S.O.S. d’un handicapé

17 août 2020

L’histoire n’est pas nouvelle, des personnes souffrant d’un handicap sont tenues en otages dans des CHSLD, faute de soins à domicile. C’est le cas d’un ingénieur en informatique de 43 ans, Jonathan Marchand, atteint de dystrophie musculaire, qui vit en CHSLD depuis 10 ans, et qui, en guise de contestation, demeure enfermé dans une cage devant l’Assemblée nationale, alléguant qu’il ne bougera pas tant que le premier ministre ne lui aura pas garanti les sommes nécessaires à son retour à domicile.

C’est un secret de polichinelle, les soins à domicile sont les parents pauvres du système de santé au Québec. Et pourtant, depuis des décennies, tous les gouvernements se sont toujours engagés à pallier cette situation pour le moins embarrassante d’autant plus que ces mêmes gouvernements se disaient les défenseurs des soins à domicile qui favorisaient, selon leurs dires, la prise en charge graduelle de la personne handicapée. D’ailleurs, à cet effet, Jonathan Marchand allègue que son retour à domicile pourrait lui permettre de recommencer à travailler et de redevenir un actif pour la société.

Et, pour y arriver, M. Marchand a un plan auquel il a longuement réfléchi, à savoir un « programme d’assistance personnelle autodirigé québécois », où les personnes handicapées ne seraient pas « forcées » de rester à l'hôpital ou à domicile avec des services minimums, un plan, dit-il, qui coûterait moins cher à l’État que de leur bâtir des ailes dans les prochaines Maisons des aînés, où les personnes handicapées se sentiront encore « ghettoïsées ».

Les personnes handicapées sont des êtres humains à part entière et, de facto, elles méritent d’être traitées de la sorte à tous égards. Le cas de Jonathan Marchand s’apparente à une multitude de personnes handicapées laissées pour compte par le système de santé. Il est plus que temps que le gouvernement leur vienne en aide…C’est une simple question de dignité humaine tout à fait légitime.

vigile.quebec tribune libre 17 août 2020

Où est le nationalisme de la CAQ?

17 août 2020


Nonobstant la nouvelle loi sur la laïcité de l’état québécois, force est de constater que les mesures du gouvernement caquiste pour renforcer le nationalisme au Québec se sont faites rarissimes au cours des deux premières années de son mandat.


Et pourtant, la protection et la promotion de la culture québécoise, le renforcement de la loi 101, la préservation des fleurons québécois, la priorisation de l’éducation, des meilleurs soins de santé pour la population, et plus particulièrement pour les aînés, figuraient au sommet des promesses électorales du parti de François Legault.


L’étude rendue publique récemment par l’Office de la langue française sur les exigences accrues de bilinguisme dans les entreprises, les commerces et les municipalités représente le triste reflet d’une Charte de la langue française devenue vaporeuse, voire inopérante. Les chimères d’un Canada bilingue entretiennent le mirage de l’importance du français partout au pays alors que, dans les faits, le multiculturalisme révèle que l’anglais constitue la langue commune et que le français s’avère la langue d’une communauté culturelle parmi d’autres.


S’il désire légitimer le titre nationaliste qu’il s’est octroyé, le gouvernement Legault se doit de rendre incontournable le recours à la langue française, et exceptionnelle l’utilisation de la langue anglaise dans les institutions publiques et les milieux de travail.


Des mesures rigoureuses s’imposent, comme le financement des institutions publiques anglophones à hauteur du poids historique de la communauté anglophone au Québec, le prolongement de la loi 101 au collégial, l’interdiction d’exiger le bilinguisme pour obtenir un emploi dans les entreprises ou les commerces et la dispensation des services gouvernementaux en français.

vigile.quebec tribune libre 17 août 2020

Trudeau et Morneau doivent-ils démissionner?

16 août 2020

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, n’en démord pas : le premier ministre Justin Trudeau et son ministre des finances Bill Morneau doivent démissionner à la suite de l’affaire UNIS.

À défaut de quoi il menace de déposer une motion à la Chambre des communes pour faire tomber le gouvernement en octobre, et précipiter par le fait même des élections anticipées.

