Le lien de confiance entre François Legault et la population

23 octobre 2020

Alors qu’on aurait pu croire que la CAQ de François Legault aurait perdu des appuis au sein de l’électorat québécois compte tenu que la majeure partie du Québec se trouve en zone rouge et que près d’un millier de nouveaux cas de COVID-19 s’ajoutent au bilan quotidien, le dernier sondage Léger-Le Devoir réalisé entre le 16 et le 18 octobre auprès de 1011 répondants indique que la CAQ aurait récolté 50 % des appuis si des élections avaient eu lieu pendant cette période et que 74 % se disent satisfaits de sa gestion de crise liée au coronavirus.

Des chiffres qui présentent un paysage politique au « beau fixe » pour la CAQ alors qu’un sondage Léger accordait au parti de François Legault 51 % d’appuis et un taux de satisfaction de 76 % à la mi-juin, soit en plein déconfinement. Indépendamment des 18-34 ans, où Québec solidaire enregistre des appuis similaires à la CAQ, chez les plus de 35 ans, que ce soit à Montréal, Québec ou ailleurs en régions, le bleu caquiste envahit le territoire. Les électeurs péquistes se disent largement satisfaits du travail du gouvernement Legault par rapport à la gestion de la pandémie dans une proportion de 79 %. Même les libéraux accordent la note appréciable de 58 % au gouvernement.

Face à tous ces chiffres qui démontrent sans l’ombre d’un doute un appui constant à la CAQ dans le processus de la gestion de crise de la COVID-19, et ce, malgré le fait que le Québec détient le triste record du plus grand nombre de cas et de décès au Canada depuis le début de la pandémie, il y a lieu, à mon sens, de se demander le pourquoi d’une telle fidélité des Québécois envers leur gouvernement.

À mon avis, je ne vois qu’une raison qui explique ce phénomène, à savoir l’approche « bon père de famille » adoptée par François Legault, particulièrement lors de ses nombreux points de presse, laquelle approche a contribué à coup sûr à créer le lien de confiance avec la population en plus de lui conférer la crédibilité nécessaire pour conserver ce lien de confiance indispensable.

quebechebdo 23 octobre 2020
vigile.quebec tribune libre 25 octobre 2020

Des normes nationales pour les centres de soins de longue durée

20 octobre 2020

Même si le premier ministre canadien semble avoir adouci sa position quant à la forme d’aide qu’il souhaite apporter aux provinces eu égard aux centres de soin de longue durée, notamment par un échange réciproque des moyens utilisés pour faire face à la COVID-19 dans les CHSLD, qualifiant cette démarche de « première étape », Justin Trudeau continue de souffler le chaud et le froid en déclarant qu’[il] « respecte tout à fait les champs de compétence des provinces, mais [que] quand on parle de dignité, et santé et surtout la vie des gens, il n'y a pas de champ de compétence ».

Un changement de discours qui survient après le braquage de François Legault à la suite de l’annonce des intentions de Justin Trudeau d’établir des normes nationales pour les CHSLD, M. Legault rétorquant du tac au tac que son homologue fédéral « jouait avec le feu » en voulant s’immiscer dans un domaine de juridiction provinciale.

Or lorsqu’il a été question de l’augmentation des transferts en santé d’Ottawa vers les provinces, Justin Trudeau a plutôt choisi d’insister sur la situation dans ces centres où « il y a encore trop de cas » et cela, « malgré tous les efforts que nous avons faits au printemps pour appuyer les provinces, avec l’armée canadienne et avec la Croix-Rouge ».

Ce ne serait pas la première fois que le fédéral s’ingèrerait dans un domaine de compétence provinciale, particulièrement de la part du Parti libéral du Canada (PLC) qui semble avoir développé depuis des décennies une propension naturelle pour une telle pratique. Or, avec François Legault à la tête du gouvernement du Québec, je demeure convaincu que l’ingérence d’Ottawa, si elle devait être tentée, frapperait « le mur »… Et c’est très bien qu’il en soit ainsi!

vigile.quebec tribune libre 18 octobre 2020

L’affaire Rozon

20 octobre 2020

Dans l’affaire Rozon, chacune des deux parties est venue expliquer à la Cour sa version des faits, laquelle inverse complètement les rôles de l’accusé et de la plaignante, M. Rozon se décrivant comme la victime dans cette affaire.

