La querelle des Anciens et des Modernes

19 novembre 2020

L’hypothèse soulevée par le premier ministre François Legault eu égard à une prolongation des vacances des Fêtes pour les élèves soulève un débat digne d’une querelle des Anciens, représentés par Égide Royer, professeur titulaire associé à la Faculté des sciences de l'éducation de l’Université Laval, et des Modernes incarnés par Sylvie Barma, professeure titulaire au Département d’études sur l’enseignement et l’apprentissage de l’Université Laval.

Du côté des « Anciens », Égide Royer argue que les 220 000 jeunes du Québec qui sont en difficulté d’apprentissage ne pourront que souffrir de cette mesure, qui risque d'exacerber le décrochage scolaire. M. Royer en veut pour preuve des études qui ont fait le lien entre le retard scolaire des jeunes plus vulnérables et la diminution des jours de classe. En bref, à ses yeux, c’est une très mauvaise idée sur le plan éducatif et sur le plan de la réussite scolaire.

Pour ce qui est des « Modernes », Sylvie Barma, bien qu’elle avoue que la pandémie, en général, affecte les enfants des milieux défavorisés, appuie l’idée d’une prolongation des vacances des Fêtes. Elle estime que le contexte particulier et inédit de la pandémie nous oblige à plus de souplesse et à se dégager de l’obsession de l’évaluation qui risque de stresser les élèves davantage.

En ce qui me concerne, je suis d’avis que le calendrier scolaire doit être respecté tel que prévu. D’abord pour des raisons pédagogiques qui justifient l’importance pour les élèves de recevoir tout le contenu de chaque cours prévu au programme, et ensuite pour des motifs de santé mentale liés aux bienfaits des contacts des élèves entre eux dans la microsociété que représente l’école.

quebechebdo tribune libre 19 novembre 2020

Au sujet de l’école privée

18 novembre 2020

Le débat public sur la pertinence du maintien d’un réseau d’écoles privées au Québec ne date pas d’hier. Parmi les arguments récurrents de ceux qui prônent l’arrêt des subventions aux écoles privées, arrivent au sommet de la liste les subventions qui leur sont versées par le gouvernement et la clientèle « sélectionnée ».

Les subventions

La subvention versée à l’école par le gouvernement du Québec correspond à 60 % de ce qui est versé à l’école publique pour un élève régulier pour les services éducatifs. Par ailleurs, les écoles privées, étant dans l’obligation de fournir elles-mêmes les bâtiments et d’en assumer l’entretien, le mobilier et les différents services aux élèves, ne reçoivent pas les différentes allocations supplémentaires allouées aux écoles publiques. Ainsi, la subvention réelle du gouvernement représente environ 40 % du coût total d’un élève à l’école privée.

Par conséquent, étant donné que l’État ne paie qu’une partie des coûts réels de l’élève, l’autre partie étant assumée par les parents, ces écoles permettent au gouvernement de réaliser des économies substantielles qui peuvent être réinvesties dans le réseau des écoles publiques.

Selon le rapport de la Commission permanente de révision des programmes du gouvernement du Québec (2015), la diminution ou l’abolition des subventions augmenterait de façon importante le budget que le gouvernement devrait allouer à l’éducation compte tenu que les écoles privées, sans leurs subventions, vont perdre une part substantielle de leur clientèle, qui se retrouvera inévitablement dans le public et l'État paierait alors 100% de la formation des élèves car il n'y aurait pas de contribution parentale.

La clientèle

Il ne faut pas se fier à certaines rumeurs qui disent que seuls les élèves qui ont de la facilité à l’école sont admis dans les établissements privés. Malgré la croyance populaire, les écoles privées accueillent des élèves qui ont des profils variés. Certaines écoles privées ont mis en place des programmes avec appui pédagogique ou des mesures adaptées pour amener les élèves qui ont des défis particuliers à la réussite.

