La non-intervention de François

22 juin 2021

Ce n’est pas d’hier que les violences sexuelles sur des enfants commises par des membres du clergé sont dénoncées dans les médias. À cet effet, des experts mandatés par l’ONU, dans une lettre envoyée au chef de l’Église catholique le 7 avril dernier, font part de leur « plus grande préoccupation relativement aux nombreuses accusations de violences sexuelles auprès de nombreux enfants fréquentant des institutions catholiques, et exhortent le pape François d’intervenir.

Et pourtant, ces experts condamnent vertement les « mesures adoptées par l’Église catholique pour protéger les auteurs présumés d’abus, dissimuler les crimes et entraver la responsabilisation, ce qui a conduit à l’impunité des crimes commis, à la répétition des violations au fil des décennies et au nombre croissant de victimes, ainsi qu’à l’absence de réparation et de soutien aux victimes »,

Pire encore, certains rapports d’enquêtes lancées par le Vatican et certains diocèses signalent « les tentatives persistantes de l’Église catholique pour protéger les agresseurs présumés de la justice laïque en faisant obstruction aux procédures judiciaires, en refusant l’accès aux dossiers de l’Église documentant les réclamations contre les agresseurs, en accueillant les agresseurs au Vatican d’où l’extradition est refusée, ou en transférant les agresseurs hors des pays où ils peuvent être poursuivis ».

À mon point de vue, François ne peut plus tolérer la non-intervention. Son silence a revêtu des proportions démesurées. voire inacceptables. Pour la crédibilité de son Église, le pape François doit tout au moins offrir ses excuses au nom de l’Église catholique, à défaut de quoi il devra en assumer la responsabilité, à savoir le désaveu de toute cette violence sexuelle mise au grand jour de la part de membres du clergé envers d’innocents enfants.

vigile.quebec tribune libre 21 juin 2021
Le Devoir 29 juin 2021 "La non-intervention du pape François"

Le PCQ a-t-il un avenir sur la scène politique québécoise?

20 juin 2021

Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, aurait voulu projeter l’attention médiatique sur son parti qu’il n’aurait pas trouvé de situation plus propice que l’exclusion de la députée de la CAQ dans le comté d’Iberville, Claire Samson, pour avoir effectué un don de 100$ au PCQ.
Nonobstant la popularité d’Éric Duhaime, notamment dans la région de la Capitale nationale, est-il pertinent de penser qu’un parti de droite au Québec a sa place sur l’échiquier politique? Le parti de droite sort de l’ombre avec une personnalité publique aux commandes. Est-ce que l’effet PCQ pourrait se limiter seulement à Québec, ou risque-t-il d’atteindre d’autres régions dans la province?
Par ailleurs, lors de son élection comme chef du PCQ, l’ancien animateur de radio a remporté 96 % des voix, près de 10 000 personnes ayant voté lors de ces élections, un résultat sans équivoque sur sa popularité chez les partisans du PCQ. De plus, au contraire des nouveaux partis qui tentent leur chance sur la scène politique provinciale, les outils que possède Éric Duhaime représentent des avantages sur la ligne de départ, soit de l’argent, des membres et une certaine reconnaissance. 
Quoi qu’il en soit, le nouveau chef se dit motivé à gagner sa place à l’Assemblée nationale afin de représenter une «réelle» opposition. Lors de sa conférence de presse qui a suivi son élection, il a dit représenter un «nouveau conservatisme» qui rejoint «une bonne partie de la population».
Depuis quelques années, la droite politique représente «les méchants» dans l’arène publique. Éric Duhaime espère briser cette tendance. Pour ce faire, je suis d’avis qu’il empruntera une avenue populiste lors de sa campagne électorale, une stratégie basée sur le fait qu’en politique, il n’existe ni de droite ni de gauche mais seulement le peuple contre les élites. Une histoire à suivre….   


vigile.quebec tribune libre 17 juin 2021
Le Soleil (version internet) 19 juin 2021

L’État-major des forces canadiennes fortement ébranlé

17 juin 2021

Décidément, les allégations d’inconduites et d’agressions sexuelles auprès de hauts gradés des forces armées canadiennes ne cessent de faire les manchettes depuis quelques mois.