Or quelque chose me chicote les méninges dans le récit des événements évoqué par Gilbert Rozon pour sa défense. En effet, pour quel motif plausible la plaignante, 40 ans plus tard, aurait-elle ressorti cette vieille affaire du placard si elle s’était servie de M. Rozon pour assouvir ses passions comme l’accusé le prétend? En termes clairs, pourquoi la plaignante se serait-elle jetée volontairement dans la « gueule du loup » au lieu de tenir secret l’incident tel que raconté par Gilbert Rozon ? Nonobstant la présomption d’innocence, je suis d’avis que ces questions feront partie des réflexions de la juge Mélanie Hébert de la Cour du Québec avant de rendre son jugement.  

La preuve est désormais close. Qui ment? Qui dit la vérité? De retour le 6 novembre pour les plaidoiries finales… Une histoire à suivre!  

vigile.quebec tribune libre 17 octobre 2020

Affaire Martin Prud’homme: l’appel téléphonique

20 octobre 2020

Toute cette affaire concernant la demande en destitution du directeur général de la Sureté du Québec (SQ), Martin Prud’homme, tire son origine d’un appel téléphonique fait à Me Annick Murphy, directrice de la Direction des poursuites criminelles et pénales (DPCP) datant du 23 octobre 2017.

Or quelque trois ans plus tard, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, met en branle le processus de destitution du haut dirigeant de la SQ, confiant le rapport d’un comité d’experts sur les fautes déontologiques et éthiques qui sont reprochées à M. Prud’homme à la Commission de la fonction publique qui fera enquête et décidera s’il y a matière à destitution, invitant même Martin Prud’homme à rendre public le rapport. Au moment d’écrire ces lignes, rien n’a été fait en ce sens.

Mais que s’est-il donc passé durant ces trois années? M. Prud’homme a été suspendu de ses fonctions en mars 2019 en raison d’une allégation relative à des infractions criminelles qui n’a jamais été expliquée publiquement. Un an plus tard, la ministre Guilbault a annoncé qu’aucune accusation criminelle ne serait déposée contre lui.

« Pendant toute la durée de l’enquête, à aucun moment, je n’ai été informé des véritables motifs de ma suspension et jamais on ne m’a rencontré pour obtenir ma version des faits, ce qui va à l’encontre des principes de justice fondamentale », avance-t-il dans une déclaration.

Selon Martin Prud’homme, la conversation téléphonique a servi de prétexte pour qu’on puisse mener une enquête à son sujet. Les véritables motifs de cette investigation, soutient-il, sont ses liens d’amitié avec le député lavallois Guy Ouellette et ses liens familiaux avec l’ex-commissaire à l’UPAC Robert Lafrenière, dont il est le gendre.

M. Prud’homme déplore la mise en branle d’une enquête administrative sur cet appel téléphonique. C’est cette enquête, menée par le Secrétariat des emplois supérieurs, que la ministre Guilbault a transmis à la Commission de la fonction publique. Celle-ci déterminera s’il y a lieu de destituer M. Prud’homme, mais ce congédiement ne pourra se réaliser qu’avec l’accord des deux tiers des députés de l’Assemblée nationale.

La ministre de la Sécurité publique détient surement des informations solides pour poursuivre dans son intention de demander la destitution de Martin Prud’homme. De son côté, le haut dirigeant de la SQ a laissé entendre qu’il songe à poursuivre Québec. « J’entends défendre mes droits et ma réputation devant une instance juste et impartiale puisque j’ai perdu toute confiance dans la capacité du sous-pouvoir politique qui a déjà décidé que ma carrière était terminée ». 

Une saga qui risque de se prolonger longtemps avant de connaître son dénouement…

vigile.quebec tribune libre 17 pctobre 2020
 

Ne touchez pas à Mahomet!

19 octobre 2020

La décapitation sordide de l’enseignant français en histoire Samuel Paty par un réfugié russe de 18 ans, d'origine tchétchène, après avoir discuté avec ses élèves des caricatures de Mahomet en classe, vient faire la preuve à la face du monde que la liberté d’expression est loin d’avoir atteint ses lettres de noblesse, notamment dans le monde de l’éducation, une triste réminiscence de l’attentat du 7 janvier 2015 qui a coûté la vie à huit personnes dans la salle de rédaction du magazine Charlie Hebdo dans la foulée de la publication de caricatures de Mahomet.

Selon un scénario envisagé, ce serait le père d’une élève de la classe de Samuel Paty qui aurait sonné l'alarme sur les médias sociaux concernant la démarche de l’enseignant qui n’avait d’autre intention que de discuter de la libre expression avec ses élèves en relation avec la tuerie de Charlie Hebdo. C’est dire à quel point Mahomet exerce une pression inouïe sur les droits fondamentaux à la libre expression.

