Les juifs hassidiques, intégrés mais à part…

27 janvier 2021

Nonobstant l’invitation du Conseil des juifs hassidiques du Québec envers certains membres de la communauté à respecter les directives de la Santé publique limitant à dix le nombre de personnes pouvant être présentes en même temps dans un même lieu de culte, il m’apparaît évident que ces rassemblements ont été tenus sciemment dans un contexte de désobéissance envers les consignes sanitaires.

Et, pour ajouter l’insolence à la désobéissance, un membre de la communauté religieuse a évoqué pour sa défense que les règles entourant les rassemblements religieux n’étaient «pas claires» alors qu’il croyait que le maximum de dix personnes rassemblées dans un lieu de culte pouvait s’appliquer pour chaque pièce munie d’une porte donnant sur l’extérieur.

Soyons sérieux! Comme plusieurs autres communautés installées au Québec, les juifs hassidiques revendiquent le droit d’être reconnus comme des citoyens québécois à part entière, intégrés solidement dans la société québécoise. Eh bien alors, comment expliquer le fait que, lorsqu’ils doivent se plier à des consignes sanitaires en temps de crise, ces mêmes communautés y dérogent sans coup férir?

En ce qui me concerne, les juifs hassidiques, qui se disent intégrés comme citoyens québécois, ne peuvent pas pratiquer leurs rites religieux s’ils contreviennent à la loi de l’État où ils ont élu résidence permanente…C’est une simple question de gros bon sens!

vigile.quebec tribune libre 26 janvier 2021

Kamala Harris brise le « plafond de verre »

25 janvier 2021

Fille d’une immigrante venant de l’Inde et d’un père immigrant né en Jamaïque, Kamala Harris est désormais la première femme et première femme de couleur à occuper le poste de vice-présidente des États-Unis.

En brisant le plafond de verre, elle se retrouve ainsi en position de devenir la cheffe de la Maison blanche en cas d’empêchement du président ou de se préparer à le remplacer dans quatre ans à titre de première femme présidente des États-Unis, Joe Biden ayant déjà décidé de ne faire qu’un mandat du fait de son âge avancé.

L’Amérique, le pays des possibles, Kamala Harris en est la représentation. Un exemple pour des millions de femmes et de jeunes filles américaines. Élue sénatrice en 2016, Kamala Harris, 56 ans, a été en 2004 la première femme noire procureure de San Francisco, puis la première procureure générale de Californie en 2010.

En faisant entrer Kamala Harris dans l’histoire, Joe Biden fait des États-Unis un pays d’ouverture et d’égalité. Un signal clair est envoyé aux Américains, une femme a désormais brisé un plafond de verre, en accédant à la seconde plus importante position de l’administration américaine, première puissance économique mondiale. À 77 ans, Joe Biden est une figure de transition post Donald Trump, un pont entre générations, mais aussi entre cultures. Il sait que Kamala Harris, pourrait être propulsée au Bureau ovale. 

Kamala Harris, une clé pour un avenir plus inclusif ? Son expérience en justice pénale pourrait aider la future administration Biden à s'attaquer aux problèmes d'égalité raciale et de maintien de l'ordre après les vastes manifestations qui ont secoué le pays cette année. Elle devrait être l'une des principales conseillères en matière de nominations judiciaires.

Kamala Harris a prononcé de nombreux discours pendant la campagne présidentielle américaine de 2020. Mais une allocution particulièrement marquante est restée dans les annales soit celle prononcée le 8 novembre 2020, à l'annonce du résultat de l'élection, juste avant le discours de Joe Biden.

