Le retour des belles-mères

19 septembre 2021

Il fut un temps pas si lointain où Jacques Parizeau s’était mérité le sobriquet de « belle-mère », en s’octroyant le droit de mettre son grain de sel dans les campagnes électorales provinciales quand ce n’était pas du sable dans l’engrenage lorsqu’il qualifia le Parti québécois de « vaste champ de ruines » en 2015.

Eh bien ceux qui croyaient que ce temps était révolu constate aujourd’hui que le retour des belles-mères, incarnées par Jean Chrétien et Brian Mulroney, a refait surface à quelques jours de la fin de la campagne électorale fédérale.

Ces deux sorties publiques d’anciens premiers ministres du Canada en campagne électorale favoriseront-elles les conservateurs et/ou les libéraux? Je n’en suis pas certain. Mm Chrétien et Mulroney auront beau avoir marqué la scène politique canadienne, ils n’arriveront pas à influencer le vote pour Erin O’Toole ni Justin Trudeau qui n’ont tout simplement pas la prestance ni le charisme des deux ex-premiers ministres. De toute évidence, dans le cas présent, le passé n’est pas garant de l’avenir!

vigile.quebec tribune libre 18 septembre 2021

 

« Rebâtir la confiance »

17 septembre 2021

Nonobstant le fait que le mouvement #Moi Aussi a contribué grandement aux dénonciations de violences sexuelles par les victimes, force est de constater que le processus judiciaire à travers lequel lesdites victimes sont confrontées demeure parsemé d’embûches auxquelles elles sont encore aujourd’hui confrontées.

Dans cette foulée, nous ne pouvons qu’applaudir au dépôt du projet de loi 92 sur la création d’un tribunal spécialisé en matière de violence sexuelle et conjugale par le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, pour donner suite au rapport de 190 recommandations « Rebâtir la confiance » et dévoilé en décembre 2020.

Je m’en voudrais de ne pas mentionner un article du projet de loi qui, selon moi, est crucial pour « rebâtir la confiance » envers le système de justice eu égard aux violences sexuelles et conjugales, à savoir que tous les nouveaux juges devront suivre une formation en matière de violence conjugale et sexuelle, de même que ceux qui siègent déjà.  

Autre apport important, des mesures de sécurité seront prises afin que les victimes n’aient pas de contacts avec leurs agresseurs. En ce sens, les partis pourraient témoigner via visioconférence, dans des salles séparées, ou des paravents spéciaux pourraient être installés dans les salles d’audience. 

Les victimes de violence sexuelle et conjugale ont trop longtemps été laissées à elles-mêmes dans les méandres du processus judiciaire. Le projet de loi 92 vient remettre les pendules à l’air, à savoir que les victimes bénéficieront de juges et d’avocats formés pour ce type de cause, et par conséquent, plus attentifs et plus empathiques aux doléances des victimes.

 

quebechebdo tribune libre 17 septembre 2021
vigile.quebec tribune libre 18 septembre 2021

De quoi j’me mêle, M. Fortin?

16 septembre 2021

Si la cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade, comptait sur la rentrée parlementaire à Québec pour repositionner son parti comme un fervent défenseur des intérêts du Québec, le leader parlementaire de l’opposition officielle et député de Pontiac, André Fortin, est venu court-circuiter l’intention de Mme Anglade lorsqu’il a admis en conférence de presse avoir conseillé le premier ministre sortant, Justin Trudeau, dans la préparation des débats.

Une jambette administrée à Dominique Anglade par son propre leader parlementaire qui conseille Justin Trudeau, reconnu pour être un dirigeant centralisateur et prompt à s’ingérer dans les compétences des provinces, des attitudes qui tranchent nettement avec un parti qui veut se présenter comme un « fervent défenseur des intérêts du Québec »

Si M. Fortin a des intérêts quelconques pour la scène fédérale, peut-être aurait-il avantage à se présenter comme candidat libéral à Ottawa. Sinon, qu’il se contente de rester sagement dans sa cour et de conseiller, comme il se doit, Dominique Anglade qui en a bien besoin pour remettre le PLQ sur ses rails!     

vigile.quebec tribune libre 16 septembre 2021

Un peu de cohérence, M. Legault!

16 septembre 2021

Deux événements reliés à la campagne électorale fédérale sont venus récemment placer notre premier ministre François Legault sur la voie de l’incohérence.

Dans un premier temps, M. Legault a dénoncé la tendance quasi systémique de Justin Trudeau à s’ingérer dans les compétences du Québec, notamment dans les soins de santé aux personnes âgées, en rappelant au premier ministre sortant que le Québec était tout à fait apte à gérer lui-même la qualité des soins de santé.