Par ailleurs, le procureur a confirmé la création d'un compte Twitter, sous le nom Abdoulakh A, par l'auteur du meurtre. Après le crime, un gazouillis sur ce compte adressait un message au président français Emmanuel Macron dans lequel il indiquait: « J'ai exécuté un de tes chiens de l'enfer qui a osé rabaisser Mahomet ». En termes clairs, « ne touchez pas à Mahomet »!

Un vieil adage nous dit qu’une image vaut mille mots… Encore faut-il que le « mot » ne soit pas interdit de caricature sous peine de mort!

quebechebdo 19 octobre 2020
vigile.quebec tribune libre 19 octobre 2020

Tirer le rideau sur les mots, place aux actes

16 octobre 2020

Je ne sais pas si vous ressentez la même impression que moi mais j’en ai ras-le-bol d’entendre les sempiternelles réactions quasi épidermiques de François Legault eu égard à l’association du mot « systémique » avec le terme « racisme ».

Et, pendant ce temps, une mère Atikamekw de 7 enfants, Joyce Echaquan, est morte dans un hôpital de Joliette dans des circonstances troubles, agressées cruellement verbalement par du personnel de l’hôpital. Et pendant ce temps, un rapport de l’observatrice indépendante nommée par Québec, Me Fannie Lafontaine, fait état de quelque 200 dossiers d’enquêtes criminelles qui ont été ouverts en cinq ans au Québec à la suite d’allégations d’Autochtones à l’encontre de policiers.

Mais de quoi s’agit-il au fond? Il s’agit de comportements racistes [et à ce sujet, M. Legault sera d’accord avec le terme] inacceptables qui perdurent telle une gangrène incurable qui ne fait que s’accentuer au sein des corps de police et qui sème des ravages auprès des communautés autochtones, particulièrement chez les femmes.  

Et pendant ce temps, le rapport de la Commission Viens, qui contient quelque 141 mesures concrètes à mettre en œuvre pour transformer les services de santé et les services sociaux, mais aussi protéger la jeunesse, réformer les services de police et de justice autant que les services correctionnels en plus de proposer des mécanismes de suivi rigoureux pour que les droits des Autochtones soient enfin respectés, dort sur les tablettes d’un placard depuis un an.

S’excuser ne suffit plus. Il est plus que temps de tirer le rideau sur les mots et de faire toute la place aux actes concrets afin qu’enfin les Autochtones soient considérés comme des êtres humains à part entière dans ce Québec que l’on dit inclusif [à moins que ce ne soit qu’un « mot »…]. 

quebechebdo 16 octobre 2020

Les enfants martyrs de Wendake

16 octobre 2020

Il est maintenant connu que des signalements ont déjà été portés à la connaissance de la Direction de la protection de la jeunesse [DPJ] concernant les deux enfants de Wendake, en banlieue de Québec, qui ont été assassinés.

Sans présumer des conclusions de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse qui a lancé sa propre enquête pour faire la lumière sur les événements ayant mené à la mort des deux enfants, il m’apparaît pour le moins étrange que cette tragédie concernant deux autochtones se soit produite quelques jours seulement après la mort de Joyce Echaquan, une femme atikamekw, dans des circonstances troubles dans un hôpital de Joliette.

Bien sûr, dans l’hypothèse où il est prouvé que les droits des deux enfants de Wendake ont été lésés, ces deux tragédies nous confrontent implacablement au racisme systémique envers les membres des nations autochtones au Québec.

Par ailleurs, il est aussi de plus en plus reconnu que la loi fédérale sur les Indiens, adoptée en 1876, qui donne au gouvernement canadien l'autorité exclusive de légiférer sur les Indiens et les terres réservées pour les Indiens, en plus d’être désuète, contient des articles carrément ségrégationnistes.

Conséquemment, si la Commission des droits reconnaît que des torts sont attribués à la DPJ de la Capitale-Nationale, les coupables doivent être imputables et recevoir les sanctions qui s’imposent. Quant à la loi sur les Indiens, qui date de 144 ans, il est plus que temps qu’elle soit actualisée aux réalités du 21ième siècle.

vigile.quebec tribune libre 14 octobre 2020

Pierre Laporte, le nationaliste

16 octobre 2020

Lors de l’émission 24/60 présentée sur RDI le 12 octobre, l’animatrice Anne-Marie Dussault recevait le fils de Pierre Laporte, Jean Laporte, dans le cadre du 50ième anniversaire de la crise d’octobre de 1970 au Québec.