En voici d’ailleurs un extrait qui dénote toute la détermination à la hauteur de l’ambition de la nouvelle vice-présidente à l’aube de son entrée en fonction :« Car c'est maintenant que le vrai travail commence. Le dur labeur. Le travail nécessaire. Le bon travail. Le travail essentiel pour sauver des vies et vaincre cette pandémie. Pour reconstruire notre économie afin qu'elle fonctionne pour les travailleurs. Pour éradiquer le racisme systémique dans notre système judiciaire et notre société. Pour combattre la crise climatique. Pour unir notre pays et guérir l'âme de notre nation. »

quebec hebdo tribune libre (version abrégée) 23 janvier 2021
Le journal Métro 25 janvier 2021

Marylène Levesque, une mort évitable

25 janvier 2021

À la suite de la remise du rapport d’un Comité d’enquête national sur le meurtre sordide de Marylène Levesque survenu en janvier 2020 au Service correctionnel du Canada (SCC), ce dernier a décidé immédiatement de retirer les contrats de surveillance aux centres résidentiels communautaires, lesquels, sont sous la juridiction de la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) qui décident d’accorder ou non une libération conditionnelle et des conditions à imposer. Les délinquants qui obtiennent une libération conditionnelle sont alors placés sous la surveillance d’agents de libération conditionnelle à l’emploi du SCC.

L’enquête a démontré, notamment, que la CLCC avait formellement interdit à Gallese de fréquenter les salons érotiques ou d'avoir des services sexuels. Les membres de son équipe d’intervention, tels que les agents correctionnels et les intervenants de la Maison Painchaud où séjournait Gallese étaient au courant de cette interdiction. Or, à l’insu de tous, le meurtrier a continué de fréquenter les salons érotiques.

Dans toute cette salle histoire, une chose est certaine, Mylène Levesque est passée entre les mailles du filet. À mon sens, toutes les instances du système, chacune à son niveau d’intervention, doivent être tenues imputables de ce meurtre qui aurait dû être évité, que ce soit le SCC, la CLCC, l’agent de libération conditionnelle responsable de Gallese et la direction de la Maison Painchaud… La communication entre tous les intervenants a été défaillante et doit être dénoncée haut et fort!


vigile.quebec tribune libre 23 janvier 2021

L’astronaute quitte sa capsule pour revenir sur terre

25 janvier 2021

Ces derniers jours, les médias ont beaucoup dénoncé le climat toxique qu’entretenait Son Excellence Julie Payette, gouverneure générale du Canada, envers ses employés.

Or, on a très peu entendu parler de sa propension viscérale pour les réparations à Rideau Hall, 100 000$ pour des aménagements laissés en plan, des vols et des repas gastronomiques totalisant 65 000$ en 18 mois. C’est sans compter une cérémonie d’assermentation qui a coûté aux contribuables canadiens la modique somme de 650 000 $, et, pour couronner le tout, elle touchera une rente de 143 000$ par année, et ce, pour le reste de sa vie. 

Par ailleurs, l’ex-astronaute qui régnait en maître sur ses « domestiques » dans sa « capsule » de Rideau Hall est maintenant déchue de tous ses pouvoirs maléfiques lors de son retour précipité sur terre.

La star québécoise de l’espace vient de se voir dégarnie de tout son éclat… Force est de constater que Julie Payette tolère difficilement les « paillettes » autour de sa personne… Peut-être devrait-elle s’accommoder d’une vie à l’écart de toute gestion de personnel!

vigile.quebec tribune libre 23 janvier 2021

Pourquoi ne pas abolir la monarchie?

24 janvier 2021

La démission de la gouverneure générale Julie Payette remet sur la table pour une énième fois la pertinence de conserver les liens monarchiques avec la Reine d’Angleterre, la dernière occasion où le sujet a fait les manchettes remontant au départ pour le moins turbulent de Lise Thibault à titre de lieutenant-gouverneure du Québec.

À cet effet, je me souviens d’un certain 1er janvier 2017 où, bien assis devant mon petit écran, je vois soudain apparaître le visage de la Reine Élisabeth II qui, dans son style grandiloquent, vient souhaiter un bon 150ième anniversaire à tous ses sujets canadiens. 

Et là où le bât blesse avec acuité avec cette chose étrange qu’est la monarchie au Canada, ce n’est qu’aucun des défenseurs du nationalisme canadien ne la remette en question d’aucune manière. Force est de constater que nos leaders d’opinion disposent d’un imaginaire politique pour le moins pauvre pour s’accommoder d’un souverain étranger comme chef d’État.

