Les restaurants dans l’incohérence

2 octobre 2020

C’est bien connu, les Québécois aiment se réunir et avoir du plaisir ensemble. Or parmi les nouvelles mesures annoncées par François Legault touchant les citoyens résidant dans les zones rouges, la fermeture des salles à manger des restaurants frappe de plein fouet ce besoin viscéral de socialisation chez les Québécois.

Pourtant, pour avoir fréquenté plusieurs restaurants de Québec pendant la trop courte période de déconfinement, jamais je n’ai éprouvé la moindre crainte d’être contaminé par le coronavirus, les mesures de sécurité sanitaires y étant parfaitement respectées autant par le personnel que par la clientèle.

À mon avis, les mesures mises de l’avant pour la zone orange concernant les salles à manger des restaurants répondaient adéquatement aux critères de sécurité acceptables et auraient dû être maintenues telles quelles en zone rouge. D’ailleurs, je ne comprends pas en quoi un couple avec deux enfants peut se promener librement dans un centre commercial tout en prenant du bon temps tandis qu’un autre couple avec ses deux enfants ne pourrait pas eux aussi avoir un bon moment en famille autour d’une bonne table dans un restaurant… d’autant plus que la distanciation sociale en prend souvent pour son rhume dans un centre commercial alors que toutes les tables du restaurant ont une distance de deux mètres entre elles!

François Legault, de toute évidence, veut protéger les commerces, notamment les emplois et les propriétaires. Dans cette perspective, les restaurants ne répondent-ils pas aux mêmes conditions? Une réponse s’il vous plaît, M. Legault!  

vigile.quebec tribune libre 2 octobre 2020

PLC et PLQ, même déni

2 octobre 2020

Il y a 50 ans, le 16 octobre 1970, la Loi sur les mesures de guerre est imposée au Québec par le gouvernement fédéral de Pierre Elliott Trudeau à la demande du gouvernement de Robert Bourassa, alors premier ministre du Québec. Durant les jours qui suivent, des centaines d'artistes, de journalistes et de syndicalistes d'allégeance indépendantiste sont arrêtés ou emprisonnés de façon tout à fait arbitraire.

Or à l'approche du 50e anniversaire de ce que l’histoire a qualifié de Crise d’octobre au Québec, plusieurs voix s’élèvent pour réclamer des excuses officielles du premier ministre canadien et chef du Parti libéral du Canada (PLC) Justin Trudeau qui s’est contenté de lancer, parlant de ces événements dramatiques, que « c'est certain que les événements d'octobre 1970 ont été très difficiles pour bien des Québécois. Je pense qu'il faut commencer par avoir une pensée pour la famille de Pierre Laporte, pour qui cet anniversaire ramène de très douloureux souvenirs ».

Du côté de l’Assemblée nationale à Québec, une motion du Parti québécois (PQ) demandant des excuses officielles au premier ministre Trudeau pour les 36 000 victimes arbitraires de la Crise d'octobre, motion qui a reçu l'appui de la Coalition avenir Québec (CAQ) et de Québec solidaire (QS) alors que le Parti libéral du Québec (PLQ) s’y est opposé par la voix du leader de l'opposition officielle, André Fortin.

On aura beau invoquer que l’aide d’Ottawa a été demandée par le premier ministre libéral du Québec de l’époque Robert Bourassa, la légendaire réplique de Pierre Elliot Trudeau Just watch me à la question d’un journaliste, qui voulait s’enquérir des intentions de M, Trudeau eu égard aux derniers événements, en dit long sur l’état d’esprit d'alors du premier ministre fédéral…

On connaît la suite, près de 500 personnes ont été injustement arrêtés et emprisonnés, et 36 000 autres ont fait l’objet d’une perquisition abusive tout simplement en raison de leur allégeance politique indépendantiste… Conséquemment, des excuses s’imposent de la part de Justin Trudeau pour cette bévue historique inacceptable, voire hargneuse et méprisante, de son illustre père.

vigile.quebec tribune libre 2 octobre 2020
quebechebdo 2 octobre 2020

Quand les couleurs se mélangent…

1 octobre 2020

Nul ne peut être contre la vertu… sauf quand la vertu frappe le mur de l’inapplicabilité. Il en est ainsi de la mesure sanitaire qui stipule que les Québécois devront respecter les mesures sanitaires qui s’appliquent dans leur propre région, peu importe où ils se trouvent sur le territoire. Ainsi, un couple de Québec qui décide d’aller admirer les couleurs automnales dans Portneuf se verra interdit d’arrêter manger dans une salle de restaurant ou d’aller se désaltérer dans un bar sous peine d’amende.