Parmi les révélations de Jean Laporte, l’une d’elles a particulièrement attiré mon attention, à savoir que les circonstances tragiques de la mort de Pierre Laporte ont complètement oblitéré le nationalisme dont a fait preuve son père tout au cours de sa carrière à titre de journaliste d’enquête au Devoir et de politicien au sein du Parti libéral du Québec (PLQ) en compagnie de René Lévesque, Claude Ryan et Georges-Émile Lapalme avec qui il était identifié à l’aile nationaliste du PLQ. Aux yeux de Jean Laporte, le nationalisme de son père est disparu sous l’emprise tentaculaire de la crise exercée par des médias friands de sensationnalisme.

Et pourtant, lors de la présentation de quelques passages de la carrière de Pierre Laporte lors de l’entrevue, à plusieurs occasions, on peut voir le politicien prendre la défense des travailleurs francophones qui devaient, entre autres, suivre en anglais les ordres donnés par des patrons anglophones.

Dans sa biographie intitulée Pierre Laporte, l’auteur Jean-Charles Panneton dresse une image saisissante en avançant que Pierre Laporte est décédé à deux reprises, une première fois aux mains de la cellule felquiste des frères Rose, et une seconde fois des suites de l’oubli dans lequel son destin tragique l’a plongé en oblitérant cruellement le souvenir d’un journaliste et d’un politicien pour qui la protection et la survie de la langue française étaient prioritaires.

vigile.quebec tribune libre 14 octobre 2020

Du sang neuf à la direction du PQ

13 octobre 2020

Les militants souverainistes ont fait leur choix… L’avocat de 43 ans, Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), devient le dixième chef du Parti québécois (PQ) avec 56,02 % du suffrage au troisième tour devant son plus proche rival, Sylvain Gaudreault qui incarnait, dans cette course la continuité alors que PSPP proposait le changement.

Parmi les nombreux commentaires entendus ou lus dans les médias, j’en retiens deux qui me semblent déterminants pour le repositionnement stratégique du PQ sur l’échiquier politique québécois, à sa voir le tempérament du nouveau leader péquiste, et l’attrait qu’il a exercé auprès des jeunes tout au cours de sa campagne.

À mon avis, l’enthousiasme, le dynamisme de PSPP et sa volonté féroce de bien performer dans les deux prochaines années font de lui un politicien inspirant qui deviendra à cout sûr une bougie d’allumage qui se reflètera partout où il passera au Québec, y compris dans les régions.

Par ailleurs, certains analystes ont décrit Paul. St-Pierre Plamondon comme étant le candidat de la jeunesse au PQ, un atout inestimable non seulement pour le parti mais aussi pour l’avenir politique du Québec. Je suis convaincu que le nouveau chef du PQ saura trouver les arguments nécessaires à la mobilisation de ces jeunes qui incarnent la relève du Québec.

Bref, Paul St-Pierre Plamondon n’incarne peut-être pas le « sauveur » du navire amiral mais il a toute la fougue nécessaire pour en devenir le capitaine qui remettra le navire en direction de la voie de l’indépendance du Québec.

quebechebdo 13 octobre 2020
vigile.quebec tribune libre 13 octobre 2020

Les Québécois veulent savoir!

12 octobre 2020

Depuis le début de la crise du coronavirus, soit quelque 8 mois, jamais les Québécoises et les Québécois n’ont eu vent des discussions, sans aucun doute innombrables, entre le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, et le premier ministre du Québec, François Legault.

À toutes fins pratiques, le Québec vit actuellement une des pires crises de son histoire et aucune communication écrite entre les deux hommes n’a filtré. Pour la transparence, tant clamée par M. Legault depuis le début de son mandat à titre de premier ministre, on repassera!

Du côté des deux intervenants, on nous répond qu’il n’existe aucun compte rendu écrit des discussions entre eux. Pourquoi, par exemple, cette volte-face soudaine sur le port du masque qui est passé d’un statut de facultatif à obligatoire? Au moment où les éclosions proliféraient dans les Centres hospitaliers pour soins de longue durée, pourquoi a-t-on laissé libre cours aux déplacements de personnel entre les CHSLD? Etc…

Récemment, l’ex-chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé, a proposé la création d’une enquête publique sur la gestion de crise. Sans présumer que messieurs Legault et Arruda n’ont pas fait ce qu’il fallait faire, les Québécois veulent savoir pourquoi telle décision a été prise eu égard à telle situation… C’est une simple question de transparence élémentaire!

quebechebdo 12 octobre 2020
vigile.net tribune libre 12 octobre 2020