Le jardin Norah et Romy, un espace de paix

7 octobre 2021

Le Jardin Norah et Romy», situé derrière les locaux de Deuil-Jeunesse à Charlesbourg, incarne un « espace de paix et de réflexion ». Quelle initiative touchante! « Ce projet a pu être réalisé [...] à un moment où j’avais le plus besoin de faire vivre [mes filles] à tout jamais », a exprimé la mère des jeunes filles, Amélie LemieuxUn espace de paix qui vient jeter un baume apaisant sur la mort atroce des deux jeunes filles.

Le Jardin Norah et Romy a été créé à l’image des deux fillettes assassinées. « Il s’agit maintenant d’un lieu de recueillement pour les petits et grands de notre organisme qui traversent des moments souffrants… Cet espace de confidence et d’émotion redonne à chacun le droit de vivre son propre drame… La seule chose que la mort ne tue pas, ce sont les souvenirs et c’est l’amour. C’est ça qu’on voulait qui transparaisse ici. », exprime la présidente et fondatrice de Deuil-Jeunesse, Josée Masson. 

Grâce à ce projet d’une grande humanité, Norah et Romy revivent, les souvenirs se matérialisent pour créer un petit monde fidèle aux deux jeunes filles. Dorénavant, Amélie Lemieux pourra venir à son gré se recueillir dans ce havre de paix pour y rencontrer Norah et Romy.

Dans notre monde où la cruauté et la barbarie occupent une place importante dans les médias, le jardin Norah et Romy recrée l’espérance d’une vie où la belle naïveté de l’enfant exerce encore son charme bienfaisant. 

Le Soleil (version internet) 7 octobre 2021
vigile.quebec tribune libre 12 octobre 2021

Pierre Légaré ou le pourquoi des choses

6 octobre 2021

Pierre Légaré occupait une place à part dans la troupe des humoristes québécois. Ses jeux de mots et ses calembours recherchés servaient de passerelle lui permettant de poser sa question « existentielle » tordue sur la vie et ses travers à chacune des séquences de ses dialogues. Un pourquoi qui suscitait le rire mais aussi incitait à la réflexion.

L’humoriste prenait un malin plaisir à mettre le doigt sur les absurdités du quotidien et à critiquer habilement les comportements ainsi que le système de valeurs de notre société de consommation, avec dérision mais aussi avec une logique implacable.

Pierre Légaré n’a jamais débordé du style intellectuel qui l’a caractérisé tout au long de sa prodigieuse carrière dont un de ses projets Mots de tête lui a même valu de décrocher un record Guinness pour la plus courte émission télévisée au monde, et pour laquelle il était animateur et concepteur.

Son humour subtil, intelligent et pince-sans-rire lui a permis de se bâtir une clientèle dont la fidélité n’avait d’égal que le respect qu’elle lui a toujours voué. Pierre Légaré demeura à jamais une figure légendaire de l’humour québécois. 

En terminant, je laisse la parole à l’humoriste Guy Nantel : « Pour moi, c’est de l’intelligence pur. C’était vraiment ça. C’était tellement réfléchi, c’était toujours à point. [...] Son premier show, je pense que je n’ai jamais ri de même dans un spectacle d’humour. C’était toujours des lignes. Ce n’était pas une histoire qu’il racontait. Souvent, il passait d’une question à l’autre. Chaque ligne était travaillée. C’était une œuvre d’art, ce qu’il faisait. » 

Le Sioleil (version internet) 6 octobre 2021
Le Devoir 7 octobre 2021
vigile.quebec tribune libre 7 octobre 2021

Jacques Langlois, un maire au service des citoyens

5 octobre 2021

Je me souviens qu’étant à la fin de nos études collégiales Jacques Langlois et moi avions formé une équipe dans le but de réaliser un travail portant sur la psychologie. Nous avions obtenu une très bonne note, ce qui fit dire à Jacques que le mérite me revenait plutôt qu’à lui.

C’était beaucoup ça Jacques Langlois, un personnage simple, humble et conscient de l’importance d’une équipe de travail, des qualités qui l’ont suivi tout au cours de sa carrière politique, notamment à titre de maire de l’ancienne ville de Beauport entre 1984 et 2001, soit l’année des fusions municipales.

Aux yeux de Jacques Langlois, le citoyen était la raison d’être de son engagement en politique municipale. L’ex-maire de Beauport était amoureux de sa ville natale et de ses citoyens pour qui il vouait une générosité et une disponibilité sans borne.