Par ailleurs, les établissements d’enseignement privés sont autonomes et chaque école présente son propre système d’admission. La grande majorité des écoles privées se fie d’abord aux bulletins de 5e année pour l’admission au secondaire et ne fait pas passer d’examen d’admission. On parle plutôt de test de classement afin d’équilibrer les groupes ou encore pour déterminer l’accès à différents programmes (sports-études, international, enrichi, etc…). 

Le secteur privé compte un peu moins de 125 000 élèves répartis dans près de 270 établissements. Le préscolaire regroupe environ 5 % de ces élèves, le primaire 25 % et le secondaire 70 %. Douze de ces établissements accueillent exclusivement des élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA), alors qu’une vingtaine offrent la formation professionnelle.

Les fondations

Enfin, pour pallier les difficultés de certains parents d’assumer une partie ou l’ensemble des frais de scolarité, plusieurs écoles privées ont mis sur pied des fondations et offrent de l’aide financière à quelque 8000 élèves québécois provenant de familles à faibles revenus. Fait à noter, ces bourses ne sont pas attribuées en fonction des résultats scolaires. De plus, les familles de tous les élèves admis à l’école peuvent faire une demande si leur situation financière correspond aux critères de la fondation.

Effets collatéraux du réseau privé

Il existe, à mon avis, une saine compétition entre les réseaux public et privé au sein des établissements scolaires du Québec. Et de surcroît, certaines initiatives, telles l’instauration de programmes particuliers (sports-études, arts-études, etc…), et la mise sur pied d’une structure d’encadrement via la création de responsables de cycles, figurent parmi les virages positifs inspirés du réseau privé et entrepris par le réseau public au cours des dernières décennies.

vigile.quebec tribune libre 18 novembre 2020

La DPJ à nouveau mise en cause

17 novembre 2020

C’est un cri de désespoir sur un fond de colère qu’Émilie Arsenault, la mère des deux enfants de 5 ans et de 2 ans assassinés par leur père, Michaël Chicoine, à Wendake le mois dernier, a lancé devant les médias le 15 novembre.

« Je suis en colère contre notre Québec qui se dit doté d’un système de protection à l’enfance. Moi, quand j’ai fait appel à la DPJ pour protéger mes propres enfants, il était où ce système de protection-là ? Pourquoi on ne m’a pas entendue ? Pourquoi tous les signalements pour mes amours n’ont pas été reconnus malgré tout notre bon vouloir ? »

Et oui, en fait, pourquoi la DPJ n’a-t-elle pas entendu l’appel à l’aide de la mère des deux malheureuses petites victimes? Où est le maillon manquant dans la chaîne de communication? Jusqu’à quand des parents effondrés par la douleur devront-ils jouer dans ce scénario horrible?

« Quand on décide de porter plainte, ce n’est pas deux mois plus tard que la police doit nous téléphoner pour faire le suivi. La violence, ça ne prend pas de congé, elle est à nos portes 24 heures sur 24, 365 jours par année », lance Émilie Arsenault… Un autre cri d’alarme dans le désert?

quebechebdo tribune libre 17 novembre 2020
vigile.quebec tribune libre 19 novembre 2020

Place à la clarté dans nos communications en français

16 novembre 2020

Notre langue fait souvent les machettes par les temps qui courent, particulièrement sur l’île de Montréal où elle est menacée de toutes parts par l’invasion anglophone, notamment dans les commerces et restaurants où il devient difficile, voire impossible, d’être accueilli et servi en français.

Parallèlement à cette assimilation sournoise, les francophones, loin de réagir contre cet envahissement de la langue de Shakespeare, malmènent le français honteusement, notamment dans les médias sociaux où la clarté du message a été évincée par un charabia qui conduit à une nova langue incompréhensible.     

La ponctuation

À cet effet, j’aimerais insister sur une notion fort importante, à savoir la ponctuation, la grande négligée, voire la grande oubliée de notre langue écrite. Pour illustrer mon propos, imaginons le scénario suivant : dans un courriel adressé à son épouse qui avait l’intention de se procurer un manteau de fourrure très dispendieux comme cadeau d’anniversaire, le mari lui répond : « Jamais trop cher » au lieu de « Jamais, trop cher ». La dame était tellement heureuse de la réponse « positive » de son conjoint qu’elle s’acheta non pas un mais deux manteaux de fourrure!