La simple idée d’un pouvoir transmis héréditairement n’a évidemment aucun sens de nos jours. À mon sens, il faudrait remplacer le gouverneur général par un président d’ici, un personnage officiel sans réel pouvoir décisionnel, mais qui incarne l’État et assure la passation des pouvoirs de manière ordonnée, à la condition, bien sûr, d’obtenir une modification constitutionnelle qui présuppose l’unanimité des provinces… Et ça, c’est un gros caillou dans le soulier de nos élus!

quebechebdo tribune libre 24 janvier 2021
vigile.quebec tribune libre 24 janvier 2021

Les Québécois, des cobayes?

22 janvier 2021

Pour être honnête, je ressens un certain malaise eu égard à la décision du gouvernement du Québec de prendre le risque d’attendre jusqu’à 90 jours pour administrer la deuxième dose du vaccin, espérant ainsi sauver des vies et réduire la pression sur le réseau de la santé… un scénario dans le meilleur des mondes!

Or, la réalité est toute autre. En effet, il n’existe actuellement aucune donnée scientifique sur l’efficacité du vaccin six semaines après la première dose, soit 42 jours, les recommandations des fabricants estimant même le délai entre les deux doses entre 3 et 4 semaines.

Par ailleurs, le Québec, jusqu’à maintenant, présente le pire bilan au Canada, avec près du tiers des cas de tout le pays et la moitié de tous les décès. Avons-nous vraiment la marge de manœuvre pour se servir des Québécois comme cobayes? Ne serait-ce pas plus sage de mettre l’accent sur la qualité plutôt que la quantité avec tous les risques qu’elle comporte?

Après près d’un an de mesures sanitaires restrictives, les Québécois perçoivent le vaccin comme la lumière au bout du tunnel. Il serait fort désolant qu’une décision allant à l’encontre des fabricants du vaccin vienne bouziller tous les efforts consentis pour venir à bout de ce satané virus.

vigile.net tribune libre 20 janvier 2021
Le Soleil 23 janvier 2021

Les itinérants et l’intolérance de Legault

21 janvier 2021

Le décès tragique d’un itinérant retrouvé mort dans une toilette sanitaire n’a pas eu l’heur de faire broncher François Legault d’un iota sur sa décision de n’accorder aucune exception aux itinérants eu égard aux règles imposées par le couvre-feu.

Et pourtant, là où le bât blesse avec le plus d’acuité, c’est que les mesures dictées par le couvre-feu ordonnent aux Québécois de demeurer à l’intérieur de leur résidence ente 20h et 5h alors que les sans-abris vivent la majeure partie de leur vie l’extérieur.

Notre premier ministre est allé jusqu’à imaginer une scénario où lui-même pourrait se faire passer pour un itinérant et ainsi contourner les règles. Et toute cette comédie burlesque dans un contexte où il venait de vanter le « gros bon sens » avec lequel les policiers gèrent la situation!…

Soyons sérieux… Les itinérants, notamment à Montréal et Québec, sont les laissés-pour-compte de la société, des marginaux qui dérangent l’ « ordre établi ». Dans ces circonstances, il m’apparaîtrait juste et équitable de leur accorder tout au moins le droit de passer la nuit dans leur « résidence à ciel ouvert »!

vigile.net tribune libre 20 janvier 2021
Le Soleil (version internet) 21 janvier 2021

Le télétravail, la panacée?

18 janvier 2021


Depuis le début de la pandémie, plusieurs travailleurs ont adopté le télétravail, notamment en raison de la fermeture de certaines entreprises à la suite des confinements. Or, il s’avère de plus en plus que ce mode travail puisse se poursuivre après la pandémie pour plusieurs travailleurs.


À cet effet, certains professionnels de la santé n’hésitent pas à mettre le télétravail au banc des accusés pour les problèmes actuels de sédentarité, invoquant notamment le peu de déplacement inhérent au travail à la maison par rapport à un travailleur qui prenait le transport en commun pour se rendre à son travail. Cette sédentarité malsaine a des impacts sur toutes les maladies chroniques, cardiovasculaires et sur la santé mentale.