Or, il y a quelques jours, en pleine campagne électorale, François Legault a déclaré qu’il souhaitait un gouvernement conservateur minoritaire le 20 septembre tout en ajoutant que les trois autres partis fédéraux, soit le PLC, le NPD et le Parti vert, représentaient un « danger » pour le Québec. De là à inciter les Québécois à voter pour le PCC d’Erin O’Toole, il n’y a qu’un pas.

Bref, d’un côté, M. Legault exige qu’Ottawa respecte les champs de compétence du Québec, et de l’autre, le même M. Legault s’immisce dans le choix de l’urne des Québécois… Je vous en prie, M. Legault, un peu de cohérence!

vigile.quebec tribune libre 16 septembre 2021

Éducation – Une main de fer dans un gant de velours

16 septembre 2021

Début de carrière difficile

Lorsque j’ai débuté ma carrière d’enseignant au secondaire au début des années ’70, à l’exemple de plusieurs débutants, j’ai voulu me montrer « cool » afin de développer, [du moins, c’est ce que je croyais], une relation cordiale avec les élèves.

Toutefois, il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour comprendre que cette approche pédagogique conduisait immanquablement à un échec sur tous les plans. J’ai vite compris que les élèves avaient découvert un ami au détriment de l’enseignant qu’il devait être.

Mais que faire alors? Il me restait la « ligne dure », faire preuve de discipline pour exercer le contrôle sur la classe et ainsi pouvoir passer mon contenu de cours dans un climat propice à l’acquisition des connaissances [enfin, c’est ce que j’espérais]… Toutefois, je sentais bien que l’atmosphère tendu m’éloignait de plus en plus de mes élèves. Le climat était devenu tendu et malsain.

Rencontre avec mon mentor

Je ne me sentais pas heureux dans ma profession. Je sentais qu’un mur s’érigeait entre mes élèves et moi. Or, un événement qui allait changer toute mon approche pédagogique se produisit alors lorsque je fis la rencontre d’un professeur de français d’expérience qui allait devenir mon mentor.

Après quelques rencontres avec lui, je lui fis part de ma difficulté à rallier la participation active de mes élèves avec les acquisitions de connaissances. C’est alors que mon mentor me parla d’une vieille maxime fort utile en pédagogie, particulièrement au secondaire, à savoir « une main de fer dans un gant de velours ». Autrement dit, faire preuve de fermeté mais aussi de modération.

Approche pédagogique concluante

Au fil du temps durant ma carrière, il m’est arrivé d’agir comme maître de stage pour des étudiants qui s’apprêtaient à devenir enseignant. Et, comme c’était prévisible, ces derniers essayaient pour la plupart de gagner l’amitié des élèves. Après un certain nombre de vaines tentatives, je leur parlais du vieux truc de mon mentor.

Il m’arrive encore aujourd’hui de rencontrer par hasard certains de ces stagiaires qui m’ont été confiés et tous, sans exception, me remercient de les avoir ouverts au fait que nos élèves ne sont pas nos amis et que les enseignants ne sont pas non plus les leurs.

En bref, les adolescents ont besoin de balises [même s’ils ne l’admettent pas], mais aussi de souplesse dans l’application des normes de comportement, Un jeune sera toujours reconnaissant devant un professeur qui lui permet le droit à l’erreur.

vigile.quebec tribune libre 14 septembre 2021


 

Jody Wilson-Raybould refait surface

13 septembre 2021

À peine 9 jours avant le scrutin fédéral, l'ex-ministre de la Justice et procureure générale, Jody Wilson-Raybould, soutient dans un livre à paraître mardi le 14 septembre sous le titre Indian in the Cabinet, Speaking Truth to Power, que le premier ministre sortant Justin Trudeau aurait souhaité qu'elle mente concernant l’affaire SNC-Lavalin.

Rappelons les faits : le 7 février 2019, le Globe and Mail a publié un article citant des sources confidentielles selon lesquelles des pressions indues avaient été exercées par l’entourage du premier ministre sur la procureure générale du Canada. L’objectif de ces pressions? Que Jody Wilson-Raybould tente de convaincre la directrice des poursuites pénales de conclure un accord de poursuite suspendue avec SNC-Lavalin, ce à quoi, de toute évidence, Mme Wilson-Raibould n’a jamais consenti.