M. Blanchet a aussi affirmé qu’il préférerait continuer à travailler avec un gouvernement libéral minoritaire, sans Justin Trudeau et Bill Morneau, plutôt que de convoquer des élections anticipées. Or, pour l’instant, les planètes ne semblent pas s’aligner pour que le Bloc puisse rallier les conservateurs qui attendent l’arrivée d’un nouveau chef à la fin d’août ni les néo-démocrates dans son sillon dont le chef est en brouille avec le chef du Bloc depuis que Jagmeet Singh a traité de «raciste» un député bloquiste. 

Nonobstant le fait que le premier ministre risque de recevoir un troisième blâme de la part du commissaire à l’éthique, et que le ministre des Finances s’est fait payer des voyages aux frais de l’organisme UNIS, je ne crois pas qu’ils opteront pour la démission. Toutefois, je suis d’avis qu’ils doivent recevoir une sérieuse semonce de la part de la vice-première ministre Chrystia Freeland, appuyée par l’ensemble du caucus libéral.

vigile.quebec tribune libre 13 aoùt 2020 (version modifiée)
Le Soleil (version internet) le 16 août 2020

Combien d’enfants devrons-nous encore pleurer?

12 août 2020



Le rapport de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) rendu public le 11 août eu égard au décès de la fillette de Granby en avril 2019 est accablant. L’enquête fait état de ratés tout au cours du processus qui avait pour objectif ultime de protéger la vie de cette enfant martyre de 7 ans.

D’entrée de jeu, laissons la parole à la vice-présidente de la CDPDJ, Suzanne Arpin, qui lance un véritable cri d’alarme en faveur de la protection des enfants: « Combien d’enfants devrons-nous encore pleurer, combien d’enfants allons-nous laisser être victimes de maltraitance, victimes de notre tendance à banaliser l’inacceptable?… Quand notre système de protection, au-delà des mots, prendra-t-il le parti des enfants et de leurs droits? »

Parmi les recommandations de la Commission, je retiens celle-ci : que le point de vue de l’enfant soit pris en compte par la DPJ. À ce sujet, une chanson dit fort à propos : « On a mis quelqu’un au monde, on devrait peut-être l’écouter ». En réalité, qui de mieux que l’enfant maltraité est le mieux placé pour faire part des sévices qu’il subit de la part des personnes qui sont supposément censés le protéger?

En bref, un tel climat d’horreur est le reflet d’une structure organisationnelle malade, gangrenée, sclérosée. Les belles promesses sont devenues caduques. Vivement des gestes concrets, M. Legault, si vous voulez renverser la « tendance à banaliser l’inacceptable ».

vigile.quebec tribune libre 11 août 2020
quebechebdo 12 août 2020

Le rattrapage scolaire, ce grand oublié

11 août 2020

Bien que le plan du ministre de l’Éducation Jean-François Roberge eu égard aux mesures sanitaires qui encadreront la rentrée scolaire soit relativement bien accueilli par les principaux intervenants, force est de constater que le volet pédagogique, notamment sur le rattrapage des élèves qui ont accumulé des retards durant la période de confinement, n’a été abordé que du bout des lèvres par le ministre en glissant que « le volet pédagogique serait abordé ultérieurement ».

Il est minuit moins quartDe nombreux intervenants pressent le ministre de faire connaître rapidement les mesures qu’il entend mettre en place pour aider les élèves à combler leur retard scolaire, plusieurs d’entre eux n’ayant pas mis les pieds à l’école depuis la mi-mars.

« On a vu un ministre de l’Éducation nous parler de mesures sanitaires, de logistique, de mesures d’aménagement, ce qui était nécessaire et urgent. Mais moi, j’attends toujours un ministre de l’Éducation qui va se préoccuper d’abord et avant tout, ou tout autant, de la santé pédagogique des élèves du Québec et qui va faire une réelle priorité du soutien aux élèves, du rattrapage. Aujourd’hui, on n’a pas entendu un mot sur le sujet », a réagi la députée péquiste Véronique Hivon.

