada dans l’éventualité d’un conflit entre eux quant au droit de l’Assemblée nationale, de la législature ou du gouvernement du Québec de procéder unilatéralement à la sécession du Québec du Canada? »

Le 20 août 1998, la Cour suprême dépose le Renvoi relatif à la sécession du Québec, en réponse à ces questions. Selon la Cour, la Constitution repose sur des principes qui permettent d'affirmer qu'il y a obligation pour le Canada de négocier. Le Québec ne peut cependant pas invoquer le droit des peuples à l’autodétermination car il « ne constitue pas un peuple colonisé ou opprimé ». Toutefois, lorsqu'une province exprime par référendum la volonté de se séparer, le gouvernement fédéral et les autres provinces ont l'obligation constitutionnelle de négocier avec elle. La Cour pose deux conditions à cette obligation : la question posée au référendum doit être claire et le résultat du référendum doit être clair.

En bref, ce qui est « clair », c’est qu’aucune précision ni sur la question référendaire ni sur le résultat du référendum ne fait référence à quelque notion de « clarté »… C’est le flou total!

Et, pour ajouter encore davantage de confusion, le parlement fédéral adopte le 29 juin 2000 la Loi donnant effet à l’exigence de clarté formulée par la Cour suprême du Canada dans son avis sur le Renvoi sur la sécession du Québec dont voici quelques extraits du préambule :

Attendu :

que la Cour suprême du Canada a confirmé que ni l’Assemblée nationale, ni la législature, ni le gouvernement du Québec ne dispose, en droit international ou au titre de la Constitution du Canada, du droit de procéder unilatéralement à la sécession du Québec du Canada;

que la Cour suprême du Canada a déclaré que les résultats d’un référendum sur la sécession d’une province du Canada ne sauraient être considérés comme l’expression d’une volonté démocratique créant l’obligation d’engager des négociations pouvant mener à la sécession que s’ils sont dénués de toute ambiguïté en ce qui concerne tant la question posée que l’appui reçu;

que, compte tenu du fait que la Cour suprême du Canada a conclu qu’il revient aux représentants élus de déterminer en quoi consistent une question et une majorité claires dans le cadre d’un référendum sur la sécession tenu dans une province, la Chambre des communes, seule institution politique élue pour représenter l’ensemble des Canadiens, a un rôle important à jouer pour déterminer en quoi consistent une question et une majorité suffisamment claires pour que le gouvernement du Canada engage des négociations sur la sécession d’une province du Canada;

En termes clairs, une victoire du « oui » lors d’un référendum portant sur l’accession du Québec à son indépendance devra surmonter bien des obstacles pour en arriver à ses fins!

vigile.net tribune libre 2 mars 2020

 

Guy Nantel se porte candidat à la direction du Parti québécois

1 mars 2020


Dans son essai politique Je me souviens… de rien publié chez Groupe Entourage en 2017, le candidat à la direction du Parti québécois, Guy Nantel, propose un essai politique à propos des enjeux et des défis auxquels est confronté le Québec d’aujourd’hui.

Parmi ces défis, se retrouve celui de « mettre fin aux querelles stériles avec les anglophones ».

Quant au pourquoi et au comment réaliser ce « défi », j’ai cru qu’il était pertinent de laisser l’auteur s’exprimer lui-même sur le sujet en vous livrant quelques citations de son ouvrage.

« Il est vrai que les anglophones sont largement minoritaires ici, mais l’importance de leur apport à la culture québécoise et les siècles que nous avons traversés ensemble font en sorte que leur culture constitue une assise de notre nation. Les Québécois ont besoin de tout le monde pour faire un pays et nous avons tout intérêt à nous rallier plutôt qu’à nous diviser ».

« Si les anglophones n’adhèrent pas à l’idée d’un Québec souverain sur une base culturelle, qu’ils épousent au moins la cause pour des raisons financières. Nous serions tous gagnants si nous faisions front commun pour créer ensemble ce nouveau pays ».