Notaire de formation, il a été tour à tour maire de Beauport, président de l’Arrondissement de Beauport dans la nouvelle ville fusionnée, chef de l’opposition officielle de 2001 à 2004 avec l’Action civique de Québec, président de la Commission de la capitale nationale, entre 2005 et 2012,

Après les départs de Ralph Mercier de Charles bourg et d’Émile Loranger de l’Ancienne-Lorette, le décès de Jacques Langlois en 2020 marque la fin d’une époque sur la scène municipale en ayant été un des derniers maires de banlieue dans la grande région de Québec.

En terminant, je laisse la parole à son fils Hugo :« C’est une importante page d’histoire qui se tourne. Je trouve qu’il laisse un bel héritage. Mon père n’a jamais été trop vedette là-dedans et il a été très impliqué avec sa gang à Beauport. C’était un "fighter" mais aussi un chic type avec les caméramans, les journalistes et avec tout le monde, il était très accessible et je pense qu’il laisse un beau souvenir »

Note : Pandémie oblige, les funérailles de Jacques Langlois ont été célébrées le samedi 2 octobre 2021 en l’église Saint-Ignace-de-Loyola, 16 mois après son décès.  

vigile.québec tribune libre 5 octobre 2921

Une ixième rechute pour le F-A-Gauthier

4 octobre 2021

Décidément, le F-A-Gauthier n’a pas la vie facile. Il accumule tuile par-dessus tuile depuis sa construction il y a à peine six ans. La toute dernière, qui consiste à remplacer des pièces usées prématurément, a coûté 2,8 millions de dollars aux contribuables québécois. À cela s'ajoutent 740 000 $ pour la location d'un brise-glace pour assister le Saaremaa 1 venu en relève. Une somme qui s'ajoute à au moins 60 millions de dollars en coûts imprévus depuis la mise en service du traversier.

Quelque 200 000 passagers sont transportés annuellement par le traversier entre Baie-Comeau, Godbout et Matane. C’est également un lien névralgique pour le transport de marchandises et l’économie de l’Est-du-Québec. En décembre 2018, un bris majeur des propulseurs a forcé l’arrêt du F.-A.-Gauthier, trois ans et demi seulement après son inauguration. Les solutions temporaires se sont succédé. En désespoir de cause, la Société des traversiers du Québec (STQ) a dû se résoudre à acheter un autre traversier, le Saaremaa.

Selon un architecte naval d’expérience, John Stubbs, la Société des traversiers du Québec ne devrait plus gérer la construction de nouveaux navires. L’expert avait d’ailleurs prédit une explosion des coûts pour le navire F.-A.-Gauthier et avait dénoncé l’incompétence dans la gestion des projets de traversiers au Québec.

Des pièces usées prématurément, des coûts imprévus… Mais d’où vient le problème? De la Société des Traversiers? Des sous-contractants? Des fournisseurs? À mes yeux, une telle accumulation de rechutes ne peut provenir que du ressort de la STQ dont la gestion, de toute évidence, montre des lacunes importantes auxquelles elle ne peut se soustraire sans en assumer une large part d’imputabilité.

Le Soleil (version internet) 4 octobre 2021
vigile.quebec tribune libre 5 octobre 2021
Le Devoir 6 octobre 2021

Dans les coulisses de la magouille

4 octobre 2021

Introduction

Dans son livre intitulé La République assassinée de Daniel Johnson, l’auteur et ex-felquiste Pierre Schneider nous conduit habilement dans les coulisses de la magouille où GRC, RCMP, SQ et CIA fomentent des plans machiavéliques depuis la naissance du FLQ jusqu’à la mort de Daniel Johnson en passant par la crise d’octobre. 

Omniprésence de la CIA

Parmi les expériences les plus sordides menées par la CIA, on retrouve des expériences de lavage de cerveaux qui ont été appliquées à l’hôpital Royal Victoria et au Allen Memorial, affiliés à McGill.

« Pendant une quinzaine d’années, le Dr Cameron y menait le projet MK-Ultra de la CIA qui visait à effacer la mémoire d’un individu pour le remplacer par une nouvelle personnalité…Des patients pouvaient être plongés dans le sommeil pendant des semaines pendant qu’une bande sonore répétait le même message. » (pages 81-82) 

C’est sans compter l’infiltration systématique de tous les membres du FLQ par la CIA dès sa création en 1963, une saga qui aboutit à la crise d’octobre ’70… Et on connaît la suite!