Parlant de santé mentale, il m’apparaît évident que la personne qui s’adonne au télétravail est confinée dans sa résidence permanente, dans un environnement où elle vit 24 heures sur 24, 7 jours par semaine, étant privée, de la sorte, de la socialisation dont elle bénéficie en côtoyant ses collègues de travail.


En bref, il serait illusoire, voire dangereux, de considérer le télétravail comme une panacée. Ses effets collatéraux physiques et psychologiques doivent être considérés sérieusement avant de prendre la décision d’adopter ce mode de travail de façon permanente!

vigile.quebec tribune libre 18 janvier 2021

Les itinérants dans l’engrenage du couvre-feu

18 janvier 2021

En décrétant que les sans-abris ne pourront bénéficier d’une exception eu égard au couvre-feu, le ministre responsable des questions liées à l’itinérance, Lionel Carmant, argue qu’il y a à peu près 1500 places ouvertes à Montréal. Or, l’été dernier, la mairesse Valérie Plante avait évalué à 6 000 le nombre de personnes en situation d’itinérance dans la métropole.

Mais là où le bât blesse avec le plus d’acuité, c’est que le ministre Carmant semble oublier qu’un itinérant est un « sans-abri » et que, par conséquent, il ne peut, en toute logique, être soumis à un couvre-feu si la municipalité manque de lits pour les accueillir après 20h.

Dès l’imposition d’un couvre-feu partout dans la province, plusieurs organismes ont fait état d’amendes remises à des itinérants, notamment à Montréal et à Val-d’Or. Et pourtant, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, avait maintenu quelques jours plus tôt qu’«il n’y a personne qui veut donner des contraventions aux itinérants».

Le « gros bon sens » est une expression à la mode par les temps qui courent… Peut-être que le ministre Carmant devrait le mettre en pratique en exigeant notamment que les policiers en usent envers les itinérants!

vigile.quebec tribune libre 18 janvier 2021

Priorité à la COVID-19, un choix toujours pertinent?

18 janvier 2021

Le nombre de patients hospitalisés pour la COVID-19 ne cesse d’augmenter au Québec. La situation est « très critique » dans les hôpitaux qui sont de plus en plus forcés de procéder au délestage d’activités. Les greffes de rein de donneurs vivants sont suspendues. Des patients devant subir une coloscopie ne peuvent obtenir ce test. Des personnes en attente d’une prothèse de hanche et qui éprouvent des douleurs en marchant ne peuvent non plus être opérées. Actuellement, 140 000 interventions chirurgicales sont en attente d’être réalisées. 

Dans cette foulée, des médecins québécois s'inquiètent des conséquences du délestage et dénoncent la priorisation absolue dans les hôpitaux des patients infectés par le coronavirus. À cet effet, faute de lits ou de personnel, le haut taux de délestage raccourcit l'espérance de vie de nombreux patients, souvent plus jeunes que ceux admis pour des complications dues à la COVID-19.

Est-il équitable d'agir ainsi? Devrait-on déplacer des personnes âgées des CHSLD, ayant une survie de six mois ou d’un an, aux hôpitaux ? Aux yeux des médecins consultés, il faut arrêter de faire semblant que cela n'existe pas et qu'on est capable de traiter tout le monde. De toute évidence, on n'est plus capable de traiter tout le monde.

On sait qu'en CHSLD, l'espérance de vie moyenne est de 18 mois. Est-ce que la vie de ces gens-là, qui ont eu le droit à leur vie et qui sont souvent très âgés, doit être prolongée au détriment de gens plus jeunes dont l’espérance de vie est nettement supérieure ?

En bref, est-ce qu'on va continuer de façon dogmatique à prioriser ceux qui souffrent de la COVID-19 en lésant tous les autres patients quelle que soit leur condition de santé ?


vigiile.quebec tribune libre 18 janvier 2021