En réalité, la leçon de cette histoire, c’est que la ponctuation est à la langue écrite ce que l’intonation est à la langue parlée. En d’autres mots, si l’homme avait répondu oralement à son épouse, il aurait naturellement fait une pause après le mot « jamais », laquelle pause aurait dû être substituée par une virgule dans le courriel… une virgule oubliée qui, dans notre scénario, aurait coûté cher au conjoint de la dame!

Les mots de liaison

Les mots de liaison ou souvent appelés « connecteurs » représentent le fil conducteur du message véhiculé dans les communications. Ce sont pour la plupart des conjonctions (toutefois, néanmoins, par ailleurs, d’ailleurs, pourtant, en revanche, etc…) qui constituent le « ciment » qui permet aux « pierres » de s’édifier en une charpente homogène, et, linguistiquement parlant, qui offre au texte écrit les courroies indispensables pour relier les idées en un texte cohérent.

L’emploi du terme précis

Certains termes, principalement des verbes, tels « faire », « avoir », « être », « mettre », « prendre », « voir » et bien d’autres, jouent souvent le rôle de mots fourre-tout qui auraient avantage à être substitués par un terme plus précis. Ainsi, au lieu de « mettre des efforts pour réussir… », on pourrait plutôt dire ou écrire « investir des efforts pour réussir ». Au lieu de « faire ses devoirs », il serait préférable de « rédiger ses devoirs ». Notre langue regorge d’un vocabulaire riche et foisonnant… N’hésitons pas à puiser dans son coffre aux milliers de mots-trésors!     

Le français, une langue belle

Le français est « une langue belle avec des mots superbes », écrit Yves Duteil dans sa chanson La langue de chez nous. J’ajouterais que notre langue maternelle incarne une langue riche, une langue fière que nous devons chérir et protéger avec la passion du chevalier pour sa dulcinée. Contre vents et marées, le français québécois s’est tenu debout en terre d’Amérique au travers des siècles. À nous maintenant de contribuer à perpétuer sa clarté dans nos rapports avec les autres!

vigile.quebec tribune libre 15 novembre 2020

La loi 21 devant les tribunaux

16 novembre 2020

La loi 21 sur la laïcité de l’État, présentement devant la Cour supérieure, a reçu un appui de taille récemment en la personne de l’éminent juriste, constitutionnaliste et ancien ministre libéral Benoît Pelletier. Les tribunaux canadiens ont reconnu, a-t-il fait valoir, qu’un contexte particulier à la nation québécoise l’a conduite à fonder un État voulu  « neutre en matière religieuse ». Le Québec est une « société distincte », insiste M. Pelletier, et la loi 21 reflète cette dimension et la rend même plus officielle.

Et, qui plus est, reconnaître ce fait serait profondément « fédéraliste », au sens fort du terme, a expliqué Pelletier au tribunal. Car une fédération a pour idéal « l’unité dans la diversité » et est fondée sur la tolérance pour des conceptions diverses, la laïcité à la québécoise diffèrant de la conception qui a généralement cours dans le reste du Canada.

Enfin, Benoît Pelletier allègue que les dispositions de dérogation sont courantes dans les « fédérations multinationales ». Celle qui se trouve dans la Charte canadienne permet ni plus ni moins « aux provinces de préserver leur identité dans des matières qui leur sont d’une importance fondamentale ».

Quel que soit le verdict du juge Marc-André Blanchard, il m’apparaît écrit dans le ciel que sa décision effritera les convictions d’une partie de l’opinion publique au Québec et que ce différend se retrouvera à n’en pas douter devant la Cour suprême du Canada.

quebechebdo tribune libre 16 novembre 2020
vigile.quebec tribune libre 19 novembre 2020
Le Soleil 21 novembre 2020

Le grand chef est parti ad patres

15 novembre 2020

Monument des communautés autochtones, le grand chef de la nation huronne-wendat de Wendake pendant 33 ans, Max Gros-Louis, dont l’histoire est intimement liée à l’actuel territoire de la réserve de Loretteville, en banlieue de Québec, s’est éteint à l’âge de 89 ans.