« Nulle part ailleurs une si petite minorité n’est aussi respectée que la communauté anglophone du Québec et il en sera toujours ainsi dans un Québec souverain. Francophones et anglophones doivent donc mettre le passé de côté et apprendre à cheminer ensemble. L’ouverture des anglophones devra se manifester par son pourcentage d’appuis à l’idée de faire un pays avec la communauté francophone, et celle des francophones se fera à travers la reconnaissance de la culture anglaise comme étant elle aussi fondatrice du Québec d’aujourd’hui ».

« Différentes mesures peuvent être prises en ce sens telles que l’intégration d’un symbole anglais sur le drapeau d’une éventuelle république du Québec, ou l’établissement du statut de langue nationale minoritaire pour l’anglais, garantissant que les anglophones d’ici continueront de recevoir des services dans leur langue dans les régions où le nombre le justifie, et ce, même dans un pays dont la langue officielle est le français ».

« En ce qui concerne l’affichage extérieur commercial, le français se doit d’être prédominant. Mais le caractère multiculturel spécifique à Montréal réclame peut-être de revoir le fondement de ce principe dans la mesure où une loi pourrait permettre d’afficher soit exclusivement en français, soit en français ainsi que dans une autre langue au choix du commerçant à condition que le français occupe au moins les deux tiers de l’espace d’affichage ». Etc, Etc…

Avec de telles propositions, je suis d’avis que la position « faiblarde » de Guy Nantel sur la défense de la langue française au Québec risque de devenir tôt dans la course à la chefferie son talon d’Achille…

vigile.net tribune libre 14 février 2020

Ralph Mercier, un maire dévoué

14 février 2020

Celui qui aura pris à coeur sans relâche la défense des citoyens de Charlesbourg pendant 17 ans, à titre de maire, M. Ralph Mercier, est décédé le 13 février, le jour même de ses 83 ans.

Pour avoir pu m’entretenir assez régulièrement avec M. Mercier lors de mes marches dans le voisinage, je me rappellerai toujours avec quelle passion il me parlait de tel ou tel citoyen de Charlesbourg, ou de tel projet qu’il caressait pour les jeunes ou pour les personnes âgées de la municipalité.

Ralph Mercier était un homme calme qui fuyait les prises de bec et qui s’appliquait plutôt à rechercher la conciliation. Ainsi, même à l’époque de le Loi sur les fusions municipales pendant laquelle il formait équipe avec le maire de Beauport Jacques Langlois, et Andrée P. Boucher, la mairesse de Ste-Foy, deux tempéraments bouillants, il a su tirer son épingle du jeu en apportant des arguments à la défense de l’autonomie des municipalités tout en respectant ses adversaires du gouvernement provincial.

Toutes ces années où il a fait carrière dans la politique municipale lui ont conféré une sagesse telle que plusieurs élus municipaux lui demandaient une rencontre pour avoir son avis sur tel ou tel problème auquel ils avaient à faire face et, toujours, M. Mercier était là pour les écouter et les conseiller.

Enfin, je vous fais part de cette phrase révélatrice que son fils Éric a retenu de son père : « La politique, c’est un peu comme être curé, c’est une vocation. Il ne faut pas s’en servir pour en tirer un bénéfice, mais pour servir la population »… Adieu, M. Mercier, et merci pour votre dévouement inlassable envers les Charlesbourgeois!

querbechebdo 14 février 2020
Le Soleil 15 février 2020

La Loi 40 au banc des accusés

13 février 2020

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la Loi 40 modifiant principalement la Loi sur l’instruction publique relativement à l’organisation et à la gouvernance scolaires suscite de nombreuses frustrations, notamment auprès des commissaires et des maires des municipalités.

Du côté des commissaires, comme si ce n’était pas assez d’avoir assisté illico à l’abolition de leur poste, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, leur demande de demeurer disponibles pour « faire de sa réforme une réussite » et les invite à « collaborer » avec les directeurs généraux des commissions scolaires qui ont pour tâche de piloter cette période de transition jusqu’au 15 juin.