Sans grande surprise, le chef libéral nie en bloc la révélation de Mme Wulson-Raibould, arguant qu’il n’a jamais été question de lui demander de mentir dans cette affaire qui vient déstabiliser Justin Trudeau en fin de campagne. Toutefois, je suis d’avis que cette déclaration n’aura pas de grande influence sur le résultat du vote, l’électorat ayant déjà rangé cette histoire dans le placard.

vigile.quebec tribune libre 12 septembre 2021

La question qui tue

13 septembre 2021

Le moins qu’on puisse dire c’est que la modératrice du débat en anglais des chefs fédéraux, Shachi Kurl, présidente de la fondation de recherche et maison de sondage Angus Reid, a démarré le débat sur un terrain miné en posant la question suivante au chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet : «Vous niez que le Québec a des problèmes avec le racisme, mais vous défendez des lois comme la loi 96 [sur la protection du français]  et la loi 21 [sur la laïcité de l'État] qui marginalisent les minorités religieuses, les anglophones et les allophones. Le Québec est reconnu comme une société distincte, mais pour ceux qui sont à l’extérieur de la province, aidez-les s’il vous plait à comprendre pourquoi votre parti soutient aussi ces lois discriminatoires», avant de l’interrompre à plus d’une reprise lors de sa réponse.

Il n’en fallait pas davantage pour que le premier ministre du Québec, François Legault, ne sorte de ses gonds dès le lendemain du débat, estimant que « la nation québécoise [avait été] attaquée… dans ses compétences, dans ce qu’il y a de plus important, la langue française, dans ses valeurs votées démocratiquement, appuyées par une majorité de Québécois…Prétendre que de protéger le français c’est discriminatoire ou raciste, c’est ridicule».

En ce qui a trait à l’argumentaire de la modératrice, elle soutient que cette question cherchait à savoir pourquoi le parti de Jean-François Blanchet soutient ces lois discriminatoires, faisant ainsi allusion au jugement du juge Blanchard, et à informer les Canadiens à l’extérieur du Québec sur le « pourquoi » derrière l’appui à ces lois. 

Un exemple fort éclairant sur l’existence des deux solitudes au Canada, à savoir le Québec d’un côté et le Rest of Canada (ROC) de l’autre. La question de Shachi Kurl, est un exemple frappant de Quebec bashing à l’état pur. Le projet de loi 96 et la loi 21, sur la protection du français et sur la laïcité de l’État, sont des compétences du Québec…Quant au caractère discriminatoire de ces lois dénoncé par la « provocatrice », mettons cette « accusation » sur la méconnaissance de Mme Kurl eu égard à la culture québécoise!  

vigile.quebec tribune libre 12 septembre 2021

Le choix de François Legault

10 septembre 2021

Contre toute attente, au lendemain du débat des chefs où le chef du Parti conservateur du Canada (PCC), Erin O’Toole, avait annoncé le jour même qu’il déchirerait l’entente intervenue entre Justin Trudeau et le gouvernement du Québec sur les 6 milliards $ promis par les libéraux dans le dossier des garderies, François Legault souhaite la formation d’un gouvernement conservateur minoritaire.

Pour appuyer son choix, François Legault argue qu’Erin O’Toole est le seul des chefs de partis fédéraux à se montrer ouvert aux revendications du Québec, notamment au respect des champs de compétence du Québec et à l’obtention de nouveaux pouvoirs pour le Québec, particulièrement en immigration. S’ajoutent à cela, l’engagement du PCC à augmenter sans condition les transferts en santé, à transférer au Québec des pouvoirs en matière d'immigration, à ne pas contester la loi 21 et à assumer 40% de la facture, estimée à 10 milliards $, du futur tunnel Québec-Lévis.

Bref, aux yeux de François Legault, au lendemain du scrutin du 20 septembre, le pouvoir de négociation du Québec sera accru si c'est le Parti conservateur qui prend le pouvoir à Ottawa, Erin O’toole se posant en promoteur d'un fédéralisme décentralisé, et s’étant engagé à entreprendre des négociations sur une dévolution de pouvoirs au Québec dès les premiers 100 jours de son mandat à titre de premier ministre.

De toute évidence, François Legault a choisi les voies du nationalisme et de l’autonomisme incarnées par l’ouverture du PCC à l’obtention de nouveaux pouvoirs, plutôt que la facette centralisatrice du PLC et du NPD qui manifestent une propension inquiétante à vouloir souvent s’ingérer dans les compétences de Québec. De l’avis de François Legault, la force de négociation du Québec sera accru si c'est le Parti conservateur qui prend le pouvoir à Ottawa le 20 septembre… Une histoire à suivre!