Au fil du temps, son implication dans la cause autochtone l’a conduit un peu partout dans le monde. Sa participation à la Table des Premières Nations a fait en sorte qu’il est devenu durant une époque, celui qui personnifiait l’image de la Cause. Au cours de sa longue odyssée pour la défense des droits ancestraux des premières nations, Max Gros-Louis a été vice-président fondateur de l’Association des Indiens et des Inuits du Québec, vice-chef national à l’Assemblée des Premières nations, vice-chef à l’Assemblée nord-américaine des Premières Nations et vice-chef de l’Assemblée mondiale des Premières nations.

Toutefois, j’aimerais surtout retenir du grand chef ces quelques phrases qu’il a lancées en entrevue quelques jours avant sa mort, une espèce de testament légué aux générations présentes et futures des premières nations :

« Je souhaite que les gens vivent dans l’harmonie en se respectant les uns les autres, autant en termes humains que dans tout ce qui concerne le dossier des droits ancestraux. Chacun a sa méthode pour les faire respecter. Nous vivons tous ensemble sur le même territoire. Il faut apprendre à le faire dans le respect de chacun. Il est certain que les gens peuvent avoir des idées et des conceptions très différentes d’une situation… » et cette dernière phrase qui résume assez bien le type d’homme qu’incarnait Max Gros-Louis : « …Je crois toujours toutefois que le dialogue est la meilleure façon d’harmoniser les choses pour que tout le monde soit heureux.»

Reposez en paix, grand chef Max Gros-Louis, sur la terre de vos ancêtres!

quebechebdo tribune libre 15 novembre 2020
Le Soleil (version internet) 16 novembre 2020
vigile.quebec tribune libre 19 novembre 2020

La chèvre et le chou

13 novembre 2020

Dû au nombre d’éclosions croissant dans les écoles, François Legault envisage de prolonger le congé des Fêtes pendant un certain nombre de semaines, une idée que les différents syndicats d’enseignement appuient non seulement pour freiner la pandémie, mais aussi pour permettre aux élèves et au personnel de souffler.

Toutefois, là où le bât blesse, c’est que les syndicats sont en complet désaccord avec le fait que le premier ministre jongle aussi avec l’idée de prolonger le calendrier scolaire jusqu’au mois de juillet… En réalité, les syndicats veulent la chèvre et le chou!

Or dans l’hypothèse où le congé des Fêtes est prolongé mais que les jours coupés au calendrier scolaire ne sont pas repris en fin d’année, est-ce à dire que le contenu pédagogique perdu n’a aucune influence sur le degré de préparation des élèves pour être promus au degré supérieur? Si tel est le cas, je me pose de sérieuses questions sur les conditions d’arrimage entre les divers degrés…

Et pourtant, il existe, à mon avis, une solution qui est dans l’air par les temps qui courent, à savoir l’enseignement en demi-classes, une demi-classe à la maison pourrait suivre, en virtuel, les activités d’une demi-classe en présence à l’école. Deux avantages découleraient de cette hypothèse, soit l’enseignement par un seul professeur, et un risque de contaminations amoindri, sans compter le fait que le contenu du programme serait enseigné aux élèves dans son entièreté.  

quebechebdo 13 novembre 2020

Un tramway nommé « polémique »

12 novembre 2020

En 2000, le ministère des Transports du Québec donne au Réseau de transport de la Capitale (RTC) le mandat d’effectuer une étude d’opportunité et de faisabilité pour l’insertion d’un tramway le long des axes Métrobus, et en 2003, l'étude recommande la construction d’un réseau de tramway à Québec.

Vingt ans plus tard, après que toutes les instances se soient finalement entendues sur un projet de transport en commun structurant qui prendrait la forme d’un tramway, le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) recommande de rejeter l’actuel projet de tramway et de continuer d’explorer d’autres avenues. Une recommandation, vous vous doutez bien, qui a fait sortir le maire de Québec, Régis Labeaume, de ses gonds, qualifiant le rapport du BAPE de « biaisé, tronqué et erroné ». 