Où sont les ressources humaines nécessaires pour venir en aide à ces élèves? Où sont les spécialistes supplémentaires promis depuis des années pour répondre aux besoins des élèves en difficulté d’apprentissage?  Pour l’instant, c’est le silence complet sur quelque mesure prévue pour pallier ces lacunes en ressources humaines. Le rattrapage scolaire est un incontournable, à défaut de quoi le décrochage scolaire deviendra le triste héritage de ce gouvernement en éducation.

quebechebdo 11 août 2020
vigile.quebec tribune libre 11 août 2020
Le Devoir 12 août 2020

Le français, langue de prestige

10 août 2020

L’historien et candidat à la chefferie du Parti québécois (PQ), Frédéric Bastien, est catégorique : s’il est élu chef du PQ, il est hors de question qu’il participe à un débat des chefs en anglais., arguant que, de se plier à un tel exercice « dédouane » les anglophones et les allophones d’avoir à apprendre le français « parce qu’il y a un débat en anglais de toute façon. »

Dans l’éventualité où le PQ prenait le pouvoir, un gouvernement dirigé par Frédéric Bastien étendrait la portée de la loi 101 aux entreprises qui comptent entre 25 et 50 employés, l’actuelle Charte de la langue française assujettissant les entreprises qui emploient plus de 50 travailleurs.

Toujours dans ses propositions relatives à la loi 101, le candidat Bastien interdirait l’accès aux cégeps anglophones à ceux qui ont fait leurs études précédentes dans la langue de Shakespeare, anglophones comme francophones. Ces établissements seraient fermés, entre autres, aux anglophones et aux francophones qui ont suivi une partie de leur parcours scolaire en anglais ou, encore, en français à l’extérieur du Québec. De plus, en lien avec ce dernier engagement, il souhaite accorder plus de ressources financières aux commissions scolaires anglophones pour financer des programmes d’immersion française. Enfin, l’historien propose par ailleurs d’imposer un moratoire sur tout nouveau programme offert en anglais dans les universités francophones québécoises.

Aux dires de Frédéric Bastien, « il faut une attraction, un prestige, un besoin de parler français. Si le français n’est pas une langue de prestige, les gens ne l’apprendront pas. » Je ne peux que souscrire entièrement aux arguments du candidat Bastien, le laxisme des précédents gouvernements eu égard à l’application de la loi 101 ayant conduit à des dérives inacceptables, notamment à l’anglicisation progressive de l’île de Montréal.

vigile.quebec tribune libre 9 août 2020
Le Devoir 13 août 2020

Dans l’espace de Julie Payette

9 août 2020

Décidément, l’environnement autour duquel gravite la gouverneure générale, Julie Payette, a l’heur de susciter des tensions auprès des personnes appelées à la côtoyer. D’abord, une série de plaintes provenant de son personnel ont fait écho dernièrement au climat toxique engendré par le style de gestion de Mme Payette. Maintenant, on apprend que la gouverneure générale a exigé la conception d’un escalier privé estimé à 140 000 $ qui, en passant n’a jamais été construit, et un portail et une série de portes pour empêcher les gens de s'approcher de son bureau au coût de 117 500 $, et toutes ces dépenses pour assurer l’intimité de madame la gouverneure générale.

Or, les gouverneurs généraux doivent renoncer en partie à leur vie privée lorsqu'ils assument le rôle de représentante de la reine au Canada. Toutefois, Julie Payette « voulait aller et venir sans que personne ne la voie », a indiqué une source ayant participé à l'élaboration des plans de l'escalier. Selon des sources fiables, Mme Payette n'aime pas avoir les employés d'entretien dans son champ de vision. Même les agents de la GRC, payés pour la protéger, ne sont plus autorisés à se tenir directement devant la porte de son bureau et doivent se terrer dans une pièce au bout du couloir.

Fort de toutes ces révélations, il m’apparaît évident que Julie Payette n’a ni le tempérament ni la flexibilité pour occuper la fonction de gouverneure générale. Conséquemment, le premier ministre Trudeau, en accord avec la reine Élizabeth II, doivent prendre les mesures nécessaires pour qu’elle quitte ses fonctions à la fin de son premier mandat.

quebechebdo 9 août 2020

Répercussions d’un éventuel troisième blâme

6 août 2020

Selon un récent sondage Léger, réalisé avant le témoignage de Justin Trudeau devant le comité des Finances, 52 % des Québécois seraient favorables au déclenchement d’élections générales anticipées si le premier ministre écopait d’un troisième blâme de la part du Commissaire à l’éthique dans le dossier UNIS, un pourcentage qui se situe dans la moyenne nationale.