Comment le policier peut-il identifier le « coupable »? En vertu de quel motif le constable peut-il exiger qu’il sorte son permis de conduire pour vérifier son lieu de résidence?… Pour la vertu, on repassera!

vigile.quebec tribune libre 1er octobre 2020

La culture, un service essentiel

1 octobre 2020

Lors de la dernière campagne électorale, le chef de la CAQ François Legault a répété à maintes occasions qu’il faisait de l’éducation et de l’économie ses premières priorités. Un leitmotiv qui se confirme cette fois-ci dans les nouvelles mesures sanitaires annoncées récemment, à savoir le maintien de l’ouverture des écoles et des commerces, hormis les salles à manger des restaurants et les bars.

Par ailleurs, le monde culturel, soit les salles de spectacles, les salles de cinéma, les musées et les bibliothèques doivent carrément fermer leurs portes pour les 28 prochains jours. Encore une fois, la culture, qui ne représente que 4% du PIB [critère économique] du Québec, est reléguée au rang de service non essentiel.

« En ce 29 septembre 2020, nous vivons le jour de la marmotte. Nous sommes de retour au 13 mars 2020. Exactement 200 jours plus tard, nous revoici à nous sentir comme non essentiels, comme créant du danger pour la santé publique, comme étant des transmetteurs de virus », lance Léa Fischer-Albert, présidente de la Table de concertation en théâtre de la Capitale-Nationale. Et pourtant, il est fort utile de le mentionner, aucune éclosion n’a été détectée dans ces lieux publics depuis le début de la pandémie.

En terminant, je n’ai qu’un message à adresser à François Legault : « Adoucissez les règles, permettez que la culture puisse continuer à respirer pour le plus grand bonheur de ses très nombreux adeptes. Dans la situation actuelle, elle étouffe. Donnez-lui de l’oxygène, c’est une question de survie! »

vigile.quebec tribune libre 1er octobre 2020

Comment réagiront les anti-masques aux nouvelles mesures?

30 septembre 2020

Parmi les nouvelles mesures sanitaires annoncées par François Legault eu égard aux manifestations extérieures figure l’obligation de porter un masque lors de ces manifestations. En termes clairs, les manifestants anti-masques devront obligatoirement porter le masque. Des anti-masques masqués!

Tout un paradoxe, voire une aberration, auxquels sont confrontés les « récalcitrants ». Mais comment réagiront-ils à ces nouvelles mesures? La percevront-ils comme une provocation? Et, dans l’hypothèse où ils ne s’y soumettent pas, quels seront les pouvoirs des forces policières envers ces cas de désobéissance lors d’une manifestation de 500 personnes par exemple? Comment faire pour distribuer les amendes à toutes ces personnes, si amende il y a? Toutes des questions auxquelles je ne peux actuellement apporter de réponses.

À mon avis, le gouvernement sait très bien que cette mesure est inapplicable et mise sur un « changement d’attitude » de la part des anti-masques et sur leur « collaboration » à l’effort de solidarité pour sauver des vies, ce qui en soi est fort louable. Mais malheureusement, la réalité risque d’être bien différente!

Quoi qu’il en soit, la mesure a été annoncée officiellement par le premier ministre. Reste à savoir quelle sera la réaction des anti-masques… Une histoire à suivre!

vigile.quebec tribune libre 29 septembre 2020

François Legault vise-t-il les bonnes cibles?

30 septembre 2020

Il y a quelques semaines, François Legault alléguait que les bars restaient ouverts pour empêcher que les rassemblements dans les résidences privées n’augmentent. Or, dans le train de nouvelles mesures sanitaires annoncées par le gouvernement eu égard aux zones rouges, les bars sont fermés pour 28 jours alors que les résidences privées sont limitées aux seules personnes demeurant à cette adresse, seule une autre personne y ayant accès pour des circonstances exceptionnelles. À mon avis, les craintes exprimées par le premier ministre concernant un possible accroissement de partys dans les résidences privées risquent de se transformer en réalité, compte tenu que les forces policières ne disposent, pour l’instant, d’aucun moyen légal pour pénétrer dans les maisons suspectes.  