En ce qui a trait aux municipalités, un amendement de dernière minute les force à donner des terrains gratuitement aux nouveaux centres de services scolaires, en échange de quoi elles pourront utiliser les gymnases des écoles et profiter des taxes municipales que générera un « éventuel » développement résidentiel autour de l’école.

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement Legault précipite l’adoption de projets de loi, comme s’il se retrouvait continuellement dans une situation d’urgence. Et s’ajoute à cela bien souvent des ajouts ou des modifications qui ont l’heur de créer des frustrations auprès des personnes qui sont malheureusement souvent placées devant le fait accompli.

Une attitude pour le moins cavalière, voire méprisante, qui dénote une lacune évidente eu égard au nécessaire processus de consultation sérieusement entaché par une démarche qui place l’urgence continuellement comme une priorité absolue.

quebechebdo 13 février 2020

Des commentaires rafraîchissants sur Frédéric Bastien

13 février 2020

J’ai souvent l’impression, à la suite d’un article d’un chroniqueur ou d’un éditorialiste, que les commentaires des lecteurs m’en apprennent davantage que l’auteur sur le sujet de l’article, Eh bien le phénomène s’est produit à nouveau lorsque j’ai lu certains commentaires eu égard à Frédéric Bastien à la suite de l’article de Michel David paru dans Le Devoir du 11 février sous le titre Le pitbull

Aussi ai-décidé de vous en présenter un certain nombre que j’ai glanés au cours de ma lecture :  

« Méfiez-vous monsieur, c'est peut-être votre commentaire qui ira enrichir le fameux « champs de ruines » de monsieur Parizeau. On ne connait pas l'avenir. Plus ça va, plus le discours de monsieur Bastien m'attire. Je peux dire aussi me séduit.
Seul « un pitbull » pourra faire avancer avec succès les revendications du Québec. Nous avons besoin d'une personnalité qui n'a pas peur de s'assumer et de faire la bataille avec le Canada anglais pour nos valeurs.

La laïcité est un des piliers de la Révolution tranquille qui distingue les Québécois des autres provinces du Canada et de l’Amérique du Nord. Monsieur Bastien pourra se tenir debout et défendre notre laïcité devant le barrage de critiques de racisme et de xénophobie provenant du Canada anglais. C’est certain qu'il ne va pas céder aux critiques de ceux et celles qui veulent nous diviser avec le sectarisme ethnique, au lieu de promouvoir la citoyenneté. »

« Après tout, les Irlandais ont lutté combien de temps, cinq cents, six cents ans avant d'accéder à l'Indépendance… Les grands mouvements de l'histoire se déploient lentement. Un livre m'en a convaincu. « Une histoire populaire de l'humanité » par Chris Harman, qui se termine sur cette note : « Les seuls véritables prophètes son ceux qui modèlent l'avenir. Comprendre le passé peut y aider. C'est pourquoi j'ai écrit ce livre. » C'est avec des « Pitbull(s) » que nous gagnerons. Frédéric Bastien que je ne croyais pas, m'a tout l'air d'en être un. C'est drôlement intéressant… »

« Bastien nous propose un autre cadre stratégique, attaquer le régime sans attendre et créer une dynamique politique qui vise la rupture. Bref un retour à la realpolitik, ce qu'il souligne en citant de Gaule ( «Il n'y a pas de politique qui vaille en dehors de la réalité »)

« M. Bastien parlera d'indépendance avec l'obligation de négocier avec le Canada, ce sera la façon de mousser la question nationale auprès de la population québécoise. La question environnementale fait déjà partie d'une préoccupation connue et je suis sûr qu'elle sera du discours du candidat puisque la population du Québec est en contradiction avec le ROC, donc une autre raison de notre souveraineté. Du calme M. David avec votre bulldozer, laissez le "pitbull" faire sa niche. »

« Selon Frédéric Bastien, « il y a une règle [dans le Renvoi relatif à la sécession du Québec édicté par la Cour suprême en 1998] qui dit que, si une majorité à l’Assemblée nationale vote une motion demandant une modification de la Constitution, il doit y avoir une négociation obligatoire avec le fédéral et les autres provinces ».