Or dès 2015, une ex-juge de la Cour suprême, Marie Deschamps, publiait pourtant un rapport dévastateur sur des affaires d’inconduite et d’agression sexuelle au sein des forces canadiennes et sur la culture machiste qui entachait l’institution. Le rapport préconisait notamment la mise en place de mécanisme de plainte totalement indépendant et externe pour les victimes. Mais ce mécanisme n’a jamais été mis en place, à cause, dit-on, de la résistance à l’interne et parce que le gouvernement canadien n’aurait pas osé aller à l’encontre de cette résistance.

De son côté, le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, allègue qu’il n’a pas eu le temps de mettre cette proposition à exécution même si cela fait pourtant six ans qu’il est en poste. Et Justin Trudeau, qui ne cesse de se dire féministe et qui promettait pourtant de nettoyer l’armée canadienne de cette gangrène, n’a pas cru bon d’insister auprès de son ministre pour qu’il procède à la mise en place de ce mécanisme

Six ans plus tard, devant la tourmente, Justin Trudeau a décidé de confier à Louise Arbour, ex-juge de la Cour suprême du Canada et ancienne haut-commissaire des Nations unies aux droits de la personne, la mission d’examiner l’ensemble des procédures et politiques actuellement en place au sein des Forces canadiennes et du ministère de la défense pour traiter les cas de harcèlement, inconduite et agression de nature sexuelle.

Le rapport de Louise Arbour est attendu dans 15 à 18 mois. Les attentes sont élevées. La gangrène a déjà fait des ravages dévastateurs, notamment chez des femmes œuvrant dans l’armée. À mon avis, tant et aussi longtemps qu’un organisme externe ne sera pas responsable d’examiner les plaintes, les forces armées canadiennes ne pourront jamais retrouver leurs lettres de noblesse

vigile.quebec tribune libre 15 juin 2021

Je rêve depuis plus de cinquante ans

17 juin 2021

Un demi-siècle à rêver d’un Québec souverain…C’est un périple extrêmement long! Or quand je jette un regard sur le passé et sur le présent, je ressens une profonde amertume comme si les dirigeants indépendantistes m’avaient abandonné. Peu à peu, mon rêve s’est transformé en désillusion.

Aussi, ai-je cru opportun de vous offrir ce petit poème en guise d’espoir, un espoir fragilisé par toutes ces années perdues à entretenir un rêve! 

Je rêve depuis plus de cinquante ans

D’un pays en terre d’Amérique

Qui se libère des sorts maléfiques

Qui le harcèlent depuis tant de temps

Je rêve depuis plus de cinquante ans

D’un peuple qui ose s’affirmer

Et clamer sa soif de liberté

Par delà les carcans étouffants

Je rêve depuis plus de cinquante ans

D’une voix qui proclame ses convictions

Au-delà des stériles ambitions

D’un pouvoir bêtement avilissant

Je rêve depuis plus de cinquante ans

D’une nation québécoise française

Qui arrête de filer à l’anglaise

Devant un adversaire dénigrant

Je rêve depuis plus de cinquante ans

De reprendre fièrement mes cours d’eau

Mes forêts, mes mines, mes animaux

Et d’en disposer comme je l’entends

Je rêve depuis plus de cinquante ans

D’un Québec libre et souverain

Qui aspire à se prendre en main

Et à s’assumer toutes voiles au vent


vigile.quebec tribune libre 13 juin 2021
 

Les Espaces bleus, générateurs de la fierté québécoise

12 juin 2021

La fibre nationaliste de François Legault s’est manifestée à plusieurs occasions depuis le début de son mandat à titre de premier ministre, la dernière manifestation surgissant de la réforme de la loi 101 dans le projet de loi 21.

Aujourd’hui, en annonçant la création des Espaces bleus, c’est à la fierté des Québécoises et des Québécois que M. Legault s’adresse en leur offrant un vaste réseau interprovincial qui mettra en lumière les réalisations patrimoniales de nos ancêtres.

Qu’on le veuille ou non, l’histoire du Québec est peu connue, voire méconnue par plusieurs Québécois, Or l’histoire d’un peuple est le filon qui conduit aux bâtisseurs qui ont été les artisans du Québec d’aujourd’hui.

De surcroît, les Espaces bleus paveront la voie à un prolongement des cours d’histoire offerts dans les écoles, et permettront de la sorte aux jeunes québécois d’approfondir leurs connaissances sur le territoire qui les ont vu naître et sur le courage et la fierté de leurs ancêtres.