Et pour ajouter de l’huile sur le feu, le ministre des Transports, François Bonnardel, se range en partie du côté du BAPE en alléguant qu’il "ne donnera pas son aval" au projet si des améliorations n’y sont pas apportées. Toutefois, le ministre apporte un peu de baume sur sa position en ajoutant que le réseau de transport en commun favorisé par la Ville devra à tout prix rester un tramway, mais il devra aussi desservir plus d’usagers, notamment en banlieue.

De plus, M. Bonnardel s’engage à rencontrer le maire « dans les prochains jours » pour mener à terme le projet. Une sortie de secours que ne manquera surement pas d’utiliser le maire de Québec qui n’a d’autres velléités que de sortir de cette sempiternelle polémique dans laquelle s’enlise le projet de tramway à Québec depuis des décennies.

quebechebdo 12 novembre 2020

Les États désunis

11 novembre 2020

Ce qui est frappant en regardant la carte des États-Unis après les résultats actualisés du scrutin présidentiel, c’est à quel point le clivage géographique est significatif. En effet, d’un côté, les côtes Est et Ouest votent pour le démocrate Joe Biden tandis que l’intérieur des terres choisit le président sortant, Donald Trump. Autrement dit, d’un côté les régions riches tournées vers l’extérieur, de l’autre une Amérique reculée et désindustrialisée qui se sent perdante dans un contexte de la mondialisation, une polarité territoriale qui se traduit en partie par la couleur de la peau et les inégalités de revenus. 

Jamais les États-Unis ne sont apparus aussi désunis. Que l’on fasse référence à une guerre civile appréhendée traduit bien la gravité de la situation présente. Et on relève de nombreuses craintes, excessives, espérons-le, que les lendemains du scrutin présidentiel soient marqués par des incidents violents.

Or tout au long de son mandat, Donald Trump a constamment joué sur ces clivages pour conforter sa base électorale. Il a fait le choix de diviser pour régner. C’est pourquoi plus de la moitié des Américains ne souhaitent pas sa réélection. Par ailleurs, si Joe Biden l’emporte, il fera face à une tâche titanesque pour apaiser les blessures… Au bénéfice des Américains et du reste du monde.

vigile.quebec tribune libre 6 novembre 2020

Radio-Canada retire un épisode de « La petite vie »

11 novembre 2020

La controverse suscitée par l’utilisation du mot qui commence par la lettre N sur la scène publique vient de rattraper le monde de l’humour au Québec. En effet, Radio-Canada a retiré de sa plateforme web un épisode de La Petite Vie mettant en scène un personnage africain joué par Normand Brathwaite en alléguant qu’il « pourrait être mal compris et ressenti comme une insulte par une partie de l'auditoire ».

L’épisode en question a été tourné en 1995 à une époque où La petite vie était au sommet de sa gloire et que cette émission avait rejoint 4 098 000 téléspectateurs, soit près des deux tiers de la population du Québec à l’époque. Or, il est bien connu que tous les personnages de La petite vie sont des caricatures d’une famille québécoise aux traits caractéristiques grossis par l’auteur Claude Meunier. Il ne faut donc pas se surprendre si les personnages invités sont aussi caricaturés, en l’occurrence ici le professeur en sociologie ougandais.

En conséquence, il m’apparaît pour le moins incongru que notre télévision d’État ait retiré cet épisode de La petite vie qui fait partie de notre folklore humoristique québécois et, qu’en ce sens, il devrait être disponible pour télédiffusion.

En dernière heure, on apprend que l’épisode reviendra en ligne, mais accompagné du panneau d’avertissement suivant : « Ce programme est proposé tel qu’il a été originellement créé et peut contenir des représentations sociales et culturelles différentes d’aujourd’hui » comme si Radio-Canada ne pouvait faire la distinction entre la caricature et le racisme!  

quebechebdo 11 novembre 2020