Cette renégociation constitutionnelle servira, entre autres choses, à protéger la Loi sur la laïcité de l’État. Frédéric Bastien estime que c’est en se battant pour la laïcité et en contestant la Loi constitutionnelle de 1982 que « l’indépendance va redevenir pertinente et palpable » pour les Québécois, ce qui ouvrira la porte à la tenue d’un référendum dans un deuxième mandat. »

« Vent debout, Frédéric Bastien a démontré par ses dénonciations et sa détermination notamment lors du rapatriement de la Constitution, la complicité de la Cour suprême avec le Gouvernement Trudeau. Ce qui aurait pu se reproduire en regard de la Loi sur la laïcité si un appel était éventuellement interjeté à la Cour suprême : deux juges avec l'intention de participer à une conférence risquant de semer le doute sur leur impartialité qui, à la suite de la dénonciation de Frédéric Bastien, réserve oblige, ont préféré s'en abstenir. Il en faut du courage pour s'attaquer à la Magistrature fédérale, un bastion fermé comme une huître et rarement critiqué. L'idée de Frédéric Bastien d'exiger l'ouverture de négociations constitutionnelles est intéressante si ce n'était que de démontrer le statu quo du ROC toujours infondée à la monarchie britannique. »

« Quand il a pris la tête du PQ en 1988, Jacques Parizeau, qui s’était jadis opposé à l’étapisme de Claude Morin, avait fait inscrire dans le programme la tenue d’une série de référendums portant sur le rapatriement de pouvoirs. Il a changé d’idée quand l’échec de l’accord du lac Meech a ouvert de nouvelles perspectives. Qui sait où mènera la contestation de la loi 21, que Louise Mailloux a qualifiée dimanche de « formidable tremplin vers l’indépendance » ? Si les circonstances changeaient, M. Bastien serait sans doute tout disposé à prendre lui aussi un raccourci. »

En conclusion, je serais porté à dire que de plus en plus de souverainistes apprennent à connaître Frédéric Bastien, notamment la démarche qu’il propose pour accéder à notre indépendance… Et c’est tout à fait rafraîchissant de lire leurs commentaires, notamment sur l’histoire sordide du rapatriement de 1982!

vigile.net tribune libre 11 février 2020

Les églises, ces grandes oubliées

11 février 2020

Dans un temps pas si lointain, les clochers des églises incarnaient le cœur de la vie paroissiale. Au tintement de leur carillon, des enfants y étaient baptisés, des couples y convolaient en justes noces, des funérailles y étaient célébrées. Les églises avaient fièrement pignon sur rue en plein cœur de la paroisse.

Aujourd’hui, les églises se sont vidées de leurs fidèles et sombrent dans l’oubli ou, pire encore, disparaissent une à une sous le pic des démolisseurs et sous l’œil attristé de quelques passants nostalgiques. Des joyaux architecturaux de notre patrimoine religieux sont tombés dans l’oubli avec les photos des albums de familles sur lesquelles les invités à la noce posaient fièrement sur les marches du parvis de l’église.

Actuellement, 108 églises sont fermées au Québec, souvent depuis plusieurs années. À Québec seulement, au cours de l’été 2019, l’église du Très-Saint-Sacrement, construite entre 1920 et 1923, a dû être fermée d’urgence pour des raisons de sécurité, et l’église Saint-Cœur-de-Marie, érigée en 1919, et qui se démarquait par son architecture néo-byzantine rare au Québec, a été démolie. L’église Saint-Jean-Baptiste, un édifice phare du centre-ville de Québec, bâtie en 1881, est fermée depuis 2015. 