Égalité ou indépendance

Le slogan « Égalité ou Indépendance » fait son petit bonhomme de chemin depuis quelques années. À cet effet, lors d’une rencontre avec Guy Bertrand, Daniel Johnson s’exprime ainsi :

« Écoute-moi bien Guy, je suis Irlandais et je connais mieux les Anglais que toi. Il faut que tu saches que l’Indépendance est considérée comme quelque chose d’odieux par les Anglais. Je vais donc proposer l’égalité entre les peuples canadiens-français et canadiens anglais et s’ils refusent, nous ferons alors l’indépendance. Ils porteront alors l’odieux de ce refus ». (page 148)

Appui indéfectible du général de Gaulle

À partir du « Vive le Québec libre! » du général de Gaulle avec, à ses côtés le premier ministre Johnson, sur le balcon de l’Hôtel de Ville de Montréal, le général n’a jamais failli eu égard à son appui indéfectible envers « son ami Johnson ».

« 17 mai 1967 : Johnson est accueilli à Paris avec tous les honneurs habituellement réservés aux chefs d’État souverains et indépendants. D’ailleurs, quand il s’adresse à lui chaleureusement, le chef de l’État français ne manque pas de l’appeler « Monsieur le président »…

Au cours des deux entretiens qui suivront, le premier ministre du Québec affirme à de Gaulle qu’il a besoin de son aide :

« Seul, je ne peux rien contre Ottawa ».

« Je suis prêt à vous donner un coup de main qui vous servira pour l’avenir », répond le général…

Ce qui a permis à de Gaulle de faire une fois de plus l’histoire. Car, malgré ce que prétendent le lendemain certains personnages.  le « Vive le Québec libre! » était bel et bien prémédité par de Gaulle, bien avant son arrivée en terre québécoise ». (pages 164-165)

Mort suspecte de Daniel Johnson

« J’étais (Jacqueline Bourgeois) dans un chalet avec la garde rapprochée de Daniel Johnson. Nous avons bu un dernier verre de scotch, Daniel Johnson et moi, avant de nous endormir dans la chambre qui lui était réservée. Durant la nuit, j’ai été malade comme jamais je ne l’avais été dans ma vie. J’ai vomi tripes et boyaux et j’ai pensé mourir avant de m’endormir à nouveau…Le lendemain matin, on me sort du lit où repose, inanimé, le premier ministre du Québec, et un de ses adjoints me conduit en vitesse à l’aéroport de fortune où je fus placé dans un petit avion en direction de Montréal.

« Tu n’es jamais venue ici et il vaut mieux pour toi de la fermer sinon… » » (page 132)

Jusqu’à ce jour, les circonstances exactes ayant causé la mort de Daniel Johnson n’ont jamais été connues…

vigile.quebec tribune libre 3 octobre 2021

L’amalgame de François Legault

30 septembre 2021

Il a été beaucoup question d’amalgames à l’Assemblée nationale ces derniers jours, notamment celui entre Joyce Echaquan et le projet de loi 96. Or puisque le mot « amalgame » est d’actualité, je voudrais attirer votre attention sur un amalgame qui est passé inaperçu dans les médias depuis la fameuse question posée à Yves-François Blanchet lors du dernier débat en anglais tenu dans le cadre de la campagne électorale fédérale.

Dès le lendemain de ce débat, François Legault est monté aux barricades pour défendre le fait que les Québécois ne sont pas racistes. Or j’en arrive au racisme systémique contre lequel notre premier ministre s’est toujours fortement opposé, alléguant que les Québécois sont contre cette notion de racisme « systémique ».

En réalité, François Legault associe les opinions des Québécois aux siennes. En langage clair, le premier ministre fait un amalgame entre l’opinion des Québécois et la sienne eu égard au racisme systémique alors qu’il n’existe aucune preuve que les Québécois sont majoritairement conte l’expression « racisme systémique ».   

D’ailleurs, à ce sujet, il est intéressant de constater que François Legault excelle dans l’art d’associer les Québécois à ses velléités, particulièrement depuis qu’il s’est autoproclamé le défenseur de l’identité québécoise…Un autre amalgame? 

vigile.quebec tribune libre 30 septembre 2021
Le Soleil (version internet) 2 octobre 2021

Blanchet en mission dans le ROC?