La fierté est un sentiment qui honore tous ceux qui la ressentent et permet de créer un engouement contagieux autour d’eux. En ce sens, je ne peux que souscrire à cette heureuse initiative du gouvernement caquiste…Bienvenue aux Espaces bleus, générateurs de la fierté québécoise!

vigile.quebec tribune libre 11 juin 2021
quebechebdo tribune libre 12 juin 2021 
Le Soleil 19 juin 2021
 

Un amalgame inapproprié

11 juin 2021

Une sortie enflammée du chef du deuxième groupe d’opposition à la Chambre des communes, Yves-François Blanchet, a mis le feu aux poudres à la suite des propos du premier ministre Justin Trudeau qui est allé jusqu’à créer un amalgame tout à fait inapproprié entre le drame de London et la loi sur la laïcité de l’État du Québec.

Le lendemain, le Bloc québécois est revenu à la charge en invitant le premier ministre à éviter toute forme d’amalgames, son chef Yves-François Blanchet l’ayant même exhorté à s’excuser pour sa déclaration de la veille qu'il a qualifiée d' « imbécilité ». Loin de retirer ses propos, le premier ministre a plutôt invité les députés « à écouter et à comprendre les inquiétudes et les préoccupations des musulmans, qui maintenant admettent une anxiété de plus quand ils sortent dehors avec leur hijab ou quand ils vont se promener en famille ».

Cette saga s’est étendue jusque dans la presse anglophone qui a martelé sur tous les tons que l'adoption de la loi québécoise sur la laïcité avait contribué à l'émergence d'un climat islamophobe au Canada, une loi, faut-il le rappeler, qui défend le port des signes religieux pour les personnes se trouvant en ligne d’autorité dans l’exercice de leurs fonctions.

À mon humble avis, il n’existe aucune corrélation entre la tuerie de London qui a fauché la vie de toute une famille musulmane et la loi 21 sur la laïcité de l’État québécois. En réalité, l’islamophobie faisait des ravages bien avant l’adoption de la loi 21 et se perpétuera tant et aussi longtemps que des influenceurs, notamment sur les réseaux sociaux, persisteront à la nourrir… 

vigile.quebec tribune libre 9 juin 2021
Le Soleil (version internet) 12 juin 2021 

Terrorisme solitaire et imprévisibilité

10 juin 2021

Le drame horrible qui a décimé quatre personnes d’une famille musulmane  à London en Ontario aurait-il pu être prévisible? Le chauffard fou qui a procédé à cette hécatombe a-t-il montré quelque signe qui aurait pu attirer les soupçons sur lui? Les autorités policières ont -ils les moyens de s’assurer qu’en telle tuerie ne se reproduira « plus jamais » comme certains le manifestaient lors de la veillée en l’honneur des personnes décédées dans une situation dramatique?

Sans me camper dans une position pessimiste, force est de constater que je ferais preuve d’angélisme si je répondais par l’affirmative à l’une de ces questions. Dans le cas qui nous concerne, l’assassin a probablement été sous l’influence des réseaux sociaux qui foisonnent de commentaires anti-islamistes jusqu’au jour il décide de passer à l’acte sans donner aucun signe préalable.

Le tueur avait certes planifié son geste ignoble tel un loup solitaire sans que personne de son entourage ne se doute de quoi que ce soit. Sa haine avait atteint des proportions fantasmagoriques si bien que rien ni personne ne pouvait l’empêcher de réaliser son crime abominable.

Notre société regorge de mouvements racistes qui ne cessent de gangréner le climat social. Les autorités policières sont débordées. De toute évidence le terrorisme est là pour rester. Au mieux, pouvons-nous démonter une solidarité envers les familles éprouvées… Elles en ont grandement besoin!

vigile.quebec tribune libre 9 juin 2021

Drame de Kamloops: l’Église catholique est imputable

6 juin 2021

J’écoutais le représentant des évêques du Canada lors d’une entrevue réalisée sur les ondes de RDI à l’émission 24/60 du 4 juin, et je n’ai pu m’empêcher de réaliser à quel point il a dû faire des entourloupettes pour se soustraire au devoir de l’Église de s’excuser pour le drame du pensionnat de Kamloops où 215 enfants autochtones ont trouvé la mort dans des circonstances pour le moins nébuleuses.

Nonobstant le fait que l’Église ait entrepris des discussions avec les nations autochtones, je suis d’avis que ces démarches, quoique essentielles, ne compensent en rien pour des excuses tout aussi essentielles, voire incontournables.

