QS joue sur deux tableaux

20 décembre 2021



Pour la petite histoire, Québec solidaire (QS) s’est opposé à l’adoption de la loi 21 en juin 2019. Pourtant, eu égard à la saga déclenchée par le retrait d’une enseignante ayant enfreint la loi 21 en décidant de porter un hidjab dans sa salle de classe d’une école primaire de Chelsea, QS désapprouve l’appel lancé par le conseil municipal de Brampton, en Ontario, aux municipalités canadiennes de contribuer financièrement à la contestation de la loi 21.
« Quand le Canada anglais débarque avec ses gros sabots et/ou son argent dans un débat comme celui-là, il nuit à la qualité du débat au Québec. Il est contre-productif pour les gens de bonne volonté, des Québécois et des Québécoises à part entière qui veulent faire valoir une conception différente de la laïcité », argue Gabriel Nadeau-Dubois (GND).
Or, dans la même foulée, GND se garde une petite gêne en laissant les opposants à la loi 21 agir comme bon leur semble, alléguant que « ce n’est pas à nous de leur dire quoi faire », En somme, je suis contre votre ingérence dans le débat sur la loi 21, mais je n’interviendrai pas dans votre démarche pour contester ladite loi … C’est ce que j’appelle « jouer sur deux tableaux ».
Et en guise de dessert, quoique farouchement opposés à la loi 21, GND et Manon Massé ignorent encore comment ils en disposeraient dans l’hypothèse où QS prenait le pouvoir en octobre 2022… Plutôt nébuleux comme position!

vigile.quebec tribune libre 20 décembre 2021
Le Soleil (version inyernet) "Loi 21: Québec solidaire joue sur deux tableaux" 20 décembre 2021

Loi 21: argumentaire tordu de Justin Trudeau

19 décembre 2021

D’entrée de jeu, laissons la parole au premier ministre du Canada Justin Trudeau eu égard à l’interdiction pour les juges et les policiers de porter un signe religieux lorsqu’ils sont en fonction tel que prescrit par la loi 21 : « Je pense que quand on tombe dans une lignée où on commence à dire que quelqu'un qui est religieux ferait un moins bon policier ou juge que quelqu'un d'autre, on est en train de miner la confiance que les gens peuvent avoir dans nos institutions… On ne se pose pas des questions sur la religion d'un policier ou d'un juge. (…) N'importe quelle religion que quelqu'un pratique dans (sa) vie personnelle ne devrait pas l'empêcher de pratiquer une profession. »

Or, la loi sur la laïcité de l’État québécois ne porte aucun préjugé sur la foi religieuse des policiers et des juges. Elle dit simplement que dans un État laïc, il est interdit à un policier et un juge, lesquels occupent des fonctions représentant l’autorité dans la société, de porter un signe religieux ostentatoire lorsqu’ils sont en fonction. Il en est de même des enseignants.

Et, dans la foulée de son argumentaire, lorsqu’on demande à Justin Trudeau s’il se porte à la défense d’un geste illégal, il répond « [qu’il n’est pas]  en train de dire aux gens de ne pas suivre la loi. [Il est en train] de dire aux gens qui contestent cette loi devant les tribunaux qu'ils devraient continuer de faire ce travail, de se défendre devant la cour. » Or, pourtant, le même Justin Trudeau s’est offusqué lorsque l’enseignante de Chelsea, Fatemeh Anvari, a perdu son emploi après avoir enfreint la loi 21 en portant un hidjab en prestation de cours devant ses élèves. « On est en train de dire à une jeune femme qu'elle doit choisir entre sa religion ou sa job », argue le premier ministre. Faux, elle doit choisir entre son hidjab ou sa job. Telle est la réalité.

Somme toute, Justin Trudeau confond délibérément signes religieux et foi religieuse dans le but inavoué de ramener le débat sur la liberté individuelle de la Charte des droits et libertés de Trudeau père au détriment de la liberté collective de l’État québécois eu égard à sa laïcité.

vigile.quebec tribune libre 18 décembre 2021
Le journal Métro 23 décembre 2021

Repose en paix, Ti-Lilly!