 Du même souffle, les salles de spectacles, les salles de cinéma, les musées, les bibliothèques et les salles à manger des restaurants se voient eux aussi placés sur pause pour 28 jours même si, à ma connaissance, aucun foyer d’éclosion n’a été déclaré dans ces lieux publics depuis le début de la pandémie.

Conséquemment, je suis d’avis que les services à la population visés injustement par ces nouvelles mesures servent de boucs-émissaires en plus de priver des milliers de travailleurs de leur salaire pendant un mois.

Enfin, en ce qui a trait à le nouvelle mesure régissant les personnes permises à la même adresse, je demeure fort perplexe eu égard à la prolifération de rassemblements dans ces résidences privées compte tenu que cette mesure demeure inapplicable dans les faits. 

vigile.quebec tribune libre 29 septembre 2020
quebechebdo 30 septembre 2020

Vivement des mandats pour les forces policières!

28 septembre 2020

Depuis un certain temps déjà, le gouvernement et la santé publique connaissent la principale cause de la recrudescence de cas liés au coronavirus, à savoir les regroupements dans les résidences privées. Et, pendant ce temps, les gestionnaires de la crise invoquent l’argument à l’effet que les forces policières ne peuvent pénétrer dans ces résidences sans avoir en main un mandat.

À mon sens, compte tenu de la gravité de la situation, cet argument ne tient tout simplement plus la route. Il est temps d’agir. Et, pour y arriver, je suis d’avis que les forces policières doivent être munies d’un mandat moyennant des preuves suffisantes leur permettant d’y avoir accès, telles une dénonciation de la part de voisins ou le nombre élevé de voitures stationnées devant la résidence suspecte.

Le Québec vit actuellement une deuxième vague qui laisse présager les pires scénarios. La propagation communautaire du virus apporte avec elle des effets pervers, notamment la variété de foyers d’éclosion et, par ricochet, les risques de contamination d’un grand nombre de personnes vulnérables.   

L’hécatombe de la première vague qui a laissé derrière elle plus de 4 000 décès de personnes âgées a fait ressortir toute une panoplie de lacunes des gestionnaires de la crise, notamment certains délais dans les décisions à prendre pour contrer la pandémie… Il ne faudrait surtout pas répéter les mêmes erreurs en retardant indument les délais avant d’intervenir dans les regroupements dans les résidences privées!

quebechebdo 28 septembre 2020

L’éléphant dans la pièce

27 septembre 2020

Sans entrer dans tous les programmes que le premier ministre Justin Trudeau a l’intention ou de poursuivre ou de créer pour « soutenir les Canadiens » en période de pandémie, je m’arrêterai particulièrement sur les nouvelles normes nationales pour les résidences de soins de longue durée.

Si nous nous plaçons dans le contexte où pas plus tard que la semaine dernière quatre premiers ministres provinciaux, dont celui du Québec, ont fait front commun pour demander une augmentation des transferts en santé du fédéral aux provinces, justifiée, entre autres, par un accroissement des dépenses inhérentes à la pandémie, Justin Trudeau, non seulement n’y fait aucune allusion dans le discours du trône, mais encore propose l’instauration d’un système national de soins de santé pour les personne âgées.

En termes clairs, un camouflet aux premiers ministres provinciaux mettant en doute les compétences de certaines provinces, notamment le Québec, pour gérer la crise du coronavirus eu égard aux personnes âgées. Monsieur Trudeau, par le biais de nouvelles normes nationales pour les résidences de soins de longue durée, est en train de jeter le blâme sur certaines provinces pour le nombre élevé de décès de personnes âgées en établissant de nouvelles règles « mieux appropriées », et qui plus est, dans un champ de compétences exclusif des provinces. Il n’en fallait pas davantage pour faire sursauter François Legault et Yves-François Blanchet, ce dernier donnant une semaine au gouvernement Trudeau pour revenir sur sa position concernant les transferts en santé, à défaut de quoi le Bloc votera contre le discours du trône.

Quant à savoir si nous irons en élection précipitée cet automne, seul le NPD se montre hésitant, alléguant que la crise actuelle n’est pas propice à une campagne électorale… On pourrait aussi ajouter, entre vous et moi, que les coffres du parti ne débordent pas par les temps qui courent!

vigile.quebec tribune libre 23 septembre 2020

Pauline Marois au-delà du plafond de verre

27 septembre 2020

Pendant une quarantaine d’années en politique, Pauline Marois aura été à la tête de nombreux ministères, notamment l’Éducation et la Santé, sera parvenue à devenir chef du Parti Québécois (PQ) pour finalement accéder, en tant que première femme, au prestigieux poste de première ministre du Québec.