Une ombre au tableau

Toutefois, une ombre, et non la moindre, se dessine au tableau. Comment réagiront les parents qui, depuis des mois, n’arrivent pas à dénicher une place en garderie pour leur enfant? Chose certaine, François Legault devra mettre les bouchées doubles s’il désire pallier le trou béant de 6 milliards promis par les libéraux et rejeté par les conservateurs… Un test crucial pour M. O’Toole sur sa promesse de négocier avec Québec, réitérée tout au cours de la campagne.

vigile.quebec tribune libre 10 septembre 2021

Réaction de Justin Trudeau aux livres brûlés

8 septembre 2021

Radio Canada a appris que le Conseil scolaire catholique Providence, qui regroupe 30 écoles francophones dans tout le sud-ouest de l’Ontario, a brûlé 5000 livres jugés néfastes pour les autochtones dans une cérémonie de «purification par la flamme» en 2019.

À cet effet, il m’apparaît important de citer la réaction du premier ministre libéral sortant, Justin Trudeau, à la divulgation de cette nouvelle : « Personnellement, [je ne suis] jamais d’accord à ce qu’on brûle des livres…  Ce n’est pas à moi, ce n’est pas aux non-autochtones, de dire aux autochtones comment ils devraient se sentir ou comment ils devraient agir pour faire avancer la réconciliation. Nous devons démontrer une compréhension de la tristesse, peut-être de la colère, que beaucoup d’entre eux éprouvent par rapport à la réconciliation et du travail que nous avons encore à faire. »

Arrêtons-nous sur ce segment de l’intervention de Justin Trudeau : « Ce n’est pas à moi, de dire aux autochtones comment ils devraient agir pour faire avancer la réconciliation. »  Ce qui laisse entendre que le fait de jeter au feu des milliers de livres devient une option qui pourrait favoriser la réconciliation. Une réflexion qui démontre, encore une fois, le sacrosaint culte que Justin Trudeau voue au multiculturalisme à outrance.

À mon avis, la réconciliation avec le passé des autochtones passe par le dialogue. On ne peut recréer le passé ni encore moins le faire disparaître par quelque cérémonie que ce soit. Il faut vivre avec lui tout en faisant en sorte qu’il ne se reproduise plus dans le cas où il fait ressortir des injustices.

Dans mon schème de pensée, un livre est un bien sacré qu’il faut protéger par tous les moyens. Sa destruction par le feu est un sacrilège et une ignominie inacceptables qu’il faut à tout prix condamner sans réserve, une attitude que Justin Trudeau n’a pas eu le courage de démontrer…

vigile.quebec 8 septembre 2021

Pierre Elliot Trudeau déclare la guerre aux nationalistes du Québec

8 septembre 2021

« Qu’est-ce que c’est que ces gens avec un petit esprit? I’ve been trying to put Quebec in its place and the place of Quebec is in Canada nowhere else.» -Pierre Elliott Trudeau. Le ton est donné. Le chef libéral Pierre Elliott Trudeau défiera les nationalistes québécois tout au long de sa campagne victorieuse de juin 1968.

Wikipédia

« Les résultats de l'élection [de juin 1968] sont scellés lorsque, le soir précédant le jour du scrutin, une émeute, que l'on baptisa le Lundi de la matraque, éclate lors du défilé de la Fête de la Saint-Jean-Baptiste à Montréal. Protestant contre la présence du premier ministre au défilé, des partisans de l'indépendance du Québec crient : « Trudeau au poteau ! » en lui lançant des bouteilles et des pierres. Trudeau, qui n'avait jamais fait de service militaire et dont le courage avait en conséquence été remis en question par certains, tient tête aux émeutiers et refuse de fuir la violence malgré les insistances de son escorte de sécurité. Les images de Trudeau se tenant fermement devant les bouteilles lancées par les émeutiers sont diffusées à travers le pays et donnent une poussée encore plus grande aux libéraux parmi les Canadiens anglais qui voient désormais en lui le dirigeant idéal pour combattre la menace du séparatisme québécois. »

Campagne électorale fédérale de 2021
L’histoire se répètera-t-elle?

Régulièrement confronté à des manifestants antivaccins depuis le début de la campagne électorale, le premier ministre libéral sortant Justin Trudeau a réitéré le 6 septembre qu’il ne reculerait pas devant les menaces.

«Je ne veux pas reculer, je ne vais pas hésiter à continuer à me battre pour un Canada où les gens sont protégés, un Canada où les gens suivent la science, le Canada où l’on peut éviter d’autres confinements pour revenir à la vie normale», a soutenu Justin Trudeau lors de son point de presse en matinée à Welland, en Ontario.

https://www.journaldemontreal.com/2021/09/06/trudeau-ne-veut-pas-reculer-face-aux-manifestants-antivaccins-1

https://www.journaldequebec.com/2021/09/07/trudeau-vise-par-des-jets-de-gravier-lors-dun-deplacement-electoral

vigile.quebec tribune libre 7 septembre 2021