17 décembre 2021

On ne connaît pas son nom et pourtant sa mort atroce a touché tout le Québec en 2019. Elle n’avait que 7 ans et pourtant sa courte vie a été jonchée d’écueils tous plus cruels les uns que les autres. Repérée presque à sa naissance par la protection de la jeunesse, elle a pourtant été placée entre les mains d’une marâtre violente. L’enfant martyre a finalement été retrouvée asphyxiée, entourée de ruban adhésif telle une momie.

Aux termes d’un procès fort médiatisé, la belle-mère responsable de l’enfant a été trouvée coupable de meurtre non-prémédité, et le père a plaidé coupable pour séquestration. Tel est le dénouement de cette histoire horrible d’une enfant qui a littéralement passé entre les mailles du système, un système débordé par la croissance exponentielle de cas d’enfants maltraités qui lui étaient confiés.

Dans la foulée de cette tragédie humaine sordide, a été créée la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse présidée par Mme Régine Laurent, laquelle Commission a réalisé un travail titanesque dans un rapport exhaustif dont voici les dernières phrases du préambule rédigé par Mme Laurent où elle écrit directement à la petite fille qu’elle avait nommée Ti-Lilly : « Je suis convaincue que nous allons, tous ensemble, prendre les moyens pour transformer en actions concrètes cette colère, cette honte et cette peine ressenties à la suite de ta disparition. La route sera ponctuée d’obstacles et de difficultés, mais ton souvenir va nous accompagner, nous inspirer et nous guider vers notre destination, un Québec bienveillant pour ses enfants et ses jeunes. »

La fillette martyre de Granby incarne à la fois l’échec et l’espoir, l’échec d’un système qui étouffe sous le poids des milliers d’enfants dans le besoin, et l’espoir d’un milieu humain en mesure d’accueillir ces enfants qui ne demandent qu’un peu de « bienveillance »…Repose en paix, Ti-Lilly, puisse ta mort ne pas avoir été vaine!

vigile.quebec tribune libre 16 décembre 2021

Ces trottoirs qui font jaser!

15 décembre 2021

Ceux qui étaient encore perplexes sur les effets perturbateurs des changements climatiques n’ont qu’à constater les changements brusques de température que dame nature nous impose depuis le début de cet hiver en dents de scie.

Et les piétons n’ont qu’à bien se tenir s’ils ne veulent pas glisser sur les trottoirs souvent changés en patinoires. D’ailleurs, à cet effet, il m’apparaît tout à fait normal que les hauts et les bas de température alliés aux intempéries causées par la neige, le grésil, la pluie verglaçante et la pluie incarnent le cocktail idéal pour contribuer à ce triste scénario.

Ces derniers jours, certains citoyens se sont montrés critiques, voire violents, envers le service de déneigement de la ville de Québec alors que les préposés à l’entretien des trottoirs font des pieds et des mains pour pallier le mieux possible les soubresauts de cet hiver de m…

Alors, s’il vous plaît, un peu de compréhension et de diplomatie envers les responsables de l’entretien des trottoirs. C’est une simple question de savoir-vivre et de solidarité élémentaires envers les responsables du déglaçage des trottoirs, une opération qui n’est pas sans subir son lot d’imprévus et d’intempéries de toutes sortes. 

quebechebdo tribune libre 15 décembre 2021
Le Soleil (version internet) 16 décembre 2021

La loi 21, l’affaire des Québécois

14 décembre 2021

D’entrée de jeu, je suis d’avis que la commission scolaire Western Québec n'aurait pas dû embaucher une enseignante portant le hidjab devant ses élèves alors que le projet de loi 21 a été adopté il y a plus de deux ans à l’Assemblée nationale La loi sur la laïcité de l’État est très claire à cet effet, tout signe religieux étant interdit aux personnes en ligne d’autorité pendant l’exercice de leurs fonctions, y compris aux enseignants.

La réaffectation de l’enseignante a remis la loi sur la laïcité de l’État québécois sur la sellette, provocant, entre autres, des réactions de la part du premier ministre canadien, Justin Trudeau, de même que de l’ambassadeur du Canada aux Nations unis, Bob Rae.