Mais à quel prix? Pour faire sa place malgré tout dans ce club sélect qu’elle qualifie de Boys Club, le prix à payer aura été pour elle, entre autres, de devoir faire ses preuves constamment, travailler plus fort que les autres, accepter de sacrifier sa vie privée en faisant oublier qu'elle était une femme et une mère de famille, et en vivant avec la crainte constante de se faire tasser. Or, aux dires de me Marois, encore aujourd'hui, les femmes souffrent du syndrome de l'imposteur. La politique demeure un univers construit par les hommes, pour les hommes, où les femmes se sentent souvent en terrain miné.

Par ailleurs, si on lui demande de quelle réalisation à son actif elle est la plus fière, celle que l’on surnomme affectueusement « la mère des CPE n'hésite pas et nomme la création des Centres de la petite enfance (CPE) à 5 $ par jour dans le gouvernement Bouchard., La travailleuse sociale en elle, qui rêvait de « changer le monde » dit ressentir des frissons chaque fois qu'elle aborde ce sujet, tellement ce projet a joué à ses yeux un rôle-clé pour faire avancer la cause des femmes, contribuant à faire reculer la pauvreté chez les enfants et à hausser sensiblement le taux de participation des femmes au marché du travail, assurant de ce fait leur indépendance financière.

Pauline Marois a littéralement fracassé le plafond de verre qui, jusqu’à son accession à titre de première ministre, n’avait jamais été atteint par aucune autre femme au Québec. Pour y arriver, il lui aura fallu une détermination sans borne et des années d’un travail acharné, notamment pour la cause des femmes en politique… Merci à vous, Mme Marois, d’avoir contribué grandement à accroître le nombre de femmes qui s’impliquent aujourd’hui en politique et qui siègent même au conseil des ministres.

quebechebdo 27 septembre 2020
vigile.quebec tribune libre 29 septembre 2020
Le Soleil 3 octobre 2020

CHSLD: tragédie prévisible

26 septembre 2020

En écoutant les commentaires de la ministre des Aînés, Marguerite Blais, au cours de l’émission Enquête, et en lisant les articles parus dans divers médias dans lesquels la protectrice du citoyen, Marie Rinfret, intervient sévèrement sur la situation catastrophique dans les CHSLD depuis des décennies, j’ai ressenti la curieuse impression que les personnes âgées du Québec étaient condamnées à jouer dans une version québécoise du Jour de la marmotte où les jours, les mois, les années se suivent et se ressemblent…

En effet, autant Marguerite Blais, pendant toutes ces années sous divers gouvernements à titre des responsables des Aînés, nous fait part de son désarroi devant le sentiment d’impuissance qu’elle a vécu et qu’elle vit encore à ce jour à changer le cours des événements, autant Marie Rinfret est exaspérée par le nombre de rapports qu’elle a réalisés dénonçant le laxisme de l’État à mettre en place ses recommandations pour redresser la situation dans les CHSLD.

Plus de 4 000 personnes âgées sont décédées dans les CHSLD des suites de la COVID-19 depuis le début de la pandémie. C’est près de 80 % des décès au Québec. Une situation dramatique et inacceptable. Par contre, je ne crois pas que l’heure soit à la recherche des personnes imputables d’une telle hécatombe. Je crois plutôt que tous les intervenants doivent faire leur propre examen de conscience, et s’attèlent ensuite à apporter les correctifs nécessaires pour faire en sorte qu’une telle catastrophe humanitaire ne se reproduise plus jamais.

Le jour de la marmotte doit disparaître définitivement des écrans dans les CHSLD du Québec. Nos personnes âgées méritent mieux qu’une mort par déshydratation dans notre siècle dit évolué… L’heure est à la réparation, voire à la refonte du système de santé eu égard aux CHSLD, et c’est devenu extrêmement urgent!

vigile.quebec tribune libre 24 septembre 2020 "Le jour de la marmotte, version québécoise"
quebechebdo 25 septembre 2020
Le Soleil (version internet)  27 septembre 2020 "CHSLD: Le jour de la marmotte, version québécoise