28 septembre 2021

En 2010, le chef du Bloc de l’époque, Gilles Duceppe, avait mené une série de six rencontres à l’extérieur du Québec afin d’expliquer son point de vue sur la souveraineté.

Dix ans plus tard, dans la foulée de la question controversée posée à Yves-François Blanchet lors du débat en anglais, le chef du Bloc y voit là un prétexte pour entamer des rencontres au Canada anglais afin d’expliquer la perspective québécoise sur la souveraineté. « Avec toute la sincérité du monde, moi, je tends la main. Je suis prêt à faire comme Gilles [Duceppe] l’a fait il y a un certain nombre d’années : aller expliquer, présenter, discuter, dire aux gens qui on est, pourquoi on voit les choses comme on les voit, pourquoi tel est notre droit ».

Depuis sa création, le Bloc québécois a pour mission de défendre les intérêts du Québec à la Chambre des communes à Ottawa. Conséquemment, je ne vois aucune pertinence à ce que le chef du Bloc parte avec son bâton de pèlerin « évangéliser » les Canadiens anglais sur les motifs qui animent le Québec à vouloir devenir indépendant du ROC.  

À mon avis, devant les interventions sans équivoque de François Legault eu égard aux dossiers concernant les compétences du Québec, Jean-François Blanchet cherche à s’octroyer une légitimité en temps que chef d’un parti souverainiste à Ottawa. En réalité, la question se pose : dans les circonstances actuelles où M. Legault négocie directement avec Justin Trudeau, le Bloc est-il toujours pertinent sur l’échiquier politique fédéral?

Le Soleil (version internet) 28 septembre 2021
vigile.quebec tribune libre 30 septembre 2021

Un boys club à la CAQ?

28 septembre 2021

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la députée libérale de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, n’y va pas avec le dos de la cuillère dans son attaque à bras raccourcis sur le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

«Si ça avait été une femme, Roberge aurait été dégommé. Si ce n'était pas Jean-François Roberge, mais plutôt Marie-France Roberge, il n'aurait plus occupé ses fonctions. On a vu des femmes ministres perdre leur job pour bien moins que ça!» a lancé la députée à l’Assemblée nationale., faisant sans doute allusion à Marie-Chantal Chassé, Sylvie D’Amours et Marie-Ève Proulx qui ont toutes les trois été écartées du cabinet de François Legault depuis l’élection du gouvernement de la CAQ. Pour sa part, le ministre Roberge estime que sa vis-à-vis libérale va trop loin, arguant que « c’est une attaque personnelle inutile, basse ».
Or l’argumentaire de Marwah Rizqy eu égard aux critiques envers le ministre Roberge est pour le moins assez assez accablant, notamment le décrochage scolaire à la hausse, la pénurie d’enseignants, la lenteur à déployer les tests de dépistage rapide de la COVID-19 dans les écoles et la controverse entourant la qualité de l’air dans les classes.

Un vieux proverbe nous rappelle qu’il n’y a pas de fumée sans feu. Certains faits ne trompent pas, notamment l’exclusion des trois ministres féminines du caucus caquiste. Existe-t-il un boys club à la CAQ? Dans la foulée de certains faits assez r.vélateurs, la question m’apparaît pour le moins pertinente.

vigile.quebec tribune libre 28 septembre 2021
 

Les réseaux sociaux et les élus municipaux

28 septembre 2021

Aux élections de 2017, près de la moitié des maires et mairesses du Québec, soit 534, ont été élus sans opposition dans 1100 municipalités. Encore cette année, limpressionnante vague de départs d’élus municipaux en cette année électorale est attribuable en grande partie aux insultes et au climat nocif qui règnent sur les réseaux sociaux. De plus, les maires sont devenus, depuis l’arrivée du coronavirus, les boucs émissaires de toutes les frustrations des complotistes qui font leurs choux gras des élus municipaux eu égard aux mesures sanitaires.

À titre d’exemple, le maire de Québec, Régis Labeaume, a maintes fois dû composer avec le harcèlement et les menaces durant sa carrière politique et a dû porter plainte à la police quelques fois. « J’espère que tu vas crever mon osti de sale [...] J’ai hâte d’aller pisser sur ta tombe », lui avait notamment souhaité un troll.