Sans grande surprise, connaissant déjà l’opposition de Justin Trudeau envers le projet de loi 21, il affirme son « profond désaccord avec la loi 21 » et « [il] ne trouve pas que, dans une société libre et ouverte, quelqu'un devrait perdre sa job à cause de sa religion.». Un argumentaire qui fait prévaloir les droits individuels reconnus par la Charte des droits et libertés de la personne de Trudeau père sur les droits collectifs. 

Mais là où le bât blesse avec le plus d’acuité, c’est le réaction pour le moins inopportune de Bob Rae qui a écrit sur son compte Twitter que « la loi 21 était profondément discriminatoire» et qu'elle allait à l'encontre de la Déclaration universelle des droits de l'homme » Il n’en fallait pas davantage pour faire sursauter le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, en l’accusant d’avoir « enfreint le droit de réserve que ses fonctions exigent et il l’a fait dans l’intention manifeste de ternir la réputation du peuple québécois sur la scène internationale ».

L'adoption de la Loi sur la laïcité de l'État est le fruit d'un long débat ayant culminé avec la commission Bouchard-Taylor, il y a presque 15 ans. Elle a été adoptée dans les règles par l’Assemblée nationale du Québec La loi 21, c’est l’affaire des Québécois et seuls les Québécois en sont par conséquent les héritiers exclusifs.

vigile.quebec tribune libre 14 décembre 2021
Le journal Métro 16 décembre 2021

La guéguerre Legault-GND

14 décembre 2021

Depuis quelques semaines, François Legault et Gabriel Nadeau-Dubois (GND) se livrent une guéguerre ouverte digne d’une comédie loufoque médiévale et, pendant cette période haute en couleur, le Parti québécois (PQ) et le parti Libéral du Québec (PLQ) sont disparus dans le brouillard, seuls la CAQ et QS occupant tout le devant de la scène.

En ce qui a trait au PLQ, quoiqu’il végète à 9 % d’intention de vote chez les francophones, il est difficile de prévoir quel sera l’impact du repositionnement vers le centre amorcé par la cheffe Dominique Anglade sur l’électorat francophone.

Par ailleurs, lors du scrutin de 2018, il ne fait aucun doute dans mon esprit que bon nombre de péquistes se sont rangés du côté de la CAQ pour chasser les libéraux du pouvoir, et qui jugent aujourd’hui avec raison qu’elle est très décevante sur le plan identitaire, notamment eu égard à son refus d’imposer le cegep francophone aux étudiants de langue maternelle française dans son projet de loi sur la réforme de la loi 101. Conséquemment, le PQ est en mesure de ravir quelques comtés à la CAQ dans plusieurs circonscriptions francophones.

Pendant que le roi François fourbit ses armes contre le preux chevalier Gabriel dans une croisade de bas étage, je serais d’avis que le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, devrait transporter le combat sur le terrain de l’identité québécoise, ce qui lui permettrait de gagner quelques batailles avant le déclenchement de la guerre en 2022.  

Le Soleil (version internet) 14 décembre 2021

Sincères remerciements…

11 décembre 2021

Au personnel de la santé qui a réussi à maintenir à bout de bras le système de santé depuis mars 2020

Aux éducatrices de la petite enfance qui ont contribué par leur dévouement auprès des enfants à leur développement malgré la pénurie de personnel

Aux parents qui ont appuyé sans réserve leurs jeunes tout au long de ces périodes de cours virtuels à la maison

Aux enseignants qui ont dû s’adapter à des approches éducatives originales pour pallier les inconvénients des fermetures d’écoles

Aux proches aidants pour leur disponibilité sans limite auprès des personnes aînées isolées et vulnérables durant la pandémie

Aux responsables des banques alimentaires qui ont réussi à subvenir aux besoins des familles dans le besoin à la suite de pertes d’emplois

Aux organismes d’aide qui ont prêté leur soutien aux personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale ou de violence conjugale

Au personnel des résidences pour personnes âgées qui ont su affronter vents et marées durant la première vague de la pandémie

Aux jeunes dans les institutions d’enseignement pour leur résilience eu égard au port du masque

Enfin, à toutes les Québécoises et tous les Québécois qui se sont pliés sagement aux diverses consignes émises par la Santé publique

Merci!

quebechebdo tribune libre 11 décembre 2021

Le hasard fait bien les choses!