Faut-il le rappeler, ce pensionnat était sous la direction de communautés religieuses catholiques qui osaient porter la croix au cou et la malice dans leur cœur. Des êtres cruels dont la mission était d’extirper de ces enfants toute trace de leur origine autochtone.

L’Église catholique s’est toujours montrée rébarbative aux excuses eu égard aux comportements de plusieurs de leurs membres, notamment les sévices sexuels envers des enfants. Encore une fois, l’histoire se répète, et encore une fois, elle se faufile à travers de belles paroles qui ne feront que voiler son imputabilité…La parole appartient maintenant au chef de l’Église, le pape François. Aura-t-il l’humilité de s’excuser au nom de certains membres de son Église?

vigile.quebec tribune libre 6 juin 2021
Le Soleil (version internet) 7 juin 2021

Oui au bal des finissants

4 juin 2021

Il y a quelques jours, le directeur de la santé publique, Horacio Arruda, annonçait que les finissants du secondaire n’auront pas de bal cette année pour souligner l’obtention de leur diplôme, alléguant que c’était « par souci d’équité », compte tenu de l’interdiction des rassemblements intérieurs dans les domiciles, que la décision concernant les bals a été prise. Un argument plutôt faible dans la mesure où un souper familial peut toujours être reporté alors qu’un bal des finissants n’arrivent qu’une fois en cinq ans.

Le bal des finissants de cinquième secondaire représente une tradition bien établie au Québec, Pour ces milliers de jeunes, c’est l’aboutissement d’un long chemin où ils sont passés de l’enfance à l’adolescence à travers les échecs et les succès.

La vaccination est en cours chez les jeunes. Alors pourquoi ne pourrait-on pas encourager les finissants à se faire vacciner rapidement pour leur permettre d’avoir un bal à la fin juin, quand la majorité des régions seront en zone verte, d’autant plus qu’à ce moment-là, des festivals pourront accueillir un maximum de 2500 personnes réparties dans des sections de 250 spectateurs?

Or, il semblerait que, devant la grogne manifeste des parents et des élèves, le Dr Arruda envisage une façon de réévaluer la situation. Toutefois, le temps presse, il doit faire vite. Des milliers d’adolescents n’attendent que son signal pour mettre les préparatifs en marche… et vivre le conte de fée auquel ils aspirent depuis cinq ans!

quebechebdo tribune libre 4 juin 2021

Pierre Fitzgibbon, le mouton noir du cabinet

3 juin 2021

C’était écrit dans le ciel, le quatrième rapport de la commissaire à l’éthique à l’encontre de Pierre Fitzgibbon aura eu raison de son poste de ministre de l’Économie. En termes clairs, M. Fitzgibbon était devenu le « mouton noir » du cabinet de François Legault.

Pourtant, Pierre Fitzgibbon aurait dû incarner un excellent ministre de l’Économie compte tenu de ses nombreux contacts dans le monde des affaires. Mais, et il y a un gros « mais », l’ex-homme d’affaires maintenait des placements dans deux compagnies qui recevaient des subventions du gouvernement, Ça sent l’apparence de conflit d’intérêt. Et, le moins qu’on puisse dire, l’éthique en prend pour son rhume

Qui joue avec le feu risque de se brûler, nous rappelle un vieux proverbe. Habitué à traiter de grosses affaires dans sa vie antérieure, il est un habitué des petits jeux avec le feu, et c’est très bien ainsi. Toutefois, en faisant le saut en politique, il s’engageait à respecter le code d’éthique qui lui, ne fait pas de quartier à ceux qui osent y déroger. En fait, il est impitoyable.

En démissionnant, Pierre Fitzgibbon a fait le bon choix, celui du gros bon sens. En effet il ne pouvait pas garder la chèvre et le chou, Les affaires ne font pas bon ménage avec la politique. Néanmoins, l’ex-ministre assure qu’il demeurera député jusqu’à la fin de son mandat en 2022 et peut-être même au-delà. « Je suis venu en politique pour aider, je voulais aider le gouvernement »

En bien, M. Fitzgibbon, il n’en tient qu’à vous de respecter le code d’éthique en toutes lettres à défaut de quoi je vous suggère de retourner dans le monde des affaires!

Le Soleil (version internet) 3 juin 2021
vigile.quebec tribune libre 4 juin 2021