C’est dire qu’aux yeux d’un Québécois sur deux, cette troisième « prise » serait suffisante pour tenir un scrutin général portant notamment sur l’acuité du jugement de Justin Trudeau eu égard à la saine gestion d’un pays, compte tenu de la « facilité » dont fait preuve le premier ministre de se placer en conflit d’intérêt, une attitude incompatible avec le rôle d’un premier ministre.

Toujours selon le même sondage, au Québec, le Bloc domine toujours à 33 % des intentions de vote contre 27 % aux libéraux, soit deux points de moins que le 27 juillet., M. Trudeau ayant comparu devant le comité des Finances le 30 juillet, alors que le sondage a été mené entre le 21 et le 26 juillet.

Toutefois, à la défense de Justin Trudeau, aucun sondage n’a été mené après sa comparution devant le comité parlementaire. De plus, le premier ministre n’a pas encore été blâmé officiellement par le Commissaire à l’éthique dans l’affaire UNIS.

Cependant, un fait est démontré clairement dans ce sondage : les répercussions d’un éventuel troisième blâme envers le premier ministre de la part du Commissaire à l’éthique risquerait d’appeler les Canadiens aux urnes prématurément et de faire tomber le gouvernement libéral aux mains des conservateurs qui ne récoltent que deux points de moins que les libéraux dans le sondage…

vigile.quebec tribune libre 5 août 2020

Oui au port du masque au secondaire

5 août 2020

Actuellement le gouvernement Legault exige que les enfants de douze ans et plus portent le masque dans les endroits publics clos. Or l’école est un endroit public clos. Donc les élèves devraient, en toute logique, porter le masque à l’intérieur de l’école, peu importe le lieu physique où ils se trouvent dans l’établissement scolaire. C’est une simple question de cohérence.

Conséquemment, je n’arrive pas à comprendre la valse-hésitation du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, eu égard au port du masque obligatoire au secondaire, d’autant plus que l’Ontario et l’Alberta ont déjà adopté cette mesure pour le retour à l’école.

À titre d’exemple, j’imagine mal un élève se rendre au bureau du professeur pour lui poser une question sans son masque, la distanciation physique de deux mètres étant impossible à respecter dans un tel cas. Le même raisonnement peut s’appliquer mutatis mutandis lorsque c’est le professeur qui s’arrête au bureau d’un élève pour lui faire un commentaire.

Comme dirait le vieil adage, ce qui est bon pour pitou est bon pour minou. Alors M. Roberge, cessez vos tergiversations oiseuses et demeurez cohérent avec les directives sanitaires exigées dans les endroits publics clos en imposant le port du masque pour les élèves du secondaire à l’école pour la plus grande sécurité et des élèves et du personnel.

quebechebdo 5 août 2020
Le Soleil (version internet) 5 août 2020

#JeM’excuse

4 août 2020

Incroyable le nombre de fois où l’agresseur s’est excusé auprès de sa victime suite à la vague de dénonciations pour harcèlement et agression sexuelle qui sévit au Québec depuis quelque temps. À tel point qu’on pourrait qualifier ce mouvement de #JeM’excuse.

À cet effet, un vieil adage dit que « faute avouée est à moitié pardonnée ». Dans les cas qui nous concernent, je suis prêt à parier que les excuses de leurs agresseurs n’ont pas contribué à obtenir l’absolution de leurs victimes de facto.

Messieurs, si votre comportement envers les femmes était digne du respect auquel elles ont droit, vous ne seriez pas tenus de vous plier à de « plates » excuses qui risquent de couler comme de l’eau sur le dos d’un canard.

Les excuses sont toujours la conséquence d’une attitude ou d’un geste réprobateur qui ont l’effet d’un cataplasme sur la blessure infligée à la victime… Elles ne guérissent pas, elles ne font que procurer un semblant de libération à l’agresseur.

La morale de cette histoire : pensez aux conséquences de vos gestes « avant » d’agir, messieurs. De cette façon, vos excuses seront inutiles… et la dignité des femmes ne s’en portera que mieux!

quebechebdo 4 août 2020
vigile.quebec tribune libre 4 août 2020 "Dénonciations pour harcèlement et agression sexuelle"
Le Devoir 6 août 2020