10 décembre 2021

Il y a quelques jours, François Legault, en point de presse, lançait l’idée qu’il apprécierait que les Québécois puissent accueillir 20 à 25 personnes à leurs repas des Fêtes. Or, quelques jours plus tard, au moment où le gouvernement était bombardé de toutes parts par les partis d’opposition sur l’hécatombe dans les CHSLD, le ministre Dubé annonçait en grandes pompes que les rassemblements des Fêtes pourront être étendus à 20 personnes…Le hasard fait vraiment bien les choses, n’est-ce pas?

vigilequebec tribune libre 10 décembre 2021

L’imputabilité, un passage obligé

10 décembre 2021

Les dernières révélations entendues à l’enquête de la coroner Géhane Kamel eu égard à des courriels faisant mention d’appels à l’aide demeurés sans réponse dans les CHSLD lors de la première vague de la pandémie en mars 2020 nous ramènent inévitablement à la question de l’imputabilité.

Or, compte tenu des informations qui ont été dévoilées à ce jour à l’enquête de la coroner, il m’apparaît difficile de ne pas mentionner, dans la foulée de l’imputabilité, la cellule de crise du gouvernement en mars 2020, soit François Legault, Horacio Arruda et la ministre de la Santé de l’époque, Danielle McCann, sans oublier la ministre des Aînés, Marguerite Blais.

On pourra toujours invoquer l’existence d’un maillon faible dans la chaîne de données des informations, il n’en demeure pas moins que les gestionnaires situés en haut de la pyramide sont de facto imputables des décisions qui sont prises par des subalternes ayant un lien d’emploi avec eux.

Malgré la connotation « négative » véhiculée par la notion d’imputabilité qu’il faut distinguer, en passant, de la culpabilité qui suppose la commission d’une faute intentionnelle, il n’en demeure pas moins qu’un jour ou l’autre, les différentes enquêtes en cours devront mettre le doigt sur les personnes imputables eu égard à l’hécatombe dans les CHSLD, et ce, dans le but d’éviter que les mêmes erreurs ne se reproduisent dans l’avenir.

vigile.quebec tribune libre 10 décembre 2021
Le Soleil (version internet) 12 décembre 2021

CPE: légitime redressement salarial du personnel de soutien

8 décembre 2021


Pendant que le gouvernement Legault via son ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, dilapide à tout vent des millions $ à des entreprises qui ne répondent pas aux critères inhérents aux programmes dont elles bénéficient, ce même gouvernement s’entête à refuser aux syndicats représentant le éducatrices et le personnel de soutien des CPE les 6 millions $ d’écart qui séparent les offres patronales des demandes syndicales.


Pour la petite histoire, il m’apparaît opportun de se rappeler que les CPE, contrairement à plusieurs pays européens où les jardins d’enfants sont dans le cursus scolaire, ici au Québec, ont été créés en parallèle des institutions scolaires, ce qui a permis au gouvernement d’imposer des conditions salariales bien inférieures à ce qu’on retrouvait dans les institutions publiques, tout en lui permettant de garder le contrôle du réseau. Trente années plus tard, il est tout à fait légitime que les salariées en CPE demandent un redressement salarial complété.


Du côté du Conseil du trésor, sa présidente, Sonia Lebel, joue les vierges offensées lorsqu’elle prétend répondre aux demandes des déléguées syndicales eu égard au personnel de soutien pendant que les syndicats, aux dires de Mme Lebel, haussent leurs exigences salariales. Une stratégie qui pave la voie à une éventuelle loi spéciale?


Monsieur Legault, les CPE sont souvent cités en exemple dans plusieurs provinces et pays comme un modèle de succès relativement à la formation des enfants. Actuellement, des milliers de parents s’évertuent à pallier la fermeture prolongée des CPE. Les conditions salariales du personnel de soutien doivent être ajustées à celles des institutions publiques similaires. À vous d’agir en ce sens!

vigile.quebec tribune libre 8 décembre 2021