Or les maires sont coincés dans un cercle vicieux. D’un côté, ils se doivent d’être présents sur les réseaux sociaux s’ils désirent rejoindre le plus d’électeurs possibles, de l’autre côté, ils se font assaillir par les « pleutres qui se cachent derrière leur écran » et les « morons en bobettes », pour employer le langage coloré de Régis Labeaume.

Enfin, sur le plan légal, selon Me Charles B. Côté, criminaliste, face au nombre croissant de cas de menaces vécus par les élus sur les réseaux sociaux, la question de leur protection se soulève, et cette dernière se situe au moment du jugement. Les élus ont une considération particulière dans le cas de harcèlement, car leur statut rend les circonstances aggravantes, notamment eu égard à l’entrave à la démocratie causée par l’intimidation à laquelle sont confrontés certains élus municipaux.

Le Devoir 28 septembre 2021
Le Soleil 2 octobre 2021

Louis Garneau, une leçon d’humilité

26 septembre 2021

Retour en arrière

Au moment où j’ai écrit la biographie de Louis Garneau « Ne jamais abandonner …! », entre 2003 et 2006, l’essor de l’entreprise de l’homme d’affaires inépuisable était fulgurant et tous les espoirs étaient permis et, parmi ceux-ci, figurait la future relève de l’entreprise qu’il prévoyait déjà voir incarnée par ses trois enfants.

Rencontre avec l’échec

Quinze ans plus tard, maintenant âgé de 63 ans, c’est un Louis Garneau transformé que l’on découvre dans le livre « Je suis tombé deux fois : la course la plus ardue de Louis Garneau », écrite par l’auteure Valérie Lesage, dans lequel l’homme d’affaires ose s’ouvrir avec humilité sur la période noire qu’il a dû surmonter au cours des trois dernières années.  

Sans coup férir, Louis Garneau a été subitement confronté à l‘échec et, en affaires, l’échec est inacceptable. « En affaires, on n’a pas le droit de perdre d’argent, car la banque va tout de suite s’énerver. Aussitôt que tu perds, tu es un pas bon… Un homme d’affaires qui fait un burnout, c’est un trou de cul… Je le cachais…J’avais honte… Je devais représenter le chef, le président, le surhomme. Et ça, la notion de surhomme, j’en ai ras-le-bol, parce que j’ai toujours été dans le mode de la performance ».Un ras-le bol qui l’aura conduit vers les chemins de la sagesse où il a découvert toute l’importance des valeurs humaines, telle l’écoute et l’ouverture.

La vulnérabilité, créatrice de confiance

Pour reprendre les paroles de l’auteure, « la vulnérabilité en leadership est aussi quelque chose qui est en train de prendre une place. On se rend compte qu’on crée de la confiance en osant montrer davantage de vulnérabilité parce que les gens peuvent s’associer à un être humain beaucoup plus facilement qu’à un super héros où tout va bien.» Et ça, Louis Garneau l’a ressenti au plus profond de son être lorsqu’il est ressorti de la grande noirceur.

Les enfants quittent l’entreprise

Aujourd’hui, ses trois enfants, William, Édouard et Victoria, se sont dispersés sous d’autres cieux, Le rêve de leur père de les voir prendre la relève de l’entreprise s’est évanoui. Qu’à cela ne tienne, « le meilleur conseil que je peux donner, c’est de permettre aux enfants de voyager, de voir ailleurs et d’aller faire leur expérience. Après ça, ils feront leur choix, à savoir s’ils veulent travailler pour leur père ou non ».

Un patrimoine industriel à léguer

« J’ai 36 ans de bonheur et 36 mois de malheur. 36 ans de bonheur, ça veut dire que de l’an un à l’an 36, c’est zéro perte financière, des profits et beaucoup d’argent. En revanche, je suis plus amoureux du patrimoine industriel que je pourrais laisser à la société québécoise que de l’argent. » Dès l’âge de 13 ans, sur son vélo, Louis Garneau est entré dans le monde de la compétition, Depuis lors, toute la vie de Louis Garneau s’est déroulée en une séquence ininterrompue d’événements tantôt heureux tantôt malheureux qui l’ont prédestiné à devenir l’homme d’aujourd’hui, condamné à ne jamais abandonner.

quebechebdo tribune libre 26 septembre 2021
vigile.quebec tribune libre 26 septembre 2021