Le sort de ces églises est pourtant loin d’être unique. Une recension effectuée en mai 2019 par le Conseil du patrimoine religieux a révélé que 612 des 2746 églises qui avaient été répertoriées au Québec en 2003 avaient depuis été démolies, fermées ou recyclées. Autrement dit, 22 % du parc immobilier religieux a disparu sur une période de 16 ans.

Conséquemment, il est plus que temps que nos dirigeants protègent jalousement notre patrimoine religieux en investissant dans les joyaux architecturaux du peuple dont ils sont les mandataires!

quebechebdo 11 février 2020
Le Soleil 12 février 2020

Le proxénétisme, un fléau qui « vole » des vies

10 février 2020

En vertu de l’article 212 du Code criminel, sous la rubrique « proxénétisme », « quiconque vit entièrement ou en partie des produits de la prostitution d’une autre personne âgée de moins de dix-huit ans est coupable d’un acte criminel et passible d’un emprisonnement maximal de quatorze ans, la peine minimale étant de deux ans ».

Or, de sources officielles, 80 % des travailleuses du sexe ont débuté étant mineures, l’âge moyen où une prostituée est recrutée par un proxénète étant 14 ans. Au Québec, un proxénète gagne quotidiennement en moyenne 1 500 $, et 2 600 000 transactions de services sexuels sont offerts au Québec en un an.

J’ai lu avec beaucoup d’empathie dans un média le récit dramatique d’un père au sujet de sa fille qui, à l’âge de 15 ans, s’est fait agresser par cinq hommes. Il s’agissait de sa première relation sexuelle. Depuis lors, sa vie a basculé. Pendant plus de dix ans, elle a dansé dans les clubs de danseuses nues, a été exploitée sexuellement à raison d’environ 130 clients par semaine et s’est même rendue aux États-Unis, à la demande de son « patron ». 

Le père ne pardonnera jamais aux « morons » qui ont volé la vie de son enfant. Celle qui réussissait bien à l’école, qui avait l’avenir devant elle, mais surtout, celle « qu’il s’était promis de protéger ». Il aimerait que les gens cessent de « percevoir les travailleuses du sexe comme des moins que rien ». Selon lui, ce sont plutôt des jeunes filles qui ont été manipulées, droguées et qui sont devenues prisonnières de ce milieu. 

Malgré la sévérité de la loi envers les proxénètes, les statistiques à leur égard sont alarmantes. Pour tenter de palier ce phénomène, je suis d’avis que les efforts doivent être concentrés en amont, soit sur l’éducation auprès des jeunes et les ressources nécessaires aux parents qui sont aux prises avec un enfant qui semble s’orienter sur le chemin de la prostitution.

quebechebdo 10 février 2020

 

Henri Marineau
 

Quatre bâillons en huit mois!

9 février 2020

De toute évidence, on ne pourra pas reprocher au gouvernement Legault de ne pas respecter ses promesses électorales. En fait foi l’adoption du projet de loi 40 sur la gouvernance scolaire qui devient le quatrième projet de loi en huit mois à être adopté sous bâillon après la loi sur la laïcité, la réforme de l'immigration et la loi sur la déréglementation des tarifs d'Hydro-Québec.

Pour justifier l’utilisation de ce scénario, François Legault évoque toujours le fait que les partis d’opposition éternisent les débats en commissions parlementaires, et qu’« à un moment donné, il faut passer à l’action ». Soit!

D’autre part, je crois comprendre que, dans l’urgence d’agir pour réaliser ses promesses, le style « homme d’affaires » du premier ministre reprend souvent le dessus. En réalité, il faut bien l’admettre, gérer un gouvernement présente des différences, notamment par le nombre élevé de décideurs à l’Assemblée nationale, avec la gestion d’un Conseil d’administration d’une compagnie.

Je veux bien comprendre qu’à l’occasion certains partis veuillent profiter de la « vitrine » d’une commission parlementaire, mais je suis aussi d’avis que la plupart des députés qui y siègent sont de bonne foi… Aussi, pour le bien de la démocratie, François Legault aurait-il avantage à cultiver sa patience!

quebechebdo 9 février 2020